‹ Correspondance du comte de SerreChapitre 10 sur 78 · II. DE Serre · texte numérisé non relu

II. DE Serre

1327. — M. de la Boolaye à M. de Serre.

Av. pr.**s Kpernay, 10 novcml»ro l^î^.

^ o:îs avi/ parcouru, cher auii. tl.-s litux >au-

v^ii:- > qui vMîî ri.- îoîîjjLiriuj).- îufesirs juir dt»sbri-

c:\nu>. îi. u\ qii.- m, m lousiu n'a j)as j»u vicier.

paiv ,j:i il y avait alors un i>.'ril tvidi.nl à les j)ar-

^^^v.:*;/ ,1 \ .is jMi- xoiiv n ;>>.du •>; tKtobre, que ^ . . *

' --' - :. ::;^ ::\ . : imm 1,.> l»riuantl> nur j^Mk-vai?

*■'* ■ '•■* '^■. I :.v • lîr r.iraço vous eiiijW'c'lia''

>->! > .; •::,> a.' .i.v-:-;,., „i.,:^ «vein.- ou non. von- «>o/ au ,.;,>> fortoiîunit , uiu par la cliute Je la fou-

Enfio, vous êtes à Naples et vous y êtes revenu pour mêler des fêtes aux pompes funèbres. Quelque plein que soit votre cœur d'angoisse et de tristesse, la joie de nos succès et de l'admirable triomphe de notre cher généralissime a dû y trouver encore sa place. C<îtte joie n'est pas générale parmi les nationaux et ne Test pas chez tous les étrangers ; beaucoup de démonstrations ne sont que des grimaces ; 00 n'est pas content de la rapidité du dénoûment, cela donne à songer.

Je conçois que votre santé recule devant tant de catastrophes de famille. Ménagez-vous, je ne puis trop le répéter. Les chaleurs du mois d'octobre ont été vives, même ici. Les vendanges s'en sont bien trouvées. Maintenant il fait froid, mais le beau temps se soutient : on vendangerait encore. • *••••••• •••.«•••

Jai des nouvelles de Saint-Mauris, de Pont-àilousson. Il revient à Paris pour y être provisoiffuient employé, et il espère gagner du temps.

U dissolution est, à ce qu'il paraît, décidée. J'en suis fort aise. Wendel vous en parle-t-il?

Mes parents de Mareuil viennent de partir. Ils sont fort touchés de vos souvenirs et vous présen- ^t hommages et respects.

J'embrasse les enfants et notre Marinette du plus tendre de mon cœur.

Tout à vous, mes chers amis.

F. t)E LA BOULAYE.

1328. — M. de la Bonlaye à M. de Serre.

Ay, près Épcrnay, 27 novembre 1853.

Pendant que, dévoré de douleur, vous donniez et receviez des fêtes, cher amî, j'aî été fort détourné de ma solitude par des martelaijes de l>oîs et d'autres travaux cliampêtres, que la nécessité de tenir maison m'avait fait ajourner; et, ces besognes terminées, le Conseil de révision est sun'enu pour me forcer à examiner des corps humains d'aussi près que mes chênes. Votre n** 39, du 10 novembre, est arrivé pendant ces tracas. J'ai envoyé votre

lettre à mon cousin ; elle lui a été au cœur. Il me recommande de ne pas vous écrire sans vous parler de lui et de vous bien assurer que, aussitôt qu'il aura passé les mers, ils era très-empressé de pro>'0quer les communications directes que vous voulez bien lui permettre. Son iiîte à Paris est cette Ville- TEvêque, vérital)lo Carnavalet de notre famille, comme l'étiiit l'autre de la famille Sévîjîné. Mais cette ressource s'épuise; mon bail finira dans quatre mois et j'ai donné congé. Paris ne me verra plus guère; s'il faut y apparaître, je trouverai xiitechcz mou beau-fils.

La dissolution est certaine. Tous ceux qui rac ttMuoignent dans le département un véritable intérêt me savent mauvais gré de ma retraite et n op-

posent rien de solide à mes raisons. J'ai vraiment hmn de i-emonter ici une machine importante un peu démantibulée par mes longues absences; les affaires du cousin demanderont aussi mes soins. Enfin, dussé-je être certain de la victoire, je ne veux pas combattre ; j'ai besoin de repos. J'achèverai ma vie, l'été sous de beaux ombrages, l'hiver au coin de mon feu, et toujours entre de bons vins rt de bons livres. J'use peu des vins, beaucoup des livres qui m'intéressent et m'amusent. A propos dé vins, ceux que vous m'avez demandés sont expédiés à MM. Liquier et Dalbis, à Marseille, pour MM. Sauisou et Andrews à Naples ; veuillez bien les prévenir. Ces vins sont fort bons. Je vous en Jvsene d'excellents; vous pourrez défier M. de Slâckeiberg. Je ne quitterai la retraite que pour d'intimes amis, pauci rcirissimi, et, tant qu'ils seront, les uns au fond de la Méditerranée, les autres au delà de l'Atlantique, je n'en sortirai presque point

Votre fête a du vous coûter plus que la somme d'abord annoncée. Il y a toujours des queues de dépenses, et il en est des devis de fêtes comme des devis d'architectes

M. Breton me charge de vous dire qu'il attend qtte toute l'opération soit terminée pour vous écrire directement, et, en attendant, de vous transmettre Impart ([u'il prend à vos peines et son inaltérable dévouement

Saint-Mauris, qui s'était flatté de rester quelque ^ps à Paris, va partir pour le Brésil.

38â CORRESPONDANCE.

Vous reconnaîtrez facilement Tauteur de l'écrit ci-joint.

Je n'oublie pas que je dois une lettre à votre chère femme. J'embrasse les enfants et réembrasse ma Marinette. Mille tendresses, mes bien chers amis. Du reste, on est bien tiède. Xe nous refroidissons donc pas.

1329. — Le baron Gésaire du Teil à M"^ da Serre.

'.Novembre (?) 18Î3.:

Madame et excellente amie,

J'ai beaucoup tardé à répondre à votre boDoeet tout aimable lettre ; mais vous n'aurez vu dans « retard ni oubli ni néiiligence, et je n'ai pas à craiu- (h*e, j'espère, ((ue vous ayez le ujoind rement douté de mon amitié et de mon entier dévouement pour vous et votre mari. J'étais, et vous m'en croirez, fort impatient de vous écrire, mais avant je voulais pouvoii* entnr avec vous dans des détails pivcis sur les prochaines élections et sur le désir que je vous supposais bien à vous et à votre mari, mais que vous exprimez de nouveau et d'une manière plus l)ositive dans votie lettre. J'aurais voulu siulout. et c'était principalement pour cela ({ue j'attendais, avoir à vous annoncer fjue tout s'arrangerait à votre f;ré et au gré de vos amis, et il m'en coûte plus que

je ne saurais vous dire d'avoir à vous avouer que cette satisfaction, comme vous allez voir, m'est refusée. Je n'avais pas attendu voti'e lettre : dcyà avant de l'avoir reçue et après, j'ai été, au nom de mon ancienne amitié pour de Serre, et au reste, ainsi que j'avais fait en 1832, tout franchement savoir dans quelles dispositions on^ était à son égard : on m'a, comme en toutes occasions, parlé de toute l'estime et de tout l'attachement qu'on lui portait, de tout le regret qu'on avait eu de ne pouvoir l'empêcher de quitter les affaires, de tout ce dont on avait été redevable, dans des circonstances bien graves, à son caractère et à son grand talent ; mais on n'en a pas moins paru penser qu'il se trouverait à la Chambre dans une fausse position, qu'il ne pouvait pas s'y rendre utile, y faire le bien qu'on savait être dans son cœur, et que, dans son intérêt même, il ne devait pas désirer d'y être appelé; en même temps, on a exprimé un grand désir de voir revenir la députation telle qu'elle était.

J'aurais voulu que de plus d'un côté, et par des personnes regardées comme plus influentes que moi dans le département, il eût été parlé de votre mari, et témoigné, comme par moi, l'envie de le voir désigné : peut-être alors aurait-on pensé que l'un des députés actuels, du Cherray, renoncerait à être rérlu : votre mari était un de ceux qui pouvaient être présentés fivec le plus de chances de succès, soit au

1 M. de ViUéle.

3dh CORRESPONDANCK.

coUéiie de Tliionville, soit à celui ilii département. Mais je nie trouvais seul ici, et d'autres dîsjx)>itioii5 ont été fîûtes. S'il arrivait qu'elles fussent ehaniiées et qu'elles devinssent plus conformes à votn? désir, je m'en réjouirais et, le moment venu, je ferais, je n'ai pas besoin de vous le pi-otester, touitt ipii pourrait dépendre de moi pour amener les personnes sur lesquelles je puis avoir, d'une manièn' ou d'une autre, quelque influence, à être aussi persuadées que je le suis que nul choix ne jiourmir être plus utile ni plus honorable pour la députatiuii 4|ue celui d'un homme comme votre mari.

Lorsque vous m'avez écrit, de Serre venait dVmsérieusement indisposé, mais il allait l)eaucoup mieux. J'espère bien qu'il est à présent entiéi'emeut rétabli, et que" vous-même êtes plus contente A* votre santé. Si vous ne devez jxis nous i-evenirile sitôt, nous devons souhaiter qu'au moins vous voii? fassiez à l'air de Xaplos, ([u'au reste vous iviiardiez et que nous-nirmes avions toujours pensé devoir ruv bon à votre mari. A propos de cela, il u\>t pas inutile, d apivs Ir post-^rriptuni de votiv lettiv. i|ii<? je vous ili.se cpion ma donné l'a.ssurance la plu? positive <iuil resterait là tant cpiil le voudrait il que três-eeriaineni« nt il ne viendrait à iH'rsoiiuc 1 idéi» de l'en dérani;er.

Ma fennne et nies enlanis et surtout notre clure Année oiit eié bien touchés de voti-e bon souvenir, J*î ds liront bien recommandé de vous parlerJe '•ur tendre aitaelienieiu. Parlez, je vous prie, à '''^'''' >"ari de mon ancienne et inaltérable amitié.

ANNÉb; 1893. S85

etafiréez avec votive bonté accoutumée, madame et excellente amie, les hommages de votre ancien et kb entièrement dévoué serviteur et ami,

Du Teîl.

1330. — M. de Serre à M. de Wendel.

Naples, F' décembre 1823.

Jf n'ai reçu que par le dernier courrier, mon A^r ami, votre lettre du 1"^ novembre. Elle se ^ croisée avec une cjue je vous écrivais par votre femme. A'ous ne recevrez celle-ci (juc dans ^t jours; s'il y a eu dissolution, tout sera pro- '»l>^ment réjîlé entre vous (juant aux élections. ' '"îî à tout hasard que je vous réponds. J'ai *^h\\!:!i (juelques lettres particulières avec M. de *ilWe; mais, occujié comme il Test, (t stagnant <'«ime l'est le point (pie j'occupe, cela a nécessaire- •^nt lanrrni. A Vérone, j'ai fait la connaissance de ^^k Chateaubriand et entretenu depuis une cor- '^pondance particulière avec lui. Elle est de nature à me faire croire que ma nomination serait "*^ vue. Du Teil m'écrit qu'il en a causé avec ^ JcVilièie dans ce sens. Vous Taviez arrangée ^vweuxil y a un an. Je leur en écris au surplus. •^vec vous les clioses me paraissent dans de bonnes ^^»^s: je ne désire que concourir à les y maintenir. V. ^ 25

Pour moi, une carrière diplomatique plus active serait ce que je préférerais, mais ça se tient.

\'otre ami,

H. DE S

On m'écrit que votre juge de ])aix de Thinnvillivous (quitte. J'avais dans le temps placé M «Ha Salle en Franche-Comté; il désirerait beaucoup s^ rapprocher de ses petites proj^riél es et de soiijkw. ("est un trés-ljrave homme, et je croîs que \«hi> feriez une bien l)oiuie ac^piisitîon. Il doit dép-ii«I^ de vous (robtenîr coiic mutation.

1331. — M. de la Boulaye à M'"« de Serre.

An , \)i'''^ KpiM-nav . l''« .l.-ior.il rc IS^'-

\*oi»i tlrià h* «h^rnîrr mois de h\ >rco\u\o aiv.i»^

dal'^'iU"', nï;ul:unc tt cliên* îiiniu: Ir U-iup^ J''-"^'

\\\- . - ■.;: ''.i: .'. w.'U r.iif. d-* i|".U'l«|Ut :- inqui«-i' • ^•

il'» !,.;r^ ]» ir.i - i|iiu .-r< rr^uTÎMii"» -niriit « iî*^-

.1 - \ ■ • i: ;ii-i- iv -u.l** la iVîiiUi* i:air?-i'i''

rapidi; • «|in i;.- imi'mîî «'n'j»ri-n;Miir nra\erM'.''>''D'

riMK* iU4i:) i:. liiii. il i:uiî -v iiv-î:^nf.T. 1-c ^^"^

vîo auiaii -i s cbaiv.i'-^ -i Ion jKMivaii l***'

teindre sans laisser derrière soi tant d'êtres jeunes 00 vieux qui nous sont plus ou moins chers et sur lesquels nous comptions ou pour un long trajet ou pour achever le voyage ; je vous ai devancée dans eette earrièra de douleurs où vous avez depuis (pelque temps marché à si grands pas. Gomme vous, je dis du fond du cœur : Dieu veuille que de Bouveaux malheurs ne nous soient point réservés 1 Jeâaurai bientôt mon sort sur le point actuellement le plus sensible pour moi, sur le sujet qui absorbe toutes mes pensées. C'est probablement dans le tours de ce mois que mon cousin par les liens du ang, et mon frère par ceux du cœur, passera par les plus cruelles épreuves. Y résistera t-il? Hélas! je réopère, et indépendamment de ce que lescliances faoï-ables sont évidemment nombreuses, j'ai en particulier de puissants motifs d'espoir tirés de sa fcnne constitution, de sa résignation, de son counge et du calme parfait dans Icciucl sa force d'anie

1% jusqu'ici maintenu

Saint-Mauris doit être actuellement parti pour

le lieu (le son embarquement; il m'a donne* {\v-

Vemment de ses nouvelles et il a vu mes parents

*l*aris. l)éjà il a éprouvé les vicissitudes ch^ sou

n'wwl t'tat : d'abord pressé dci partir, puis liai lé

"■' l''>j>oir (ju'on le retiendrait à Paris, et mliii

«îi<^'* de nouveau vers le pays des incertitudes. 11

î»*>,<)i^J francs d'appointemeni s, le titre de ^ccré-

^î^P*- d'ambassade, et il est doué de toutes 1( s ([ua-

*its n»^ccssaires pour se rendre eriicacenieut uiih»

^'^ pjar fuire son chemin. Plus je l'ai vu et mieux

je me suis rendu compte de la privation que vo fait éprouver son départ. Je n*entends plus pa d'Emmanuel : la Lorraine a aussi ses douleurs.

On se dispose à Paris à recevoir notre trîomp teur\ et, peu après cette pompe, nous entendi parler d'élections. J'y ai décidément renoncé; raison m'en fait une loi.

Agréez mes plus tendres caresses pour vos cl

enfants, et pour vous, madame et constante an

mes plus tendres respects. J'embrasse le chef

la famille.

1 C'est le S décembre que M. le duc d'Ângoulcme fit son eol triomphale à la tête de IVlite de l'armée d'Espagne. Même à 1 trangcr> nos soldats excitaient de vives sympathies. Deux n plus tard, dans une séance du Parlement, M. Canning « rei lui éclatant hommage à la conduite de l'armec que comniâik le duc d'Ângoulùmc, conduite telle qu'on pouvait affirmer que mais arnicc n'avait fait aussi peu de mal et n'en avait autant! pêclH-; que, si l'Espagne notait pas baignée dans son sanc, c'é aux Français qu'elle le devait; que ceux qui les avaient d'ib ret^ardes comn)e des oppresseurs voyaient maintenant en eux prolecli'urs, et que c'était le parti fanatique, celui des aniil despolismo, qui de'sirait leur de'part, parce qu'ils ne lui pem traient pas d'insulter et de tourmenter les lilM^raux. n (l!Ui( de la /icMniivationj par M. de Viel-Castcl, t. XIIF, p. 171.;

i3&- Ltirloomte de Chateaubriand à M. de Serre.

