‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 203 sur 247 · M. de Wendel à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de Wendel à M. de Serre

[9 juin 1830.]

Je croîs les esprits bien disposés ; la droite votera ce que vous voudrez ; je viens de voir Marcellus, Salaberry, Chabrillan^ Beaurepaire^; vous savez

* Hippolyte-Cësar-Guigues de Moreton, cinquième marquis de Chabrillan, né à Paris le 6 novembre 1767,ëtait fils dd Joseph-Dominique de Chabrillan et d'Innocente-Agla^ du Plessis-RîcheKcu d'Aiguillon. Il ëpousa en 178/i Antoinette-Françoîse-Marîe de Caumont la Force. Après avoir servi dans les chevaii-lëga^s» il fat nomme, en 1786, capitaine aux carabiniers de Monsieur, U ëUit aussi premier dcuyer de M*"® la comtesse d'Artois en survivance de son père. Pendant la Révolution, comme il cherchait i gagner l'Angleterre sur un navire espagnol avec sa femme, ses eofanlf» sa belle-mère et une vingtaine d'autres ëmigrants, une fr^te française les captura et les mena dans le port de Toulon. La populace les voulait égorger (12 mars 1795), mais le général Bonaparte les fit entrer, de nuit, dans des caissons censés chargés de munitions do guerre pour l'armée d'Italie, et les fit conduire i Grasse. M. de Chabrillan resta dans les prisons de cette ville jusqu'en mars 1797. Il se rendit alors dans le Valais, revint en Franco dès que les circonstances le lui permirent, et s'établit à Montélimar pour y recueillir les débris de sa fortune. En 1815, 1816 ei 182J4, les électeurs de la Drôme le choisirent pour député : il si^ gea sur les bancs de la droite. Gentilhomme d'honneur de Mo^' sieur en janvier 1815, il devint, en octobre ISâ/i, gentilhomme de la cliambre du Roi. 11 est mort à Paris le 16 octobre 1835.— Consultez la Biographie des premières années de Napoléon Bona* parte y par le baron de Coston, p. 358-360. Valence, 18/i0.

^ Le marquis de Beaurepaire, député de Saône et-Loire dep«i^ 1815, siégeait sur les bancs do la droite.

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ce qu'il faut dire pour rallier la droite et les deux centres : voilà la ligne ^ .

^ Voyez les Discoars'de M. de Serrcy t. II, p. ITSÂèh.

«i Le 9 juin, la Chambre, à la majorité de 185 voix contre 6ôy vota Tam^ndement de M. Boin. La minorité se composait de l'extrême gauche, de M. de la Bourdonnaie, de M. de Castelbajac et de

deux antres membres de l'extrême droite On fut généralement

surpris de la force de cette majorité. Elle s'explique par le caractère que prenait peu à peu l'agitation à laquelle Paris. était livré depuis le commencement du mois et par Teffroî qu'en éprouvaient

tous ceux qui ne désiraient pas une révolution Depuis deux

4ours, les rassemblements étaient devenus bien différents de ce

q^u'ils avaient été d'abord Le 8, à neuf heures du soir, un grand

nombre d'ouvriers s'étaient montrés sur les boulevards, entre la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin^ formés en groupe, la

pliipart armés de bâtons ferrés et criant Vive la Charte! Us

jtvzÏGDi résisté à l'action de la gendarmerie et de la garde nationale, mais quelques escadrons de cavalerie, arrivant au trot, les

avaient dispersés sans peine Le 9, quinze ou vingt mille indi-

-viduSy appartenant pour la plupart aux plus basses classes de la pqpulation, se trouvèrent réunis sur les boulevards vers neuf heures du soir, criant Vive la Charte! A bas les Chambres! A bas les royalistes, les émigrés, les m>issionnaires! Quelques-uns ajoutaient : Vivent nos frères de Manchester ! et même Vive VEm>-

perevtri Tous les effort» de la police, de la gendarmerie et de

la garde nationale furent impuissants à rétablir l'ordre. Les émeu-

tiers n'y répondaient qu'en lançant des pierres Le général

Defrance, commandant de la division militaire de Paris, vint prendre la direction des mouvements de la force armée et ordonna

une diarg0 de cavalerie qui eut bientôt dispersé le rassemblement. Quelques pelotons envoyés successivement contre ceux des séditieux qui tentaient d'en réunir les débris épars complétèrent sa déroute. » (Histoire de la Restauration, par M. de Viel-Castel, t. Vm, p. 699-603.

Ji7ô CORRESPONDANCE.

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