M. de la Boulaye à M. et à ]«■»« de Serre
Paris, vendredi 18 février 18^.
De part et d'autre et séparés par deux cents lieues, mes chers amis, nous nous plaignons peutêtre sans raison les uns des autres. La poste a probablement tort ; plus probablement encore il y a dans les combinaisons de votre voyage et des allées et venues de courriers quelques-unes de ces fatalités qui nous poursuivent. Mézy m'écrit qu'il n'y comprend rien. Nous n'avons pas reçu ici le plus petit mot de vous depuis cette lettre de M'"*" de Serre à Louise, d'Aix, du 8.
Nos plaies si profondes sont envenimées par la politique et les intrigues. Cette combinaison avec le côté droit paraît impossible. Les passions se raniment, et les amis comme les ennemis de M. Decazes se réunissent sous divers prétextes et par diverses raisons pour lui nuire. Le duc de Broglie vous a
écrit sur le projet de loi relatif aux journaux. L'horizon s'obscurcit.
Vos enfants sont en bonne santé.
Mille tendresses, chers amis.