M. de la Boulaye à M. de Serre
Mercredi, 5 avril 1820.
M. Portails vous écrit aujourd'hui, mon ch^^^ ami. Vous recevrez aussi une lettre du maréch^^^ Suchet.
Les grands de l'Empire s'agglomèrent. M. Dar^""-*-
se fait chef d'opposition Les irritations conti
les anciens privilégiés et les souvenirs de 1815 ravivent en raison du parti qu'on espère en tirer... — •
J'ai vu M. d'Argout, compagnon de voyage c^^ Sainte-Aulaire ; je l'ai rencontré hier chez M. Po**^ tal. Sainte-Aulaire ne reviendra que dans hu.^* jour3, et M. Decazes doit rester encore un mois six semaines au Gibeau. Votre ami ne paraît p: content de la tiédeur ou même de la froideur ministres. Il leur serait difficile d'être ce qu'il rovM-'^
irait qu'ils fussent. On a été fort touché, du reste, Ixx petit mot que vous aurez vu dans mon résumé.
Beaucoup démembres de la Chambre, Jacquinot, VJ]. de Puy moisson, Bourdeau, etc., etc., me charjont de vous offrir leurs respects, et M. Hochet \ jixî lit un journal à côté de moi, m'adresse la même prière.
Xe côté droit est fort sage. M. de Villèle me fait
très-bonne mine et ne demande qu'à causer. La
réunion Durand, où l'on a bien voulu me faire les
honneurs du fauteuil , rassemble soixante-dix à
quatre-vingts membres, dont plusieurs ont déserté,
comme moi, la réunion Ternaux, depuis qu'on a
voulu la marier de force avec Laffitte, depuis que
MjVI. Benjamin et Sébastiani l'ont escaladée. On
pourrait recruter encore. Je crois vous avoir dit que
^on attachement et même ma vénération pour Rover
^ y opposent. Je n'ai toutefois rompu avec personne.
^n me recherche plus qu'on ne me fuit.
Il sera impossible de faire discuter quarante- *^oîs articles par des gens qui ne votent qu'un ar-
^. Hochet ëtait ne Paris, en 1772, d'une famille d'honorables
'^^Sociants. Arrêté en 1793 comme royaliste, il passa dans diverses
P^^isotis tout le temps de la Terreur. En 1799, lors de la création
^^ Conseil d'État, il y fut appelé comme secrétaire du comité de
*^tërieur. 11 devint, en 1806, secrétaire de la commission du
"^teniieux et, en 1815, secrétaire général du Conseil. 11 quitta
^ ^onctions en 1839 avec le titre de conseiller d'État honoraire
^^ait été, dans sa jeunesse, un des collaborateurs du journal le ^^licisie avec MM. Suard, de Ségur, Lacretelle et M^^® Pauline ^ Aleulan (M™® Guizot). — Voyez l'Esquisse historique sur • Hochet, par M. de Vaucher, Fastes de la magistrature»
ticle en trois jours. Il faut donc simplifier notre loi. Vous croyea qu^on peut attendre le renouvellement intégral d^ine autre Chambre; mais l'augmentation du nombre épouvante celle-ci. Établissement parlementaire , Chambre ingouvernable , infraction à la Charte : ce sont les arguments d'hommes à très-bonnes ou à très-mauvaises intei tions. Une loi d'élection est la pierre philosophale — -^ on cherche, mais avec la ferme intention de ne pî abandonner la proposition ministérielle. Je médil vos pensées ; au besoin j'en ferai usage. Le gran^ obstacle est dans Royer et ses amis ; ils n'ont pli d'asile que dans le rejet du projet du gouvernemen" Je ne négligerai rien pour qu'ils en cherchent et trouvent ailleurs.
Mille tendresses, chers amis.
Vous savez l'association en faveur des victimes c3e
l'arbitraire. On poursuit. Je ne sais où cela mènerai»
mais je sais que l'on a voulu poser les bases d'i
fédération. Nos nouvelles lois ont produit, par le
discussion, de terribles effets, sans doute; mais
n'a pas choisi le terrain : il fallait lier une majori ^to
ou subir de dures conditions et, d'avance, faire 1^
procès à la loi d'élection.