M. Bertin de Veaux* à M. de Serre
11 janvier 1821.
Bertin de Veaux est venu pour présenter ses respects à M. de Serre. Il est bien fâché de n'avoir pu pénétrer jusqu'à Son Excellence et encore plus de la cause qui la rend invisible. Il espère que celte cause ne sera pas de longue durée, et que M. de
* Louîs-Françoîs Bertin de Veaux, né à Paris en 1771, était le fils d'un secrétaire du duc de Choiseul. Après la révolution de brumaire, il fonda, avec son frère aîné, le Journal des Débats. En 1801, il établit une maison de banque, et devint juge, puis vice-président du tribunal de commerce. En 18lii, M. Bertin, qui avait eu beaucoup à souffrir du despotisme impérial, se prononça hautement pour le Roi. Le l^^ octobre 1815, il fut nommé secrétaire général du ministère de la Police et garda ces fonctions jusqu'en 1818. En 185^, les électeurs de Versailles l'envoyèrent à la Chambre, où il siégea sur les bancs de la droite. A partir de 18!^, il seconda M. de Chateaubriand dans son opposition à M. de Villèle. Lors de l'avènement de M. de Polignac, il donna sa démission de conseiller d'État et, le 16 mars 1830, il vota l'adresse des 3âl. Après la révolution de juillet, il se montra zélé partisan du nouveau Roi, fut rappelé au Conseil d'État et chargé d'une mission diplomatique à la Haye; en 1833, il fut élevé à la dignité de pair. Il mourut à Paris le S3 avril IShfl. « Tous ceux qui connaissent à fond l'histoire politique de nos vingt dernières années, disait M. de Sacy en 185/i, savent quel rôle prédominant y a joué
Serre ne tardera pas à reparaître sur la scène pour y défendre, avec son talent accoutumé, le royalisme et les idées généreuses qui ont tant besoin de son appui.