Le président Barris > à M. de Sarre
Paris, 98 juillet 1820.
Mônsoîmieur,
J'ai riionneur de vous adresser, ainsi que vous m'y avez autorisé, quelques observations sur les lois relatives à la presse; je les soumets a votre haute sagesse ; quel que soit le jugement que vous en portiez, elles pourront du moins vous paraître un témoignage de mon empressement à remplir vos vues, et, sous ce rapport, mon travail aura eu ime récompense précieuse à mon cœur.
Je désire bien, monseigneur, que l'usage des eaux achève de rétaJjlir votre santé ; vos talents seront longtemps encore nécessaires à la stabilité du trône et à la tranquillité publique.
J'ai su, monseigneur, que vous aviez eu la bonté de parler de M. Lacave-Laplagne*, mon neveu,
^ Pi erre- Jean-Paul Barris, ne A Montesquiou (Gers) le 30 juin 1759. D'abord avocat, puis, en 1790, commissaire du Roi prés le tribunal de Mirande, il fut deputd en 1791 à l'Assemblëe législative. 11 revint dans son pays après la révolution du 10 août et dut se cacher pendant la Terreur. Il devint juge au tribunal (depuis Cour) de cassation le 8 janvier 1796, perdit son siège au 18 fructidor, le recouvra en 1800, et fut nommé, le 9 avril 1806, président de la section criminelle. 11 conserva ses fonctions au retour de Louis XVIII, et reçut, en 18âl, la croix de commandeur de ]a Lé> gion d'honneur. Il mourut à Paris le S8 juillet 18S/i.
» Voyez t. II, p. A83.
ANNÉE ISaO. 575
d'une manière bien favorable pour lui, dans le Conseil où il fut délibéré sur le remplacement de M . Bouvier ^ ancien procureur général à Limoges : je vous prie de vouloir bien en recevoir mes profonds remercîments. Je prends la liberté de vous renouveler en sa faveur mes vives sollicitations.
Je suis avec respect et avec un bien absolu dévouement, monseigneur,
De Votre Excellence Le très-humble et très-obéissant serviteur,
Barris.
* Claude-Pierre Bouvier, ne à Dôle (Jura) le 9 novembre 1759, appartenait à une famille qui comptait plusieurs docteurs en droit. 11 devînt lui-même, en 1787, membre de l'Université' de Dijon, n refusa, en 1793, de prêter serment, et, lors du procds de Louis XV T, il s'offrit comme défenseur et otage; arrête', il passa dix mois au château de Dijon. Après avoir été maire de Dôle durant dix anne'es, il devint, en 18C'9, membre du Corps législatif et reçut le titre de baron : il devînt aussî procureur général prés la Cour impériale de Besançon, fonction qu'il garda jusqu'en 1816: une ordonnance du ^ mars le destitua. Nommé prés la Cour de Limoges en la même qualité au mois de juillet 1818, il fut remplacé le A juillet 18â0 et obtint le titre de président honoraire à la
Cour de Besançon — Consultez la Biographie nouvelle des.
contemporains y par MM. Arnaulr, Jay. etc., t. III, p. /4I6.