‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 33 sur 126 · M. Germeau à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. Germeau à M. de Serre

Paris, ce 16 août 1890.

Monseigneur,

La nouvelle télégraphique qui avait annoncé la conciliation de l'affaire de la reine d'Angleterre était fondée sur des renseignements inexacts; les nouvelles officielles l'ont démentie. L'Angleterre est toujours dans la même situation, et cette situation se complique -même de jour en jour de manière à donner les craintes les plus graves ; et Ton craint beaucoup que ce procès de la Reine, qui serait un

malheur dans tous les temps, ne soit aujourd'hui une véritable calamité en servant d'occasion aux factions et en développant toutes les causes de trouble que la Grande-Bretagne réunît en si grand nombre dans son sein.

Nouvelle sérénade donnée le 11 de ce mois à M. le député le Graverend à Rennes. Le maire de la ville avait, par un arrêté, défendu ces musiques dans les rues; les musiciens, pour éluder la défense, allèrent se placer dans une maison en face de la demeure du député.

Sérénade encore à M. Jobez à Lons-le-Saunier.

Votre Excellence a sans doute appris de différents côtés le voyage que fait le colonel Fabvier^ dans le

' Charles-Nicolas Fabvier, dont le père était procureur du Roi en la maîtrise des eaux et forets, naquit à Pont-à-Mousson le 10 de'cembre 178?. Il sortit de l'École de Metz en 180À et entra dans 1 artillerie. En 1807, il se rendit à Constantinople pour coopérer à la défense de celte ville contre les Anglais ; il suivit le géne'ral Gardanne à Te'lie'ran. Puis il fit la guerre en Allemagne» en Espagne, en Russie ; il obtint le grade de colonel et le titre de baron (1813). A la Restauration, il fut nommé sous-lieu(enant des gardes du corps, cbevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion d'honneur. En 1817, il accompagna comme chef d'Étatmajor le maréchal Marmont, chargé de pacifier le département du Rhône ; mais, à la suite d'une condamnation juridique pour une brochure contre le général Canuel, il fut mis à la demi-solde (1818). Lors de la conspiration du 19 août 1820, on l'arrêta; mais bientôt on le relâcha faute de preuves suffisantes, quoiqu'il eût été l'un des conspirateurs les plus actifs. De 182.3 à 1837, il combattit pour l'indépendance de la Grèce. En 1828, il prit part à l'expédition de Morée. Après la révolution de 1830, il devint lieutenant général, pair de France, ambassadeur. Les électeurs de la Meurthe le députèrent, en I8/<9, à l'Assemblée législative. Il mou-

département du Rhin sous prétexte d'un prétendu commerce de potasse, maïs dans le fait pour recruter des partisans à son parti ; il est surveillé soigneusement.

MM. Martin, de Grammont, d'Argenson, Lafayette, etc., doivent se réunir à Vesoul le 20 de ce mois, et être l'objet d'une grande fête pour laquelle des souscriptions sont déjà ouvertes, et auxquelles plusieurs fonctionnaires publics ont déjà pris part.

J'ai l'honneur d'offrir à Votre Excellence mes respectueux honunages.

Germeau.

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