Le baron Portai à M. de Serre
Ce 17 avril 1820.
Mon cher collègue,
'^ ne vous ai pas écrit depuis longtemps parce je sais que vous êtes tenu fort au courant de ce se passe et se prépare, et que, de plus, on a la té de vous parler quelquefois des tendres senties que je vous porte.
"eus marchons peu à peu vers le but ; il me semque les obstacles s'affaiblissent, et que Topiniou mence à être un peu éclairée sur les motifs do adversaires. Toutefois leurs efforts et leurs me- \ dans les provinces sont affreuses : il n'est sorte >ruîts qu'ils ne fassent courir, ni sorte d'intri- 3 qu'ils n'emploient. Les troupes sont l'objet iiculier de leurs soins, et il est à croire qu'ils plus d'un point d'appui. C'est là l'objet le plus ortant, et il n'est pas prouvé, pour moi, que soit bien en mesure de les déjouer. Nous avons 5i un grand nombre de fonctionnaires qui vont
ou faiblement; mais, si nous prenons de la e, ils changeront, et peu d'exemples seront néaires.
»'un autre côté, ce qu'on appelle les ultras est enu plus raisonnable. Ils reconnaissent que dénaîs la France ne pourra supporter d'autres
S5h CORRESPONDANCE.
principes monarchiques que ceux qui sont établis ^lans la Charte. Je crois qu'ils commencent à avoir peur. A la vérité, à aucune époque et à la veille <r aucune de nos grandes catastrophes, les ennemis (le l'ordre ne se sont montrés plus confiants et plus audacieux qu'ils ne le sont aujourd'hui.
Nous allons retirer la loi, c'est-à-dire le projet présenté sur les élections, et en substituer un autre, (.-elui-ci est plus court et plus simple. J'espère en avoir une copie ce matin et pouvoir la joindre i ^cette lettre.
Le moyen est vif et fera des mécontents ; mais il lie viole pas la Charte et, par conséquent, il ôte aux ennemis ce grand moyen d'attaque. Je crains que la commission ne soit pas bonne et qu'elle ne retarde J^eaucoup son rapport. Gagner du temps, fatiguer la Chambre, irriter l'opinion, voilà le système qu'oo nous oppose. Le nôtre est d'aller vite, bien, et de montrer qui nous sommes et ce que nous voulons
Nous aurions besoin d'un peu plus de force dans la Chambre, et c'est vous qui nous la donnerez. Si vous vous trouviez assez bien pour vous acheminer vers nous, à la fin de ce mois ou au commencement de l'autre, vous nous rendriez heureux. Il faut surtout que les derniers moments de la session soient pour nous, que les factieux soient démasqués et mis à leur place, et que notre pauvre France soit asseï avertie pour ne pas tomber dans les malheurs qu on lui prépare.
Vous devez être bien affligé de la conduite de vos <\nciens amis. Ils ne peuvent pas se plaindre de
>us : nous n'opposons que du calme à leurs fautes à leurs outrages. Ils nous affligent encore plus l'Us ne nous offensent. Ce sont les plus grands molisseurs qui aient jamais existé, et les hommes ; plus impuissants pour établir un ordre social uâeonque. Peut-être pourrez-vous les ramener, et le souhaite beaucoup pour eux-mêmes, pour nous
surtout pour le triomphe de l'ordre et de la paix
Hique.
Je ne sais si l'on vous a parlé d'une pétition pré-
itée par un magistrat de Nîmes dans laquelle on
montre les menées vraies ou prétendues des ultra-
yalistes dans le département du Gard. Au nom-
e des allégations ou des faît« qu'il raconte, il
rie d'une circulaire du comité directeur ultra. Le
c de Richelieu en a parlé à Monsieur, et Son
tesse Royale lui a dit qu'il n'en avait aucune con-
îssance; qu'il fallait suivre cette affaire et que,
l était vrai qu'il y eût des circulaires et que
elqu'un de ses serviteurs ou de ses alentours y
t pris la moindre part, il les éloignerait de sa
rsonne tout de suite et avec éclat.
Madame est aussi dans les meilleures et les plus
gés opinions. En tout, le château va à merveille,
l'on y peut trouver un grand appui.
Venez le plus tôt que vous pourrez ; voilà mon
mier mot.
Présentez mes hommages respectueux à M"*® de
we et recevez une nouvelle assurance de mes
ntimens affectueux.