‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 40 sur 126 · Le duc de Richelieu à M. de S erre s · texte numérisé non relu

Le duc de Richelieu à M. de S erre s

Paris, le 20 août 1820.

Les individus compromis dans la conspiration* ont

« Voyez t. II. p. 323.

* M. Mounier.

5 Ddpêche tdlcgrapliiquo reçue à Lyon le 20, à quatre heures.

* «(Depuis quelque temps le gouvernement était informe que des machinations étaient mises en œuvre pour porter les troupes à la rëvolte. Il <^tait assuré que le bon esprit qui anime les soldats français déjouerait les projets formés par quelques hommes tou-

été arrêtés cette nuit. Nous faisons insérer un article au Moniteur pour instruire le public.

Paris est parfaitement tranquille.

jours prêts à sacrifier leur honneur et le repos de leur pays à leur orgueil et à la ctipidilë. Le (gouvernement veillait sur leurs ddmarches. Ces insensés ont cru qu'ils liaient les maîtres de renverser le trône et les institutions protectrices que la France doit d son Rot. Un certain nombre d'officiers et de sous-officiers des corps en garnison â Paris ont ët(^ si^duits. 11 en est même dans la garde royale qui se sont laisse entraîner dans le complot.

« Hier au soir, ces officiers se proposaient de se rendre aux casernes, de rdunir les soldats, de marcher contre le palais de nos Rois et de proclamer pour souverain quelqu'un de la famille Bonaparte ; mais plusieurs de ceux qu'on avait osé tenter de séduire par de perfides propositions n'ont pas hésité A venir déclarer à leurs clie fs le complot qui était sur le point d'éclater Le gouvernement ne pouvait différer davantage. Ceux qui avaient pris part k cette tranne criminelle ont été arrêtés par la gendarmerie.

« Il paraît qu'il entrait dans le plan des conjurés de s'emparer du château de Vincennes. Un incendie bientôt éteint s'y est manifesté sur les trois heures de l'aprés-midi . On est porté à présumer qu'il a été ménagé à dessein pour faire naître le désordre et favoriser une surprise.

tt La France aie droit d'attendre qu'un pareil attentat soit puni de manière à effrayer tous ceux qui, oubliant leur devoir et leurs serments, voudraient tourner contre l'ordre social les armes qui leur ont été confiées pour sa défense. Rien ne doit être néglige pour atteindre les auteurs et les complices d'une conspiration qui, dirigée contre le trône et la Charte, attaquait ainsi chacun des membres de la nation dans ses sentiments et ses droits les plus chers.

« Le tribunal le plus élevé, celui que la Charte a chargé, dans une salutaire prévoyance, de réprimer les attentats à la sûreté de l'État, sera sans doute investi du jugement du plus grand crime que les lois puissent avoir à punir.

M A l'abri do toute influence, au-dessus de toutes les suggestions, ce tribunal auguste saurait, mieux que tout autre, recon-

9h CORRESPONDANCE.

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