Paris, co 1*' decerabro 1823.

Vous verrez, monsieur le comte, cjue nous sommes de votre avis, et que, malgré quelque opposition éénisonnable, nous profiterons de la guerre d'Espigne pour établir le renouvellement intégral et IDinquennal ou septennal. Nous marcherons, et lin ne nous arrêtera.

Je vous prie, monsieur le comte, de remettre la fcttre ci-jointe à M. de Marcellus, s'il est à Naples, il de la lui envoyer par exprès, s'il voyage autour k vous. Cette lettre le rappelle immédiatement à hris.

Nous avons reçu les détails de la belle fête que 'ons avez donnée.

Recevez, monsieur le comte, la nouvelle assu- QDcedemon dévouement et de ma haute consîd*'*- Qtion.

Chateaubriand.

1333. —M. de la Bonlaye à H. de Serre.

Ay, 8 décembre 18!

Ce billet, mon cher ami, vous sera remL M. le comte de Guéheaeuc ^ , père de M"^ la duc de Mootebello^, notre voisin de campagne, ami ticulier de M. de Jessaint et le notre. Je vc recommande et je le recommande aux honU toute votre famille de la manière la plus in Ceci est un vrai passe-port d'ami, c'est la su expression du désir que des personnes que j*1m et que j'aime se trouvent de prime saut, à 500 1 de moi, dans les rapports où le plus solide atU ment joint à une haute estime juge convenab les placer.

' François-Scholas tique, comte do Guelieneuc, ne à ^ cienncs le /«juin 1759. Il était, à IVpoque de la Résolution (le chambre du Roi. Sous le Consulat, il devint aduiinisi des eaux et forêts, et, en 1810, sënateur. Pendant les Cenila direction gJndrale des forets lui fut confiée. 11 mourut à le 30 septembre I8/4O.

' Louise-Scholastique de Gueheneuc, veuve du ma. Lannes, duc de Montebello. Elle avait été dame du pal ^imp^frat^ice Joséphine et dame d'honneur de l'imp^Tatric rie-Louise. Sa sœur cadette, Henriette-Louise de Gudh< était veuve du général Kirgoner, tué en 1813, au combat di chenbach, par le nn'mc boulet qui bh^s^a mortellement le rai F)uroc.

Mille tendresses et mille respects pour vous et le$ vôtres.

F. delaBoulaye.

1334. — M. de la Bonlaye à W^^ de Serre.

Ay, prés Épemay, 8 dt^cembro 1853*

Quelle douloureuse lettre, madame et chère amie, que celle du 18 novembre à laquelle je réponds, et que j étais loin de m'y attendre !

C'est peu après ces lettres expédiées qu'il est tombé malade, puisque le 18 vous étiez au cin- «luitine jour de la maladie. Recevez les plus tendres «raeivimcnts des détails que vous me donnez. Ac- •abln* comme vous deviez Tètre de fatii^ues et d'in- *|iiitîu<les, j'apprécie tout ce que je dois à votre* *Hiiiir ix)ur rdlort qu'il vous a fallu Aiire; je; wi'i- ^râce, et du fond du cœur, à notre cher d«* ^•iT«.' ilii désir (pTil vous a témoîi;ué que j'eusse de ^Mioiivelles, et je coulbndsdan.s ma reconnaissance '** iiiolade et sa can^iî connue ils le sont dans ma ^Huli'i^se. C'esl dans de t(»lles circonstances ({u'uii '>^»ii iiirnacê, en niùnie temps c{u'il subit les rudes Vfiivi's qui lui sont envoyées par la Providence, ♦iî»l»rouvu les plus farauds et les plus doux bienfaits. ^M> soins sont C()!nparal)les il e(nix d'une fennue '">'iM»aest ainn'' el ([ue Ton aime, à ceux de la cojn-

:m CORUESPONDAKCe.

pagine de la bonne et de la mauvaise fortune, à ceui de la mère de ses enfants ? C'est le finît de rautomur apivs la fleur du printemps. \'oyez à quoi nous avons t-ihappé de part et d'autre. Peu s'en est fallu que ce mal de longue durée, et qu'a terminé une mort funeste qu'il a fallu déplorer au milieu des fêtes, ne se soit développé à Ay, loin des secours lies hommes habiles, et par eonséquent dans uue situation qui eût ajouté à tant de regrets cuisants la ci-ainte de n'avoir pas fait tout ce qu'il fallait faiiv. I>'un autiv côté, ([uelles angoisses pour vous, pour vos amis, si la violente crise que notre ami vient d'éprouver tut advenue ]X?ndant que vous aurii'z étt- séparés, pendant (jue, abandonné llaD^ quelque hôtel tiavni à des soins mercenaires, ses inqui^-tudes pour sa famille eussent encore aigri son mal! Le jeudi, le vendredi, le samedi, le dimanolif ont Lié de cnu*lli*s journées suivies de cruelles nuit*, oliéif^ amie* jf vois que les douleurs n'ont i^nimcnir a faiblir tt le> ispérances à renaître qui-du iliniaurhe au lundi. J'ai pointé tout cela sur mon ahuaiiach. on depuis loujztemps je ne ])ointe \A\\^- Mais Xaples ri Paris nie rausi-nt. dans le moment a^^tuel. (le si vi\fs enituions qiu* j'en dresse la oartf- .K- p«*ii>«\ eoiniue les nieihvins, que des com'?«-> •*' ile la disiraeiinii >onr ntee»aiïvs. Je crois le ïejmîf 'le Najiles utile. Je ne eiumais pas Us eaux de Ca.*rellamare, mais je etMie(»is ciunn vovao* en Sicile «t 1 nsace ih- ees eaux soient profitables. Je snî> fi>rf aise iK. ee cpie vous me dites df votiv mini-ii*e' ri

' ^ «le Oiaioanlrianl.

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*il

ANNÉE 18âd. 393

pour TOUS et pour lui. Comment deux hommes aussi dûtiogués que notre ami et le vicomte n^auraientik pas TuQ pour Tautre beaucoup d'attrait et d'aflaité? Us doivent se traiter en frère d'armes.

Je ne doute donc pas qu'on ne vous accorde tontes les facilités nécessaires au rétablissement de h santé et je ne vois aucun sujet de trouble pour votre séjour à Naples. On nous dit que le duc de BcUune et le comte Guilleminot acceptent, le pre- Bier, Tambassade de Vienne; le second, celle de GoQstantinople.

D me semble que nous aurons des élections dans fc cours de janvier. Mon parti est pris de ne point ■« mêler. Je sais bon gré à la dissolution de m'a- ^ donné le moyen de secouer plus tôt mes der- ■wes chaînes. Les intérêts de ma famille et les ■ûens, le sentiment de mon inutilité et enfin mes î<*ts, ma santé, toutes les réalités de la vie me floueoten Champagne. Saint-Chamans, le maître ^re({uétes\ le comte d'Ambrugeac^,tout couvert ^lauriers, et Lalot se disputeront mes dépouilles ^collège d'arrondissement de Châlons. Saint-Cha-

' V« t. IV, p. 228.

ï-onis-Alexandre-Marie de Valon, comte d'Ambrugeac, ne en ''!• Il entra au service d(}s l'agc de quinze ans> émigra et fit les ^^''^es de 1792, 1793 et 179/i. Do retour en France, il de- 7*«ï'ia à wrrîr et parvint au grade de colonel. A l'ëpoque des ^'^t-Jottrg, il se montra fort de'vouii à la cause royale, ce qui lui ^■Qt les ëpaulettes do maréchal <le camp. 11 commanda en 1823 ^* ^ brigades de l'armëe d'Espagne et fut nomme licutenan *^*^1- Députd de la Corréze à partir de 1815, pair de France à ^tirde 1823 (23 dëcembrc), il si«?geait sur les bancs de la droite. ^^ «iourut en I8/4I1.

SQA CORRESPONDANCE.

mans et d' Ambrugeac seraient de bons choix. M. StnegonV de la Cour royale, se met aussi sur les rangs. J'espère que les nouvelles que j'attends seront dt meilleures en meilleures. J'embrasse vos chers enfants. Tout à vous, mes bons amis; partagez mes tendresses et mes respects. Faites des vœux pour nous comme j'en fais pour vous.

F. DE LA BOULATE.

p.' s. Cette lettre n'arrivera que pour la fia de l'année, et je la charge, ô mes bons amis, de unis mes vœux pour le nouvel an. J'appelle sur votre chère famille les consolations et la bénédictiuQ di Ciel. J'embrasse Eugène. Mes bons souvenirs i M. Riboulet.

1335. — M. de la Boulaye à M. de Serre.

Ay, prés Épcrnay, lUdéccmhre H23.

Trancjuillo à présent sur Xaples, il fauttp*

je vous tranquillise sur Paris. Hier 11, dans Umatinée, mon cousin a été opéré avec succès par IV- <'larcl On L^st parfaitement content de l'état du

' Aiiuiistc-Marie-Toii>>:iint Sancgon, iië à Allbn ^Scinf; ïf S scplniibivî 1777, fil ^^es «.'tudcs à Paris. Apre» a^oir éie jtii;*** trlliiiiial tic |)reiiii('?rc iii>l;incc do coUe ville, il fut nomme coo- >< ill'T à la Cour roval»; eu ISlii. lin ISi'i, l'altération de ^a »*flt^ 1 ulili^.;;i (l«j quitl« r lo Palais : il recul la croix d'ofticicr de U Ui^i<'Ti 'i'lj..iiiiriir. Il mourut 1<' ^1 novfni!»rc lSiî8.

Miade, dont le calme et le courage ont étonné

■ême la Faculté

Je vais passer ma nuit à écrire ; car, de bien des «oins de l'Europe, on compte sur moi pour des noutelles. L intérêt est sincère, et s'étend loin et monte hat. J'ai commencé par vous, mes chers amis, et je TOUS embrasse tous.

1336. — M. de la Boolaye à M. de Serre.

Ay, prés Épemay, 15 dt^ccnibro 185^3.

Xaples et Paris me laissent maintenant la respinttiou libre, cher ami. Vous vous occupez séricusenh'iitlr votre nHablissement et, si mon cousin n'est pasoiuore quitU* de tout danger, il est plus que janfâh i;ii<onnablc d'espérer que tout finira l)ien

I.u «liVsohition nie paraît certaine. Beaucoup de l*riï4»nii"S, dan.-^ le département, me donneraient *'iv Imrs voix: mais ces personnes sont celles •l«ii!ii* savent a\v d'avoir quitté le Conseil d'Etat Iothpi- vous avï'z ([uitté le ministère. Il ne nie '^«»^i' iit pas dêtn* Thomme d(\s libéraux ou soi- ''i^aii! tels. Je voulais n'être repoussé par i)ersonne ^»'ri- liMléputé des royalistes de tous les partis; ''■'•' iii-t j)lus possil^le, et j(* sors (l(\s ranas. Le niî-

m>!. IV portait Saint-Chanians. (hi me dit que

d' Ambnigeac , qui par sa femme* est un de m» grands j^ropriét aires, se met sur les itings; il sen difficile d'écarter ce vainqueur. Le parti de Laloi, d'un autre côté, remue ciel et terre. Que ferais-je dans cette mêlée? J'ai d'ailleurs besoin de remédier, par ma présence et mes soins, aux incouvênients, aux relâchements produits par mon absence. Mes biens exicent l'œil du maître; ceux de mon cousin auront aussi £;rand besoin de ma suneillance. Je ne vous abandonne point et ne voui abandonnerai jamais; si les circonstances vous ramènent sur le grand théâtre, vous me trouverez toujours prêt à vous y suivre, et, dans la route frayée jiar le gouvernement actuel, il se trouvera bien (juelque sentier pour nie rappeler dans vt^^ voies. (.*epeiidaiit je désire de tout mon cœur que vous soyez élu; je le désire pour Thonneur île U Chambre et de la P'rance. S'il vous convient (k suivre votre carrière actuelle, un Parlenieui Je ■sept ans vous en laissera le temps et les moyen?: dans le cas contraire, il faudra bientôt compter avec un talent tel (juè lo V(*)tiv, encore agrandi i>ar de nouvelles études et Tobsenation de noim'll**? scelles tant au dedans (prau dehors.

Pour ])ien juger votre position relativement î* rélection, il faudrait (pit^je susse dans quelle situation vous êtes, sous ce rapport, avec les ministres influents, et je Tignore. Si Ion vous dé>irei Paris et si votre santé le pennet, la détermination ;i

ANNÉE I8â3. 397

pmidreest facile; s'il n'y a que de la tiédeur, du Ittsser-aller, je vous engage, même en cas de no- ■inalion, à ne pas vous presser. Je ne veux pas admettre Thypothèse d'une opposition sourde ou fitente: elle répugne à l'opinion que je veux avoir te hommes à la tête des affaires ; ce serait de Tin- JBstice et de l'ingratitude. Mais, dans ce cas, la Iirtt€ me paraîtrait incertaine et imprudente. Il me paniit que vous avez à Naples bonne et ■oiDl)reuse compagnie. J'ai donné ces jours dcrniffs une i*ecommandation de cœur pour vous à M. le comte de Guéheneuc, père de M™'' la duchesse «le .Montebello, c[ui va voyager en Italie et pous- *ra peut-être jusqu'à Naples; M. de Géhcneuc est ■otre voisin de campagne, notre ami; c'est un ^omiiji^ sauc, três-estimable et très-sûr; il a bien i»P<'.^a position et s'est tenu écarté de toute affiiire. Sou fils, le iiénéral Guéheneuc^ était aide de camp 'Hîiiiîaparte. Wms savez le rôle qu'ont joué son ?-n.liv^ et sa fille.

'Ibrlï-i-Olivier-Ldiiis <lc Gudl»cneiic, né à Valciicicnnos le 'j'iiii IT8.'3. Entré de Lonne heure au service, il fit la campagne *l*^'î comme Ctipiiaîne et officier d'ordonnance du maréchal lïijRr.*, >oii beau-frére. En 1807, il fut blessé à Friedland. L'an- "w -'livantp, îl passa en Espagne avec le grade de coh^nel et re- ^' 'î^fî nonvolle blessure. Blessé pour la troisième fuis à la ba- ^>l!.î (le Polotsk (18 octolire 1812), il devint gén(;ral de brigade **a:'l'îde camp do l'Empereur. 11 fit, en 1828, la campagne de Moï^'O. Il obtint, en 1837, le commandement d'Oran. Lieutenant Mo^'hI en 1839, il commanda la division de Bourges jusqu'en ï»^^- Il niouriit à Paris, du choléra, le 26 août 18/«9. Il était ba- "*?» •l'î l'Empire.

J'an Lannes, né à Lcctourc (Armagnac) le 11 avril 1709. Vo-

Voici les letti-es Je Paris : bonne journée et liouik-

nuit : peu de souffrance. On allait faire le lit

du malade. On songe à vous; luci-e et enfanta vont

bien.

Je vous souhaite même chance de santé, m. - hm

chers amis. ^

1337. — M. de Wendel à M. de Serre.

