Le docteur Bédard^ à M. de Serre
Paris, ce 21 mars 1820.
Monseigneur,
J'ai attendu jusqu'à ce jour pour répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, parce que j'espérais, de jour en jour, pouvoir vous donner un avis conforme à vos désirs. Mais le temps reste froid et sec, sans que l'on puisse encore prévoir un terme à cela.
Depuis que je pratique la médecine à Paris, je n'avais point encore vu d'hiver aussi froid, aussi
* M. de la Boulaye était rapporteur du projet de loi qui suspendait la liberté des journaux. — Voyez ci-dessus, p. 208.
* M Ainsi, messieurs, à Tëgard des régicides, jamais, sauf, comme je l'ai dit, les tolérances accordées par la clémence du Roi à Vn%e et aux infirmités; à l'égard des individus temporairement exilés, confiance entière dans la justice et la bonté du Roi : tels sont, j'ose l'affirmer, les sentiments de la Chambre; tels sont les motifs pour lesquels je demande Tordre du jour. » (Paroles prononcées par M. de Serre dans la séance du 17 mai 1819.) — Voyez les Discours, t. II, p. 7, et le Moniteur de la même année, p. 633. Consultez aussi l'Histoire de la Restauration^ par M. de Viel-Castcl, t. VII, p. UUh'lSS.
3 Voyez t. II, p. 331.
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long, aussi funeste : il a régné et il règne encore une foule de maladies inflammatoires et catarrhales très-graves ; c'est une des années dans lesquelles j'ai vu le plus de croups. Depuis votre départ, je me suis applaudi, chaque jour, de vous avoir conseillé un voyage sans lequel votre rétablissement n'aurait pu avoir lieu de longtemps.
Je vous engage, monseigneur, à prolonger votre séjour dans le Midi autant que cela sera possible, autant que cela sera nécessaire pour l'entier rétablissement de vos forces. Conservez et fortifiez une santé si précieuse à votre pays, à vos amis et à votre famille.
Je suis, monseigneur, avec respect et dévouement votre très-humble serviteur,
Béclard.