IV
Soit que vous écoutiez, soit que vous parliez, vous savez quel cas je ^is de vos oreilles et de votre lan- ^e. Toutefois, il faut de certaines oreilles pour vous entendre, tandis que les vôtres sont très-propres à bien digérer tout ce qu'elles recueillent. Je isonge peu à la politique et je n'y tiens plus cpiepar le fil des de Serre; mais je fais du vin, je tonds des prés, je coupe des ^ois et j'en plante beaucoup plus -que je n'en couj>e.
Si le roi de Naples va à Vienne, vous reviendrez au^te et vous ferez en famille provision de santé.
Tout à vous, cher ami; je vous aime et vous em- Israsse de tout mon coeur.
F. DE LA B0ULAYE«
1157. «-M. de Serre % sa nère.
Vérone, fil novembre 1^^
Je VOUS ai écrit avant-^hier par un courrier, chère maman, et je saisis l'occasion du d^art de M. de Montmorency et de son monde pour domier un mot à M. Durant de Saint- André,' un couidn de la Boulaye, dont vous vous rappellerez peut-être d'avoir vu la jolie femme à la maison. Je l'engagerai à aller vous voir et àvous dire comme il me laisse. Une lettre de la Boulaye, renvoyée de Naples, m'apprend que <5e pauvre Hyacinthe a fait, àGothembourg,unema-
ANNÉE IBSft. Sk7
ladîe^ semblable à celle qu'il avait essuyée, il y a plusieurs années, en Angleterre. Depuis trois semaines il gardait la chambre, mais il allait mieux. J'attends pour lui écrire que je sache l'accouchement de ma femme
Je vous souhaite votre fête, chère maman, avec le regret de vous la souhaiter de si loin et le bien vif désir de vous souhaiter les prochaines de plus près
Au revoir, chère maman et excellente amie. Je ^îs bien aise que notre correspondance soit à l'abri de trouble ultérieur. Lorsque je n'aurai pas de voies extraordinaires et sûres, je me servirai toujours de M. Prévost, auquel je suis bien reconnaissant. Je vous embrasse et v*ous aime du meilleur de mon ocBur.
Votre bon fils.
J'ai parléà M. de Montmorency et à M. de Saint- André de rimportance qu'il y avait pour Hyacinthe à n'être pas délogé de Gothembourg, et leur aibrièvement déduit les motifs tirés de l'intérêt de la chose même. Ils m'ont paru les saisir, et le dernier m'a promis d'y veiller.
CUiB CORRESPONDANCE.
1168. — M. de Sarre à M. de Fontenay.
Vërone, S5 novembre 18SS.
J*ai vu le prince Ruffo\ mon cher monsieur; je lui ai laissé la copie relative au navire napolitain en station sur les côtes d'Afrique, à la suite d'un entretien sur cet objet. Il m'a promis de recueillir les informations qui le mettront à même de me donner une solution.
Je lui ai aussi laissé, en la lui recommandant, la copie de la note sur le général Roche*. J'avais reçu pour lui une seconde recommandation venue de bonne part; je n'ai jamais pu me rappeler d'où.
Je pousse beaucoup le prince Ruffo à mettre en avant ses affaires de Naples pour qu'elles n'arrivent pas au dernier moment et ne soient pas étranglées. Il y a un mois que les souverains d'Italie sont ici et
* Ministre des Affaires étrangères des Deax-Siciles. — Voyes. ci-dessus, p. 379.
* Henry Roche, né à la Martinique le S5 mars 177S. Volontaire en 1792, capitaine en 1795, il fit, en 1798, la campagne de Saint- Domingue. Il passa, en 1806, dans la garde du roi de Naples (Jo-^ seph Bonaparte) et obtint le grade de maréchal de camp. Il rentra au service de France le 17 février 181 /i comme colonel. Le S avril 1831 , il fut nonmié maréchal de camp et, le l^^ avril I83/i, il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il mourut le 6 juillet 18A5.
ANNEE 18S3. 5/i9
leurs affaires n'ont pas encore été mises sur le tapis. C'est vraiment déplorable * .
Au revoir, mon cher monsieur; j'espère toujours que ce sera dans la première moitié du mois prochain .
Mille amitiés.
H. DE Serre.
M. de Rayneval part demain et sera à Naples avant moi.
1159. » M. de Serre à sa mère*
Vërone, lundi S5 novembre 18Sd.
Je reçois, chère maman, vos deux lettres des 12 et 18 de ce mois
Je vous ai écrit, il y a trois jours, par M. Durant de Saint- André, cousin de la Boulaye, qui m'a promis d'aller vous voir. Cette lettre-ci vous est portée par M. Rothschild le banquier*, et en arrivera peut-être plus tôt.
