Le comte Portails à M. de Serre
Paris, ce h avril 1820.
Monseigneur,
S'il était question de remettre en service ordinaire quelques maîtres des requêtes, je proposerais
s^i*einent en première ligne M. de Jessaint, d'après ^ ^^térêt que Votre Excellence veut bien prendre à liu. JVIais il me paraît que le travail du Conseil, qui ^^i*a. besoin d*être remanié en entier, ne doit pas être fait avant votre arrivée; ce sera donc vous, . ^^nseigneur, qui, selon toutes les apparences, ren- ^^^z. à M. de Jessaint la justice à laquelle il a des ^^^îts. On a seulement remplacé M. de Mirbel, qui ^^^it donné sa démission, en rappelant M. Sallier, ^U des plus anciens maîtres des requêtes, l'un des f^^Us honorables et qui. à d'excellentes opinions et à
un dévouement bien connu au Roi et à son auguste famille, joint une grande modération de sentimeats et les connaissances d'un magistrat.
Il vient de vaquer, en efifet, une place de cou — seiller à Nancy. Beaucoup de prétendants se sou
présentés Quoi qu'il en soit, j'avais pris la dé
termination de ne point proposer la nomination d'u conseiller à la Cour de Nancy, dont je connais le s
besoins, avant de savoir quel était celui des candi .-
dats qui obtiendrait votre suffrage. Cette Cour < t
cette province vous sont connues, et personne n e
pourrait mieux diriger à leur égard le choix d ~~a <îhef de la Justice, si vous ne l'étiez vous-même. J'czhij l'honneur de joindre à ma lettre l'état indicatif ù^^s prétendants, et je vous prie de vouloir bien me fairr^<î connaître ce que vous en pensez.
M. le préfet du département de '^*^, qui est ven."»^ me voir, désirerait beaucoup que l'on pût pouir"voir au remplacement de M. le procureur génér^^-l près la Cour royale de ^^*, dont les infirmités s' croissent journellement et qui n'est plus, à ce qu* m'a assuré, au niveau de sa place, surtout dans circonstances difficiles du moment et lorsqu'il raît nécessaire d'exercer une surveillance plus tive et plus rigoureuse dans certaines parties cL royaume. Je suis bien aise de mettre ce renseign ment sous les yeux de Votre Excellence afin qu'élu ^ puisse me faire savoir quelle serait son opini(Hi ^ cet égard et m'indiquer, dans le cas où il faudra^* remplacer M. X., le sujet sur lequel elle aurait son choix.
J'aî été fort sollicité pour une place que la retraite de M. Audier-Massillon ^ laisse vacante à la Cour de cassation ; mais j'ai pensé que je devais m'abstenir à cet égard. Le besoin du service ne demande point qu'il soit nommé à cette place, et toixtes les convenances me feraient une loi de vous en réserver la disposition, lors même que je n'aurais pas infiniment de répugnance à me livrer à cette partie du travail qui concerne les personnes.
Je vous répondrai au premier jour relativement à la demande de M. le comte de Belvédère.
Je voudrais apprendre que votre santé se rétablit avec rapidité et prend cette consistance que désirent vos amis et qui serait si utile au service du Roi et à la. chose publique. Il faut vous ménager beaucoup, monseigneur, faire une ample provision de forces, 6t BOUS revenir avec toute la vigueur d'un tempérament renouvelé et de ce beau talent que le repos et ^ retraite auront encore renforcé. Je serai heureux d^ n'avoir plus qu'à suivre vos directions et de pouvoir me ranger sous un si noble et si efficace bouclier.
Votre Excellence aurait été bien nécessaire ^^Hs ces dernières discussions dont M. Pasquier a supporté tout le poids. Je suis persuadé que la seule
BhruDO-Hiilibert Audier-Massillon, né à Aix-en-Provence le
îuiUet I7h6, H était lieutenant gênerai de la se'nëchaussëe
"^^X lorsque ses concitoyens le députèrent aux Êtats-Ge'néraux
'*7S9j. En 1791, il devint suppliant au tribunal (depuis Cour) de
^**a.tîon et, en 1796, juge titulaire. Il prit sa retraite en 1890
^ le titre de conseiller honoraire
S8/i CORRESPONDANCE.
lecture de ces débats vous aura fatigué presque tant que si vous y aviez pris part.
Je vous prie d'agréer les assurances de la pectueuse considération avec laquelle j'ai rhonn&
d'être,
Monseigneur,
De Votre Excellence,
Le très- humble et très-obéissant sénateur.
Comte PoRTALis.