M. de la Boulaye à IL de Serre
Mercredi, 9 août 1830.
Je quitte vas enfants, mes bons amis ; ils sont en bonne santé. J'embrasserai encore une fois votre petit monde, cette lettre close, et je monterai en voiture. On a désiré que je visse, en sus de mon département, celui de TAube et celui de la Haute- Marne. On aurait pu s'étendre, mais c'est assez. Je défère à vos désirs et je ne recule pas trop mon retour. Il aura lieu vers la iin du mois, du 25 au 30. Germeau a du zèle ; tous les jours il vous parlera de nos fillettes de visu ; ce devoir rempli, il m'a promis aussi exactement ses faveurs. Je laisse tout en bon train.
Les élections sont la principale affaire ; mais ne
faut-il pas songer à ces comptes, ces budgets, cette IV. 2
nouvelle répartition de la contribution mobiliaire^ ces diminutions ou ces péréquations sur la contribution foncière, enfin à ce règlement de la Chambre et à la digue aux pétiticHis? Il est désirable que tout soit prêt au moment de Touverture, et que vingt ou trente députés y soient initiés et réunis pour organiser leur monde et savonner les cales d'où seront lancées nos lois.
Beugnot n'est jamais pressé. Il me laisse aller et ne partira que dans huit à dix jours... s'il part.
Becquey attend que les grandes chaleurs se calment ; lui et Saint-Cricq verront une grande partie de nos provinces méridionales.
Le pauvre Calvet de Madaillan^ est mort.
M. Laine est mieux; son frère, moins bien. Us partent aussi pour les eaux d'Aix.
Adieu. Je suis triste. Nous élargissons la distance. Serrons-nous d'ailleurs, très-chers bon et belle.
< Jean-Jacques Calvet de Madaillan. En 1789, il ëtaît garde da
corps. Dépnié de TAri^ge à T Assemblée législatîfre, il se montra
partisan modërc^ de la Constitution de 1791. Le 8 août 179S, à Fis-*
sue de la séance, il faillit être assassiné pour aroir mis obstacle
au décret d'accusation lancé contre le général Lafayette. Depuis
cette époque, il vécut dans la retraite et ne reparut sur la scène
politique qu'en 1813, lorsque les électeurs de TAriége l'envoyèrent
au Corps législatif. Il continua de les représenter sous la Restaa<»
ration et fit partie du centre gauche. Il mourut dans ses foyers e&
juillet 18!^. Il avait reçu le titre de baron. — Voyez la fiio^ra-
phie nouvelle des contemporains ^ par MM. Arnault, Jay, etc.»
t. IV, p. 38. Paris, 1839.
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