* Sur les affaires de l'Italie au Congrès de Vérone, consultez l'Histoire de la Restauration, par M. de Viel-Castel, t. XI» p. 561-590.
* M La maison Rothschild, qui commençait alors à prendre le rang élevé qu'elle devait occuper si longtemps dans la haute banque, avait envoyé à Vérone un de ses membres chargé de se mettre à la disposition du Congrès en lui rappelant qu'elle était
Hier nous avons eu ici une fête dans un anciea amphithéâtre romain , dont l'intérieur est fort bien conservé. Cinquante mille personnes étaient réunies sur les gradins en présence de tous les souverains. C'était un magnifique spectacle, d'autant que le soleil, que nous n'avions pas vu depuis huit jours, Téclairait. Je pense que je passerai encore une quinzaine de jours ici, après lesquels je pourrai partir; je ferai un détour en m'en allant pour voir Venise. Il faut vous attendre que, depuis mon départ jusqu'à mon arrivée à Naples, vous serez longtemps sans recevoir de mes nouvelles ; une fois jeté dans ces routes de traverse, je n'aurai plus de courriers à ma disposition ; les postes y subissent les plus grands retards. Vous l'avez déjà éprouvé lorsque je suis venu ici ; mais ce sera beaucoup plus long, parce que je m'approchais de vous et que je m'en éloignerai.
Les emplettes que me fait Desprez ne signifient rien, chère maman, pour la durée de mon absence. On s'établit pour un an comme pour dix. Je ne sais comment, mais j'ai dans l'idée que je reviendrai plus tôt même que je ne le pense.
96 novembre.
J'avais eu l'idée, chère maman, de vous envoyer d'ici une fourrure pour votre fête. Je n'ai rien trouvé que de médiocre et à des prix exorbî-
întervenue, dejwis quelques annëes, dans tous les grands arruigements politiques. » (HUtoire de la ^eatouration» par M. 4e VieKCastel, t. XI, p. 560.)
ANNÉE 189IS. Wt
tants, comme tout ici. Je m'arrange pour vous en faire envoyer plus tard une de Vienne. Les dispo*sitions d'esprit dans lesquelles nous sommes à cette Sainte-Barbe me rappellent celle que je vous souhaitais si tristement à Hambourg il y a dix ans, au moment de la catastrophe de Moscou et peu avant cette maladie, où vous eûtes tant de. soins et d'inquiétudes pour moi. Espérons de meilleurs temps.
Au revoir^ chère maman et tendre amie; je vous embrasse du meilleur de mon cœur.
Votre bon fils,
H. DE S
1160. — M. de Serre à sa mère.
Vërone, S8 novembre 18^^.
Chère maman,
M. Ouvrard\ qui doit partir aujourd'hui pour Paris et s'y rendre rapidement, me promet de vous porter cette lettre. Elle vous apprendra, si déjà vous n'en avez reçu la nouvelle directe, la naissance de votre petit-fils Ferdinand, né le 18 de ce mois à six heures et demie du soir. Je n'imagine
* Sur le rôle que joua M. Ouvrard au Congrès de Vërone, consultez l'Histoire de la Restauration, par M. de Vîel-Castel, t. XI» p. 555-b60.
rien de mieux pour vous donner tous les détails que de vous envoyer la lettre même de M. de Saint- Mauris qui me l'annonce. C'était une des grandes consolations et des grands bonheurs que la Providence pût nous envoyer, bien que nous fussions résignés à prendre tout ce qui arriverait. Vous partagerez notre joie comme vous avez ressenti notre peine. On m'a adressé des cheveux de ce pauvre petit, je vous en envoie la moitié. Je joins ici une lettre pour Thérèse. Annoncez, je vous prie, le nouvel arrivé à Desprez, à Bontems et à M™** Eugénie de VignoUes lorsque vous les verrez. J'envoie un mot à la Boulaye.
Au revoir, chère maman ; je vous embrasse du meilleur de mon cœur; je vais aussi écrire à Hyacinthe Au revoir encore, chère maman et tendre
amie.
Votre bon fils.
1161. — M. de Serre à sa mère.
Vërone, vendredi 29 novembre au soir [1833].
J'apprends à l'instant, chère maman, qu'un courrier va partir pour Paris. J'en profite pour vous donner de nos nouvelles; j'en ai d'Annette du 23: elles sont fort bonnes.
