M. de la Boulaye à M. de Serre
Lundi 17 avril 1890.
Les petites vont très-bien. J'ai dîné hier avec Louise, rue d'Enfer
A la suite du dîner d'hier, quatre heiures de discussion, et mon esprit, ma conscience, mon désintéressement, mon ambition, l'opinion du département, l'opinion publique, les fureurs] et les ten-dresses, tout cela jouant tour à tour contre ce bon» ce méchant, cet insensé de la Boulaye, mais
Que peut contre le roc une vague agitëe ^ ?
Je suis ce roc, ce Froc, comme vous voudrez, car* je suis convaincu. Toute déférence à la gauche est^ mortelle aux Bourbons. Ou l'on se jette dans Tab — solu, l'universel, la souveraineté du peuple, etdan^ ce cas le pouvoir du sabre à la suite des idées ré— publicaines ; ou l'on reste avec ce que l'on a, et la^ chute de la dynastie en est l'indispensable conséquence. On ne peut pas expliquer ce que l'on veut. Si l'on est de bonne foi, c'est démence; si l'on n'en est pas... prononcez.
Il s'agit maintenant de faire grand bruit de la pétition Madier-Montjau, d'exhumer l'accusation de M. Decazes, de mettre des bâtons dans les roues de mille manières ; d'irriter le côté droit pour qu'il
* Piron, Métromanie, acte RI, scène vu.
e et réveille les haines ; de composer pour la irelle loi une commission hostile ; et de quoi ne ît-îl pas ? Vous allez voir tout cela se dévelop-
sî Ton a le courage de faire tout ce dont on ace. Rien n'est épargné pour que Courvoisier et lUle se lancent. Je soupçonne que déjà Guizot siille dans les journaux et ailleurs ; et il m'a tivement dit que, si vous adoptiez la nouvelle il ne pourrait pas se dispenser de lui décocher Iques pages.
faut que vous sachiez tout cela, cher ami. Il y lit, si mon amitié était moins vive, les choses as sérieuses et la cause moins sacrée, quelque yauté à ces communications ; car, bien que je ède rien, on m'accable de bonnes grâces. Mais si $ remarquez des contradictions, j'en remarque d et de bien bizarres. Je sais faire à la chaleur à discussion une part convenable, mais je ne
pas m'engager sans fil dans le labyrinthe, et le que l'on me montre, quoique retors, casse à jue instant.
rermeau vous enverra le dernier ouvrage de Taulier du dieu Mars ^ et la Bibliothèque histole^ où Madier-Montjau se trouve ; cela va partir, ^oici une note de Méliot.
lille tendresses, mes bien chers amis ; je suis à
[j'abbë de Pradt. On rapporte qu'il se qualifiait aiiisi à Tëpoque l ëtait aumônier de Napolëon.
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CORHESPONDANCE.