M. de la Bonlaye à M. de Serre
Paris, dimanche 16 avril 1^0.
M. Portai doit vous écrire aujourd'hui. La loi des élections sera probablement présentée demain. M. Pasquier vous a dit à ce sujet, dans sa dernière lettre, ce qui paraissait possible. Tirons-nous de là et à quelque prix que ce soit. Nous sommes livrés aux factieux; on les surveille, on les surprendra jpeut-être en flagrant délit; mais, en attendant, nos discussions deviennent interminables. MM. Pasquîer^ et Laine ont très-bien dit hier sur les emprunts.
Si vous avez entendu parler d'une pétition d'un M. Madier*, conseillera la Cour royale de Nîmes,
< Voyes les Discourg de M« Pa«qnîer, t. Il, p. 159-18&. * Paulin Madier de Mentjaa, n^ à Bourg-Saint-And^ol (Ardéche) «n 1785. D'abord auditeur an Conseil d'ÉUt, il devint, en 1813,
VOUS savez qu'il y est question de lettres que l'on dit émanées du pavillon Marsan et dont on donne les numéros. Monsieur paraît indigné de ces rumeurs dont les factieux se targuent, et Son Altesse Royale témoigne hautement et noblement le désir que tout cela s'éclaircîsse ^ Saulnier* doit faire, dans le cours de la semaine, le rapport de cette pétition.
'On a d'abord publié que vous ne vous associeriez jamais à de pareils ministres, puis que vous seriez une force à part dans le Conseil, et maintenant vous êtes ultra. « Qu'on y prenne garde, me disait hier Royer, et qu'on ne nous force pas, après avoir tiré l'épée, à jeter le fourreau. — Prenefc-y garde vous-même, ai-je répondu. Le temps des transac-
coiiseîller à la Cour impériale de Nîmes, et conserva ces foliotions sous la Restauration. Les électeurs de Castelnaudary renvoyèrent à la Chambre en juin 18d0 ; il prit part à rëtablissemeat de la nouvelle monarchie, et fut nomme procureur gënëralprésl^ Cour royale de Lyon. Le \k mai 1831, il entra comme conseille à la Cour de cassation. Il donna sa démission le 19 avril 18/i8poiff protester contre les atteintes portées à Tinamovibilitë de la nia^ trature. l\ est mort le 12 mai 1865. — Voyez la Nouvelle biogror phiegénévale (Didot), t. XXXII, p. 62â.
* Voyez l'Histoire de la Resiauratiouy par M. de Viel-Castel, t. VKl. p. /*78-/*87.
* Pierre-Louis Saulnier, ne à Nancy le l®"" janvier 1767, ët»it» en 1789, avocat au Parlement. Après le 9 thermidor, il fut ^* président de la municipalité de sa ville natale. Il devint, en I8(ft préfet de la Meuse et, en I8O/1, secrétaire général du ministère de la Police, fonction qu'il conserva jusqu'à la chute de l'Empire et même durant la plus grande partie de la première Restauration* Député de la Meuse de 1816 a 1838, il siégea sur les bancs de b gauche. 11 mourut à Paris le S3 février 1838. Il avait épooa^ M*^* Lacretelle, la sœur des deux académiciens.
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ons, des combinaisons, des ménagements est assé. On juge sur ce que disent les partis de quel arti sont les gens. Vous blâmez ma conduite et :>xis me reprochez d'être ultra ; citez-moi des jouratux ultras qui me louent. Je ne suis point embai*tssé de vous trouver des apologistes même parmi ïs factieux. » Toutefois, nous dînons encore enîinble tous les dimanches. Jusqu'au dernier molent j'aurai de l'espoir.
Beugnot est à présent tout à fait des nôtres et des îners du samedi.
Il faut songer à revenir. On vous en presse ; on e vous demande que de paraître, et vous serez, il le faut, mis dans du coton. Je vous ai fait part e mes projets. L'essentiel est tie se soustraire à la irie des premiers flots. Ne dépensez pas vos poulong en escarmouches.
Vous jugez bien le côté droit, et Corbière, et ""îUèle. On sent le danger et l'on est d'accord; les ébats ne seront que pour la forme.
Dirigez de bonne heure ma correspondance. Je ne oudrais pas tirer aux moineaux, et je crois qu'il 'y a plus de temps à perdre.
Mille tendresses, mes bien chers amis. Nous ommes mieux, à tout prendre.