Je mène une vie assez occupée et sérieuse ; tous les jours je me promène à pied ou en voiture. Je passe les soirées chez moi à lire et à écrire lorsque je ne vais pas à TOpéra. Et l'Opéra italien, qui est tous les jours le même et n'est écouté que dans les beaux morceaux, vous permet d'être tout à vos réflexions lorsque vous n'êtes pas à la conversation
Outre celui-ci, vous recevrez à la fois beaucoup de paquets de moi, par M. de Saint- André, par M. Rothschild, par un courrier de M. Ouvrard.
Je n'espère pas pouvoir partir d'ici avant dix à douze jours, et par conséquent être à Naples avant Noël. Je vous répète, pour que vous ne vous en tourmentiez pas, que vous serez, quelque mesure que je prenne, longtemps pour recevoir la nouvelle démon arrivée à Naples.
Au revoir, chère maman et bien tendre amie ; je. vous embrasse de tout mon cœur.
Votre bon fils,
H. DE S
1162. — M. Niebiihr à M. de Serre.
Rome, le 30 novembre IS'JSt,
Monsieur le comte,
Trop souvent je commence à sentir que je deviens vieux; mais le plaisir que j'ai éprouvé à pos-
66ft CORRESPONDANCE.
séder une lettre écrite de votre main m^a fait éprou- Ter qu'il me reste encore des sentiments de jeunesse»
J'ai voulu attendre le passage d'un courrier prussien pour vous répondre, et ce courrier s'est fait attendre si longtemps que je crains bien que la lettre ci-incluse pour Venise n'arrive trop tard. Mats eussiez-vous fait votre excursion, envoyez-la, et je erois que M« Cicognara^ vous sera utile. Vous savez aaats doute que sa couleur politique diffère de la vôtre et de la miennes mais c'est un homme de beaucoup d'esprit et très-obligeant.
A Spolète, vous pourriez avoir un SaiM-Jérôme du Pérugin^, tableau très-joli^ à ce qu'on m'assure; on en demande 100 sequins et on le laissei*a pour moins. Le propriétaire demeure à côté du Dôme.
Si à Florence vous croyez avoir besoin d'un connaisseur pour vous assister dans l'achat des tableaux, monsieur le comte, faites appeler chez vous, en faisant usage de mon nom, M. Jean Metzger, demeurant via Chiappina, n® hh^\ c'est un véritable connaisseur et un homme parfaitement probe.
^ Le comte Lëopold Cicognara, ne à Ferrare en 1767. Il devînt, en 181S, président de l'Acadëmie des beaux-arts â Venise. Le plus cëlëbre de ses ouvrages est la Sioria délia scultura. Il mourut en 183/i.
' On le soupçonnait de carbonarisme, mais â tort, s'il faut en croire l'article inséré dans la Biographie universelle (Micbaud), nouvelle édition, t. VIII, p. S91.
3 Pietro Vannuccio, dit le Pérugin, né à Città-delle-Pieve en lli/iÔ, mort à Pérouse en 15!Ui. Ce grand peintre fut le maître de Baphadll. .
AKNEB 1822.
Ici à Rame, je pourrai tous faire voir chez les marchands des tableaux très-beaux et qui seront de votre goût.
Je vous suis bien reconnaissant d'avoir parlé à M. deBernstorff sur ma position; j'ai été ému en lisant ce que vous voulez bien me dire : que vous me verriez avec plaisir rester en Italie. C'est pour moi un des plus beaux titres de gloire ; et si je vivais près de vous et que je vous devinsse cher, ce serait pour moi un bonheur du genre de celui qu'on croit avoir perdu avec la jeunesse.
CcMume votre patrie est le centre de l'Europe et le seul pays du continent qui puisse espérer de conserver son indépendance contre la barbarie, je fais des vœux bien sincères pour les conditions de son bien-être : ainsi je désire que vous ne restiez pas longtemps en Italie, et je l'espère. Si cependant vous deviez y rester plus que je ne le désire, il dépendrait toujours de M. de Bemstorff de me procurer Je bonheur de passer des mois à Naples.
Il me tarde de vous revoir ici et d'être votre cicérone, car j'espère qu'il est entendu que vous m'accorderez cet avantage. Disposez de moi entièrement.
Je vous remettrai un exemplaire du De Republica^
* L'abbë (depuis cardinal) MaY avait dëcouvert, à Taîde de pa- .lîmp868tes> on texte presque complet de lARépubliqae de Cicëron ; il le publia en 1892. L'axmée suivante, M. Villemain en donna une traduction. « Niebuhr eut une large part à l'honneur d'avoir publié la République de Cicëron ; car il joignit ses notes à ia première édition, discuta et restitua quelques-uns des passages les
qui VOUS attend, ouvrage qui renferme de grandes beautés et des vérités solides, mais qui, si on récrivait de nos jours, ne ferait point la réputation de son auteur.
