‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 223 sur 241 · M. Germeaa à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. Germeaa à M. de Serre

Paris, le 9â juillet 18â0.

Monseigneur,

L'affaire du Conseil d'Etat avait, à Paris du moins, fait perdre de vue pour un moment celle de Naples ; les nominations et les changements dans les préfectures qui, sans être officiellement annoncés, sont cependant déjà connus, vont opérer une nouvelle diversion, qui durera jusqu'à ce quïl survienne autre chose. J'ai entendu de nombreuses réclamations sur le changement de M. X., des regrets sur le déplacement de M. Y. et des plaintes sur le replacement de M. Z., qu'on s'accorde à regarder comme un des hommes les plus incapables de France.

par des sujets algériens pour des grains fournis à la France de 1793 à 1798. Le projet de loi propose par M. Pasquier fut adopté (fabord par la Chambre des dëputés, puis par celle des pairs. C'est cette même affaire qui a amène l'expédition de 1890. — Voyez les Discours de M. Pasquier, t. II, p. 381-391 , et l'Histoire de la Res-iaaration, par M. de Viel-Castcl, t. IX, p. 31-33.

La révolution de Naples n'a pas produit à beaucoup près la même sensation que celle d'Espagne : elle ne présente pas en effet, autant que celle de la Péninsule, l'expression du vœu d'une grande» partie de la population ; on y voit le triomphe d'une faction et des partisans de Murât* plutôt que des partisans de la liberté. Il y a bien eu aussi quelque ridicule à la marche suivie et à la précipitation si étrange qui a fait que, après s'être emparé d'une vieille ébauche de Constitution faite par Murât (et ce n'était pas se montrer difficile), on s'est tout simplement reporté à une Constitution faite pour un autre peuple et pour d'autres mœurs, pour d'autres besoins.

M. de Pradt ne veut pas, à ce qu'il parait, subir en personne le procès de son livre; il est, à ce qu'on m'assure, en fuite ou caché ; on croyait cependant que l'éclat de ce procès était une des choses sur lesquelles il comptait pour arriver à la députation, à laquelle on sait qu'il aspire.

. M. de Salvandy* est parti pour l'Espagne; il est venu avant son départ l'annoncer à Votre

^ Joachîm Murat, né à la Bastide-Fort uniére (Lot) le 35 mars 1771. Soldait en 1789; maréchal d'Empire en 180/*; grand-duc de Berg et de Cléves en 1806; roi de Naples en 1806. Fusille au Pizzo le 13 octobre 1815.

* Narcisse-Achille de Salvandy, n^ à Condom (Gers) le 11 juin 1795 Garde d'honneur en 1813, îi fît la campagne de Saxe et celle I de France; il obtint le grade de sous-lieutenant. En I8I/1, il fut

I admis dans les mousquetaires noirs du Roi, et devint capitaine

d'ëtat-major à la création de ce corps. Maître des requêtes en service extraordinaire le 90 janvier 1819, il perdit cette charge peu

ôia CORRESPONDANCE.

Excellence, qui ne Ta peut-être pas remarqué sur ses listes de visites.

Votre Excellence, qui connaît sans doute toutes les nominations faites pour les préfectures, sera cependant bien aise d'en avoir l'ensemble avant la publication officielle.

J'ai l'honneur d'offrir à Votre Excellence mon respectueux hommage.

Germeau.

après VaTenement de M. de Villéle. Conseiller d'Etat sous le ministère de M. de Martignac, il se dëinit de ses fonctions en ^qiprenant la nomination de M. de Polignac. Dëput^ après la révolution •de 1830, il eut le portefeuille de rinstruetion publique du 15arril 1837 au 31 mars 1839. En \Sh\y il exerça, durant quelques mois, lés fonctions d'ambassadeur à Madrid et, en 18/i3> celles d'ambassadeur à Turin. Il rentra au ministère de l'Instruction publique le l®*" fc^vrier 18/i5 et y resta jusqu'au ftk fdvrier ISJS. Depuis cette époque, le but de ses efforts fut de réunir les deux branches de la maison de Bourbon. Il mourut â son château de Graveron (Eure) le 15 décembre 185G. 11 était membre de l'Académie française de* puis 1835 : ses brochures politiques et ses articles de journaux, plus encore que ses livres, l'avaient fait connaître comme écrî- Tain. Il avait reçu le titre de comte en 18li2.

ANNÉE 18S0. bhS

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