M. de Serre au comte Decazes
Nice, 23 février 1820.
Vous voilà, mon cher ami, engagé sur tous les points. Vos deux lois d'exception seront décidées quand vous recevrez cette lettre. La liberté individuelle n'aura pas fait de doute. La fatale catastrophe et la défaveur de la presse dans les Chambres vous porteront aussi pour l'autre. C'est une sorte de dictature de laquelle il ne faudra pas perdre un moment pour tout consolider. Si, comme je l'espère, vous avez la commission de la loi des élections, j'insiste beaucoup sur les deux points que je vous ai signalés : sept ans au lieu de cinq. Ce pays-ci a
tant besoin de calme, il est tellement évident que cette mesure, qui a été si utile à TAngleterre, nous est dix fois plus nécessaire, qu'il doit être possible de s'entendre avec la commission pour cet amendement. Lie second point est d'augmenter de vingtcinq à trente membres les députés de départemait. La puissance réelle du Roi de dissoudre, et de dissoudre sans danger, est la seule condition qui maintienne la couronne au-dessus de la Chambre. L'idée de cette puissance est le grand moyen d'un ministère qui a raison sur une Chambre qui serait tentée d'avoir tort, moyen dont l'action est de tous les jours, bien qu'il en faille faire rarement usage. Les réclamations de quelques départements défavorablement traités par le tableau peuvent servir de prétexte fort naturel, fort plausible à cet accroissement.
Je vois que l'attaque de la Renommée nous a rendu Cuvîer ^ .