Dès (luejai su. mon cher ami. qu'on se di-i"'-*!' à faire de nouvflKs élection:*', je vous ai uiiuidr qu'il n'y avait do nussite à espéivr qu'en niaivliant entièrement avec le gouvernement : que sau:? oïLiOD gâterait tout, et- qui ne ju»uvaît ènv voirr- j - îi?*"^ ni h\ mienne : dê|tui> ee iêini)>. la dirf clinn il- iini*»* de Paris f-i d»* hure r«.-ilirf.' lê-ni- ni--- dt-jinî* -- ' i'*'*

M.T-' '• i*s ^ • ■ -^ ' î"- ■ .il--

' Par t r". i.-..»

■ ■•la

piésefiter quatre aux collèges d'arrondissement; tth ne laisse plus qu'une place à celui du départafloent, et vous connaissez les obstacles que vous

trouverez à cette réunion

Nous avons un nouveau préfet^; il est très-bien, ■sus il De connaît pas le pays, et, pour mieux compliquer les choses, Tancien préfet^ se met sur les rwgs; viennent ensuite MM. de Rugy ^, de Cressac*, Pyrot, Durand^, s'il ne réussit pas à Sarreguemînes, îlarchand-CoUin, rec<îveur des finances àBriey, qui

'M.JeRalzac.

*M. (JeTocqiievillc.

'Jein-Baptîste-Albcrt-Thomas de Rugy, né à Sarreguemînes «n 1770, «tait fils de Jean-Melchior Goullet de Rugy, man^chal èofflp, commandant en clief du corps et de l'École des mineurs. C^itiine d'artillerie, il fut désigne, en 1787, par le maréolial de ^V, ministre de la Guerre, pour faire partie d'une commission àu^ (U modifier l'organisation de l'armcc napolitaine. 11 re- **teo France sept ans après avec le grade de colonel. De 1806 >I^13 il fut membre du Conseil municipal do Metz. Il est mort *i\^l!t. — Voyez la Diograpfûc de la Moselle y par E.-A. BJgin, ^IV, p. 170-180, et la Biographie da Parlement de Metzt par ^ Michel, p. aOft.

*U Liron Jacques-François-Cëlini de Cressac, né à Paris le «'"t Irt» 1778. Klcvcdc l'Kcolc polytccluiiqueen 170^*, lieutenant '••^"l ni.ijor du génie en 1800, capitaine en 1802, cliof <l<i liat.iil- ^■'l'^nHiG, il fit les canipai;ries du Uliin, de Prusse, d«i Pologne **'-Amri:hc; ayant obtenu .sa retraite, il remplit les fonctions 'l'iinini'îtraieur des liospices de la viile <le Metz, <!•' c«)n-eill<.-i' ''^'i'-''i|M lie cette même ville et de uienibrc du Conseil gejicral ^l»MuK.llc. 11 mourut a Metz le 22 onobrc 18r.O. II était .)ffi- ^^f 'ip la Li-'^iiou d'Iionueur et chevalier de Saint-Louis.

ffaiîçoiij-Dcnoîl-Cliarles-Pantaleon Durand, ne à Metz le ■^''»nvierl765, etaU fils de Laurent-Adolphe Durand, seiiineur '■ '^Tîi capitaine de cavalerie, et petit-fils de Fran(;ois-nçnoît

AOO CORRESPONDANCE.

a beaucoup de partisans ; vous êtes à Naples, on ne croît pas à votre retour, et dès lors on est très-froid. La guerre d'Espagne a tellement fortifié le çouvernement que tous les amis sincèivs du pays désirent conserver le ministère actuel; fùt-il moins fort que d'autres, on le resarde comme nécessaire et Ton fait des vœux pour lui. Quant à moi, je ne connais qu un ministre un peu particulièrement, et je le croîs on homme fort habile dans son genre : je }K'nse que vous aurez trouvé un pretexte pour lui écrire: je le crois bien disposé pour vous, il me l'a dît daos toutes li's occasions.

Je uv vois ([u'un«* chose utile pour vous dan> lUhélection, r\*st la tvrtîtiule de rester où vous élf>.el je pense que vous aurez cette certitude même san-J être nommé; tan! ciue ^M. de Villèle sera au ministère, vous conserverez le pi>ste que vous (KVUj)iz>i cehi vous coiivî(Mi1. (Juant .n rentrer an ministîiv.f ne Ir rl'^in* ])i\< (l:uis votre j)n»j»re înt«''rét: ^o!h seriez iiiniii> licurrux eî. après une sec-oud<* enllmif. vous vous inmveriiv- nioin> ])ien (juaujouririnii.

\ oiis (|,.v,./ srntir eonilMrn ce que ji- vousili^h est (I«>iiit(re.ss»' (le ma part ; car même i)our mou in-

Oiiran '. ^.■l.^ii.iir .1' hiMrofT, con-.iIl**r an I'arl#»i.ï.nl. \\T^-^ avoir , I.: j..,:^.. ,l,. .\fn,u<irur Loiii^ WIII et x^'.Ùclr -i- .îr:i^-u*. il fut nvii |.r..niier avcoat gênerai an Parlriiiriu J,. Mrlz m l"!^* et .'Oii....na reit..- oliar^sr i,isqir..n 17.0. Mairr.. a.- >a vill.^ naia!" en r.n. I\, rl..-f do la iî'V conservation furesiièr.. on 18f.iI. i! iirJ* cett.. fon.Mion jn^.jnVn 1S15. U fnl <IqMii.: .J« la Morll-^ .l.'lï^î' a IS-.. si..soanl .l'abora an côl.: Jroil, puis au centre ilruit... . - Consuh.z la /Houraphio delà Moscifr, t. IV. ,,. i.;iS./.Z,l. et Ii Siographir ,/„ l'arlcnv^nt if*- Metz, p. U.'MAr.

ANNÉE 18Sa. Ml

téfvt j'aimerais mieux sans doute vous voir au timon d» affaires; mais j'ai vu la vie que vous meniez, et fii souvent trouvé qu'elle était affreuse. Vous iWez sans cloute d'autre désir que de rendre votre pij'slieureux, et cependant ceux qui remplissaient w salons ont été les premiers à vous dénigrer. J'ai IV des chefs de division nommés par vous, soutenus fw vous, trouver l'administration de votre succesturbien préférable à la vôtre, quoi qu'ils recon- Weot supériorité de talents chez vous. M. de Kchelieu était sans doute le plus honnête homme k France, celui peut-être qui a rendu les plus paàs services : j'ai vu plaisanter ceux qui se piaillent à rappeler son souvenir ; je n'ai plus trouvé l.ttD i envier dans la position des ministres, et je •wig que vous devez être beaucoup plus heureux fumeux.

Je m'occupe très-sérieusement de mes affaires; K cherche à me rendre fort indépendant, et j'ypar- 'WKirai, j'espère. Si j'avais trouvé à vendre la Wnt, c'eût été un bon acheminement;- mais le Çîtème du gouvernement de ce pays ne tend pas à PWéger les manufactures ; les Anglais l'exploitent wtoos sens et tout à leur aise. Quant à la France, ^marche à une grande prospérité, les hommes les 1^ opposés n'osent le nier.

Votre tout dévoué,

F. deWendel.

JiQS CORRESPONDANCE.

1338. — M. do la Boulaya à M. de Bem.

Ay, prés Éperoif » 9S déenahre IfiBQw

La travei'sôe de Saint -Andi'é a duré six semaines. On ix^uvait oi-aindre le mal de mer, leims temps, etc. : rien de tout cela. Sur ce paqudwl aiuêrioain, où tous les aménagements étaient rpcheivliés, co«iUi'ts, commoiles et charmants, ilsoot lailli mourir di* laim et de soif; tous les vivrai frais ont été épuisés jiar la première quinzaine du voyaize. L'eau était si rare qu*on a essayé de rrfieher à Saint-Michel, Tune des Açores, pour pouvoir hoirr à ])liis Imitzs traits : mais. jK^ndant ({ue lesnar tiiïvls ihi pays couraient aux sources, le vent n'a pas iH-nnis au navire de tenir la c«'»te, et il afalla achfVi-r if vova^if t-n buvant de l'eau dans de* verrt'S à ratafia, avec des miettes de biscuit de mer it du iMinif sali*. Le capitaine a été destitué en arrivant a New- York. Malcré cette diète, on s'est bien jK^rti* : on a essuyé quelques coups de vent, on a }H*nlu son beaupré, on a vu des marsouins, des requins et uuf baKino. Enfin, le 12 novembre, ooa retiviivr avec cranil plaisir le plancher des vaclu-?yi" de Saint-André et ses entants, dont l'un n'apa? ct*ss<* de teter ilu lait de biscuit et de Ixeuf salr. ?^ portent bien.C'es nouveaux hôtes du Nouveau -Moniltallaient s'acheminer vers Piiiladelphie, Baltixnon*

ANNÉE 18â3. A03

et Washington, qui est le Versailles des États- Unis, mais le Versailles au très-petit pied. En attendant, on est enchanté de la propreté et du mouvement de New- York; c'est, disent nos Argonautes,

une ville toute hollandaise.

Ala garde de Dieu pour l'élection. C'est beaucoup que la suite donnée aux relations de Vérone, et je ne m'y attendais pas, d'après quelques disooursde Sain1>-Mauris . Toutefois, la grande infcence électorale n'est pas là. Toutes les précautions sont prises pour que le ministère exerce dans legrand mouvement qui se prépare toute l'influence que, dans mon opinion, il doit exercer. Ceux qui di^)06ent des espérances et des réalités sont bien dupes quand ils n^emploîent pas ces fils à faire jouer leurs marionnettes ; il suffit de la publicité et de quelques opposants hommes de talent pour ènouvoir la machine du gouvernement représentatif. C'est un gmnd bonheur que, dans des circonjitances telles que celles où nous sommes, on eu consene les cadres; le temps fera le reste. Les libéraux vont être à peu près tous expulsés, et que le diable les emporte ! Ils auraient tort de compter sur M. Rover pour leur oraison funèbre; celui-cidîrigera autrement ses mines.

Le voyage de P<'estum, etc., et la bonne société îttuont fait une utile diversion. Soignons les santés. Mille tendresses à toute la famille chérie.

1339. — Lo vicomte do Chatoauhriand à M. do 8«it.

Paris, Il janTÎtf 18tt.

J*ai reçu, monsieur le comte, la lettre quevotf m*avez fait Thonneur de m'écrira pour me parier lies élections. Elle m*est arrivée, malheureuseoMt lorscfue la liste des présidents était close. Il TOtf i-este la grande chance de vos talents et la bienral* lance d'un gouvernement que vous servez avec Mitant de zèle que de succès.

Un eoun*ier de M. de la Panouze emporte ces deux mots, (jue j'ai à peine le temps de dictera

mon secrétaiii?.

Tout va à men-eille ici, et la France ne fut jamafe plus triomphante et plus belle.

Mille compliments, monsieur le comte.

Chateaubriand.

ANNEE IBU. W5

1340. — M. do Serre à M. de WendeL

Naples, 5 janvier 18^.

Je VOUS avais écrit en novembre, mon cher ami, et j'ai répondu à votre lettre du 1^' du même mois, le 1" décembre. Je profite du départ d'un courrier qui « rend à Paris pour revenir sur le même sujet, tant ihris que près de vous ; je pense que mes démar- Aesà Paris auront réussi. Dans tous les cas, vous te bien sûr de ne rencontrer aucune opposition et, Mme cela vous suffisait il y a dix-huit mois, cela 'BM suffira encore. Vous ne me trouverez pas trop ftmour-propre si je pense que, dans sept années, il Fttt se présenter plus d'une circonstance où je puis •core être utile; manquer cette élection, c'est m'en "hràtôut jamais les moyens. Ce n'est pas seulement ■'«npêcher de faire aucun pas ultérieur dans ma •wvelle carrière, c'est me livrer à toutes les incer- ^es, même pour ma position actuelle, à la merci ^ premier changement, de la première ambition à

iïtisfaire ou à écarter Ces derniers motifs ne

*Qt pas d'intérêt public; mais lorsciu'ils se joi- P^t à ceux-ci, vous les comprendrez.

Aumoir, mon cher; je compte sur vous.

Voti*e ami,

H. DE Serre.

jm CORRESPONDANCE.

1341. — M. Lanty< àM.deScsm.

Metz, 11 janTÎer l&Sh.

Monsieui* l'ambassadeur.

Les sentiments que l'on a voués dans Metz à Votre Excellence ne se sont point afiaiblis inalfrê sa longue absence, et je sais que plusieurs monbra, (|ui auront de Tinfluence dans la prochaine asscablée électorale du département de la Moselle, se proposent de la metti'e au nombre de leurs candidats ; mais ils désireraient savoir si ce projet wanà son approbation ou s*il pourrait s'accorder arec 0 ])osition, et Ton m'a engagé à la pressentir i crt éxzard. Je me suis chargé d'autant plus volontîcn lie cotte commission qu'elle me fournit ToccasiOi de me nipjX'ler au souvenir de \'otre Excellence et de lui renouveler Tassui'ance de mon ancien attr rhement. J\*s{hto cjuVlle ne verra dans cette dé' marche c[u'uni- pi-euve du vif intérêt que je prendra* toujours à ce qui peut lui être agréable. Si elle jug^ à |)ro{X)s lie me répondre sur cet objet, j'ose croira

» i lirl>io|>lie-Françoi.s-S«basuen Lanty, né à Toul le 18 I./.I1, l'iaii filjî Je Claude- François-Joseph Lanty, conseillera^ Hoi au ir.'-î.îial Je coll.» ville. Il fut reçu conseiMer au Pariem»* •le Metz le IS mars 17k>. et il conserva cette chair|w jusqu'à lasnp^ prPN^ion ,lo3 Cours souveraines en 17W. 11 mourut i Metz le 8 octobre IKV.. — Consultez la Dù^gmphic du Parlement de Mml'ar Km. Michel, p. 378.

<pi'elle me oonoait assez pour ne pas craindre d'éti*e ^aninement compromise ; elle peut compter sur le jttus profond secret de ma part, et que je me conformerai strictement à ce qu'elle jugera à propos de ne fNrescrire, une seule personne, sur la discrétion <le laquelle je n'ai aucun doute, devant être instruite de ses véritables intentions. Il ne m'appartient pas de donner, dans cette circonstance, un ^xnseil à Votre Excellence ; je me permettrai seulement de lui faire observer que. si l'idée qu'on a'a communiquée se trouve confoiine à ses vues, 8 serait à propos qu'elle le fît connaître à MM. de 1 et de Z., qui, je le sais, ne croient pas qu'un pireil arrangement soit dans ses intérêts, et, dans «tte persuasion, négligeraient probablement de porter siur elle leurs votes et ceux des personnes doDt ils pourraient disposer dans le corps électoral. Quoique je n'aie pas témoignai à Votre Excelhtt tous mes regrets sur la perte ci-uelle qu'elle a teede la plus tendre des mères, elle n'aura pas été ■oins persuadée de la part bien sensible que nous «ons prise à ce funeste événement qui nous prive 'we bien bonne et ancienne amie. Vous aurez su PWt-étre que nous avons été frappés, dans le même teps, du coup le plus affreux, par la mort si imprttue de notre pauvre Albert * , qui a rouvert pour Wwdes plaies peu cicatrisées et qui sont pour nous l*»arce d'une douleur étemelle. Dieu merci, la *rté de ma femme a résisté jusqu'ici à tant d'at-

'V. Uaty «raît perdo son fils Albert le ^ septembre ldS3.

teintes ; elle me charge des compliments les pins affectueux pour Votre Excellence et pour M** VaiDbassadrice, à qui je la supplie de faire agréer riioomaiic de mon respect.

J ai l'honneur d'être avec le plus respectueux

dévouement,

Monsieur l'ambassadeur,

De Votre Excellence, Le très-humble et très-ol)éissant senîteur,

Lant\'.

1342. — M. de Wendel à M. de Serre.