J'ai appris, avec le plus vif intérêt, la nouvelle de rheureux accouchement de M"** de Serre ; agréezen mes félicitations et celles de M"® Niebuhr. Je nie rappelle que vous et M"*® de Serre vous désiriez tous les deux un garçon; après votre perte, je ne serais pas surpris si vous l'eussiez crue plus complètement réparée par la naissance d'une fille. Puisse le Ciel vous accorder dans vos enfants tout le bonheur qu'il m'accorde dans les miens, bonheur qui serait complet si leur mère souffrait moins et pouvait jouir de la vie et de tant d'avantages que la Providence nous accorde !
Agréez mes remercîments d'être allé voir mon vieux collègue, qui est enchanté de ce que vous lui avez accordé cet honneur.
Si la paix doit être conservée, pourquoi se donner l'air de vouloir faire la guerre ? Pourquoi encourager ces malheureux insurgés?
Dieu vous bénisse, monsieur le comte, et vous ra-
plus aMéréSf et de ses ingénieuses conjectures seconda le champ des discussions philologiques. MM. Hermann, Creutzer, Moser, Heinrich, Zachariœ y ont apporte le tribut de leur doctrine et de leur sagacitë; antiquaires et jurisconsultes se sont surpassés; et» si plusieurs erudits ont contredit Niebuhr, tous ont reconnu le mdrite de ses remarques. •> (Notice sur B.-G, Niebuhr, insërëe par M. de Golbdry dans le VII® volume de l'Histoire romaine, p. 338.)
mène promptement de Vérone ! Cet air de Congrès n'est pas fait pour vous.
Agréez Tliommage des sentiments que je vous ai voués à jamais et qui vous appartenaient déjà avant que j'eusse le bonheur de faire votre connaissance personnelle.
NiEBUHK.
1163. — M. de Serre à sa mère.
Véronet 3 décembre 1899.
C'est demain votre fête, chère maman ; il y a dix jours que, en vous la souhaitant, je vous rappelais celle si triste, il y a dix ans ; il m'est survenu depuis bonheur et consolation autant que possible par la naissance de mon second fils. Un bonheur donne espoir pour un autre; il semble qu'ils s'appellent comme les malheurs. J'espère donc, chère maman, qu'avec le temps il m'en arrivera quelqu'un qui rejaillira plus directement sur vous
Tout ceci serait long et triste sans les idées dont la tête est pleine et les sentiments qui s'y rattachent. Le Congrès ne doit plus avoir que dix à douze jours de vie ; je suivrai le roi de Naples à Venise, où vont les souverains ; je verrai cette ville fameuse et déchue, puis je prendrai congé. Je compte repasser par Ancône et Notre-Dame de Lorette. J'y prierai Dieu pour vous en pensant à celle de Bon-Secours.
Je serai près de quinze jours en voyage, parce que je m'arrêterai pour voir diverses villes ^que je ûe connais pas et où probablement je ne repasserai plus. Je vous recommande de nouveau de ne pasT être inquiète si mes lettres tardent beaucoup. C'est à Rome que je rentrerai dans la route directe.
Toute la petite famille allait bien le 26. Au revoir, chère maman et tendre amie ; je vous embrasse du meilleur de mon cœur.
Votre bon fils-
1164. — M. de la Boulayé à M. ^ôm
Ay, prés Epemaj, 5 décembre 189ft.
- Je croyais que vous quitteriez Vérone en même temps que les souverains, et j'ai pris le parti d'écrire à Naples à notre belle Excellence. Mais vous prenez goût au Congrès, vous y resterez jusqu'au It) ou au 15; puis le lac de Garda, puis Venise avant de revoir la baie de Naples. Vous faîtes bien de visiter un lac si voisin et l'ancienne ruine de l'Adriatique ; cette mer, après avoir convolé à tant de noces avec tant de doges, est veuve pour longtemps. Que Dieu vous garde sur les chemins et vous ramène au gîte sain et sauf 1 Cet avortement de députatîon a été contemplé par
ANNÉE rsm. 989
TOUS d'tiB œil stoïque, je voius reconnaîfi là. Les deux carrières auraient efifectireroeirt été d*un dîffi* cile amalgame. Si les circonstances changeaient, je pense, comme vous, qu^on trouverait les moyrais de faire ce qu'eUes exigeraient. En attendant, ^nos ndnistres vont avoir à la Chambre des porteurs de parole, et je mets en tête M. de MarehangyS .^qne vient d*hanorer un très-illustre suffrage*.
