‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 5 sur 247 · M. Germeau à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. Germeau à M. de Serre

Paris, le 15 février 183».

Monseigneur,

Voici les nouveaux détails recueillis sur l'attentat qui a coûté la vie à M. le duc de Berry.

Il est maintenant bien démontré que c'est le fanatisme politique qui a armé le bras de l'assassin. Il a été trouvé sur lui un SQCond poignard ; il avait laissé

difficiles ont acquis à. sa mémoire le respect et Testime de tous les partis.

le premier dans la plaie ; il avait en outre un pistolet chargé. Lorsqu'on s'est saisi de lui il a dit avec tranquillité : « Si j'avais pris le chemin de la rue de Louvois, j'échappais. » Il n'a pas montré un instant d'émotion, et les médecins ont constaté que les battements de son cœur n'avaient point été un instant accélérés. Parmi les preuves qu'il a données de son horrible sang-froid, on cite celle-ci que jen'aî luedans aucun journal : on lui avait mis les menottes, et il d^nandait qu'on les lui ôtât pour un moment ; l'officier qui les lui avait mises n'en retrouvait pas la clef; lui, se l'etournant paisiblement vers une personne obscure qui était parmi beaucoup d'autres dans l'appartement, dit : « C'est à monsieur que vous avez remis la clef », et cela était vrai. Il se compare à Brutus, et cite continuellement des phrases libérales de la Minerve et du Constitutionnel; tout le reste de sa conversation est celle de l'homme du peuple le plus grossier.

Je laisse aux journaux à vous donner les autres détails ; j'ai dû me borner à ceux qu'ils n'auront pas rapportés.

Je suis avec respect, monseigneur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Germeau.

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