M. Royer-GoUard à M. de Serré
Ce jeudi [8 juin 1890]«
J'ai, mon cher ami, ce qu'il y a, je crois, de pis au monde : un mal d'oreille que rien encore n'a pu vaîhcre. Avant-hier je fus obligé de sortir -de la séance avant trois heures ; hier j'ai gardé la chambre. Je vais faire effort aujourd'hui pour aller conseillèlr le double vote. Si je pouvais, je l'appuierais à la tribune d'une ou deux phrases ^ Qu'on ait le même esprit de l'autre côté, et nous pourrons f^ûre la loi à l'unanimité*.
Votre ami,
Ro YER-COLLARD .
* Comparez la Vie politique de M. Royer-CoUardy par M, de Barante, t. Il, p. 61.
^ Dans la nuit du 7 au 8, le ministère, la droite presque entière, Je centre droit et le centre gauche s'étaient entendus, et avaient résolu de soutenir la proposition de M. Boin. — Voyez VHistoire de la Restauration, par M. de Viel-Castel, t. VllI, p. 590*
ANNEE 1820. KÎS
828, — M. de la Boulaye à M. de Serre.
[8 juin 1830.]
L'autorité du Roi triomphe, chose immense. Cette journée-ci doit nous perdre ou nous sauver.
Beaucoup de bons esprits craignent le doublement de la Chambre. En cas de succès, responsabilité terrible; mais le succès me paraît impossible. Voici, ce me semble, la détermination à prendre : déclarer que le gouvernement ne se séparera pas de sa majorité; mais cette majorité veut la paix et consent à revenir à des propositions précédemment faites par le gouvernement et qu'elle n'a pas repoussées.
Veut-on .l'amendement de Courvoîsier avec le cinquième, le double vote et les 500 francs pour les éligibles d'arrondissement? Que cette proposition soit mise aux voix, sans la diviser. La Chambre prononcera.
Si la majorité actuelle est notablement accrue pour l'adoption, les ministres, d'après les ordres déjà donnés par le Roi, consentiront.
Sinon exposition de l'état actuel de Paris et de la France; la loi actuelle sans désemparer. Il n'y a plus de délai possible ^ .
* Voyez les Discours de M. de Serre, t. Il, p. 176-178.
Ulk CORRESPONDANCE.