M. de la Boulaye à M. et à M""® de Serre
Paris, mardi 29 février 18â0.
Les eufants, mes chers amis, sont dans le meilleur état et vos parents se portent bien.
M. Pasquier a eu hier un succès grand et général à la Chambre des pairs ^ . Quoi qu'en disent les journaux, il y a eu pour la loi 13G voix contre 7/k La censure est donnée au gouvernement jusqu'à la fin de la session prochaine ; les journaux vous diront le reste. Je suis d'avis que vous écriviez quelques mots de f élicitation , en style de bon camarade, à M. Pasquier : j'en ai entendu bien parler hier au soir par ses plus grands ennemis.
M. le duc de Richelieu m'a parlé de vous dans les meilleurs termes; il compte essentiellement sur votre amitié comme sur votre appui. Il m'a expressément chargé de vous le dire. Sa détermination est franche et ferme, très-ferme.
Vous allez savoir notre commission des élections et vous verrez que, bien que le gouvernement ait contre lui sept commissaires, il a pour lui la majorité des voix. Ah! que vous aviez raison, mon trèscher, de vouloir changer notre règlement* !
^ Voyez les Discours de M. Pasquier, t. II, p. 59-89, ei^VHistoire de la Restauration, par M. de Viel-Castel, t. VIII, p. 357-350. ^ Voyez les Discours do }iL de Serre, t. I•^ p. 169-191.
ANNEE 1830. 133 Pour le gouvernement. Contre.
Camille Jordan 13 Ih
Bourdeau 23 7
Général Foy 12 lA
Verneilh-Puiraseau ^ . . . 12 10
Dupont (de l'Eure)*. ... 13 lA
Royer-Collard 12 13
Courvoîsîer 12 IC
Laîné. 10 12
Daunou^ 11 13
Absents 9 2
* Charles-Joseph de Verneilli-Puiraseau, n^ prés de Nontron (Dordogne). Député par son département à V Assemblée législative (1791), il fit preuve de modération. Il fut président du tribunal criminel de la Dordogne en 1799, pre'fet de la Corréze en 1800, préfet du Mont-Blanc en 1802 et membre du Corps législatif de 1800 à 181 A. Ré^u en 1816, il vota, durant cette session et les suivantes, avec le centre gauche. Il mourut en 1839. Louis XVIII l'avait crée' baron.
* Jacques-Charles Dupont (de TEurej, ne' au Neubourgle27 février 1767. Avocat au Parlement de Normandie en 1789, il embrassa avec ardeur les principes de la Révolution, mais se conserva pur des excès où tant d'autres se laissèrent entraîner. Administrateur du district de Louviers en 179â, président du tribunal criminel d*Evreux en 18(X), président à la Cour impériale de Rouen en 1811, il perdit ces fonctions en 1818. Après avoir été membre du Conseil des Cinq-Cents de 1798 à 1799, du Corps législatif de 1813 à. 181A et de la Chambre des Cent-Jours, il fut député de 1817 à IShS. Il reçut le portefeuille de la Justice le 11 août 1830 et le garda jusqu'au S7 décembre de la même année. Après la l'évolution de I8/48, il présida le gouvernement provisoire. 11 est îxiort à Paris le 3 mars 1855.
* Pierre-Claude-François Daunou, né à Boulogne-sur-Mer le
I3h CORRESPONDANCE.
Le courrier ne part pas aujourd'hui. Sans adieu, mes bons amis.