M. de Serre à M. Guisot
Paris, 17 juillet 1890.
J'ai le regret d'avoir à vous annoncer que vous avez cessé de faire partie du Conseil d'État. L'hostilité violente dans laquelle, sans l'ombre d'un prétexte, vous vous êtes placé dans ces derniers temps contre le gouvernement du Roi, a rendu cette mesure inévitable. Vous jugerez combien elle m'est particulièrement pénible. Mes sentiments pour vous me font vous exprimer le désir que vous vous réserviez pour l'avenir, et que vous ne compromettiez point, par de fausses démarches, des talents qui peuvent encore servir utilement le Roi et le pays.
* L'ordonnance qui nomme MM. Royer-CoUard et Camille Jordan conseillers' d'État honoraires est datëe du 16 juillet ; elle pa> rut dans le Moniteur du 90.
m CORRESPONDANCE.
Vous jouissez de 6,000 francs sur les Affaires
étrangères ; ils vous seront conservés. Croyez que je
serai heureux, dans tout ce qui sera compatible avec
mon devoir, de vous donner des preuves de mon
sincère attachement.
H. DE Serre.