‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 122 sur 126 · IV · texte numérisé non relu

IV

flmr CORRBSPOKDANCE.

ment prévenue, que, d'ici à la fin de jairvier, meslettres ne von» arrivent que bien irrégulièrement, malgré Tattenti^ni que j'aurad à |Mrofiter de toutesles occasions.

J*ai reçu hier des nouvelles très -fraîches de Napies; elles vont jusqu'au 3 de ce mois. Ma femme allait bien et a pu m'écrire longuement Mes enfants allaient bien, et particulièrement M. Femand; on ne s'aperçoit plus que Marie a été malade.

Au revoir, chère maman. Je songe avec peine que je m'éloigne encore de vous, que nos communications vont être plus rares et plus lentes. Que Dieu vous donne courage et santé et qu'il nous réunisse bientôt ! ce sont mes vœux de nouvel an et ceux de tous les instants de ma vie. Je vous émisasse teurdrement et vous aime de tout mon cœur. Votre bon fils et meilleur ami,

H. DE S

Amitié à Desprez et à la Fortelle; j'ajoute Bontems, si vous le voyez ; enfin à le Breton ; demandezlui des nouvelles de sa mère, de ses sœurs, de sa nièce, et m'en donnez.

1166. — M. de Serre an baron Emmanuel d'Hnart*

Vërone> 9 d^embre 1^3.

Votre sœur m'envoie, mon cher Emmanuel, votre lettre du 8 novembre, où vous lui parlez des rai-

soniMnieiits de We&del sur meschsiices fdtores. Ils me semblent justes, et c'est oe qa'(m ponvait me ménager de mieux dans les circonstanoes. Peot-étre ▼aui-il mieux n'être pas encore nommé à des fooctiens que je ne poiurais aller remplir tout de suite, puisqu'il devra nécessairement s'écouler quelque temps avant que je pense à quitter même temporairement la mission que j'ai acœptée à Naples. Recevez tous mes i-emerdmenrts des peines que vous avez prises pour cet objet et du cfaaud intérêt que vous y avez mis. Annette m'envoie aussi l'extrait d'une lettre de votre mère qui parle d'un boîs que M. de Chamisso^ aurait à vendre. Ce serait une précaution utile dans le cas de nouveaux dégrèvements ; mais les données qu'elle nous transmet ne nous mettent pas à même de juger. ,« . . Soyez assez aimable pour nous éclairer sur tout cela. Remerciez votre bonne mère et lui présentez mes hommages. Mes dernières nouvelles d' Annette sont du 3 de ce mois et fort bonnes. Elle se soignait bien, et j'espère la trouver complètement rétablie. Le petit Fer-

'LonÎA-HeDry'Casîinîr de Cfaamisso, fils de Marc-Antoîne de Chamîsso, capitaine au régiment de Champagnet et de Jeanne- Marie-Louise Bonjour, naquit au château de Villers-en-Argonne (Marne) le â9 avril 178S. Inspecteur des douanes à Thionville en 181A, à Sedan eu 1830, inspecteur des entrepôts à Paris en 1835, il prit sa retraite en \8d9y et rnoorot dans cette demiëre ville le â9 mai 18li7. Il avait épouse à Verdun, en 18â3, Marie-Catherine- Joseph-Olympe Chardon de Watronville, et a laisse une fille aujourd'hui veuve du général Mayran, mortellement hlessë devant Malakoff le 18 juin 1855.

Mé CORRESPONDANCE.

nand et mes autres enfants allaient bien; on ne s'apercevait plus que Marie eût été malade.

Je pars demain pour Venise, où je précéderai le roi de Naples et où je prendrai congé de lui ; il ira à Vienne et moi à Naples, où je me réjouis d'être à la fin du mois.

Au revoir, mon cher Emmanuel ; tendresses de ma part à Toncle et à la tante Jaubert quand vous les verrez. J'embrasse vos enfants; permettez que j'en fasse autant de leur mère en lui offrant mes respects et à vous mille amitiés.

H. DE Serre

1167 —Le baron du Teil* à M. de Serre.

Paris, le 9 décembre 18S3.

Bien souvent, mon cher de Serre, j'ai voulu vous écrire ; cette fois je ne résiste pas au désir de vous exprimer la joie que j'ai éprouvée, que nous avons éprouvée tous en apprenant que votre fenune était accouchée heureusement, et d'un garçon.

