M. Mestadier^ à M. de Serre
Paris, 29 fdvrier 1820.
Monseigneur,
J'ai appris avec le plus grand plaisir et à l'hôtel de la chancellerie, et de quelques personnes auxquelles vous avez écrit, et, hier soir, de M"*" Bar-
18 août 1761 , entra dans Tordre de FOratoire le 17 novembre 1777, et y professa la philosophie et la thëologie. Il accueillit avec enthousiasme les e'vënements de 1789 et les décrets de la Constituante relatifs à l'organisation civile du clergé. Députe à la Convention, il montra de la fermeté lors du procès de Louis XVI, et s'efforça de lui sauver la vie. Après avoir e'te membre du Conseil des Cinq-Cents, puis du Tribunat, il devint, en 180^4, conservateur des archives générales. Il fut député du Finistère de 1819 à 18323 et de ISUl à 183i«, et vota constamment avec la gauche. 11 obtint la dignité de pair en 1839. 11 mourut à Paris le ^ juin 18/tO. 11 était membre de l'Institut depuis la fondation et l'un des liommes les plus érudits de son temps. Une notice sur M. Daunou a ét^ lue par M. Mignct dans la séance du tH mai 18A3 (Académie des sciences morales et politiques).
^ Jacques Mestadier, né à la Souterraine (Creuse) le h avril 1771. Lieutenant du génie en 179/*, il quitta le service en 1800 et, quelque temps après, débuta au barreau de Limoges ; premier avocat général à la Cour royale de cette ville le 8 décembre 1818, président de Chambre le âS février 18^, il devint, le 1®** avril de cette
rairon, que l'air du Midi vous est trùs-salutaire et <jue votre santé s'améliore sensiblement. Kespirez-le bien, cet air pur, prenez de l'exercice à pied et à cheval ; que les événements qui ont suivi votre départ ne vous tourmentent pas trop, et tachez de vous guérir le plus tôt possible; mais guérissez- vous bien, car votre absence fait un très-grand vide, et nous avons grand besoin de vous. C'est comme à la tour de Babel : personne ne s'entend plus, personne ne se comprend plus, et cependant jamais plus de motifs de se rapprocher, de se concilier.
La censure passera à la Chambre des députés comme à la Chambre des pairs ; il en sera de même du projet sur la liberté individuelle amendé par la commission. Mais qu'arrivera-t-il du projet sur les élections? Vous connaissez ce projet, vous connais- -sez aussi la commission : quatre d'un côté, trois de l'autre et deux de l'autre. Tout porte à croire qu'il n'y aura de majorité pour rien. M. Royer et M. Cour- Toisier se prononcent fortement contre la division ^n deux collèges, de quelque manière qu'on la pro-
Tnêtne année, conseiller à la Cour royale de Paris, et le 5 novembre 1826 conseiller à la Cour de cassation. « H y apporta, dit M. de Royer, une intelligence exercde, l'expdrience des affaires, une grande sagacité, une discussion toujours vive, franche et animée.» Il fut député de la Creuse de 1817 à 1831 et siégea au centre droit. Bien que peu favorable au ministère du 8 août 1829, il vota contre 'adresse des 221 par respect pour la prérogative royale. Il quitta les fonctions de magistrat le 23 décembre 1852 et mourut à Paris le h avril 1856.— Voyez le Discours prononcé à l'audience du ^ noveanbre de cette même année par M. de Royer, procureur général prés la Cour de cassation, p. 116-119.
posât. La division du projet n'a été visiblement imaginée que pour proposer le double vote. Il valait mieux le dire franchement ; mais vous seul pourriez le faire adopter par la Chambre. Heureusement l'époque de la discussion sera différée assez longtemps pour que vous soyez revenu, et alors nous verrons à rendre plus claires certaines dispositions qui le sont fort peu, à en ajouter quelques-unes, â en modifier quelques autres.
Veuillez, je vous prie, monseigneur, présenter à M""® de Sen^e mes respectueux hommages ; veuillez aussi agréer une nouvelle assurance du respectueux dévouement avec lequel je suis,
Monseigneur, de Votre Excellence, Le très-humble et très-obéissant serviteur,
Mestadier.