M. dt Uvnm à sa vAro
Grasse, 96 avril 1690.
Nous sommes ici depuis la semaine dernière, chère maman, et je me trouvais bien de Tair de la montagne et de Téloignement de la mer; depuis deux jours il fait plus froid, il pleut, et ces retours de mauvais temps me font désirer de prolonger un peu mon séjour dans le Midi. Bien que Ton commence à me presser de revenir, je sens que je ne rendrai de services qu'avec des forces, et chaque jour de retard m'en apporte. Puis tout ce que je peux faire dans la session, c'est la loi des élections. Je traîne donc pour n'arriver qu'au moment où elle devra être discutée. Toutes vos lettres nous disent de bien bonnes choses de nos chères petites. Mon impatience de vous revoir ainsi qu'elles cède au désir de n'avoir pas fait inutilement un aussi long voyage , et de ne pas perdre par précipitation le reste de ma carrière.
Faites nos tendresses à mon père; tous trois nous vous embrassons tendrement tous les deux, et moi particulièrement comme ma tendre mère et meilleure amie.
Votre boa fils^
H. DB S
AOB COHKBSPONDANCB.