J'arrive de Metz; j'y ai éprouvé, avec tous vos amis, le regret bien grand de n'avoir pas eu à travailler pour vous ; la tâche eût été aussi facile que douce : à Briey ou au grand collège vous auriez été élu à une aussi grande majorité qu'aucun autre, j'en

* Voyez 1. 1«^ p. 106,

aî la certitude. Maïs vous voilà à présent éligîble, et, pour peu que l'un ou l'autre de nos députés, du Cherray, par exemple, qui ne se souciait pas du tout d'être réélu, se retire, il faudra que vous le remplaciez. Au reste, dans le Bas-^Rhin, la députation va être à renouveler, et, avec Wendel et Puymaigre, nous avons déjà songé que vous pourriez être élu dans l'arrondissement de Saverne, que je connais et où je suis bien connu, et dont Puymaigre et moi-même connaissons le sous-préfet (Betting) très-influent. Resterait à s'entendre avec le préfet; or, Puymaigre le connaît et moi aussi, personnellement et par mon frère, qui est lié avec lui d'intimité.

Puymaigre, sur ma recommandation, vous aura mandé ce que M. de Vaulx m'a dit en deux ou trois occasions, à propos du bruit qui s'était répandu à Metz, et dont il avait eu connaissance, que le ministère s'opposait à ce que vous fussiez élu. 11 n'en était très-certainement rien, et, en cette circonstance, j'ai pu reconnaître, comme j'avais fait déjà plus d'une foiSj que M. de Villèle professe pour vous toute l'estime qui vous est due et vous a voué un véritable attachement.

Veuillez me mettre aux pieds de votre aimable et excellente femme et recevoir, mon cher de Serre, la nouvelle assurance de l'ancien et inaltérable attachement de votre bien dévoué ami,

Le baron DU Teil.

1168. — M. de la Boulaye à M. de Serre.

Ay, 10 décembre 1823.

Je vous ai adressé, cher ami, mon n"* 31 à Na^ pies. Je réponds à votre lettre du â8 novembire de Vérone. Grâce àSaint-Mauris, je savais, avant que

vous m'en parlassiez, Theureux aocoochemeat

C'est une grande consdation. Nous avcms bu en fa-

mille à la saaté du père, de lamère^ des enfante

Je partage toutes vos joies et je vous presse contre mon cœur.

Il m'est avis que vous ferez ïnen de vous servir des Rothschild. Je ne me croyais pas si avant dans les afifections de celui de Paris, le seul que je ooiinaisse. J*en lève la tête: ce n'est pas un mince ami. Si vous m'y autorisez, je remettrai à cette maison les fonds dont vous avez besoin à Naples. Dans tous les cas, j'aurai grand soin de la visiter dès que je sarai  Paris.

On nous assemblera en janvier et j'atteudrai pour paraître qu'on ait jeté ses gourmes. La. campagne me sied. Mes vins, mes terres^ ma bourse et ma santé s'en trouvent bien.

Je rechercherai soigneusement Desprez^ que j'estime fort, et que j'aime pour mon compte et pour le vôtre.

M^^ votre mère est au comble de la joie des let^ très qu'on lui écrit, deis fêtes qu'on lui souhaite, des petits garçons qu'on lux donne. Nous buvons le même vin à Paris et A Ay, et nous le buvons en i^elle humeur.

Mille tendres respects à cette belle Excellence....^ Je baise ses mains et son poupon, puis mta filleule chérie, puis h^ autres^

Tout À vous, heureux père, exjcellent hooorae, clier .ami, «et pour la vie.

F. PB hA BoUi-AYJE.

1109. — M. de SerM à jb» nère^

Veidse, 19 décembre IS9SL

J'ai reçu ici, où je suis depuis huit jours, chère maman , vos deux lettres du 30 novembre et du h de ce mois, jour de Sainte-Barbe, auquel vous avez reçu l'axmonce de l'arrivée du nouveau fils. J'ai bien vu, à votre lettre, comme je l'écris à ma femme, que c'étaat le premier moment de véritable joie que vous SiY&ù eu depuis aotre 4épart ; la vôtre «ajoute à la mienne, et je dis avec vous : Que Dieu nous les coi^serve et nous fasse la grâce de les élever dignes de

Jai!

