‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 161 sur 241 · M. de Héwy à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de Héwy à M. de Serre

Lundi, ^ avril 1890.

Monsieur,

Vous savez sans doute par tous vos correspondants où nous en sommes sur la loi d'élection. On a bien heureusement réussi à avoir cinq commissaires sur neuf; c'est un avantage immense ou plutôt un grand inconvénient d'évité, car une majorité libérale aurait fait traîner le rapport pendant plus de deux mois. Il est au contraire bien sûr que la commission se pressera beaucoup, que Laine sera rapporteur et que cette discussion précédera celle de la loi des dépenses. Si donc vous êtes toujours décidé à y assister et que votre santé vous le ^rmette, vous n'avez pas beaucoup de temps à perdre. Je suppose que la commission nomme un rapporteur à la fin de la semaine, il pourra faire son rapport einq ou six jours après; il est donc possible que la discussion commence dans quinze jours ; les discours généraux dureront au moins cinq ou six jours, et l'on en sera certainement aux articles avant le 15 mai. C'est, je crois, à peu près l'époque où vous comptiez naturellement revenir. Nos amis de la doctrine disent que vous ne serez pas d'avis de la loi présentée ; je crois bien que vous auriez préféré celle qui établissait le renouvellement intégral ; mais on vous aura

JM^ CORRESPONDANCE.

prouvé que la loi retirée n'avait aucune chance pour être adoptée ; et, comme vous avez toujours paru convaincu de la nécessité de modifier la loi actuelle, on espère que vous ne serez pas contraire à la nouvelle et que vous lui prêterez votre puissant secours, dont le gouvernement aura grand besoin. Je ne doute pas que la loi ne soit adoptée à une majorité de 25 voix. Il y a bien des objections à faire aux deux degrés, mais c'est cependant un expédient qui nous tirera momentanément d'affaire. Tous les gens, à qui j'en parle croient que le résultat sera bon dans leur département. On écartera les chefs ultralibéraux et aussi les ultras déraisonnables, et, si Ton a enfin une Chambre maniable, on établira définitivement toutes nos institutions.

-Vous savez que M*^' le duc d'Angoulême va faire un voyage dans l'Est en commençant par Dijon et Lyon. On en a fait un secret qui est devenu celui de la comédie.

Je quitte Wendel, qui vous attend plus tôt que je ne croyais. Je vous écris donc un mot poste restante à Aix et par duplicata.

Veuillez présenter mes hommages respectueux à M"* de Serre et croire en la sincérité des sentiments que je vous ai voués pour la vie.

DUPLBIX DB MéZY.

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