M. Boins à M. de Serre
Boui'ges, 6 novembre 18!10.
Monseigneur,
Vous m'avez chargé de combattre à Bourges le parti Devaux^. Je l'ai battu à plat pendant deux
* M. (le Tocquevîlle.
* M. Boîn venait de présider le collège électoral do premier arrondissement du Cher. — Voyez t III, p. 130.
3 Henri Devaux, né en 1759. En l'an V, il fil partie de la commission du pouvoir exécutif prés le directoire du département de l'Indre à Châteauroux. L'année suivante, après le 18 fructidor, il fut nommé représentant de l'Indre au Conseil des Cinq-Cents, mais il en fut bientôt éliminé. Alors il s'établit à Bourges et y obtint» comme avocat, ime grande réputation. Député du Cber à partir de 1819, il siégea sur les bancs de la gauche. Il devint, après la révolution de juillet, procureur général prés la Cour royale de
jours consécutifs. Le A, j'âî fait passer tout mon bureau à une belle majorité. Hier 5, j'ai été nommé au premier tour de scrutin par 190 voix contre Ihh. Ce succès des amis du gouvernement est vivement senti.
Vous prévoyez que j'ai eu à déjouer des intrigues et des manœuvres de toutes les couleurs. Toutefois elles se sont conduites en dehors du collège, et tout a été calme et décent à rintérleur. Les opérations ont été terminées sans troubles, sans agitations, d'une manière régulière et convenable sous tous les rapports.
Un des résultats les plus importants de cette ses* sion a été de fondre l'opinion de la droite dans celle du centre. Mon discours a été l'expression des principes qui doivent identifier ces opinions. II a donné à nos partisans un avantage sur les propagateurs des opinions opposées. On m'a demandé l'impression. Si je m'y détermine, j'aurai l'honneur d'en adresser un exemplaire à Votre Excellence.
Vous avez voulu que je fusse député : j 'ai oublié toutes mes résolutions pour le devenir.
Agréez, monseigneur, l'hommage de mon dévouement respectueux.
A. BoiN.
Bourges et conseiller d'État. Il mourut à Paris le 12 octobre 1838.
Voyez VIndicateur administratif du département de VIndre
pour 187 À 9 p. 77.