‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 3 sur 241 · Le comte Decazes à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le comte Decazes à M. de Serre

Paris, ce 15 février 1820.

Mon cher ami,

Nous venons d'être tous assassinés !

Pourquoi n'êtes-vous pas avec nous? Vous pleurerez loin de nous, mais vous ne nous aiderez pas.

Je vous envoie le Moniteur et les journaux

La loi devait être présentée hier Nous songeons à ce qu'il y a à faire. Les laisserons-nous tous assassiner? Pour moi, je ne prends pas la responsabilité de les voir tomber un à un sans que j'aie un

moyen de Tempêcher. Je suis très-résolu à demander la censure par une commission de trois pairs, trois députés, trois magistrats, et une loi sur la liberté individuelle ; je crois qu'il faut présenter tout cela aujourd'hui.

Je vous envoie ceci par estafette.

J'ai l'âme brisée.

J'avais été quarante-huit heures sans dormir; il a fallu succomber hier au soir, et je sors d'une léthargie de douze heures.

Que je suis malheureux! Aimez -moi, mon ami.

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