‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 119 sur 247 · M. de la Boulaye ë. M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye ë. M. de Serre

Paris, lundi 3 avril IStiO.

Nos petites fillettes folâtrent sur l'herbe dans le jardin. Elles ont été se promener hier. Tout va bî^sn à la chancellerie. On me rit, on me caresse. L«^s grands parents sont en bonne santé.

Je vous remercie , cher ami , d'avoir écrit à. M. Portalis en faveur du jeune de Jessaint. Voxxs vous rappelez les promesses faites au père, vous connaissez ses bons services ; c'est la seule récompense que l'on puisse donner à ce galant homme. Il importe au gouvernement de conserver son influence dans le département de la Marne et d'en user. Si 1^ jeune homme était en service ordinaire, je m'occuperais de lui, je le ferais travailler : il y a de ïé— tofife et quelque expérience des affaires.

Nous allons nous débattre sur la proposition d"»-^ Benjamin et sur sa machine à voter, déjà sumon»^ mée la Benjamine, On ne peut pas donner, daim ^ tous les cas, à cinquante membres le droit de forc^^ la Chambre à l'appel nominal ; avec leurs amend ments, sous-amendements et leurs lardons de tou espèce, ils rendraient les discussions interminable Ils n'ont pas songé d'ailleurs à l'article 52 du règl ment qui veut que, dans le doute, la discussi continue, et la minorité ne peut pas être maîtres

de couper, quand bon lui seml^le, la discussion par ses appels nominaux, de la rendre, à son gré, démesurément longue par le même moyen ^

Je crois que le gouvernement va s'expliquer avec la nation sur les circonstances présentes et montrer d'ailleurs quelque énergie On parle de substituer à la Banque le duc de Gaëte^ à Laffitte.

Mille tendresses, mes bien chers amis.

* yoyez V Histoire da gouvernement parlementaire j par M. de Haruranne, t. V, p. hSïl et hSS.

* IMartin-Michel-Charles Gaudin, fils d'un avocat au Parlement de Paris, était né à Saint-Denis le 19 janvier 1756. 11 entra, en 1773, dans l'administration des Finances ; il fut charge, en 1777, d'oL «a 6 direction; il devint, en 1791, l'un des six commissaires de la "trëborerie nationale, fonction qu'il conserva jusqu'en 1795. li^ti^ndant général des postes en 1798, il garda le portefeuille des Finances du 10 novembre 1799 au 1®' avril 181/» et du 20 mars 181 S au 8 juillet suivant. Napoléon l'avait créé duc de Gaète le 15 août 1809. Les électeurs de l'Ain se firent représenter par lui de 1815 à 1819. Sur le conseil de M. Roy, Louis XVIII lui remit, le 6 avril 1890, le gouvernement de la Banque de France, poste qu'il pei'dit en 183/4. Il mourut à Paris le 5 novembre IS/il. — Voyez ^ ^^scLî sur la vie et Vadw,inistration du duc de GaëtCy par Auguste Portalis. Paris, 18A2.

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