‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 131 sur 247 · III · texte numérisé non relu

III

Sm CORRESPONDANCE.

VOUS ne revinssiez pas. Mais ce n'est pas dans dételles circonstances qu'on peut ne s'occuper que dasoi, et ne s'en occuper encore que sous rinfluence^ d'incertains et misérables calculs d'ambition. Vos collègues sont franchement à vous. Les trois quarts

M. de Richelieu, sont temporaires, et leur action doit se terminer avec la fin de la prochaine session des Chambres.

» L'une d'elles est destindc à mettre un terme à la licence des écrits périodiques.

» Préparer, dans le silence des passions ennemies, tous les moyens de fonder la libertc^ de la presse sur des lois justement répressives, imprimer à ces lois nécessaires un caractère d'efficacité, seule garantie de cette liberté, tels sont les vf^ri tables motifs des restrictions imposées aux écrits périodiques

« I/dgalitd devant la loi existe dans le sens le plus 'absolu ;'toul supportent les charges de la société, tous participent à ses avao-. tages ; toutes les carrières sont ouvertes, et nul n'y trouve de boriMi que celles posées par ses facultés mêmes. Itfl

i< La liberté des cultes n'est plus un vain mot : tous jouissent 1^ d'une égale protection.

« La justice est commune et assurée à tous les Français. Tootci | ^ les propriétés sont garanties , défendues et protégées par le» mômes lois. Quelle que soit l'origine de la fortune d'un citoyen» fa que la terre qu'il cultive lui vienne de ses pères ou qu'il Tait acquise en vertu des lois, il doit en jouir avec la même sécurité* Cette sécurité lui est garantie par la Charte et par la constante volonté du Roi de défendre les droits acquis, de maintenir toutes les garanties qu'il leur a données.

« La seconde loi ne peut atteindre que les individus sur qnitie

graves indices appelleraient de graves appréhensions Ce qo*

le gouvernement a demandé, ce qu'il a obtenu, se borne à la faculté de retenir pendant trois mois, sans les livrer aux tribunaux, le* individus qu'il avait déjà le droit de faire arrêter

« Sa Majesté a voulu gouverner un peuple libre; elle le veut, elle le voudra toujours. Ses aïeux ont, d'époque en époque, favori»« les progrés de notre liberté ; le Roi a suivi leur exemple; il to^^ tiendra, il afformira les institutions qu'il a fondées, n

la Chambre VOUS honorent. Vous ne seriez le hé- ; de l'autre quart qu'en devenant dupe ou couble. Avec votre esprit et votre cœur on ne peut e ni l'un ni l'autre. Royer me parle souvent de 1 rêve de gouvernement; oui, c'est un rêve. S'il it faire aux royalistes quelques concessions, il en it faire bien d'autres aux libéraux. Il y a sottise vérité d'un côté, habileté et mauvaise foi de Litre. Du moment que l'on disputait le pouvoir au € gauche, il fallait s'attendre à ses excès. Ce 'St pas la liberté qu'ils veulent , c'est l'autorité ploitée par les révolutionnaires et les bonapartes. La France ne leur est pas si dévouée qu'ils disent; mais la France peut être encore leur vicie. Il faut la leur arracher. Tout est là. Que vous riiez ou non, votre présence imposera. J'espère ne que nous vous reverrons, au plus tard, dans J premiers jours du mois prochain. M. Pasquier us y invite. Si vous n'avez pas toutes vos forces, faudra vivre retiré et ne pas vous exposer aux sauts de l'argumentation hibemoise. Nous vous ènagerons pour notre salut et votre gloire.

Je vous aime bien tous trois.

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