‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 117 sur 247 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Paris, dimanche 2 avril 1820.

Je reçois, cher ami, votre lettre du 25. Louise a i*^^u la sienne ; Marie n'en exige pas. Enfants, bonne ^t nounûce, tous se portent bien. Parlons d'aff'-a-ires.

Je me suis tiré comme j'ai pu du rapport et

Cïomme j'ai pu du résumé. Nous avons eu 27 voix

d^ majorité. Je ne sais qui vote ou ne vote pas ; mais

l^^^i peu de confiance lorsque certains journaux

dLonnent des éloges qu'on laisse passer.

Pendant que je vous engageais à écrire à M. Pasfjuier, il vous adressait une fort longue lettre.

Nous discuterons et repousserons demain, si nous 1^ pouvons, la proposition de Benjamin sur un nou- ^^au mode de délibération, puis les comptes, pui& l^s douanes, puis les dépenses du budget. La commission des recettes, sous l'influence de M. Louis, ^st effroyable.

Quelle violence dans nos débals ! dites-vous. Ajou- *^z quelle astuce ! quelle insolence ! quelle mauvaise foi ! C'est un spectacle nouveau depuis la Révolu- ^^on. Jamais la minorité n'a provoqué, n'a insulté *^ majorité en face ; jamais on n'a calomnié le lend^înain la résolution de la veille ; jamais les subtilités de l'esprit n'ont eu plus d'audace; jamais on

n'a promené, d'une manière plus bax^bare, le scalpel sur le corps politique : je croyais assister à la dissection d'un vivant.

Vous verrez cette association pour secourir les victimes de la tyrannie ^ Les factieux ne se taisent plus ; rien ne gêne leurs mouvements ; ce qui se mur murait se proclame. (3n a discuté le choix du suc cesseur

Que les nouvelles lois aient jeté de l'huile sur l feu, je le conçois, mais Ip feu n'en eût pas moins é terrible. On ne se laisse pas impunément arrach/Kune prochaine victoire; il y a si longtemps que j'e tends dire qu'on doit, à toute occasion, mettre l'e semble du gouvernement en question! Tuer 1 Bourbons par des lois libérales, premier systèm les tuer et le gouvernement représentatif tout e semble par la violence, la complication et Tint^i*minable longueur des discussions, et les retranctiements au budget, et les atteintes portées au crédit public, second système. Nous en sommes là. On va manœuvrer. Il faudra bien que vous nous revenîez- Vous n'assisterez pas de si loin à nos funérailles.

Les événements de Cadix vous feront frémir. Déjà la Junte, et vous en jugerez par ses proclama*

* Les journaux de l'opposition venaient d'annoncer qu'une souscription était ouverte et une association formée pour secourir 1^* victimes de la suspension de la liberté individuelle, m Cette lo''' remarque M. de Viel-Castel, devait rester à peu prés sans aj^l** cation. A peine, pendant sa durée, un très-petit nombre d'arrest^* lions eurent-elles lieu en dehors des formes de la légalité on^ '■' naire. » (Histoire de la Restaurât ion^ t. VIII, p. J!i55.)

tions, est contrainte à se justifier. Cette révolution militaire, qui peut contrarier les projets des Anglais sxir l'Amérique méridionale et qui menace le Portugal, donne beaucoup d'émoi aux consuls britanii.i4jues, et, comme vous le dites avec raison, les premiers mouvements sérieux en France mettront A^ nouveau l'Europe en feu.

A demain, mes biens chers amis. Dès qu'il y aura <£ijielque chose d'arrêté sur la loi d'élection, je vous 1^ dirai. Déjà M. Pasquier vous expose les diverses kinbinaisons.

Je vous aime bien, rendez-le-moi.

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