J'ai eu l'honneur de connaître M. de la Ferron*^ nays en Angleterre, lorsque j'y ai été envoyé, à l'époque de la Restauration, pour les prisonniers de guerre ; je l'ai revu depuis. Je sais qu'il s'est £ait remarquer dans la carrière diplomatique. C'est un homme de mérite dont je fais grand cas, et que je retrouverai toujours et partout avec grand plaisir. Escamoter un hiver à Pétersbourg pour en passer une partie en Italie et même à Naples, c'est dhanger
* Louis- Antoine-François de Marchangy, né à Clamecy le 98 août 17BS, étsÀt le fils d'un huissier. En 180^ juge suppliant au tribunal de première instance de la Seine, en 1810 substitut du procureur impérial prés le même tribunal, eu 1815 avocat ^^ue^ rai prés la Cour royale de Paris, il devint, en 18ââ, avocat général prés la Cour de cassation. En 1833, les départements du Nord et de la Nièvre le choisirent pour député; mais celte double élection fut annulée parce qu'il ne payait pas, depuis un an accompli, le cens légal. Cette même année, les électeurs du Nord le renommèrent, et il fut admis. Député d'AUkirch en 189/i, la Chambre annula de nouveau son élection, et par les mêmes motifs que précédemment. 11 mourut à Paris le S février 1896. Il est l'auteur de la Gaule poétiqney ouvrage qui obtint, au début, un grand succès.
* « M. le duc Matthieu de Montmorency a envoyé à M. de Marébangy une lettre autographe de l'empereur de Russie, qui contient les expressions les plus flatteuses pour cet éloquent magistrat. » (Moniteur du S® décembre 189tS.)
un cheval borgne contre un cheval à trois yeux. Je félicite les Napolitains de cette visite et de celle de Rayneval.
J'en étais là, et voici une lettre du cousin Saint- Mauris qui m'apprend que le 18 novembre , à sept heures du soir, on est heureusement accouché d'un beau gros garçon. Que Dieu bénisse le climat de Naples et M. Civita! La coupe amère est bue; de grandes consolations sui*viennent. Espérons. Un courrier vous a porté cette heureuse nouvelle. Vous hâterez peut-être votre retour, et cette lettre vous trouvera à Naples. Pris de court, je prie le cousin d'y trouver provisoirement mes plus vifs et mes plus tendres remercîments. J'embrasse de tout mon cœur et joyeusement toute la chère famille , l'héroïne en tête.
Les lettres pleuvent; il m'en arrive une de vous du 25 novembre et une de votre mère, qui triomphe. Que les libéraux aillent à tous les diables, ils l'ont mille fois mérité, et j'ai l'esprit trop couleur de rose pour le noircir de la haine que je leur porte. Malheureusement, et, quelles que soient leurs pertes, il nous en reste encore assez pour nuire aux hommes sages et loyaux ^ .
' M Le résultat dépassa les espérances de la droite et du ministère. La série des députés, appelée à faire renouveler ses mandats, se composait de cinquante-cinq députés d'arrondissement et de trente et un députés de département; trente-quatre des premiers et trois des autres appartenaient à l'opposition. Les élections nouvelles ne donnèrent, dans les collèges d'arrondis8em«nt, que sept nominations à la gauche, et pas une seule dans les granda
Tout à VOUS, bien chers amis.
J'adresse mes compliments au nouveau-né.
1165. — M. de Serre à sa mère.
Vërone> 9 décembre 1833.
Il y a assez longtemps, chère maman, que je n'ai reçu de vos lettres ; il est vrai qu'il y a long- ^ temps aussi que nous n'avons reçu de courrier de Paris. S'il n'arrive pas aujourd'hui, les lettres qu'il pourra m'apporter me seront renvoyées à Venise, pour laquelle je pars demain avant le jour. Je compte y arriver le 11, jour où le roi de Naples partira de Vérone. Je le précède pour pouvoir trouver des chevaux aux postes. C'est à Venise que je prendrai congé de lui, et, après y avoir séjourné quatre ou cinq jours, je me dirigerai vers Naples. Je m'arrêterai à Rome pour y voir célébrer les fêtes de Noël et je serai dans ma petite famille, s'il plaît à Dieu, pour le nouvel an. Je prends mes avances pour vous envoyer mes plus tendres vœux pour cette époque, craignant, comme je vous en ai soigneuse-
coUëges Le côte droit allait se trouver renforce d'une trentaine de membres nouveaux. » {Histoire de la Reeiauraiiony par M. de Viel-Castel, t. XI, p. 3^.)