‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 112 sur 241 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Paris, samedi l*' avril 18!K).

Louisette et Marinette ont été hier à Longchamps , jamais plus beau soleil n'a lui sur vos petites filles .... On se porte bien ailleurs.

M. Pasquier s'est fait beaucoup d'honneur : on loue son talent, sa persévérance, son courage; on a raison, et je désil*e que vous lui en disiez quelques mots. Il sait et dit tout ce que vous valez. Vous êtes faits pour vivre ensemble, et ceux qui veulent vous désunir entendent mieux leurs propres intérêts que ceux du pays et les vôtres. Nous sommes en crise; les peuples sont travaillés. Il y a remède si tous les bons s'unissent.

Je ne suis pas de force à disputer le prix aux jeux Olympiques, mais je connais les athlètes et je sais apprécier leur vigueur. Rétablissez-vous, et vous rendrez d'immenses services ; votre influence franchira nos frontières. Entre vous et toutes les têtes fortes, entre vous et tous les esprits vastes il y a des atomes crochus ; vous vous tenez par certains côtés. Mais vous êtes destinés à vous aimer, à vous admirer de loin ; en vous rapprochant, vous ne serez pas d'accord. Les antécédents des uns ne sont pas les antécédents de l'autre; et, dans les temps difficiles, lorsqu'il n'y a plus d'essais à faire, lorsque la pratique doit vaincre la théorie, il est impossible que, bec à bec, vous soyez à l'unisson. Tiraillés dans des sens divers, ou la force des phoses soumettra vos amis et les enrégimentera sous votre drapeau, ou ils déserteront avec armes et bagages.

Nous allons nous occuper d'abord de la proposition de Benjamin sur la manière de voter, puis des comptes.

Voulez- vous des nouvelles de salon ?

Les bonapartistes ont fait proposer au Roi de les mettre à la tête des affaires et d'y rappeler M. Decazes; ils promettent tout leur parti, toute leur énergie et toute la liberté que leurs manières comportent. Cette idée a pu passer par leurs têtes, mais je ne crois pas qu'ils y aient donné suite. C'est une ressource.

Nos libéraux parlent de prptester et même d'aller délibérer à Lyon. Je ne le crois pas davantage^

Mille bonnes amitiés, mes très-cliers. J'embrasse Gaston et père et mère,

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