Paris, ce 11 janvier WA,

J ai pensé, mon cher ami, que le meilleur moyende connaitre les intentions du gouvernement sur vous était de venir ici et de m'en expliquer avec M. J^ Villéle lui-même; je le verrai sans doute demain ou après-demain, et je saurai à quoi m'en tenir. Du Teil lui en a parlé il y a six semaines ou ileux mois, rt M. de ^'illèle lui a dit que votiv position à 1* Chambre serait fausse, cjue vous ne |K)uviez yti* tendre à la eontianee de la dR)ite, que vous ne voudriez pas de celle de la gauche, cju'il lui semblait que ee que vous aviez de mieux à faire était ^ uardtu- votre poste, et qu'on ne sonfxerait jamais i vous en oter. Il a ajouté que d'autres de ses collé-

ANNÉE I8S/1. Wd

pes, Wen plus que lui, redouteraient votre nomî- Bitiofl, etc. Ce qui prouve cette dernière assertion, ctet qu'on a vivement réprimandé M. Klie et autres de Metz pour avoir parlé de vous avec intérêt. Je tiens la chose de M. Klie lui-même; je vous prow!ts de m'occuper de tout cela cette semaine.

Le couvemement est dans une bien belle positioD s'il a un plan arrêté et s'il se met à la tête des dwsesau lieu d'obéir aux Chambres. Je conçois le bien que peut produire une Chambre septennale ; Bais c'est en lui faisant vouloir ce qui est bien et Boo en agissant d'après elle. Je voudrais que tout ie bornât, de la part du ministère, à bien étudier et Bùrir les projets de loi, et, de la part des Chambres, iles approuver ou rejeter.

Je trouve que le ministère retombe dans la fausse ^îe de yi. de Richelieu : il récompense beaucoup ^p; il diminue ainsi le prix des faveurs; le cordon *^Ieu surtout ne devrait pas être prodigué, pas plus î^e la pairie^ S'il a un système bien arrêté, il mè-

* Une ordonnance, daiëe du 23 décembre, avait crdë vingt -sept

, parmi lesquels on distinguait treize députes : m M. Laind

trait aussi A la Chambre haute; évidemment c'était une grande

nce du centre droit qu'on tenait à faire disparaître de la

bre des dëputës, où la droite voulait et allait dominer seule.

fat le même motif qui détermina le ministère à ne pas inscrire

nom de M. de Serre sur la liste des pre'sidents de coUége

droite, et c'était un tort, car elle n'était pas seule dans le

IB, voulait être seule à la Chambre, et M. de Villéle, qui avait

^"^(îu^ d'admettre MM. de la Bourdonnaie et de Lalot sur la liste

^**» présidents, eût soulevé des tempêtes s'il y avait inscrit le nom

^ M, (le Serre. » {Histoire de la Resiauration, par M. Nctte-

*»ent,t. VI,p.601.)

uera les choses à bien ; mais U en serait Tenu à biMt avec l'ancienne Chambre, et les élections trop «h vent répétées feront perdre l'intérêt qu'on attadnit aux nominations.

Votre ami,

F. deWendel.

1343. — M. de la Bovlaye 4 M. de 8«ne.

Ay, prës âpemsj, 11 jiumer 1».

A la fin de cette année 1823, cfuî vient de semé avec le temps comme une vapeur avec les nuages, f vous ai adressé, cher ami, les plus tendres vœuxq» je renouvelle au commencement de IfôJi. Soffl heuriMix, dispos, bien portant: que votre femme* i\Mist*r\'e bonne et belle, que vos enfants croissent et prosixn-ent, et Dieu veuille que je vive assez pflï unir nos fmuilles, comme le sont nos cœurs, parta lien indissoluble !

y-M reçu votre n"" Uh. du 21 décembre, et le cûïlier dos cheveux do ma Marinette. Je vous dit^ tous biou sincèrement, bien loyalement, de toill^ mon amo et de toutes mes forces. Ce n'est passant quoKpu^ houto ijuo, iwonant sm* le passé, j'ai va (pt ma dornioro lottiv est du 22, décembre ; la diftHF* e«t firande. Mais comment vous mêler à tout ce falra de IVpoipie? 11 n'en est pas moins vrai que je S0D$»

AlfNÉE 18SA. Ml

lov les jours à tous et aux yôtres, et qu'il a été mpmi question de la famille de Naples dans mes eDrRqMmdanoes. Aussi suis -je chargé de beaucoup de îœux, d'amitiés, de respects par nos communs «kts et en tête par les habitants de ma ViUei'Éfiéqiie. On y est complètement rétabli , et , la feUe permettant de trotter dans les mes de Paris, «1 y court comme un lapin. J'ai eu des nouvelles de Desprez , auquel vous avez directement écrit. liM. Portai, Laine, Mézy ne vous oublient point.

Les cordons de toutes couleurs se déroulent pour décorer nos braves, et, parmi ces couleurs, le bleu brille sur la poitrine de ceux dont la tête a prévu la TÎctoire. Vous avez des compliments à faire. La pairie de d' Ambrugeac délivre Saint-Chamans d'un dangereux rival ; Saint - Chamans prendra trèspiubablement ma place : la raison, Tâge, les contenances veulent que je la lui cède de bonne grâce, rt c'est ce que je fais. Tous mes amis sont dispersés, h uns dans TEmpyrée de la Chambre des pairs, le ^ de Richelieu bien plus haut, où les plus nobles •^Wus reçoivent leur dernière récompense, et le plus ^her de ces amis à Naples. Que ferais-je au milieu ^*vie cour étrangère?

Je pense comme vous sur les Lorrains : d'un ^■flté, de la bonne volonté sans malice ; de l'autre, combinaisons toutes personnelles. Cependant il voir et, dans tous les cas, laisser courir et impasse presser.

Coonge, mes bien chers amis; bonne santé. Âd- ^^woie que pourra. Que voulions-nous ? Le triomphe

des Bourbons, Thonneur, le bonheur de la France. Nous sommes en bonnes voies. Toutes vos \àm finissent par prévaloir. Vos plans sont exécutés pir d'autres ; je conviens du sic vos non vobis; nais Tessentiel est que la faction succombe et que le royalisme fleurisse. Vous y avez puissamment coopéré : à votre suite, j'ai fait ce que j'ai pu. ïù le cœur content et le grand air de la campagne cû«cule librement dans mes poumons.

Mille tendresses à Eugène. J'embrasse les enfants, et père, et mère.

1344. — M. de Wendel à M. de Serre.

Paris, ce 16 janvier IKMi.

La réponse que M. d(* Villèle avait faîte à d» Teil nie faisait press(»ntir les dispositions du ministère; j'ai cependant abordé la question av<c M. de Villèle avant-hier. Il n'y a pas eu un moment d'hésitation dans sa réponse : elle est négative, fl m'a (lit (|iievons deviez sentir que votre nomîuatioo était incompatilile avec la haute place (jue vous oce\ipi(»/, et (\\ie nomination et démission devenaient synonymies ; que, sous tous les autres rapports, vous pouviiv. compter sur lui, soit pour une amlwssaJe plus active, soit pour une haute place de mafia-

mtore. n fait seulement observer, quant au change- ■eot d'ambassade, que Naples est le point auquel le fioî tient le plus. Quant aux deux places de la Cour à ossatioù et de la Cour des comptes, voilà où je Yoodrais vous voir. J'ai eu ensuite avec M. CapeUeunlong entretien : il m'a dit que, bien malgré W, il avait été obligé de donner à notre nouveau pwfet des instructions contraires à votre nomiiitioQ; que dans le temps son ministre l'avait dni^é de la même commission pour M . de la Bouhye. J'ai écrit à M. Corbière pour en obtenir un i»dez-vous; mais on ne répond pas dans ses bu- Kttix. Voilà, mon cher ami, pour les dispositions 'ici. Celles du département, vous les connaissez |ttla nature de ses habitudes : il obéira à l'impulsion im haut, parce qu'on y fait les élections comme la «oscription. Une circonstance nouvelle y rend la 4ûse plus difficile: un seul député se retire et H. Marchand-Collin, receveur de Briey, s'est mis ttrles rangs; il aura à Briey les 9/10 des voix. V-d'Hausen aurait bien pu vous avoir des voix à Sinreguemines ; mais il a accepté la présidence, en *inrenant avec le préfet de faire nommer M . Du- ^: serait-il loyal de se servir des moyens que le Net lui a donnés pour contrarier ses vues? Vous ^^poûdrez vous-même à la question. J'ai vu ce "^n la personne arrivée à Paris de votre part^ ; elle *tout ce qu'il faut pour réussir. C'est sans doute un «inète homme, car il a paru très-surpris qu'on eût

hkU CORRESPONDANCE.

oublié VOS sei*vices ; il en verra biea d^autres dans b grande ville que j'ai toujours appelée la lîUe »• fernale.

On a fait autant pour éloigner M. de Marchaney que pour vous éloigner vous-même ; il ne paye plos la contribution.

Je sais, mon cher ami, que vous trouverez mn ambition pour vous trop bornée, mais la voici : Toif des premières présidences dont je vous ai parié, fi cela ivussii-a infailliblement ; de là vous verrez pisser bien des minislei*es, et vous pouiTez aider dr vos conseils ceux qui paraiti*ont le mériter. Si v» vous i-otrouvioz à la Chambre, vous y trouveri» promptement la fîn de votre existence : c'est li na pensée tout entière. Les élections seront, je croisfort vives, et je crains qu'elles n'amènent trop de chances contixî M. de Villèle; les succès i^ portent pas à la piiidence, et je crains que, nulgn* son habileté, il ne succombe. J aurais voidu lui faiv sentir i[ue ce serait la le moment où il aurait besoifl d'un auxiliaire de votre foire; mais j'ai trourt^ terrain mal prépaiv pour cetie insinuation: le pouvoir croit tout dominer; il voit la plaine de^ lui ; il tourne le dos au pi-écipicc jusqu'au luopetf où il v tombe.

Aotreami,

F. DE Wendel.

ANNÉB 16M.

13«6.^IL do Wondal à M. de Serre.

Paris, ce 16 janvier 182/i.

Je vous -ai dît da,jis ma lettre tout ce que je avais; je dois cependant ajouter que, si vous jugiez que toute votre existence fût dans une nomi- Bidon à, la Chambre, il faudrait me le mander tout it suite, et alors il ne resterait d'autres moyens que dp tenter la chose à Thion ville. Mais je ne le ferais fi*apivs avoir donné ma démission de la présidence Al collège, parce qu'autrement il y aurait de la trahison ; je me retirerais, ce qui ne me contrarierait pas. D'ici à votre réix)nse, je sonderai le terrain, or votre présence à Naples est un grand obstacle pour (les gens qui veulent trouver dans leur déi^uti» ïûcoiTespondant, et vous* sentez que, si l'on prend n parti extrême, il ne faut pas manquer son coup. Hais, je vous le répète, le jour où vous arriverez à la Chambre, il faut vous attendre à quitter les au- ^ places et recommencer une nouvelle carrière. Réfléchissez- V.

Votre ami,

F. DE Wendel.

1346. — M. Péohear I à M. ds Serre.

Metz, 18 janTÎer 1^.

Monseigneur,

Le sentiment vif et profond de reconnaissance qui existe dans mon cœur envers Votre Excellence, pour tous les avantages qu'elle a daigné me faire a^ corder de la bonté du Roi de France , me remplit rame, en ce moment, plus fortement encore si cesi possible. Je suis arrivé au but, monseigneur, où tous ces avantages devaient me conduire : j'obtiens en mariage M"'' Baudouin, fille d'un notaire Jf Metz, jeune personne des plus distinguées par ses qualités personnelles et par sa fortune.

C'est à la bienveillance toute particulière ikmit moi de Votre Excellence que je suis i-edevable de ce succès; en m'honorant du titre de conseiller, Voiw Excellence a réparé en moi le défaut de fortune, ^ j'ai été entouré de considération. Ce sont là w^ causes de réussite.

Je m'empresse, monseigneur, de vous en faii* part; et, en cela, je m'acquitte bien faiblement dufl^ dette de mon cœur.

* Charles Pécheur, troisième fils du président Pécheur. ^^ avocat en 1811, il avait été nommé conseiller auditeur à U Cotf royale de MeU en 1830 et conseiller en 1821.— Voyei t I^Spl^t

ANNÉE 183/i. hl7

Ma mère, mes frères et toute ma famille se joîfinent à moi pour vous exprimer des sentiments d'une reconnaissance étemelle, qui nous sont commuDS à tous.

Je suis avec le plus profond respect De Votre Excellence, Monseigneur, Le très-humble et très-obéissant serviteur.

Pécheur.

P.-S. Mon frère aîné * , qui a Thonneur d'offrir les respects à Votre Excellence, me charge de la prévenir qu'il espère lui annoncer sous peu une nouvelle qui lui sera agréable.

1347. —M. de Serre à M. de Wendel.

Naplo<^, 19 janvier 182/*.

C^mime vous me le const*îlHez par votre pre- ^ii*re lettre, mon cher ami, j'avais écrit au minis- ^*'Pp pour m'assiu'cr de sou assentiment à mon ^l^ion dans la Moselle. Je reçois une première ré- Nse (le M. de Chateaubriand, dont je vous envoie

François-Victor Pêcheur. D'abord avocat, puis conseiller au-

*l"*ur,puig procureur du Roi prés le tribunal de Sarreguemines,

M <Uit devenu, en 1818, conseiller à la Cour royale de Metz. —

"^.fih Biographie de la Moncllc, pur E.-\. Bo'gin, t. IFI.p. ii'i7.

MH CORRESPONDANCE.

la copio d'autre part. Je Tarais prié de sVutondiv avec MM. de Villèle et Corbière; c'est lui quia pensé à la liste des présidents, dont naturellement je ne lui ])arlais pas. A^ous verrez que sa réponse e&f en nom collectif, au nom du gouvernement. J ai aussi écrit à M. de Villèle; un incident a mallï<Mircuseniont retardé ma lettre.

Dans ma dernière de quatre pages, en n*pon-^â votre seconde, du 17 décembre, je pourrais ciYiîir avoir épuisé la matière ; toutefois, l'ayant écrite ra- |)i(lemont et pressé par le courrier, je me i"app*ll«* <[ue je n'ai i)as été assez positif sur ce que y désire, et je crains que, après m'avoîr trop cru vour au r(»pos cl à la remise, vous ne me jugiez tour- UKMîté crainl)ition, ce ([ui serait injuste.

\\nis avez vous-même trop d'activité dans 1»*^ prit pour n(^ pas comprendre que cette activité longtemps exercée devienne un besoin, et cpi»*. constnninient aj)plî(|uée au bien de son i)ays, «H»* devicunic» un sentiment énergique. Dans cette disposition, une inaction forcée ou, moins (»ncore, un»* aciiondc» peu (rinlérét devi(*nt un état de ivsipiation el l)îentôt un état de souffrance si le co'ur snipii»' de pins d'une plaie et s'il lui faut aliment et dîv^r- >i()n, si d'ailleurs Tétat mond et politique du j)a}> >î votre rôle vous interdisent toute communî(*nîi«'î' it vous laissent seul vis-à-vis de vous-même.

(Jue (l('siré-je donc? Simplement aller clia(|U«' aun('*e j)as>er trois mois à la Chambre, m'y in- (endi'e avec le g(mvernement sur ce qu'il peut ) avoir de grand et d'utile à faire Je crois depuis

ANNÉE 18S/I. hW

deux ans avoir beaucoup gagné par la méditation, Tobservation et l'étude; j'ai en partie complété ce qui me manquait, la connaissance de nos intérêts au dehors et de leur influence sur les mesures intérieures. Personne ne sait et ne sent mieux que moi <iuela force des choses nous a conduits au système actuel, qu'on ne peut faire de bien que dans ce systèaect par ce système; j'aurai au moins cette hahileié d'intelligence et de probit(î qui subordonne tout i une idée principale, qui est aussi un premier iwroir. Ne soyez donc nullement embarrassé de ma pofiitioa : elle serait bonne, franche et nette. Le reste de Tannée, je serai content, très-content, de le passer ici ou sur les grands chemins. J'aurai fait prorisioD à la Chambre de matériaux ; je les mûrirai dans les intervalles. Les voyages, le climat, <MaTieDdront à ma santé ; sans prétendre davantage, j'aurai servi le Roi et la France cx)mme je was que. s'il plaît à Dieu, je puis le faire, et, quand ^nlcs forces me manqueront, j'aurai acquis des ^ïroits à un honorable repos.

