‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 49 sur 241 · M. liestadier* à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. liestadier* à M. de Serre

Paris, 29 février 1820.

Monseigneur,

J'ai appris avec le plus grand plaisir et à Thotel de la cliancellerie, et de quelques personnes aux- <j[uelles vous avez écrit, et, hier soir, de M"^ Bar-

18 août 1761 , entra daxis Tordre de l'Oratoire le 17 novembre 1777, et Y professa la philosophie et la tliëologie. Il accueillit avec enthousiasme les e'rëaements de 1789 et les dëcrelB de la Constituante relâti& à l'organisation civile du dergë. Dépuié à la Convention, il montra de la fermeté lors du procès de Louis XVI, et s'efforça de lui sauver la vie. Après avoir été membre du Conseil des Cinq^Cents» puis du Tribunal, il devint, en 18ÛA, conservateur dee archives générales. U âzt .dépiiié du Finistère de 1819 à 1833 et de 18â7 à 183Ii, et vota constamment avec la gauche. U obtint la dignité de pair en 1839. U mourut à Paris le 20 juin 181^. n était membre de l'Institut depuis la fcmdation et l'un des hommes les plus érudits de son temps. Une notice sur M. Daunou a été loe par M. Mignet dans la séance du â7 mai 18i43 (Académie des sciences morales et politiques).

* Jaoïues Mestadier, né à la Souterraine (Creusej le h avril 1771. Lieutenant du génie en 179J^ il quitta le service en 1800 et, quelque temps après, débuta au barreau de Limoges ^ premier avocat général à la Cour royale de celte ville le 8 décembre 1818» président de Chambre le âS février 18âl, il devint, le l^** avril de cette

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rairon, que l'air du Midi vous est très-salutaire et que votre santé s'améliore sensiblement. Respirez-le bien, cet air pur, prenez de l'exercice à pied et à cheval ; que les événements qui ont suivi votre départ ne vous tourmentent pas trop, et tâchez de vous guérir le plus tôt possible; mais guérissez- vous bien, car votre absence fait un très-grand vide, et nous avons grand besoin de vous. C'est couune à la tour de Babel : personne ne s'entend plus, personne ne se comprend plus, et cependant jamais plus de motifs de se rapprocher, de se concilier.

La censure passera à la Chambre des députés comme à la Chambre des pairs ; il en sera de même du projet sur la liberté individuelle amendé par la commission. Mais qu'arrivera-t-il du projet sur les 'élections? Vous conqp^issez ce projet, vous connaissez aussi la commission : quatre d'un côté, trois de l'autre et deux de l'autre. Tout porte à croire qu'il n'y aura de majorité pour rien. M. Royer et M. Courvoisîer se prononcent fortement contre la division ■en deux collèges, de quelque manière qu'on la pro-

méme annëe, conseiller à la Cour royale de Paris, et le 5 novem- <bre 1896 conseiller à la Cour de cassation. « Il y apporta, dit M. de Koyer, une intelligence exercde, Téxpërience des affaires, une grande sagacitë, une discussion toujours vive, franche et animëe.» Il fut d^put^ de la Creuse de 1817 à 1831 et siégea au centra droit. Bien que peu favorable au ministère du 8 août 1^9, il vota contre adresse des SSl par respect pour la prérogative royale. Il quitta les fonctions de magistrat le S3 décembre IQofl et mourut à Paris le II avril 1856.— «Voyez le Discours prononcé à l'audience du k novembre de cette même année par M. de Royer, procureur général prés la Cour de cassation, p. 116-119.

posât. La division du projet n'a été visiblement imaginée que pour proposer le double vote. Il valait mieux le dire franchement ; mais vous seul pourriez le faire adopter par la Chambre. Heureusement l'époque de la discussion sera différée assez lonc;temps pour que vous soyez revenu, et alors nous verrons à rendre plus claires certaines dispositions qui le sont fort peu, à en ajouter quelques-unes, à en modifier quelques autres.

Veuillez, je vous prie, monseigneur, présenter à M"™*" de Serre mes respectueux hommages; veuillez aussi agréer une nouvelle assurance du respectueux dévouement avec lequel je suis,

Monseigneur, de Votre Excellence, I^e très-humble et très-obéissant serviteur,

Mestadier.

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