M. Germeau à M. do Sorre
Paria, le 9 août 1820.
Monsei^eur,
Les nouvelles annoncées ces jours derniers dans Paris sur l'Espagne et la Sicile sont combattues aujourd'hui par les journaux libéraux. Je ne sais si les renseignements officiels qu'obtiendra le gouvernement les confirmeront, mais ce que j'ai eu l'honneur de vous annoncer était, je crois, tout ce que le ministère lui-même savait alors.
Quelle que soit l'issue des affaires d'Espagne, on peut donner comme certain que le commerce n'a pas beaucoup de foi à la tranquillité dans ce pays : les valèSy qui avaient eu pendant un moment assez de faveur, l'ont perdue aujourd'hui en grande partie; et les Hollandais, entre autres, qui sont gens calculateurs, n'en ont pas voulu prendre un seul. Ces détails me sont donnés par un homme fort connu de Votre Excellence, par M. Growes, qui a fait
JS CORRESPONDANCE.
une opération très-étendue sur ces papiers et qui craint de rester, sous ce rapport, au moins sans bénéfice. Il se regarde comme fort heureux d'avoir profité des premiers moments de la révolution pour placer une grande partie de ce qu'il avait.
M. Growes n'est pas non plus fort rassuré sur la tranquillité en Angleterre. Il pense en somme que la . France est encore le pays où il y a le plus de chances de stabilité. L'importance et l'étendue de ses opérations commerciales m'ont fait penser que Votre Excellence serait bien aise de connaître sa manière de voir à cet égard.
Rien d'important aujourd'hui dans la correspondance.
M"** de Serre sont on ne peut mieux portantes.
J'ai l'honneur d'offrir à Votre Excellence mes
respectueux hommages.
Germe AU.