‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 41 sur 241 · M. de Serre au roi Louis XVIII K · texte numérisé non relu

M. de Serre au roi Louis XVIII K

[SÔ février 1890.]

Sire,

M. le duc de Richelieu me fait connaître les changements que Votre Majesté a faits dans son Conseil

* D'après une minute.

le Roi daigne y laisser mon nom au moment où des serviteurs présents et des services actuels lui deviennent si nécessaires; je le supplie d'agréer l'expression de ma reconnaissance. J'espère fermement qu'un mois, six semaines au plus auront achevé mon rétablissement; alors je ne perdrai pas un jour pour me rendre à mon poste et répondre à la confiance du Roi.

Nous sommes, sire, M°**de Serre et moi, pénétrés d'une profonde douleur du coup exécrable qui a frappé la famille royale et le cœur de Votre Majesté. Dans un si grand malheur et dans la crise violente qu'il a amenée, j'ose admirer l'âme royale qui, tout en faisant au bien public, à la nécessité des temps le sacrifice de ses affections, résiste cependant aux fureurs des partis et maintient ferme ce système de modération que, pour le salut de la France, Votre Majesté s'est prescrit.

Je supplie le Roi d'accueillir, avce sa bonté ordinaire, l'hommage du profond respect et du dévouement sans bornes de son très-humble et très-obéissant serviteur et sujet,

H. DE Serre.

lU CORRESPONDANCE.

d63. —If. de la Boulay^ à M. et à M™* de Serre.

Paris, samedi 96 témer 1890.

Je n'ai quitté M. Decazes qu'à une heure du ma^ tin, mes chers amis ; je lui ait fait mes derniers adieux. Il a dû monter en voiture ce matin entre dix et onze heures. Il se rend à Libourne; sa santé est déplorable.

Le duc de Richelieu n'inspire de méfiance à personne et fait des progrès sur un assez grand nombre d'esprits. On sent la nécessité d'une trêve avec les factions ; les uns la veulent très-courte, d'autres plus longue.

La commission sur la liberté individuelle proposera des amendements à la loi, et nous ferons sur la presse ce que fera la Chambre des pairs.

Le centre droit va réunir et lier soixante à soixantedix personnes, peut-être plus.

Vos parents se portent bien. J'écris à votre maman. Durant (François)^ vous dit mille choses aimables et respectueuses.

On va discuter les élections, et je vais aux bureaux.

Tout à vous.

* Dëputë des Pyrën^es-Orientales depuis 1816. n siégeait au centre droit.

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