M. Roy à M. de Serre
Paris, le 15 août 18320.
Je reçois, mon cher collègue, votre lettre du 11 J'examinerai avec attention les pièces et mémoires que vous m'avez adressés. En attendant, vous savez que j'en partage les deux idées principales, c'està-dire le rétablissement des directions de département pour les contributions indirectes, et le rétablissement d'une administration forestière distincte de celle de l'enregistrement. J'aurais bien voulu, je voudrais bien aussi une administration collective, sans directeur général, pour les contributions indirectes; mais tout le monde ne me parait pas encore convaincu de l'utilité de cette mesure. On pense bien que ce serait une bonne, une excellente chose, sous le rapport financier; mais on persiste à croire que les directions générales sont une institution politique à laquelle on ne peut porter atteinte dans aucune de ses parties : comme si une administration financière, qui n'est qu'une délégation des pouvoirs administratifs du ministre des Finances, et qui n'est établie que sous son autorité, pour être régie par ses ordres, pouvait être autre chose qu'un instrument pour obtenir le plus de produits possible, avec les meilleurs moyens et les plus doux !
Je vous ai donné, par ma dernière lettre, une nouvelle qui n'est pas exacte : c'est celle qui est re-
lative à Tarrangement avec la reine d'Angleterre. Le ministère ne sait encore comment cette nouvelle a pu lui être transmise officiellement par le télégraphe, lorsqu'elle ne paraît avoir aucim fondemeut.
Adieu, mon cher collègue; je vous renouvelle l'assurance des sentiments d'estime et d'attachement que je vous ai voués.