‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 17 sur 126 · Le comte Sixnéon à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le comte Sixnéon à M. de Serre

Lundi 7 août 16220.

Mon cher collègue,

Je partage entièrement votre avis sur M. Grenier ^ il serait très-bon député. Mais on a aussi de la peine à le décider à accepter, et plus encore à l'engager à combattre M. Georges Lafayette*, surtout

* Le gcndral Grenier. — Voyez t. Il, p. 112.

* Georges-WasliînglondeLafayettejfils du marquis de Lafay elle , naquit à Paris le 95 décembre 1779. Sous-lieutenant de hussards en 1800, il fut successivement aide de camp des gënëraux Canclaux, Dupont et Groucliy, et fit avec honneur les campagnes d'Italie,d'Autriclie, de Prusse et de Pologne : mais, ne pouvant obtenir d'avan-*

ANNÉE 18S0. Ad

pour lui-même ; mais il vous est donné de surmonter les difficultés. Tâchez donc de combattre celle-ci et de persuader M. Grenier. C'est un honnête homme qui n'était pas sans caractère lorsque je l'ai connu : il tiendra ce qu'il vous promettra. Je suis loin d'avoir d'autres vues sur la députation du Puyde-Dôme; j'en aurais que je préférerais les vôtres, parce que, étant sur les lieux, vous aurez plus de moyens que moi pour les bien diriger. MM. Chevalîer-Lemore et Chabron de Solilhac assortiraient parfaitement M. Grenier.

Il est arrêté depuis assez de temps que M. de Gartempe* présidera le collège du département de la Creuse. M, le comte de la Roche-Aymon* avait demandé cette présidence ; je lui ai répondu que j'avais des engagements.

Vous me faites trois recommandations pour des sous-préfectures :

cernent à cause de l'antipathie profonde que sou père inspirait à Napoléon, il quitta le ëervice en 1807. D^putd de la Haute-Loire pendant les Cent-Jours, du Haut-Rhin de 18SS à ISSUi, de Seineet-Marne à partir de 1837, ses opinions politiques furent celles de son père. Il mourut le ^ novembre ISi^Q.

* Voyez t. I®f, p. Ih9.

* An toîne-Charles-É tienne-Paul, comte de la Roche-Aymon, né à Paris le 32 février 1773. Dès ITSh il fut admis aux gardes du corps comme surnuméraire, et quatre ans plus tard au régiment de Foix. Il Ht la campagne de 1793 dans l'armée des princes et, après le licenciement, il entra au service de la Prusse (179i*) comme aide de camp du prince Henri, frère du grand Frédéric, lise retira en 1811 avec le grade de général-major. Maréchal de camp au retour de Louis XVIII, pair de France à la seconde Restauration, il commanda successivement les divisions militaires de la Loire (1815), des Deux-Sèvres (1817), de Seine-et-Oise (1819), et fut placé,

Une pour M. de Rosières* ; M""^ de Serre m'avait fait l'honneur de m'en parler ;

Une pour M. de Blair, qui parle l'allemand;

Une troisième pour M. Ernest de TÉpinois.

J'ai plus de demandes et de recommandations qu'on ne pourrait en satisfaire si l'on divisait l'Europe entière en sous-préfectures. Mais je distinguerai toujours les vôtres et celles de M"*® de Serre.

On me dit des merveilles de votre santé ; elle ne sera jamais aussi bonne que je le désire.

Mes respects à madame, et à vous, mon cher collègue, mille et mille amitiés.

SiMÉON.

Ce n'est que ce matin que je trouve, au retour de la campagne où je suis allé samedi, votre lettre du 1"; je n'ai donc perdu que le jour d'hier pour y répondre.

en 1620) dans le cadre des inspecteurs de cavalerie. En 18S3 il prit part à Tcxpëdition d'Espagne et reçut, après Taflaire de Molina del Rey, le grade de lieutenant gënëral. Il continua de siéger à la Chambre haute jusqu'à la révolution de février et mourut à Paris en 18i!i9. 11 a publie plusieurs écrits : Introduction à l'étude de l'art de la guerre ; De la cavalerie^ etc. — Voyez la Nouvelle biographie générale (Didot), t. XXIX, p. 630.

* François-Philippe-Gaston, comte de Rosières, né à Nancy en 1775, lut admis dans l'ordre de Malte comme chevalier de minorité Secrétaire général de la préfecture de la Haute-Saône en

1830, sous-préfet de Toul en 1826, il quitta ce poste après la révolution de 1830^ laissant à ses administrés de vifs regrets. 11 mourut à Metz le 7 mars IQJS, 11 était chevalier de la Légion d'honneur. — Voyez t. I®', p. 129.

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