‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 83 sur 126 · Le duc Decazes à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le duc Decazes à M. de Serre

LoaâreSf 15 f^yrîer 18S1.

J'ai appris avec bien du plaisir, mon cher ami, votre rétablissement, que vos amis eux-mêmes n'espéraient pas devoir être aussi prompt. Si vous aviez été réduit, comme l'an dernier, à aller le chercher à Nice, vous auriez eu peut-être la triste consola- .tion de nous y rencontrer, non à cause de ma santé, mais pour celle qui m'est bien autrement chère et que ce déplorable climat a bien maltraitée. Aussitôt que le temps sera adouci et lui permettra de se mettre en route, j'arracherai ma femme à la fumée que ses faibles poumons ont tant de peine à respirer et qui, à deux heures, ne me permet pas de

VOUS écrire sans lumière. Malheureusement, j'emporterai avec moi bien peu d'espérance ; aussi suis-je bien à plaindre, mon cher ami.

Je le serais plus encore, s'il est possible, dans le cas où mes peines seraient pour le gouvernement un sujet d'embarras; mais, en le redoutant, je craindrais d'être trop injuste envers ceux qui se sont faits mes ennemis.

J'aurai bien du plaisir à vous revoir, mon cher ami, moins peut-être à causer avec vous de nos pauvres affaires, dont je suis quelquefois trèspréoccupé

Soyez assez bon pour parler de moi à M"® de Serre.

Votre meilleur ami,

Decazes.

P.-vÇ. J'avais espéré voir M. votre frère^ à Londres, où il m'avait annoncé sa visite; j'aurais été bien heureux de le recevoir. Je le suis beaucoup de vous dire que son travail est extrêmement satisfaisant et qu'il annonce quelqu'un digne de votre nom.

* Chancelier du consulat d'Edimbourg le 11 décembre 1819, M. Hyacinthe de Serre ëtait vice-consul à HuU depuis le â6 juillet 1820.

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