Votre ami,

n. DE Serre.

JM CORRESPONDANCE.

1348. ~ M. de la Boulaye à M. de Serre

Ay, prés É|)ernay, 20 janvier 11

On va se mettre, de ma part, aux trouî

M. de Belleval à Paris. Je Tai déjà recommr mon cousin et je vais le recommander à mon fils. Je voudrais qu'il pût venir ici. Une soixa de lieues, aller et retour, ne sont qu'une pron ix)ur qui en fait des centaines.

Mille remercîments du bon accueil promi voisins de campagne^ . Il me semble que le pèr fils, et même un petit-fils voyagent de conseï m'(Mi rapporte à vous pour bien accueillir nos çaîs. ^'otrc ménage est armé de manière i rappeler tout ce qu'il va de bon et de beau c j)atrie; vous rencontrer à 500 lieues, c'est ger (les glaces sous la ligne.

Les propriétés rurales acquièrent graduel de grandes valeurs. On vient de vendre dan voisinage» les bois de la terre de Louvois «pii ; tenait à Mesdames de France, i\ un taux trésles accpiéreurs, et il y avait grande» concurrei placent pas à plus de 3 l/*î pour I(K). Cela n: songer A vos bois qui poussent pendant qu dîplomatisez.

^ M. do Guclieneuc ci sa famille.

ANNÉE 18â/i. kii

J'envoie les plus tendres caresses à tous vos enfants. J*aiine et j'embrasse père et mère.

1340. ->M. de Serre à M. Remy.

Naples, 23 janvier 185Ué.

Jeviens, cher ami, de recevoir ta lettre du 31 déwmbre. Je devais réponse à celle où ton amitié versait quelques consolations sur la plaie récente encore de mon âme. J'avais pleuré, et pleuré comme nn fils, ta digne mère; tu devais aussi quelques linnes à la mienne, tu en devais à la douleur profonde de ton ami .

Tes peines ajoutent aux miennes, d'autant que, souvent préoccupé de toi et de ton avenir, je me vois moins de moyens de t'étre utile. J'avais d'abord lidée d'écrire pour ton affaire, puis j'ai pensé que peut-être, à l'arrivée de ma lettre, la chose serait oubliée, que je la réveillerais, la grossirais inutilenjent. J'attends donc de tes nouvelles ultérieures. Avec ton bon droit, l'appui des gens de bien, celui de ton recteur, les apparences sont que tu seras ''especté. C'est tout ce qu'il te faut. Comme tu as iDaintenu toute ta dignité, tu n'as point de réparation à demander. Si tu étais encore inquiété, tu m'écrii-ais sans doute. Pour déchu que soit mon

k» CORRESPONDANCE.

crédit, il n'est pas que quelque pwsonne ne me conserve estime et attachement, et tous mes efforfe sont à ta disposition. Je t'engage, au surplus, à rester simple, naturel, sans aigreur ni ressentiment dans tous tes rapports avec ces messieurs, à veiller plus que jamais sur toi et ton élablissement pour ne donner aucune sorte de prise, et à persévérer dans ta confiance entière dans Celui qui nous a placés sur cette terre comme en un séjour d'épreuves. Les afflictions les plus cuisantes sont celles qui nous l'approchent le plus de Lui, qui sait nous trouver des voies et de l'espoir quand nous n'en apercevons plus. Mes peines et ces pensées me reportent souvent vers les jours pieiux de ma première jeunesse, fonnéf sous l'inspiration de ton respectable père. Remerdele de son souvenir, pai*le-lui de moi, de ma vénéntion et de mon tendi'e attachement. Je me recommande à ses saintes prières, et, lorsqu'il s'élèven vers le Ciel, je voudrais, comme le disciple d'Élie. être diifue de lui demander son manteau.

Je serais infailliblement nommé dans la Moselle si j'y avais beaucoup d'amis comme toi; mais ils sont rares et, pour la plupart, les absents ont tort. Je regrette surtout les senices ([ue, je crois, j aurais pu rendre. Sur cela, comme sur tout le reste,li Aolonté de Dieu!

Au revoir, mon ami, quelque éloigné qu'en soit le jour. Ma femme et mes enfants vont bien. Je t'embrasse de cœur, toi et les tiens.

Ton ami.

ANNÉE 18SJi. A33

1360.» La Tloomte de Chateaubriand à M. de Serre.

Paris, 98 janrier 18â/i.

Vos réflexions sur la septennalité, monsieur le conte, sont très-bonnes. Je ne sais, néanmoins, s'il M serait pas bon que le renouvellement fût quinqoeoual pour la Chambre prochaine et septennal pour les Chambres qui suivront, afin d'éviter, à la triimne, l'objection de l'usurpation de pouvoirs. L'etie objection est de nature à frapper à la fois les tarifs ccHumuns et les hommes généreux , les pre- Dïiers qui ne peuvent s'élever à un principe plus laiit, les seconds qui craindront le reproche de s'êtiv <k«iiié deux ans de pouvoirs au delà de ce que leiu* îw*<X)rdait la loi en vertu de laquelle ils auront ét<'^ «•Ins. En Angleterre, le Parlement n'a piis ci-aint d(* j<* donner quatre années; mais dans ce pays l'omni- I^iissance parlementaire est un dogme reçu, et, chez '"w>. nous disputons encore contre ce dogme, sans IhjucI, pourtant, il n'y a point de gouvernement re- P^seutatîf. Notre éducation n'est pas faite. Je ^«'udrais aussi ([u'on mît l'âge éligible à trente '*»ns: mais je ne sais si le Conseil sera de mon avis w tous ces points. Si vous étiez élu député, j(î ^ipterais sur votre appui dans les questions cousti- ^'Wionnclles.

J^ C0RRB8P0NDANC&

Je voudrais, monsieur, améliorer votre podtiou. Je sens combien vos appointements sont insuffisante et combien le budget des AiFaires étrangères est audessous de ce qu'il devrait être. Cette année, an dépenses en Espagne m'empêdieront encore de rien demander. 11 faut gagner du temps : le tenym, disent les Italiens, est un galant homme !

Vous nous avez l'endu un grand service en eoqiêchant nos négociants de Naples de venir nous toin^ menter. Mais que faire? Comment influer sur im mesure qui est commune aux puissances pririiégîées? — Elle attaque nos traités. — Vous savci ce que c'est que des chicanes sur des traités et quand et comment on en sort. Nous ferons de noire mieux.

Nous ne pouvons pas en finir avec TEspagae. Nous venons d'être obligés d'envoyer M. de Mand* lus porter une espèce d'ultimatum. Nous doutooi enfin ({ue l'Angleterre consente à prendre part à 11 médiation que TËspagne vient de demander aux alliés pour Taflaire des colonies. Du reste, la meilleure intelligence règne entre les cabinets, et les affaires mêmes de la Russie et de la Porte paraissent s'arranger. Je vous*

I La fin de cette lettre n'a pas éié retrouve.

/iS5

1351. «— M. de Serre à M. Lanty.

Naples, l«f février 182/i.

Monsieur, ancien et honorable ami ,

Je reçois votre lettre du 11 janvier; je suis pnétrédu sentiment qui Ta dictée, mais je crains 1» votre amitié ne vous fasse illusion sur Tin- •wêt (jue peut me porter autrui. Le passé me ^oonait la confiance de pouvoir encore être utile ; Jii<lonc écrit dans ce sens à mes parents, âmes *Dis, particulièrement à ceux que vous me nommez, *ï'' y a déjà deux mois; j'ai ci'u en même temps ^oir prévenir le gouvernement, qui m'a répondu ^ les tonnes les plus obligeants pour m'assurer *îïOa appui. J'ai envoyé cette réponse à Metz ; je **^si elle ramènera les parents ci-dessus désif^ de leurs fausses idées sur ma convenance et ^ intérêt. A tout événement, je vous remercie ^rement de la nouvelle preuve d'amitié que vous "'avez donnée.

^^ appris avec douteur la perte cruelle que vous *^fz faite. Je n'ai pas douté que, même dans cette ^'"iction, vous n'ayez, vous et votre respectable f^nie, donné des larmes à une amie comme ma ^^\ le souvenir de ce que tous deux vous avez été P^f elle durera autant que mes regrets, autant T^e moi-même. Je fais des vœux pour votre con-

JW CORRESPONDANCE.

sensation, et pour que vos vieux jours soient coosoIés par les enfants qui vous restent.

Adieu, monsieur et respectable ami. Recevez poor le ménage les remercîments et les tendresses de dU femme, et de votre dévoué et reconnaissant

H. DE Sebrb.

1352. — M. Niebahr kWLûm 8«m>.

Bonn, le k février ISA-

^lou cher ami ,

Le retartl de ma letti-e vous a fait sans doolt supposer que j'ai été malade ou qu'un fsrand malhev domestique m'a frappé, la suppression d'une Irt» étant de toutes les hypothèses la plus invraîseœblabK\ Ku effet, j'ai été malade au comniencemrti de riiîver: et c'est ce qui m'a emi>éché de vou> écrii-e sans attendre une lettre de vous. Depuis qi»^ j'ai reçu votre lettiv que n avaîs-je alors desaite pour vt»ler vers vous? je n'ai pas été pn'cist^meDJ niahule, mais je n'ai pas été non jilus frais et dispo?. Lt^s causi»s de mon silence sont nombreuses: f ^ en K^s énuuiérant (jue je vous ferai le nrit duDf partie de tout ce (jui m'est arrivé et ipie je voudrai* vous éeriiv.

' Cette leUrc e»t traduite de raUenuDd.

ANNÉB 189/1. 1.97

Et d'abord, j'aurais eu trop à vous dire, si j Valais roula me donner carrière; j'ai différé pour flli^aire dans une certaine mesure à des devoirs nlogues, mais très-pressants, envers des parents (I des connaissances. Mon cœur me disait que j 'aunis trouvé plus de plaisir à vous écrire qu'à faire fooiquece fût. Je conversais avec vous très-souleet par la pensée et en ami qui ne vous aurait fitté que depuis peu de jours ; aussi me semblait-il fK ce n'était contracter aucun tort envers vous, ttus que j'en contracterais envers de bons amis de jfios ancienne date, si j'omettais à leur égard un èroir qui est la condition de la durée de nos rapforts, sous prétexte que plus tard, après que mes aitiés de jeunesse avaient été en partie dissoutes |tf lamort, en partie rompues par la différence de ■ination, d'opinion, ou par Téloignement et la néll^ce, j'avais trouvé l'ami qui réalise le vœu duna jeunesse, au moment même où j'étais résigné 4 finir ma vie sans connaître ce bonheur. Si vous iviez pu lire dans mon cœur, j'étais justifié; si «lautres l'avaient pu, ils s'en seraient affligés. Ensuite, s'il est très-facile et très-consolant d ïfiocher une douleur déterminée dans le cœur d'un ^, quand on a des soucis et des inquiétudes *l^es, l'àme se resserre. C'est mon cas. Il fallait d'autant moins penser à retourner à Rome (jue ma femme était de nouveau enceinte et que ses coures étaient attendues juste pour le moment où mon ^é expire : or, il est certain que l'air d'AUe- •»^e lui fait du bien et que l'air de Rome lui se-

rait do nouveau nuisible. Il devenait donc indiapah sable de faire le pas décisif et de demander ■■ rappel. Je raccompagnai d'une très-modeste pritai pour obtenir Taccomplissement d^une promesie qm le Roi m'avait donnée par écrit, et sans laqnelk j» n'aurais jamais accepté ma mission.

Bien plus, ne voulant pas être une charge poorl!fr tat comme pensionnaire, j'ofiMs de rendre des m vices littéraires et de faire un cours d^fustoire dm une Université, sans m'astreindre précisémsoti toutes les obligations d'un professeur.

Ce que j'avais à faire heureusement n^était |ai douteux ; je n'en eus pas moins un moment d*» goisse avant de m'y résoudre ; car je devais m» cer volontairement à une existence homurable, Ibe dé soucis et pleine d'agréments pour une existaMi obscure et à ions égards dépourvue de jouissanoei; et, ce qui m'importait beaucoup aussi, il bSA échanger un séjour propice à ma santé coDtiv • autre séjour qui, d'après tous les indices et» propre expérience, ne me laissera que quelques années d'une vie maladive.

On ne me répond pas de Berlîn ; peut-être ne k fera-t-on pas avant d'avoir pris une décision J»remptoîre.

\*ous pouvez bien penser, mon ami, qu'au milico <le ces embarras notre humeur s'assombrit ; et J»» une Ame dont le commerce puisse me i*afraichirrt me ranimer! Vous savez ce qu'on éprouve quand oi n(î pcMit communiquer à i>ersonne ses mcillcurt* pensées; j'en souffre plus que vous qui xoi\$00Êr

Ijiusez à la méditation silencieuse, tandis que moi, w$m devenu en grande partie ce que je suis par p commerce des hommes. Que ne donnerais -je passer seulement un jour avec vous! L'âge a accru mes besoins; mais si, dans sa jeunesse, a d(*siré ardemment le contact des hommes suirs pour s'élever l'âme, serait-ce un orgueil éré, quand on est parvenu à l'âge mûr et qu'on sent devenu quelque chose, de ne pas aimer un irage où l'on se trouve resserré et comprimé? m* sors donc presque pas de nos quatre murs et leercle des miens. Aller au grand air est à peine jible en cette saison ; en été on peut voir assez fsdici de beaux sites, et encore ne sont-ils beaux pour celui qui n'en connaît pas de l^eaucoup beaux.

Test une bénédiction du Ciel que nos enfants [■pportent si bien cette vie renfermée autour d'un •foèle toujours rouge. Marcus, pourtant, perd do sa 'çmMir, il a souvent de petites indispositions; une te même, il nous a causé de vives inquiétudes pai- BBtgravt* maladie.

Voilà, mou cher ami, la description fidèle d'une «uatjon qui peut vous expliciuer comment , le ^Mir plein de vous, j'ai pu garder le silence. J'en viens maintenant â votre lettre qui, dans rétatoii je me trouvais, a été pour moi une vraie consolation.

Sans avoir connu votre mère, nous avons partagé ^ douleurs et vos larmes. Nous pouvons quelquefois mesurer le bonheur d'autrui par cela seul que

nous en sommes plus ou moins privés. Combien votre mère devait être heureuse par vous ! plu> heureuse que Comélie! raffcctîon d'un tel fils! une telle bi-u ! de si bons petits-enfants ! et puis la ferme croyance de ne perdre tous ces biens que pour uu Icmps, et de les ivgajîner pour rétemité!

