‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 208 sur 247 · M. Pas(|uier à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. Pas(|uier à M. de Serre

De la Chambre, quatre heures du soir.

Jeudi [15 juin 1820].

Mon cher ami,

Froc la Boulaye me dit que vous êtes un peu enrhumé du cerveau ; surtout soignez bien cette petite incommodité, ne laissez pas tomber ce rhume sur la poitrine. Ne prenez pas en mauvaise part cette petite recommandation ; c'est que réellement je tiens à vous plus que jamais, et mon amitié apprend chaque jour à vous apprécier davantage.

J'ai reçu votre lettre d'hier. Je vais écrire à Ma- III. 31

^andet^ Tidée me paraît excellente. Cette affaire des élections est actuellement notre glande affaire. Quand nous nous verrons, ce devra être le principal sujet de nos conversations et de notre délibération.

J'ai, comme vous^, évité, pour mon budget, la retenue du vingtième, mais j'ai laissé sur le champ de bataille 150,000 francs, que j'avais demandés en augmentation, et il y a de ma faute dans cette perte; il paraît que si j'avais insisté davantage j'aurais eu le dessus^.

Tout dans la correspondance indique que notre situation est bonne et fort bonne ; mais il ne faut pas la laisser gâter; dans ce pays, quand on n'avance pas, on reculé. Nous avons bien des petites^ choses à faire pour avancer; l'essentiel est de conserver nos amis, de leur donner courage et de leur montrer qu'il fait bon à marcher avec nous. Mais sur tout cela écrire est trop long. Il faut beaucoup penser chacun de notre côté, et puis nous nous communiquerons nos idées.

Mille et mille amitiés.

Pasquier.

« Voyez t. II, p. US.

2 Dans la séance du 1/* juin, M. de Serre avait pris la parole sur les dépenses du ministère de la Justice. — Voyez les Discours, t. U^ p. 216-S23.

3 Voyez les Discours de M. Pasquier, t. II. p. 363-377»

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