M. Germeau à M. de Serre
Paris, le 8 avril 1890.
Monseigneur,
Je n'ai pu me procurer encore le livre de M. de Maîstre intitulé : Du principe générateur des Constitutions; il est totalement épuisé, et je ne puis le trouver que par hasard et à force de recherches ; il est plus rare encore que les Comvèèrations sur la France; je suis loin cependant d'être sans espoir de le découvrir.
J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence par ce courrier le Catéchisme de M. de Pradt^ et F/fotoire du Parlement d'Angleterre avec des notes attribuées à Napoléon ; l'authenticité de ces notes n'est peut-être pas bien établie, mais on dit cependant l'ouvrage curieux. Pour ne pas faire un trop gros paquet, je différerai de quelques jours l'envoi que je compte vous faire d'un nouveau roman de Walter Scott* intitulé : Ivanhoe, et de la traduction de la Marie Stuart de Schiller^ par un M. de
* Petit catéchisme à Vusage des Français sur les affairée de leur pays, 1820.
« Sir Walter Scott, ne à Edimbourg le 15 août 1771, mort à Abbotsford le 21 septembre 1832. Le roman d'Ivanhoe est de 189Û.
3 Frëde'ric Schiller, ne à Marbach (Wurtemberg) le 10 norembre 1759, mort à Weimar le 9 mai 1805. La tragëdie de Marif ^ituart est de 1800. Quelques semaines avant la lettre de M. Oer-
touche* qui est un homme de beaucoup de talent, f'ai l'honneur de vous faire passer les copies de IX lettres, l'une de Grenoble, l'autre de Rennes, Dpii toutes deux se rapportent à des affaires pollues. M. Millet de Chevers nous écrit à l'instant il vient de faire poursuivre le journal intitulé : Patriote alsacien, pour un horrible article itre la légitimité, le Roi et la famille royale. L'imience des feuilles les plus hardies n'avait pas
îore été aussi loin
le joins ici une réponse de M. de Latour-Maucurg^ au sujet de M. Sucy, d'Auteuil, qui vous ait été recommandé par le général Mallet. Parmi les discours les plus violents prononcés ns la Chambre des députés, Votre Excellence rasans doute remarqué celui de M. Bignon. De Is excès servent peut-être le ministère plutôt 'ils ne lui nuisent. On m'assure que plusieurs détés sont déjà épouvantés de certaines indiscréns commises par le parti auquel ils se sont alliés, reculent devant les conséquences de la marche bn veut leur faire suivre ; on cite entre autres Simon, de la Moselle^, comme ayant nettement
u, le 6 mars, M. Lebrun avait fait représenter au Th^âtre-
açais une imitation en vers de cette tragédie.
Hyacinthe (Henri) Tbabaud de Latouche, né à la Châtre (Iiidre)
février 1785. 11 a compose des comédies et des romans, mais
t surtout connu par Tëdition des œuvres posthumes d'André
lier qu'il donna en 1819. Il est mort à Aulnay, prés Paris, le
irs 1851.
Ministre de la Guerre.
François-Gabriel Simon, d'une famille de négociants honora*
déclaré qu'il ne croyait plus pouvoir suivre ave^i honneur des hommes dont les coupables intentiox^s se manifestaient avec tant d'évidence.
J'ai pu me procurer un exemplaire du n** 3h du Patriote alsacien; Votre Excellence le trouve-ra ci-joint
Je suis avec respect , monseigneur , votre trèshumble et très-obéissant serviteur,
Germeau.
'752. — M. de la Boulaye à M. et à IC^® de Serre.
Paris, dimanche 9 avril 1890.
Ce n'est pas un poisson d'avril, mes chers amî^» 'que votre lettre du 1®' de ce mois, car j'y vois de!>-^ écritures que j'aime fort.
Vous faites bien de quitter Nice : on en parle m^ à compter d'avril. Grasse et Hyères seront bienhe reux ; mais prenez vos précautions pour les lettre" et dites-moi de bonne heure ce qu'il faut faire.
Nos fillettes vont à ravir, et les grands parents
blement connus, naquit à Metz le !i5 octobre 1768 ; il y fonda maison de banque. 11 devint dëputë de la Moselle en 1818 ; il d'abord avec le centre gauche, puis avec le centre droit; le 16 m^'^ 1830, il fut Tun des 181 membres qui s'opposèrent à l'adresse à^ 2^1. Il dchoua aux élections générales du mois de juillet snivaAt* " mourut en \83U, 11 avait été président du tribunal de commerce
portent bien. Louise ne viendra pas aujourd'hui dîner rue d'Enfer, quoique M™* Royer ait eu la bonté de l'y faire engager : le temps n'est pas assez beau. *
Wendel est parti pour battre sa monnaie de fer.
Vous verrez ma réplique^ . Camille prétend que je uî ai donné un brevet de niais. Vous retrouverez vos >arQles dans ma réponse, maïs comme on voit son mage dans les glaces qui enlaidissent.
Si la majorité vous est un important indice, janais elle n'a été aussi forte ; et, quelques jours après, sur je ne sais plus quel sujet, j'ai eu occasion de dire que cette majorité grandirait encore pour l'honneur de la Chambre et le salut de la France. Je tire à tout hasard ; mais tous ne le croient pas.
Hier la commission des élections a rejeté la loi. J'aî dîné hier chez M. Pasquier avec MM. Laine et Bourdeau, deux des commissaires*, et plusieurs ministres. La commission va discuter les deux, ou trois, ^^ quatre projets de Royer, qui commence à s'aperce- ^oîr* qu'il a, audébutde toutes ces affaires, trop compté
Gommô rapporteur du projet de loi qui suspendait la liberté ^^ i oumaux, M. de la Boulaye avait présente à la Chambre un ■^^^xnë de la discussion générale dans la léaneo du 25 mars. — ^oyoa U Moniteur de 1820, p. 393.
<« MM. Laine et Bourdeau, observe M. de Viel-Castel, étaient
les «euls membres de la commission qui voulussent en réalité
l'adoption du projet de M. Decazes, et cette circonstance était digne
^^ Remarque, puisque le premier, comme ministre, et l'autre,
■coïXUne rapporteur, avaient été les auteurs principaux de la loi de
wl7 qu'il s'agissait maintenant de, détruire, n (Histoire de la Res-
^<^^aCiony par M. de Viel-Castel, t. VIII, p. ii67.)
sur ses forces, mais qui s'est tellement engagé avec tant de gens et de tant de manières qu'il est difficile de revenir sur ses pas. Le rêve de Guizot est de faire de Royer un premier ministre. Hélas! On m'a promis souvent place dans ce ministère, mais on ne m'y tient pas.
Manuel ouvre la bouche comme un four pour des en effet, des si, des mais, des car. Benjamin a parfois l'air d'un démoniaque, et Bignon verse le fiel à grands flots. Comment ne rougit-on pas de marcher avec de pareils hommes et de marcher à leur suite ?
N'oubliez pas de me prévenir pour les lettres et
aimez toujours qui vous aime.