M* defieme à sa mère
Nice, 8 mars l^iO.
Je vous renvoie, chère maman, une lettre d'Hyacinthe qu'il avait mise sous mon couvert et qui m'a été envoyée ici. Vous verrez que, pour avoir de ses nouvelles, je l'ai lue. J'ai usé d'un ancien privilège de confiance que je ne pense pas avoir perdu.
Maintenant que nos douleurs sont un peu apaisées, il ne nous reste plus que les inquiétudes communes à tout le monde sur la situation générale des affaires.
Je sens que mon rétablissement serait prompt si nous avions un beau temps un peu soutenu. Mais nous n'avons presque jamais deux beaux jours de suite. Nous sommes tourmentés de vents violents et qui ne sont pas ceux de la saison. Je patiente et prends le mieux possible mes précautions. Je fais tout aussi pour gagner du temps et n'arriver à Paris
qu'à peu près rétabli, au moins pour y arriver dans une saison assez chaude pour que, en me livrant aux affaires, elle me permette de me rétablir
Au revoir, chère maman ; si ce peut n'être que dans deux mois, je serai, j'espère, bien portant. Avec quelle joie je vous embrasserai, vous, mon père et mes bonnes petites ! Au revoir. Nous vous faisons ainsi qu'à mon père, Annette et moi, toutes nos tendresses.
Toujours votre bon fils et votre meilleur ami,
H. DE S
En donnant des nouvelles d'Hvacinthe à Thérèse, donnez-lui-en des miennes.