Votre situation me fait craindre cjue le séjour (le Naples ne vous devienne à tous deux insupjKirtable vt que, comme nous l'avons fait nous-mêmes, vmis ne modifiiez votre sort sur tel ou tel point. Je ne saurais vous dire, mon cher ami, combien je le crains; et cVst précisément à cela que vous pouvez reconnaître combien je vous aime ; i:ar votix* retour me penn(»t(raît seid de vous l'cvoir, et cVst la seule • cliose ([ue je désire d'une maniéi-e distîncU». Si cependant vous voulez faire ce pas, il vaut mieux le faire tout de suite qu'après une plus longue absence. Il n'en sera pas autrement en France qw chez nous : demeurer loniîtemps alèsent, c\si êw jHorl pour ceux (jui sont restés dans h* pays; c'est a l'absent (ju'on peut applicpier la parole bîbliqur: '< Sa placi» n'est plus ici. » (^nand <m revient et (ju'on V(»ut reprendre la place que de l'aveu dctouon occupait, elle se trouve prise, et Ton e>t coibi- (h'^vr comme un intrus. Il n'est pour vous qu'un ivtonr convenable : le ministère. Dans la C;hanil)n\ vous tiendriez sans doute ime place honorable <rnnnî(» oratrurdc la vérité; mais ne .savez-vous pas déjà (jne l'impossibilité de se maintenir entre le? platitudes de deux partis irrités et extravacauts vous rendrait malheureux? Lorsqu'un homme d'une

ANNÉB 183A. m

flgesse supérieure prend part à une affaire qu'il ne peitmenerà bien, il se place dans une fausse posilioo,méffle aux yeux de la postérité. A la vérité, miftes trop pur pour être jamais méconnu comme j J Fa été Cicéron ; maïs on lui fait pourtant trop de krteflne comprenant pas qu'il se plaça dans une ribsse position pour ne pas abandonner entièrement -*Jfl|tttrieaux mains des indignes.

Four avoir les nouvelles les plus fraîches de la (Krre, je me suis adressé à V Etoile, L'impudence wc laquelle cette feuille parle du ministère Richefco montre suffisamment que les patrons de ces JBBrnalîstes ont l'intention de persister dans leur lipe de conduite ; aussi bien l'étranger est-il d'ac- •wl avec eux.* Du reste, les ministres eux-mêmes :| useront plus longtemps les maîtres de la situation ; car la feuille ministérielle ne manque pas ftriices, ce me semble, qui font supposer que. la **velle donnée par YAllgeineine Zeitiing d'une •coode coalition de l'extrême droite avec les jacofe n'f*st pas imaginaire. Une fois c'était assez •Weuj, mais deux fois ! Pourtant ne trouvez-vous P* que cett€ fois-ci ce serait moins sot de la i)art «I libéraux que la première? Je parle des libéraux ^ ne cherchent pas à provoquer une nouvelle relation; il est clair que ceux qui ont cette intention ^promettent une explosion. Je crois cependant 1*W aussi se trompent, et qu'en général les peu— M sont si blasés qu'on peut tout leur offrir, ^ P^nruque l'armée soit fidèle, que l'on tire les rênes ^ plus en plus, que l'on restreigne de plus en plus

la liberté. Jusqu'en décembre 1821, j'aî été plein de confiance dans le développement de vos lois libérales ; aujourd'hui je n'y croîs plus, et même je ne comprends pas comment elles peuvent subsister

ainsi.

Quand même ce ne serait pas pour la forme une imitation peu digne que de vouloir la septennalité. roxpérience ne montrait-elle pas que, pour une nation que les malheurs doivent avoir rendue predonte, les inconvénients d'une Assemblée qui se renouvelle fréquemment sont moins grands queoeiu d'une Assemblée qui, d'année en année, i>eut avancer vers un extrême absurde?

Ma volonté est assez ferme pour m'étre Tîjml autant que vous et jusqu'au dernier moment, dev* suecès eu Kspagne, quoique nous fussions torahs d'aecord qu'il était déplorable de poursuivre h finerre. Je ne sais pas si la populace (pii. dan^^^ nicdheureux pays, se livre à ses fureurs il faut en iMiure beaueoup. bien (jue l(»s journaux aii'iiî im système i*oinpli»t de meusoniies), je ne sai*^ iMi>>i t^lle est moins satanique que les jacobins d/diaini'^ ile ITSî»: louiefois, dans Tétat actuel, nous soninK^ nuMns en ilnnuer t|ue lorsque exisfaît ct*tte r'oii>titîuivMi. qui ne pouvait doue pas restt-r en vii:in-ur. lO^;e la ronronne ait j:afiné rannét> à sa cause, ('•*?■ iv^'n' init Mvt pourvu qu'on n'en abu.>e pas. l\^^^ yl\ 'vMr.Kïui à i^e t|ne votn* gonvernement ne pmiivât p'iiM >:i ÙMve en s'alliant à tout ce qui nVt; it i^wo* *"^'ntrv' i.i monarchie et ne cherchât pasàca?**^ Ions i\'u\ qui. au moment de leur défaîte, étaieiiî

ANNÉE 18S/é. h33

prêts à se réunir à lui ; pour cela, il aurait fallu avoir la conscience de sa force et de son génie. Si Toa agit ainsi, si Ton se laisse faire la loi par une bction et que cependant on ne veuille pas lui obéir jans n^nre, alors on ne peut pas exister.

Je me réjouis des mesures relatives à la direction de vos finances et autour desquelles les journaux ootfaitsi peu de bruit (l'attention n'est attirée que parce qui brille). Je me réjouis de la liausse de vos fcods publics , quoique mes modestes revenus doitent en être diminués; car l'habileté dont M. de Villèle a fait preuve dans ces mesures, il rappliquera sans doute aussi à la réduction de la rente. Je regrette pour le succès qu'on n'ait pas créé des rentes à un taux moins élevé, selon le projet que TOUS connaissez ; mais, comme les 100 millions de ran dernier laissent certainement une grande masse d'arriérés, il serait important de faire quelque chose; surtout il est essentiel de ne rien dire de cette réduction , du moins au commencement de la leâsion, et d'attendre que le cours soit consolidé audessus du pair. Je me réjouis de cette réduction parce qu'elle sera très-certainement employée à Instituer aux Vendéens et aux émigrés quelques Kessources; mais, si j'entre dans les sentiments d'un Français, je souhaiterais qu'on humiliât les libéraux <a ayant aussi quelques égards pour les vétérans çiiont perdu la situation que Napoléon leur avait bute.

L'Angleterre va sans doute, dans cette session du V. 98

U3h CORRESPONDANCE.

Parlement, réduire son ancien /* p. 100, dont le montant n'est pas très-considérable. Cette mesure amènera, Tannée prochaine, une opération analogue relativement au n p. 100.11 en résultera uu très-fn'and alléxiement pour le peuple ; mais pour cela il faut la paix, et j'espère bien que votre gouvernement, après lexpérience qu'il vient de faire en Espagne, ne songe pas à ramener maintenant TAmérique. La postérité maudira ceux qui ont causé la st'paration de l'Amérique espagnole et ont rendu sa soumission impossil)le : je ne vois dans ces contrées aucun modèle, aucun élément de république déniocratiqnf. Une partie d'entre elles se convertira en États nègres comme Saint-Domingue ; le reste, divisé, végétai dans Tanarcliie, à moins cju'il ne se rencontre un dictateur. Voilà les conséquences inévitables: c'est l'Angleterre qui aura le plus à s*en repentir; car rAméri([ue du Nord doit acquérir la suprématie immédiate, vi les îles anglaises périront infailliblemont. Là aussi quelle fatale anaixiiie! Dans

ces il(»s, une fois que les forces de la mère patrie seront inpuîssantes à contenir un soulèvement cénéi-al, la pojmlation blanche disparaîtra; dans les colonies espagnoles elle se fondra avec les races indigentes: la langue espagnole, qui déjà n'est que peu parlée des créoles, périra dans plusieurs contrées: il s'élèvera d(*s nations tout à fait nouvelles, mab barbai-es.

Ma j)atri(' me devrait beaucoup de i*econ naissance >i j(.* lui avais accjuis vos sympathies. Vos obsenations sur nos États provinciaux projetés sont très-

ANNÉE 18â/i. /i35

refliaitiuables : plût au Ciel que vous vécussiez au milieu de nous pour les faire valoir ! Vous alléguez i|u'avaut la Revolutioa on avait reconnu en France l'impossibilité de régner si tout le pays était corn- |)U6ê de provinces avec des Etats. Mais cette iinposïihiliié ne s'étend-elle pas bien plus loin encore, ou plutôt n'est-il pas absolument impossible de gouvertfr sans despotisme un pays où n'existe pas ladiffé- Kftce des droits, soit des provinces, soit des classes? .Viuâi bien il y a toujoui*s un moment où ces diffcreaces ne peuvent plus subsister, parce qu'en nalité elles nVxistent plus. On a commis cliez ikjiis une faraude faute, ce me semble, en donnant litaucoup d'étendue aux provinces; si Ion avait hiâéé li*s anciennes sans les réunir, on n'aurait pas hauqué d'homme sensés et loyaux, qui auraient défrutlu les intc-rùts locaux simplement et convenablettiiit. Mais dans notre Westplialie les i^ens venant *contn*es éloignées se réunissent comme des étran- Jt'rs et n'arrivent qu'à traiter des questions généftli'S, parce que l'un ignore les besoins municipaux •le Tautre et n'y prend nul intérêt; bien plus, celuiiâ i[ui sait le mieux, comme on dit, où le bât le lik'ssse, u'auiu pas la majorité, ([uand, comme cela ïnîvesouvent, les dépuU'S des autres localités n'au-

itmt pas les mêmes besoins

Nous avons de tous côtés des terres nobles, sauf 'laus les pays en deçà du Uliin : on y trouverait un ^'Wellent critérium pour déterminer et constituer *in corps de noblesse : à savoir la possession d'une ^<:Uc terre jointe soit à une noblesse héréditaire in-

usa CORRESPONDANCE.

tacte. siiit à roecupatioD d'un certain e^vade daus ramiêe ou dans Tadministration. Autrefois le détenteur d'une terre noble n'était admis à la Diett que s'il était noble; et, comme cela était absunlr ainsi, par exemple en Saxe, il existe un district oii il ne reste qu'un seul propriétaire noble., on a passr à l'autre extK^me et Ton ne demande plus d autiv titiv que la seule possession. Mais les nobles i*ndetti'S vendent une à une toutes leurs terres, et h> nouveaux possesseurs appartiennent la plupart aux tiernîers ranas du peuple. La noblesse protesir dans les provinces où elle s'est maintenue daus une crande partie de ses possessions, comme far exemple dans le pays de MtUister: mais cpie drmande-t-elle? L'ancien ordre de choses : tpie h nobles de naissance et les anoblis soient seuls atimissibles à la Diète. Mais, à présent, chaque £;ranl' <hie donne des titres de noblesse contre arfient:rt un l>ourj:eois qui se n»specte ne veut pas se lais^r anoblir. Moi donc, je serais exclu, tandis qu»" tournisseur de Dannstadl ou de Karlsiiihe, pour qii(^l(}ues milliers de llorins, en ferait partie. >i j'avais pu faire admettre cette pi-ojKJsition tp j'appuyais d'un ténioignaae tiré du présiclout llr uault* constatant qu'en France il en a été aiiisiA"' irefois et d'une démonstration évidente de ce principe qu'une noblesse qui se rajeunit peut seul'

' < liarlos-Jean-François Henault, ne à Paris en 1085, y mourut rn 1770. Il fut prosiilcnt au Parlement, surintendant <ie la iDsi^'^ «le la Hiîine et membre de l'Académie française. On consull*^' core son Ahrégé chronologif/uf* de l'hiêioire de France.

ANNEE 1824. /i37

durtr, le public aurait été satisfait. Aujourd'hui on sapporte moins que la chevalerie soit une classe à ^" pirt qu'on n*est satisfait qu'elle ait perdu toute importance morale. Il est désespératit en Wcstphalie et ailleurs de voir le despotisme qu'exercent chez aoos en Allemagne les idées de la Révolution aussitôt que le pouvoir absolu peut s'en sei^ ir. Nous aroDs en Westphalie et ailleurs des majorats attaffcés â des fermes possédées par des paysans ; grâce à ces majorats, nous avons une très-estimable aristocratie rustique, assez aisée pour donner aux ca- <fets une bonne éducation avec la conscience d'une flrij3[ine honnête et d'une jeunesse indépendante, et pour fournir ainsi à la classe moyenne, surtout au Hergé des deux confessions, des représentants tftps-honorables. Dans les pays où le Code est introduit, ses partisans, se présentant comme l'expression de l'opinion publique, réclament le partage des successions ; déjà ils avaient obtenu par «rprise la ratification des ordonnances françaises rtwestphaliennes; quoiqu'elle soit suspendue. Dieu sût comment cela finira. On a pourtant devant les y«ix l'exemple d'autres contrées allemandes où ce iaudii partage existe depuis des siècles, mais où Toidre des paysans n'est plus composé que de menïHants. Dans le district de Montabaur, en Nassau, *« ne peut pas élire un député pour la Diète, parce çi'iln'y a pas même un électeur ; car, pour être élec- ^r, il faut payer un florin de contribution foncière. Cda parait incroyable ; mais mon garant demeure tout près et connaît le pays depuis son enfance.

j.38 CORRESPONDANCE.

Sur les bords du Rhin, la grande propriété disparaît complètement et la petite est de plus en plus morcelée ; maïs aussi quels paysans ! Un bien que Ton compte parmi les plus considérables a été vendu dernièrement pour environ 85,000 francs. Des fabricants, des avocats, etc., achètent des biensfonds pour les affermer, de sorte que la classe des paysans disparaît du voisinage des villes, comme* en Italie. Le paysan, sauf le vigneron, souffw* beaucoup de devoir vendre à bas prix ; mais la si— tuation est sans comparaison meilleure ici que dan?^ la Souabe et dans le Ilolstein. Là, dernîéi-ement . une teri'e noble que je connais a été vendue le quart du prix qu'elle avait coûté à Tancien propriétaire* il y a vingt-cinq ans, y compris les dépensi^s faites* pour des rt*parations utiles. Dans un village y nttenant, tous les paysans sont en faillite.

L'accroissement, en n»alité effniyant, de la population dont on s'était d'alx)rd si puérilement ivjoui. augmente encore la misère ; cela commencr aussi :ï préoccuper les esprits. Vous aurez jK*îne à rroîn* que chez nous, dans la Prusse, ([uî ne compte y^ymême 11 millions d'habitants, la population s'accroit tous les ans de i)lus de 300,000 âmes. (*'hez nous, il est vrai, on voit surgir une foule de nonvelles maisons. Le pays de la Moselle, m\nssun»t-on, s'enrichit à cet égard plus qu'aucun autre, grâce aux difticubés que Ton oppose à l'entri-e des vins étrangers ; on y voit partout se di-essiM' de nouvelles habitations et le sol se défricher. Mais, dans ^l'autres contrws de l'Allemagne, ce n'est pas le cas.

ANNÉE 18â/i. h32

Les fabriques fonctionaent mieux que je n'aurais cru. Pour beaucoup d'articles où, il y a vingt ans, liÊibricatioa anglaise était bien supérieure, il n'y iméoieplus aujourd'hui de concurrence, par exempk, pour les draps, l^s laines et les cuirs ; on recherche de moins en moins les fers étrangers. Le ttiheur est que les fabricants produisent trop, et que, pi-essés de vendre, ils deviennent sensibles au moiadre accident; quand le prix des matières premères baisse, le fabricant doit abaisser le prix des narciiandises qui ont été préparées avec des matières plus chères. Le nombre des pauvres s'accroît prodigieusement; Cologne a beaucoup gagné en importance depuis 181 /«; la valeur des maisons a phis que doublé; la population a fort augmenté. Hais on est effrayé d'apprendre que, sur 5.5,000 liahitaots, 20,000 reçoivent l'aumône Que deviendra TEurope dans un siècle?

