M. Germeau à M. de Serre
Paris, leSOjuiUetlSâO.
Monseigneur,
On a enfin reçu hier des nouvelles de Naples par l'ambassadeur de France; le courrier qui en était porteur prétend qu'elles n'ont été retardées que par les obstacles que lui ont fait éprouver sur la route les brigands dont elle est infestée et qui ont maintenant libre carrière depuis que les troupes sont
concentrées à Naples et occupées à faire une Constitution ou plutôt une révolution; les nouvelles d'hier sont aujourd'hui au Moniteur^ et, en même temps qu'on les publiait, on donnait aux autres journaux la liberté d'en parler, liberté qu'on leur avait refusée jusqu^à ce jour.
L^effet de la première nouvelle de ces événements a été de faire baisser les rentes ; elles se sont relevées avant-hier et se sont maintenues hier.
La famille royale de France a, comme on peut croire, été fort affectée de cette nouvelle, et la jeune duchesse de Berry a dû en recevoir surtout une pénible impression. On est parvenu cependant à la rassurer, et elle est maintenant fort tranquille.
L'ordonnance sur le Conseil a paru au Moniteur d'aujourd'hui. Je pense que Votre Excellence approuvera la manière dont les nominations ont été disposées. Toutes les personnes dont la position est changée par ce travail avaient été prévenues, avant cette publication, par des lettres particulières. Dans quelques jours je pourrai, mieux qu'aujourd'hui, vous dire l'effet produit par ces mesures; mais ce qu'il est facile de voir dès à présent, c'est qu'elles ont étonné, et que, bien que l'opinion les demandât, on y trouve plus de fermeté et d'énergie peutêtre qu'on n'en attendait. Les réclamations n'ont pas manqué, comme vous pouvez croire. . . . .
tPai l'honneur d'offrir à Votre Excellence mes
respectueux hommages.
Germe AU.