XiS duo da Bichalign à M. te Serro
Ce 31 février 1890.
L^attentat dont la France gémît a amené des événements qu'il était difficile de prévoir; le Roi, livré à la plus vive douleur, était encore dans la position la plus difficile par la violence des haines et le choc des passions déchaînées. Dans ces tristes circonstances, M. Decazes, indignement calomnié, a dû céder à l'orage, et moi, quoique malade et bien résolu à ne jamais rentrer dans les affaires, je me suis décidé au plus pénible sacrifice. J'ai voulu, monsieur, que vous ne l'apprissiez que par moi, et vous témoigner en même temps combien j'attache de prix à vous avoir pour collègue. On vous parle plus en détail de la position, qui est grave, sans être tout à fait désespérée. Je suis encore trop souffrant pour entrer avec vous dans aucun développement sur ces matières, mais j'ai besoin de vous exprimer encore combien je fais de vœux pour votre parfait rétablissement et votre prompt retour. C'est du fond du cœur que je le désire, soyez-en bien persuadé, ainsi que démon sincère attachement et de ma haute considération.
Richelieu.
ANNÉE ISftO. 67