C'icst demain que je {xxsapis prendre congé du rai 4e liTaples, qui part 4 la fin de ce mois pour Vienne;

après-demain, je me mettrai en route pour Naples. Je passerai à Rome les fêtes de Noël et serai chez moi pour la nouvelle année. Il est temps que je m'y prenne pour vous en souhaiter une moins traversée d'afflictions que celle-ci. Votre résignation, votre courage dans des peines si grandes et si bien senties vous mériteront, je Tespére, des consolations. Je voudrais vous savoir moins isolée, cherchant un peu plus à voir ou à réunir les personnes qui vous plaisent et qui vous montrent de l'attachement. Je crains que vous n'y mettiez trop d'économie, que vous ne vous refusiez souvent une voiture, un dîner à quelque connaissance. Vous savez assez que rien ne serait plus contraire à mes désirs et que je ne connais pas de dépense plus utile que celle qui vous procurera quelques distractions nécessaires à votre santé ou quelques soins que malheureusement je ne puis encore vous donner moi-même.

J'ai reçu ici deux lettres d'Annette du 5 et du 7; elle allait bien et comptait se lever incessamment. Tous les enfants vont bien.

La Boulaye vous aura écrit qu'Hyacinthe était affermi dans son poste, et qu'on avait été très-satisfait des mémoires qu'il avait fournis. J'espère que sa santé est raffermie aussi; c'est une . partie essentielle de notre bonheur d'être rassuré sur ces deux points.

Remerciez M™* d'Augier de son souvenir, bien que je n'aie pas reçu son petit mot; j'en ai été désappointé, car je n'attendais pas moins qu'un billet doux. Sérieusement, voyez-la; elle est aimable et

aimante, ce qui vaut encore mieux. Elle et son mari sont un estimable couple. Lorsqu'Eugénîe^ sera revenue de la campagne, vous serez toujours sûre de la trouver. Vous causerez de moi ensemble; elle m'est tendrement attachée, et je serai bien aise d'avoir de ses nouvelles.

L'arrivée de la Boulaye' et de Turmel vous fera un bon renfort : tous deux vous aiment et vous conviennent. Mes hommages à M™® de Tisseuil; que fgnt ses enfants de France et d'Allemagne? Du Teil aussi m'est sincèrement attaché. •Mes amitiés à la Fortelle et à de Vaulx.

Au revoir, chère maman et excellente amie; je vous embrasse du meilleur de mon cœur.

Votre bon fils.

1170. —M. de la Boulaye à M. de Serre.

Ay, 19 décembre 18^3.

Vos lettres des 3 et 9 de ce mois ont fait bonne route, cher ami, ainsi que les incluses, Tune de Saint-Mauris du 25, l'autre de M. Riboulet du 30 novembre. Je suis sûr de douze bons jours, du 18 au 30; il n'y a plus d'inquiétudes à avoir, les temps

i nime (Je Vignolles.

«» C0RRESPO14DANGE.

di£6ciie6 fsont passés. J'sf^wmv^ fort qu'on se mé-

jULge et qu'on se dorlote même outre mesure

L'occasion de visiter la partie orientale de l'Itelie

est trop belle pour que vous n'en profitiez pas

J'espère que le premier jour de la nouvelle année vous trouvera tous réunis, et je voudrais que ioa lettre, tombant ce jour-là au miUeu du cercle, vous portât à point les voeux que je forme pour votre bonheur. Depuis neuf mois que nous sommes séparés, vous avez reçu au cœur de douloureuses bles^ sures, sur lesquelles la Provid^oce vient de verser du baume. Ces neuf mois ont été fertiles en événements ; le monde politique a tourné bous vos yeux ; les hommes et les affaires sont, en quelque sorte, venus vous cherchw; le Vésuve et le Congrès semblent s'être donné le mot pour vous faire ouvrir les yeux et les oreilles. J'aurais mauvaise grâce, dans ma taupinière, à disserter sur l'aire des aigles. Dans d'autres temps et à diverses époques, j'ai vu le dessous des cartes, et je n'oublie point qu'alors les raisonnements de ceux qui n'en voyaient que le dessus me faisaient pitié. Éloigné maintenant des agitations du monde, je fais, comme vous, des vœux pour le bonheur et la gloire de mon pays, mais sans •croire que nous soyons précisànent dans le d^^cnin qui peut y conduire. Depuis quelques joiois, cepm^ daut, mes inquiétudes Bont moins vives. J'étais honteux du jargon de ces journaux anglais qui, ex^ ploitant nos passions et nous traitant comme dfii imbéciles, nous poussaient à la guerre, qu'ils regardaient comme inévitable. Il me semUe qu'on est