Je passe de la statistique'^ un sujet que les statisticiens n'oublient pas dans leurs tableaux : la littérature. La poésie est à sa fin : on n'écrit que (les romans, et précisément nous ne savons pas les «crire; en ce moment le lieu de la scène est surtout la Grèce. On parait rassasié de philosophie, et, comme le silence se fait autour d'elle, quelques-uns ^viennent à composer d'estimables travaux sur la philosophie grecque et à croire que la spéculation t épuisé ses résultats. La jurisprudence romaine «8t l'objet de fortes études. L'impulsion que j'ai <ioDnée à la critique de Thistoire ancienne a produit quelques œuvres excellentes et l>eaucoup d'autres

JM CORRESPONDANCE.

informes. Un livre que je voudrais voir entre vos mains, c'est V Histoire de 1786 à 1815*^ par Menzel*; la première partie vient justement de paraître : il y règne les opinions les plus, saines, le mépris le plus absolu de cette pitoyable sagesse révolutionnaire, et un sens si juste de la vérité (ju'on s'étoîHie de voir un professeur de Breslao juger les événements comme s'il avait vécu dans les agitations du monde. Malheureusement le li^Te. comme il arrive chez nous, est écrit avec trop de précipitation, au fur et à mesure de TimpressioD : il aurait besoin do retouches. Il est de beaucoup préférable à un autre ouvi-age dont la seconde partie retrace une phase de la mémo épocjuc, à TZ/tftoirr cln XVIIP sirclc, par F.-C. Schlosser^. Je connais Tauteur de ce dernier ouvrage : c'est Yisut la plus loyale, et si*s sentiments sont pure; aussi déteste-t-il (*t méprise-t-il véritablement la Révolution: mais il a vu, à Paris, (iuizot et même (îr^ goire S et cctt(^ rencontre Ta induit à de reaix^ttable? inconséquenres. Aussi lui fera-t-on traduiiv sou livre. Sur ct»nt hommes qui se mêlent de discuter, vous en trouverez en Allemagne à peine un (juine recarde le libéralisme comme le moindre mal, ci à

* Cr*'8chichtr unsct^'r Zeit $cii tlem ToOe Fviedrirhf II, Iktlin, 18îl'«-1825.

* Cliarles-Adolplie Mciizel, ne à Griinberg (Silesiej en 1^ mon à Brcslau en 1755.

^ Fn.Mli'ric-CiiristoiiIie Sclilosser, ne à Jcvcr (Oldenbourg) «* 1770. mon à Heidclberç en 1801.

* Voyez l. II, p. ;430.

ANNÉE I8S/1. Ukl

jwoe cinq qui ne le jugent pas excellent. Le portait de Manuel était suspendu, chez tous les mardaods de gravures, à côté de celui de Mina ; enfin, Semble être oublié pour quelque temps.

A Francfort, dans le cabinet de lecture, se trourmt deux exemplaires du Constitutionnel : les visiteurs se l'arrachent. Ici la police défend la circulation de cette feuille et permet assez naïvement celle du Courrier : celui-ci, on ne peut presque jasais ravoir le premier jour, tandis que rarement un lecteur prend le Journal des Débais. h'Allgemeine Iritungj sérieusement menacée, a rentré ses griffes, nais souvent aussi elle se donne carrière. Il vient de se fonder un journal ultra, auquel nuisent beaueoupetun catholicisme bigot et affecté, et le caractère méprisable de son éditeur (c'était un agent de Christophe ^ roi d'Haïti, qui l'avait chargé d'enjsager des artisans] ; mais il contient des documents mnarciuables et des vérités fort désagréables pour la faction directement contraire. Tous ces écri- Tains-Ià mordent sur votre ministère Richelieu : Ti" de ÏAllgemeine Zeitung, qui est également itToué aux ministres actuels, va vénérer dans deux •ois ceux dont il a parfois jusqu'ici doucement Uàiné l'opposition.

' Henri Christophe, né en 17Ô7 à rîle de Orenade, était nègre ^ e^lava. H se signala dans rinsiirrection de Saint-Domingue W', devint général, puis président, et enfin, sous le nom de Wilw, roi d'Haïti, gouverna la partie septentrionale de celte île ^\^\\ k 1850. Ses sujets s'ëUnt r^voltds, il vit que toute défense ^K impossible, et se tua.

Où serez-vous élu? Vous pensez bien que m'intéresse autant que le résultat général des élee* tions, quoique je souhaite que vous restiez loin de bruit sous le haut ciel bleu de Naples. Mais ce désir est-il bien sincère? Je n'oserais l'affirmer; car, si nous pensons au pays où nous nous fixerons, H vraisemblablement ce ne sera pas à Berlin, il n'y a €[u'une raison qui nous engage à rester ici : c'est le ^« désir de ne pas trop nous éloigner de vous; cette pensée, toutes les fois qu'il est question de Berlin, m'oppresse Tàme et m'empêche même d'y songer. Si vous vous retirez dans votre province, nous serons tout près l'un de l'autre. Quand même voM habiteriez Paris, vous visiterez certainement ta Lorraine. Comme rien ne me retient à Bonn, uoos irions peut-être demeurer à Trêves, si vous restï« à Metz. Ce que vous m'écrivez dans votre dernière lettre, que, au milieu de vos chagrins. M"*** de Serre et vous regrettiez mon absence, je ne loublierai jamais ; je ne puis vous en exprimer ma reconnaissance. Combien nous vous rci^rettons !

J'ai encore une prière à nous adresseï*, moucher ami, ou plutôt ma femme et moi. Nous somm^ très -difficiles sur le choix d'un parrain pouriK* enfants, et nous souhaiterions vivement, si l'enfa^^ que nous allons avoir est un gar<;on, cjue vo^^^ fussiez son parrain ; ce serait un lien de plus eut: ^' nous. Je sais qu'on n'admet point, nommément ^^^ Italie, qu'un protestant soit parrain d'un enfa— ^^ catholique; mais je pense que personne n*a le dr^^^^ d'empêcher le contraire. J'ai pris déjà, pour dc0^^

ANNÉE 183/.. hJâ

les aîiîL^s, des parrains allemands catholiques, qui l'ont éprouvé aucun scrupule à cet égard. D'après 'exemple que vous m'avez cité vous-même, je suis ertain que tous n'en aurez pas non plus.

Kous célébrerons en silence votre jour de nais- Ance. Je suis heureux que nos âges concordent lussi bien que nos sentiments.

Le petit Ferdinand va marcher maintenant et ivoir toutes ses dents, et Marie deviendra plus forte h mesure qu'elle grandira. Je vous vois dans la Villa rcale respirer déjà les premiers souffles du printemps et fuir le brûlant soleil de midi , tandis que nous, pour éviter les morsures du vent et les abîmes de boue, nous sommes condamnés à garder la chambre . Que Dieu vous bénisse tous!

Vous recevrez de Rome mes petits écrits de polémique, qu'un voyageur y a empoi'tés. Vous n'aurez «pie les pièces d'une des parties; mais vous pourrez déjà y voir que je ne fais pas tort à mon adversaire. Je vous parlerai dans ma prochaine lettre de mes propres travaux.

Puisse enfin notre sort se décider! Le complet oubli où Ton me laisse, sans daigner m'écrire un 8^1 mot, n'est pas un bon présage.

Adieu, mon cher ami. Nous vous saluons de tout ^5®wr, vous, votre femme et vos enfants.

Votre NiEBUHR.

Rome, ce 7 fi^vrier

Monsieur le comte,

L'intéivt i|iie vous avez bien voulu me téi pendant mon séjour à Xaples m'impose Vi obligation de ne pas peixlre de temps à voi mer de notre heureuse arrî\ée par la l'ouïe c nous aviez indiquée, et pour laquelle nous ^ vous un l'emercîment particulier. Nous employé six jours fort agréablement, trf*s-é< [Nlont-Cassin et enchantés de l'Isola-di-S partie des Etats de TÉglise que nous avon^ sée ensuite nous a offert de I>eaux sites, d^ bien situées et quelques restes d'antiquités rieux, parmi lesquels les ruines de Prénest< lestrina tiennent le premier rang. Si j'avais chapitre, j'insisterais ix)ur que les postes

ANNÉE 182/1. um

tmnsportws du coupe-gorge de Foiidî sur cette route-là, qui, à Tavautage d'être plus courte de 18 milles, joint celui d'être plus variée, plus ouverte et, par conséquent, moins exposée aux voleurs, dont au reste nous n'avons pas vu l'ombre.

J'en reviens, monsieur le comte, et avec grand plaisir, à ma reconnaissance de l'accueil que j'ai reou de vous et de M™*" de Série. Il rst des connaîssaiices (jui font épo(|ue dans la vie et impriment dans 1(* souvenir et dans le cœur des traces durablos. Tout mon désir est que vous soyez bien persuadés l'un et l'autre que cette connaissance est du nombre et (jue vous me donniez l'occasion de vous le prouver.

Je n'ai encore guère vu que le duc de Laval. Il se défend décidément d'aucune idée passée ou présente d'accepter le poste de ^^ienne et soutient préférer celui-ci. C'est une disposition qui ne m'étonnerait pas, et je crois que j'en ferais autant à sa place. 11 tient pour assuré cpie Marcellus^ ira comme chargé d'alTairos à Vienne; à la vérité, on a chargé

* Bfarie-Louîs-Jean-Ândrd-Cliarles Demartin du Tyrac» vicomte de Blircellus, nô au château de MarceUus (Lot-et-Garonne) le 1^ janfier 1795. Au mois de mars ISl/i, il se joignît aux volontaires qui formaient à Bordeaux la garde de M. le duc d'Ângoulême. Peu après il entra dans les chevau-lëgers de la garde du ^ài. Secrétaire d'ambassade à Constantinople en 1815> à Lon- ^'^ en 1^1, charge d'une mission extraordinaire à Madrid *> IfiUb, il fui» de 1886 à 1839, ministre plénipotentiaire prés ^ due de Locques. A l'avènement de M. de Polignac, il fut ^'f^omié tona-secrëtaire d'État aux Affaires étrangères ; mais il ^*^>u>a sa démission peu après. Depuis la révolution de juillet, il ^«'occupa plus que de travaux littéraires. Il mourut à Paris en

retourner à son poste. II s'est rais encore, en hostilité ouverte avec M. de Chateaiil s'est rejeté du côté de M. de Vîlléle, n'î hautement sa disgrâce qu'au premier.

Je serais en peine, monsieur le comte, donner d'autres détails, ne fixisant que d"ai

Veuillez vous rhariîer de mes honnnai

M'"' de Serre, et :iiiréer Tassurance des se

de la plus haute ct)nsidération et de Finviol

vouement avec lesquels j'ai l'honneur d'ét

sieur le comte, voti-e très- humble et trés-c

seiTÎteur,

Saixt-Priest.

P. -S, Mon fds ^ me charge de vous offrir

1865. Cest on 1830 qu'il cnlcra la Vénus de Milo; il lui-même cette aventure. — Voyez les Sonvcnirt p. ia7-15/i. l'ariB, 16(>1.

* Aleiît de Saint-Priest, ne à Pëtersbourg le â3 arril I avoir été ministre au Brdsil (1833), en Portugal f lâ35y

ANNÉE 189A. Uh7

Bifes ainsi qu'àM** de Serre, et de le rappeler au fmtùir de M. d'Huart.

13M. — M. de la Boolaye à M. de Serre.

Ay, prés Éperuay, 9 lévrier 182/*.

Jaî, cher ami, le n**â, du 28 janvier. Sans cette lignée de précaution de notre belle Excellence, je inis que tout y A bien à Naples comme à Paris, e cousin triomphe et se dispose à franchir le grand wé. Vos recommandations lui sont de nouveau aasmises: il ne les oubliera pas. On attend de or à autre à Paris M. Brown, le nouveau ministre néricain. Dès qu'on aura échangé avec lui quelles paroles, il ne s'agira plus que de savoir où le inistre de la Marine aura fait jeter son pont vo-nt; je crois que ce cera à Brest. Notre marine >yaledoit être ragaillardie parées derniers événeeotd de Cadix, et, dans sa belle humeur, elle ne issera pas mourir mes parents de faim et de soif. BOX d'entre eux qui ont déjà fait la découverte du oaveau-Monde se sont rendus fort commodément » New-YcMrk à Washington par les stages et les iteanx d vapeur. Ils disent que cette capitale est œ campagne immense où Ton aperçoit de çd et de ^ quelques groupes isolés de maisons

Ukè CORRESPONDANCE.

\'ous conviendrez qu'arriver après la clôture d« listes c'est arriver un peu tard. La Moussaye*, Je Munich, s'est apparemment présenté plus tût, mai:: il n'avait pas d'Alpes à franchir. Du reste gli or// (Irl l'aso sono bastantemente edulcorati^ etl'ou nie (lit que le président du Conseil parle sur le mènif texte dans les meilleui-s termes.

J'irai à Paris vers le 15 mars ix>ur faire à nu famille mes derniers adieux, puis je me hâterai Jtreprendre mes travaux champêtres. Une surveillance de tous les jours et de tous les instants est m*cessaire pour rétablir l'ordre parmi de nombreux serviteurs qui, pendant mon absence, sont deveuu> ivrognes, négligents, avides et qui/ à travere tour cela, ayant passablement fait leurs pii>pres affaires, sont devenus de plus en plus diflieiles à manier. Mon cœur est plein de Xaples, et, si je puis trouver

' Louis, marquis de la Mous^aye, (ruiio ancîennp famille il* Drptapne, naquit à Rennes le 15 novembre \T79, Il cuiigra v^ sou j)ére fu 171M. Kn 1795, il prit part à l'oxinMition »le QuiLerco. où përit àon frère aînd. 11 revint en 1801, demanda i <cnir*r 1806 et fil, à IVlat-major du 9'^ corps, los campagnes de EViiw- 'Auditeur au Conseil d'Kiat en 1807, il fut intendant de la Haut*' Autriche en 1809, de laCarinthie en 1810, de la Carniolc en lS]i> et partout il s'efforça d'atlenuer les maux de la guerre. En l^Uil ^^e rendit â Petershourg comme premier secrëlaire d'ambass^J' o{ y remplit, pendant prés d'une .innée, les fonctions de char> d'affaires (1815-1810). Puis il fut ministre plénipotentiaire à Hinovre (1818), à Stuttgard (181^), à Munich (18âl), à la Haye lïSr- 1830). Kn 1850, 185>/i et 1827, les électeurs des Côles-du-NordlVth voyèrent à la Chambre, où il siégea au centre droit. En ISS»'», il fut élevé à la pairie. Il mourut le S9 mars 185J!i. Il était anaà o(ficier de la Légion d'honneur ; il arait été nommé en 1831 gentilhomme honoraire de la chambre du Boi.

ANNÉE 182/1. iM

desciroonstances favorables, j'en profiterai pour répoodre à votre tendre appel. Ne croyez pas que je éerche des défaites. J'ai le plus ardent désir de foas revoir ; mais vous concevrez facilement qu'un Toyage de plusieurs mois est une grande entreprise pour un homme qui maintenant dirige seul des affiûres assez nombreuses, assez compliquées, et une oorrespondance dont le mérite et l'efficacité reposent sur l'exactitude. La séparation est pénible, je l'éprouve de tous les côtés ; ma consolation est dans Tatile emploi de mon temps et dans mes semailles pour l'avenir. S'il ne s'agissait que de moi et des courtes années qui me restent à parcourir, je ne Bougerais qu'à égayer ma soirée; mais j'ai sur les talons toute une génération naissante de petits pareuts, de petits amis, et je voudrais pouvoir rendre le terrain où sera ma tombe si fertile que tout ce petit monde y fît pousser facilement des fleurs.

Je vous quitte pour communiquer de nouveau avec Félix d'Hunolstein, qui vous est dévoué, et je

vous presse contre mon cœur.

^366.— M. de Serre au vicomte de Chateaubriand.

Xaplcs, 10 février WMi.

Je vous (loi.s, monsieur le vicomte, des félicila-

Nssur les nouveaux honneurs qui, de toutes i)arts, V. 29

jm COR]LEBPOia>AliCE.

