M. Qenneau à M. de Serre
Paris, le 8 août 1820.
Monseigneur,
Le sieur Guillemin, détenu à Besançon, paraît avoir fait au procureur général quelques déclarations importantes et prononcé quelques noms considérables. Il est très-vrai qu'il n'a rien voulu signer et a même exigé qu'il ne fût pas dressé procès-verbal; mais ces indications qui, si elles sont vraies, portent sur des choses fort sérieuses, donneront au moins d'utiles lumières au gouvernement. Le procureur général, qui ne croit pas pouvoir suffisamment s'expliquer dans une lettre, demande l'autorisation de venir à Paris pour parler plus ouvertement. S'il y a des avantages à lui accorder ce déplacement,, il y aurait aussi, je crois, bien des inconvénients. Ce qu'il y a d'assez remarquable, d'après ce qu'on peut entrevoir à travers le peu de mots dits sur les déclarations de Guillemin, c'est qu'elles me paraissent avoir des rapports avec des renseignements donnés par le procureur général de Colmar : cette circonstance pourrait faire croire que Guillemin a été sincère au moins sur quelques points.
Nous avons eu souvent de vos nouvelles par des personnes arrivées du Mont-Dore, et nous avons été charmés de les savoir si bonnes. On nous a parlé
aussi de votre prochain départ et d'une tournée que vous avez projetée dans la Lorraine ; comme je ne sais rien de ceci positivement, j'écrirai toujours à Clermont jusqu'à nouvel ordre.
Les enfants se portent au mieux et roulent en ce moment sur le gazon du jardin dans leur petit chariot
J'ai l'honneur d'offrir à Votre Excellence mes respectueux hommages.
Germeau.