‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 38 sur 247 · La comte de Moatlosier à M. de Serre · texte numérisé non relu

La comte de Moatlosier à M. de Serre

Paris, S3 février 1630.

Monseigneur,

Voîcî ce que M. Decazes- m'écrit le 20 février : « Un de mes châteaux en Espagne a été quelquefois d'aller visiter votre habitation et vos travaux agricoles. Je serais très-heureux d'exécuter ce projet. » A votre retour de la Provence, monseigneur, si vous passiez par l'Auvergne, ce qui vous donnerait connaissance d'une contrée qui ne ressemble à aucune au monde, ce serait bien aimable à vous de venir visiter la chaumière de Randane. Et, si par hasard à son retour de Lectoure, où il va aller incessant*

ë(K>usa M^^® de Schott)» en 1810 à Naples, et il y resta jusqu'à la fin de 1813. En ISlh, le gouvernement provisoire le nomma cqqoimissaire adjoint au ministère des Affaires étrangles (3 arril- IS mai), et Louis XVllI» conseiller d'État en service extraordî* naire. Députe de la Marne pendant les Cent-Jours, il rentra au Conseil d'État en service ordinaire lors de la seconde Restauration. Ministre plénipotentiaire prés la cour des Pays-Bas ea IS3Ù» â Washington en 18â3, à Lisbonne en 18S8, à la Haye en 1830, il remplaça temporairement M. de TaUeyrand à la confidence éd Londres en ISSU, et alla» conmie ambassadeur, à Naples en 1838. Il quitta bientôt ce poste et reçut ie grand cordon de la L^gpon d'honneur. Membre de la Chambre des pairs depuis lS3St» il y «i^ gea assidûment de 183/t à I8/18. 11 mourut le 13 janvier 1855. Na* polëon rayait cté4 baron, et Louis-Philippe comte.

inent, M. Decazes réalisait le désir dont il me parle, quelle heureuse singularité, quelle gloire pour mon. ermitage 1 Venez; j'ai de bon pain noir, de boas œufe frais et du lait en abondance. Je ferai élever une colonne, ou tout au moins je planterai un petit bois en souvenir de cet événement.

Voilà donc le déplacement de M. Decazes. Quand on menaçait Tabbé Maury ^ de la lanterne^ il répondait : En verrez-vous plus clair? En vérité, monseigneur, je n'y vois pas plus clair du tout. J'y vois beaucoup plus trouble. Il y a quelques haines d'adoucies, mais pas un obstacle levé; les difficultés restent les mêmes, peut-être même seront-elles plus fortes. Avec la faveur du Roi, M. Decazes avait bien plus d'influence sur une Assemblée que n'en auront MM. Siméon et Mounier, et M. de Richelieu luimême sans place à donner et sans portefeuille.

Le côté droit me paraît assez content de la nouvelle loi sur les élections. M. Cornet d'Incourt m'a

1 Jean-Siffrein Maury, né à Valrëas (Vauclufie) le S6 juin 17/i6. Il ae fity dès sa jeunesse» une grande rëputation comme prédicateur, et devint, en 178/*, membre de T Académie française. Député du clergé de Péronne aux États--Généraux, il se signala parmi les défBAseiirs de l'autel et du trône. U émigra en 1791, obtint en 179^ le chapeau de cardinal et l'évéchë de Montefiascone, et, un peu plus tard, exerça les fonctions d'ambassadeur de Louis XVIII prés de Pie VI. Mais en 180/t il se rapprocha de Napoléon, accepta, en IdiO, Tarckevéché de Paris, et administra ce diocèse malgré les âécreiB de Pie VII, qui lui refusait l'institution. Au retour des BooriixDns, il quitta la France, se rendit auprès du Saintp-Père, passa quelques mois en prison au château Saint-Ange, se démit de Tévêché de Montefiascone et obtint son pardon. 11 mourut à Rome le 11 mai 1817.

dit qu'il la trouvait bonne ; j'ai entendu des murmures parmi les hommes de la France nouvelle. Comment tout cela s'arrangera- t-il? Je l'ignore.

Revenez, monseigneur, si vous le pouvez, revenez. Au milieu de mes champs et de mes troupeaux, je ne puis vous être bon à rien ; mais au moins mes vœux vous accompagneront partout. A jamais attachement, dévouement et profond respect.

Le comte de Montlosier.

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