‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 73 sur 126 · Le duc de Richelieu à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le duc de Richelieu à M. de Serre

Dimanche [$/i décembre 1830].

Je VOUS prie, monsieur le garde des Sceaux, de vouloir bien me mander ce que vous pensez de la proposition de M. de Lally*; car si nous devons la présenter comme loi du Roi, il vaut mieux y mettre un peu de bonne grâce, d'autant que je vois qu'une

« Voyez l'Appendice n^ XXVIII.

« Voyez t- III, p. 208.

très-grande majorité dans la Chambre des pairs y attache beaucoup de prix. Alors il faudrait faire la chose promptement. Si, après un mûr examen, vous pensez», au contraire, que nous ne devons pas prendre cette mesure, qui est tout à fait dans vos attributions, il serait bon que vous voulussiez bien me mettre à même de répondre à ceux des pairs qui m'en parleront, non pas sur le fond de la question, mais sur les motifs qui nous empêchent de faire, 5ur la demande de la Chambre des pairs, cette année, ce que nous avons fait, il y a deux ans, poun la proposition de la Chambre des députés.

Si M. Mounier vous a mis hier au fait de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore en Bretagne, je suis sûr que vous en aurez été peu satisfait. Il y a là une vraie fédération des villes et des hommes qui dirigent les mouvements à leur gré . La faiblesse que l'on a montrée à Brest et à Nantes, en capitulant avec ces chefs qui maintenant sont plus puissants que préfets et commandants, est déplorable. Les troubles sont en effet terminés ; mais ce n'est pas du fait de l'autorité, mais bien par la volonté de ces chefs qui recommenceront quand il leur plaira, si l'on n'y met ordre. Il faut renforcer la garnison de Nantes et prescrire aux autorités judiciaires, administratives et militaires d'agir avec la plus grande énergie pour tâcher de dissoudre ces sociétés secrètes. La garnison de Nantes sera augmentée, cela est à la disposition du lieutenant général. Je désire beaucoup que M. Bourdeau puisse être bientôt là, car c'est des recherches et des soins

de la justice que j'attends la découverte de ces associations qui me paraissent une chose bien sérieuse.

Recevez, monsieur le garde des Sceaux, l'assurance de mon bien sincère attachement.

Richelieu*

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