‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 90 sur 241 · M. de la Boulaye à M. et à W^^ de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. et à W^^ de Serre

Paris, lundi 20 mars IBSÛ,

20 mars ! fatale époque, mes très -chers amis ; ne recommençons pas. La garde royale e^t excellente. Ceux qui s'y entendent disent qu'on est, à tout événement, maître de la capitale et d'un rayon de vingt lieues. Le peuple des faubourgs vaut mieux

sous le Consulat. M. de la Toiir-dn-Pin fut, sous l'Empire, préfet de la Dyle, puas de la Somme. En ISlh, il se rendit an Congrès de Vienne comme plénipotentiaire arec MM, de Talleyrand et Alexis de Noailles. Pair de France en 1815, il reçut cette même année le titre de marquis. En 1816, il fut nomme ministre à la Haye et, en I8S0, ambassadeur â Turin. 11 donna sa démission dés qall apprit les érénements de 1830, et se retira en Suisse, où il fut rejoint par son fils, le comte Aymar, condamné à mort par contumace pour aroir cherché à soulever la Vendée. Il mourut à Lausanne le 96 février 1837. — Voyez le Tableau généalogique et raisonné de la maison de la Tbor-da-Pk'n, dressé en 1788 par Jean-Baptiste Moulinet, secrétaire-archiviste de la chambre des comptes du Dauphîné et continué jusqu'il nos jours. Paris, 1870.

< Ferdinand VII, né à Saint-Ildefonse le 13 octobre ITSh, mort  Madrid le 99 septembre 1833. Son père, Charles IV, avait abdiqué en 1806.

que celui de la chaussée d'Antîn. Etre encore dupe de ces fanatiques de liberté qui ont servi de si bonne grâce le despotisme, de ces Spartiates mëlamorphosables en satrapes dès que le cas y échoit, cela serait trop niais.

J'ai dîné hier chez Rover. L'embarras est grand. La position devient de plus en plus difficile ; car, d'un côté, on a dit que l'on avait voté pour la loi de sûreté, tandis que, de l'autre, les libéraux impriment qu'on a voté contre. On hésite à parler haut et vrai; peut-être ne l'osera-t-on pas. Dans ce dernier cas, on sera entraîné beaucoup plus loin peut-être qu'on ne le croit, et, lorsqu'on voudra s'arrêter, il ne sera plus temps.

Chez Royer j'ai vu Villemain , qui sortait de chez la duchesse de Broglie et qui m'a fort plai- S£into sur ce que l'on craignait dans cette maisoa que vous ne vous gâtassiez. Villemain, plein de reconnaissance et de feu, ne voit que le prochain retour de M. Decazes ; tout lui duit pour cette victoire. Hélas ! elle serait funeste.

Notre côté droit en est maintenant aux deux degrés. Les 300 francs et au-dessus présentent des candidats aux 1,000 et au-dessiis. H y a sur ce texte beaucoup à dire. La commission ne s'entend pas, ne peut pas s'entendre. La force des choses fera, comme vous dites, gagner du temps. Rétablissez-vous.

Lisez donc cet abbé de Pradt^ dans la Renom-

* Dominique Dufour de Pradt, ne à Allanclies (Cantal) le ^ avril 1759, ëtait grand vicaire à Rouen lorsqu'il fut dc^putë aux États-

ANNÉE ISaO. âlT

mée d'aujourd'hui. Ce n'est parbleu pas là le chant du cygne -

Les fillettes vont à merveille

Sur ce, je vous aime tous deux et le garçonnet par-dessus, comme vous savez.

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