ANNÉE 18SSI «71

revenu à des idées plus saines; oa «e doftoe du mains le temps de mûrir les diétermioations. Oa fait lâen à jexmhi sens, car les Ckmgrès commeacent à vieillir. Certaines personnes fondent, ^ns doute, des «spéranoes sur la prodiaine session» dont Tou* ^wrture se recule, puisqu'il est question à présent de la fin de janvier. Si le ministère n'a qu'une vo^ louté, la Chambre s'y conformera ; dans le eas con^ traire, l'engagement serait sérieux, et, si de nouveaux événements n'enveniment pas les affaires, je crois que les pacifiques l'emporteront.

Mille ti^ulresses et tout à vous, mes bien chers amis.

F. DE LA BOULAYB.

1171. — lie dap de BOaoas à ICt de Serre.

Paris, ce S3 dëcembro 18S3.

J'ai reçu avec bien du plaisir, monsieur le comte, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 30 du mois dernier. J'ai été fort sensible aux sentiments qui vous ont engagé à me l'adresser, et je partage trop bien ceux que vous exprimez si parfaitement pour ne pas avoir mis beaucoup de prix à les faire connaître. Votre opimon, monsieur le comte, ne pouvait que militer en faveur de celle qu^

je cherche à soutenir de tous mes moyens ; et, comme la vérité est une, il faudra qu'elle soit enfin reconnue. Je puis dès à présent vous assurer que votre lettre a fait une forte impression. Je me flatta qu'une occasion sûre me permettra bientôt de vous en dire davantage , et vous ne pouvez pas douter de l'empressement que je mettrai toujours, monsieur le comte, à vous renouveler les plus sincères assurances de l'attachement que je vous aï voué et de la haute considération de votre très-humble et trèsobéissant serviteur,

Blacas d'Aolps.

J'ai appris avec un sensible plaisir l'heureuse délivrance de M™* la comtesse de Serre et la nais-

sance du gros garçon qu'elle vous a donné. Je vous prie d'en recevoir tous mes compliments et ceux de M""® de Blacas, qui ne prend pas moins de part que moi à votre bonheur.

Vous savez sans doute déjà que les Chambres sont convoquées pour le 28 du mois prochain.

1172. — M. de Serre à sa mère.

Rome, 90 décembre 1893.

Je suis arrivé ici depuis une couple de jours, chère maman, très-fatigué de mon voyage que les neiges

des monts Apennins et le froid des nuits avaient rendu fort pénible. Quelques jours de repos m'ont remis et je continue demain, mon voyage pour Naples.

J'ai trouvé ici d'assez bonnes nouvelles de ma

femme Il lui faudra beaucoup de ménagements.

Adèle, qui l'avait fort bien soignée, est tombée malade et, quoique allant mieux, reste languissante; grande contrariété dans un pays où il est presque impossible de trouver des domestiques femelles.

Un courrier que j'ai rencontré en route m'a apporté les dernières lettres que vous m'avez écrites à Vérone; j'ai été fort heureux de vous savoir bien portante et sentant bien la joie de l'arrivée en ce monde de notre nouveau garçon. Oui, c'était le vœu de mon pauvre père ; que lui et notre pauvre petite Caroline le bénissent et le protègent !

Au revoir, chère maman. Préservez-vous bien du froid de cet hiver qui, à en juger par ce que nous éprouvons en Italie, sera rigoureux à Paris. Je crains bien que cette fourrure, que j'ai commandée pour vous à Vienne, ne vous arrive qu'après les froids. Je vous embrasse comme je vous aime, et vous savez si c'est de toute mon âme. Au revoir encore, bonne mère et tendre amie.

Votre dévoué fils,

H DE S

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