M. de la Bonlaye à M. et à M""* de Serre
Paris, lundi 13 mars 1820.
Ma foi, VOS petites filles sont admirables, mes chers amis. Louise a fait bonne contenance hier chez M""® Royer, et ce matin, par le plus beau temps du monde, nos demoiselles vont se promener
Corbière dînait hier avec nous. J'ai dit à notre ^i tout ce que votre lettre contenait pour lui de tendresses. Il n'abandonnera, dans aucun cas et pour qui que ce soit, l'égalité des droits; ainsi point de collèges à 1,000 francs, pas même à 600; du reste tout ce que l'on voudra. Le renouvellement m. 13
lÔA CORRESPONDANCE.
intégral n'est pas admissible cette année. Il doit étn la première condition d'une nouvelle Chambre. La fausse position fatigue, on voudrait en sortir; et, s: le ministère ne compose pas, on prendra poste sui la loi des journaux en votant la censure jusqu'à h fin de la session ou jusqu'au mois de janvier prochain, mais en traitant en grand toute la sitoatior et même ce qui concerne Decazes. On sent la nécessité de composer avec le côté droit, on prie, on supplie Corbière d'être l'intemiédiaire. Si l'on peul s'entendre sur la loi d'élection, on se taira jusque-là. Si l'on ne peut pas s'entendre, on combattra à seî risques et périls, mais avec douleur, car le dangei est grand, car il n'y a pas un moment à perdre, ca: tous les royalistes ensemble sont à peine suffisants Ce sera un malheur particulier, un malheur public
Ami, voilà la vérité, voilà le bulletin d'hier a. soir. Corbière ne répond pas du succès, mais proteste de sa bonne volonté .Avais-je donc grand tort d'annoncer, en débutant, que l'on finirai par là, et fallait-il faire tant de bruit de ce draper planté par Decazes au milieu du côté droit? Q^i pouvait mieux résister et plus contenir que lui? y a eu du vertige dans la conduite de nos gens.
En Espagne, l'insurrection gagne. I/eflfet n*e sera pas funeste à présent chez nous ; peut-êti* même est-ce pour les royalistes écervelés une utik et sévère leçon .
Je travaille à mon rapport sur les journaux. J'»J toujours cru la loi de sûreté peu utile; mais il n*y avait pas à tournoyer, il fallait aller droit. J'aime-
Tais mieux des lois répressives très-fortes que la ^eensure ; nous sommes engagés ; les lois répressives sie devront pas se faire attendre.
Sans adieu, mes bons amis ; à demain. Longtemps avant cpie vous (juittiez Nice, il faudra prendre vos précautions pour diriger ma correspondance. Je regrette cette lettre du ^ février, elle vous disait beauQOup de choses de circonstances sur la révolution de cour et de doctrine.
Je vous aime bien. Les nouvelles de Montmartre sont bonnes. Je n'ai jamais été si exact, si ce n'est -cfuand j'étais amoureux.
Je demanderai à Mounier et à Siméon tout ce -qu'ils ont à publier sur la loi d'élection .
On vous a remplacé le Moniteur du 20 et l'on "v^ous envoie beaucoup de journaux. Voici le Censeur <i^aujourd'hui.