VOUS sont arrivés^ ; je tous les ftàs de tout mm

Je TOUS dcâs ausâ des remeanâmeats pour la cière aimable arec laqudle, par votre lettre dn Ji du mois dernier, vous an^ez mis an nombre de mtB ehanoes d élection la btenveillaiioe du gouveniement. Malheureusement, tout eidiardis par oefele assurance, mes amis dans la Moselle ont renoontaé Tc^position formelle du préfet et, cm remontaat, celle d*une partie de vos coliques. Je regrette wmê doute cette occasion de servir le Roi dans une cvrière où je me suis éprouré, et je pense que TOtm politique^ en m'accueillant, était tout ensemble jkn habile et plus généreuse^.

* « Nous avions expédie aux Rois et anx ministres U noaftUt de l'heureuse fin de la guerre. Des diverses cours nous arrifèreot «ies marques de considération : l'Espagne nous envoya la Toin d'Or; le Portugal, l'ordre du Christ; la Russie, Tordre de Stini- Andre ; la Prusse, l'Aigle-Noir ; la Sardaîgoe, l'Annonciade ; Fxia-

<:ois II seul s'abstint Les Rois et leurs ministres nous ëcrivireot:

on verra plus loin leurs lettres. » (Congrès de Véroney par M. '^ Chateaubriand, t. II, p. 900.)

* Le reste de celte lettre ne contient rien de particulier. (Ni" du secrëiaire qui a transcrit le passage ci-dessus.)

AlflfCCIWK'A. jm

AM.iàm

•Bajuxt^ ce 15 février 18SA.

i Ta Iner, for wtm tettms  M. d'Huart, «que

intention positive était de soutenir votre éleo-

Vma n^attandeE |ia8 de moi que j'aille pactiser

las libéraux €* caresser dieiBrs Auteurs; voussar

m j'en sois incafiaible. Le seul acte qui in!ap-

■le est -de doaiier nia déodssion, et je le iais

rd'hui; j'indique ainsi ma pensée. J'espère

Btre bonne réputstiflii fera le reste.

Votre ami,

F. DE Wendel.

1367. — M. de Wendel au comte de ViUèle^

115 fdvrîer 182li.]

Monseigneur,

vous cessiez de diriger les affaires de la France, vos successeurs voulussent vous écarter de la libre des députés, que votre ami le plus intime

•prés une copie*

USL CORRESPONDANCE.

VOUS engageât à vous retirer et que, malgré ta cela, vous fussiez décidé à courir les chances l'élection, trouveriez-vous bien que votre ami chargeât d'une mission dont le but principal sers de s'opposer à vos vues? Non, sans doute. Ehbie ma position devient aujourd'hui tout à fait ani logue, et je supplie Votre Excellence de m'en tirw en faisant agréer au Roi la démission que je joins i cette lettre.

C'est hier que j'ai appris que M. de Serre par sistait dans sa candidature ; je n'ai pas hésité m instant, et, à mesure que je dis avec confiance iM pensée à Votre Excellence, je me trouve plus o» t6nt de moi-même.

La confiance dont le gouvernement vient de ne donner une nouvelle preuve m'interdit toutes démarches; je ne sais donc pas ce que M. de Serre peut espérer; mais, ce que je puis affirmer, c'est qu'il approuve entièrement la direction donnée aux alTiiires, et qu'il désire rester en bonne intelligence avec le ministère actuel.

l36Si— M. de Wendel au baron de Belleval.

Hayange» ce 15 février IQSth *.

Monsieur,

J'attendais, pour répondre à la lettre que vous ■'avez fait Thonneur de m'écrire, que la résolution définitive de M. de Serre me fût connue ; aujouriliui que je sais à quoi m'en tenir, j'envoie ma dé- ■isaion de président du collège à S. E. le président b Conseil des ministres. Je n'ai pas pu conserver a direction d'une chose qui m'aurait mis en op- ^tioa directe avec mon plus intime ami. Je vous ■gage à voir M. Laine, ancien ministre, à qui j'écris par ce courrier.

J'ai l'honneur d'être avec une haute considération, monsieur, votre très-humble et très-obéissant tenriteur,

F. DE Wendel.

* Toat ceci a été retarde jusqu'au 17. (Note écrite par M. de W«del en téta de la lettre.)

mk coaasspoAkfitiAiNCE.

1360;.— «-MLlEaUiâcte^ kJMF^ de

Metz, X) Uytïw 1SS&.

Madame,

On aurait fait courir la bruit €pie M. vatmiiai uevouiait pa» être nommé député^ de notite d^eik ment. Ge qui le confirmait, a^était de voir que M.d Wendel a'vait accepté la présadence du grand iri lége. Maâe depuie quelques jours, dtepuisrarriiveéftèl lettres de M. de Serre, vos rv^is amîsh oi^ tOÊnSÊ peur le porter à Farrondissement de Briey, oik îLi pour eoneurrentM. Mairchaiid-CeUin. M. de Wii del, ayant reçu» la lettre de M. votre mari, s'eal ^ dans la nécessité de donner sa démission. Il m!aA qu'il resterait neutre. Par la démission, beaucoup^ ▼oix sont réunies^ à celles qui veulent porter >L < Serre, et j'espère qu'on réussira pour Tarrondî sèment de Briey. Nous aurions en outre la ressout du grand collège, où il ne peut manquer dï»^ nommé. Soyez assurée, madame» que, daus ee^ circonstance, j'emploierai toute rînfluenee que/ sur quelques électeurs pour le succès d'un aussi b choix, qui ne peut que faire honneur à notre C

* La famille Malherbe de Marainbois descend de François H herbe, lequel fut pourvu en 170/» de l'office perpétuel et Iwfr^ taire de premier ëchevin de Thôtel de ville de Metz. — CodihiI VHiaioii^c du Parlement de Metz, par Em. Michel, p. 3W.

partement et être agréable au Roi. J'espère que, malgré les entraves qu'on peut y mettre, nous remporterons.

M. de Wendel m'a dît qu'un mot de sa part à firiey assurerait la majorité: je Ty ai fort engagé, et je ne doute pas qja'il ne fasse tout ce qui dépendra de lui. n ne peut faire autrement: les liens d'amitié et de parenté, et surtout les obligations qu'il a à MLmtape mari, ne Inipeimettent pas de rester neutre . OuKit à moi, madame, vous ne devez pas- douter k HiaQ dévouement et datout le zèle que je raettaû cette afiEedre, afia de prouver à M. da Sâcne attachemmit et ma reconnaissance de towbesi les^ qae voua avez eues Fun et l'autre peur' ma

Ma femme me chài^ de vous^ dii*e mille choses rfbetneaaes.

Veuillez bien, madame,, agréer L'hommage de

respectueux attachement.

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

F.Malhebbe.

1360. — Le comte de Villèle k M. de Wendél'.

Paris, le » fémet 189&.

Mon cher Wendel,

J'ai reçu votre lettre et j'ai mis sous les yeux du Roî votre démission de la présidence. Je conçois va scrupules, mais je ne les trouve pas fondés, A, moins que vous ne vouliez agir pour de Serre, car le gouvernement est loin d'exiger de vous que vous agissiez contre lui ; nous ne l'avons fait pour aucun royaliste; seulement nous donnons de préférence notre influence à des candidats que nofis avons choisis, soit comme députés, soit comme ayant plus de chances.

Mon opinion est que de Serre fait une faute dans son intérêt; il est dans l'erreur sur la véritable situation des affaires générales : la question de la sej)tennalité passera avec moins de difficulté qu'il ne se le figure, et, dés lors, l'appui de sentaient sera moins apprécié. D'un autre côté, il nous croit beaucoup plus près d'être débordés par les royalistes fous que nous ne le sommes, et pourles combattre il n'est pas en aussi bonne |K)sition que nous : voilà du moins mon opinion. Ainsi c'est comme son ami que je désapprouve le parti qu'il l)rend, bien j)lus que comme ministre ; en cette der-

■ D'après une copie.

ANNÉB 18S/I. /i57

lièrequalité, je rends trop de justice à ses sentiments pour redouter en rien son élection.

Quant à vous, mon cher, le Roi vous laisse le eux ou de prendre ou de résigner la présidence, jelooqae vous voudrez agir pour de Serre, ce qui l'est pas compatible avec elle, ou seulement vous [értenir, ce qui ne me semble manquer en rien à iFiBiitiéqui vous lie.

Corbière écrit dans ce sens à M. le préfet. Dans itales cas, revenez-nous, et comptez sur tou9 mes tttiiDents.

1361.— M. de Wendel au oomte de Villèle.

Metz, le 2/i février ISÏU4.

Monseigneur,

U lettre que vous avez eu la bonté de m'écrire ■'* pénétré de reconnaissance; j'ai vu que j'avais ^compris.

Convaincu, comme je le suis, que M. de Serre *^ nommé par le grand collège, je ne puis, mon- *îgneur, continuer à en être le président; il fau- ^t jouer un rôle double, je ne le puis ; faire pré- ^ir les candidats du gouvernement, c'est écarter ^' de Serre ; je dois m'abstenir, ne pas me mêler ^ élections, et même n'y pas paraître.

Je suis venu aujourd'hui, 2/*, à Metz, pour donner

Bn dernier aYertâfisement à M« t» préfet; Toki ci quoi il consistait : M. de Serra ne passera pat i Krîey, puisque je n'y ai paa fait de démarches; fl sera nommé (je le crms du moins) à Metz, et eulbutera toute Télectiûa. Ne yaut-il pas faire nommer M. de S«re à. Briey et être, par ce moyen, sûr de TélectiOQ du grand coUége? Td» est la question. M. le préfet, ayant reçu des oRhea positifs, m'a dit ne pouvoir adcqiter cet aris.

Je'pars^ et ne me mêle plus de rien.

hommes traitent ici M. de Serre beaucoup pins qu'ils ne traiteraient M. Manuel ; on Taccuse de s'entendre avec les libéraux, etc. Mieux qu'aucooe autre personne au monde, vous connaissez, moDâeigneur, la pureté de ses intentions. Les mêmes hommes qui l'attaquent vous attaqueront un jour, et déjà ici, dans le département le plus tranquille àt la Fi-ance, leur fureur ne connaît plus de frein. J^ retournerai à la Chambre, vous voulez bien me rappeler que vous le désirez ; ce sera pour être dai» vos ranizs. Cela est commode dans la prospérité; mais, monseigneur, je ne les déserterai pas ani jours de rinfortune, pas plus que je ne renie IL* Serre aujourd'hui qu'un paili ingrat cherche â l'accabler.

AnmtM lêsfl. MBÊ

X — IL ds flarr» au Tiocunte da Chateaubriand* .

r9aplbs> 95 fëvrior IBSft.

d reçu, monsieur le vkcante, votre lettre partîre du 28 janvier dernier. Je vous remercie de Kiones dispositions *,. je joins, sous ce pli, trois s dont je vous prie de vous réserver la connais- 5 en me faisant savoir par M. de Belleval, ou toute autre voie aussi sûre, vos résolutions sur ime d'elles.

ins une de mes dernières dépêches, je vous anais la rupture entre Alger et T Angleterre. Les ais ont maintenant dans la Méditerranée un eau de ligne et trois frégates sous les ordres miiral Neale. Il pourrait y avoir un second leau de ligne si celui qui ramenait Tamiral • a pu être arrêté au passage de Gibraltar. La lie algérienne, qui s'était combinée avec la 5 turque contre les Grecs, n'est pas rentrée et }urir de grands risques ; mais une entreprise de force contre Alger présente actuellement de plus gnmdes difficultés que n'en a rencontré Exmouth* dans sa dernière expédition; elle a

iprés une copie faite par le secrétaire de M. de Serre. iouard PeUew, Dé à Douyres le 19 avril 1757. Embarqud à It treîza ans, il ëtait, en 1808, vice- amiral» et, en 181ii, pair ranme, sous le titre de lord Exmouth. En 181Ô». comme le

fait reconnaître les points faibles. Le Dey a fait venir des ingénieurs européens, et le port est maintenant hérissé de batteries. Il y faudrait donc une armée de débarquement et cela devient, sous plus d'un rapport, une grande affaire. On présume que les Anglais se contenteront de bloquer ce port et chercheront à exciter dans la ville quelque soul^ vement, quelque révolution.

Sur la septennalité j'ai dit le mieux, mais je sais que force est souvent de se contenter du possible.

L'Espagne vous donnera bien des peines encore: ce sont les épines des immenses avantages que vbos avez recueillis ; il n'y a pas à se plaindre. Toutefois, nous avons un grand intérêt. à ce qu'un gouvernement régulier s'établisse là plus tôt que plu» tard. Tout arrangement des affaires' d'Orient sera nécessairement précaire, et, quoi qu'on fasse et qu*oo ait raison de faire, des éléments essentiellement contraires finiront par se heurter. L'influence (fu'îl nous appartiendra d'exercer alors exige absolument que nous ayons nos derrières assurés, que nous n'ayons plus d'inquiétudes sur les Pyrénées. Dans ce pressant intérêt de simplifier, d'abréger la \^ sogne, l'Angleterre vous rend ser\'ice, à mon schî?»

tJey d'Alger refusait d'ezëcuter un traite relatif, entre autre* choses, à labolition de l'esclavage des cbrdtiens, il se mit à boa* barder la ville (87 août), et força le Dey à lui remettre toitf '** esclaves d'origine chrétienne (ils étaient douze cents). Lcs<l^ Chambres lui votèrent des remerctments, le Roi lui conf^r*'^ titre de vicomte, plusieurs États lui décernèrent des tëmoignaf^ de leur reconnaissance. Il mourut dans son domaine de Te»!*** mouth le S3 janvier 1833.

ANNÉB 18SA. /i61

VOUS empêchant de vous engager dans une méition nécessairement infructueuse, en mettant colonies espagnoles hors de la question, enle- \t ainsi à TEspagne de pures illusions et la resant aux ressources réelles qu^elle ne peut puiser en elle-même, sa population, son admirable pojn {*éogi-aphique et son sol. C'est la tige affai- * qui ne pouvait supporter davantage de vastes leaux. Que demanderait TEspagne à des colo- » que pendant des siècles elle a mal et durement ivernées, que depuis seize ans elle ne peut plus, elle ne pourra jamais plus protéger? En s'ypreit plus tôt, on eût peut-être implanté un ou deux Qces au Mexique et au Pérou que bien que mal, amc dom Pedro' l'est au Brésil; mais il est bien J. Quant à l'Espagne elle-même, s'il fallait réire sa politique intérieure en formule, je dirais : uaniscz les royalistes. Je sais qu'on craint l'abus cette force; mais avant tout, et comme principe gouvernement, une force est nécessaire. Il n'v a à ospérer ni du Roi ni de sa cour; il faut donc *liercher là. — Des excès? — Il n'y avait que le choix IV ceux des révolutionnaires et ceux des rovars : vous avez avec l'aison préféré les derniers ;

r»fii Pedro, i\é en 1798. Son i>ère, Jean VI, ayant quitte le .il pour le Portugal, îl fut proclame empereur du Brésil (1822); îriui ilu Portugal en 182G : aussitôt il cëda volontairement la ndo de ce-» couronnes à sa fdle, doua Maria; en 1831, il dut itiiinn'.'f la première à son fils, dom Pedro II. Son frère, dom iioî, ayant monte? sur le irône de dona Maria, il l'en expulsa et iri;i ji^ii après, en 183/i.

UÊ GORRi&SPOKDAMCB.

pois VOUS les mcxlérepeE ; puis Va la règle, la disdpliDe, lUostnctiiHi ; eUe aoGit>it £oroe en s'incorporand^ une masse inoms vive et là modératrice. Pour FiXgamiBialîaa, il faut préféÊt&t les anciennes fonmes oïl, pour mieiix dire^ les anciennes dénominaticms ; car on Ae sait plus trop os qu'elles renfermaient.l^aiEtmieuiL, elles ont quelqM chose de vague, de nadonal et de religieux, où « nouvel ei^rit se loge, et^qu^il développe selon Is besoin du temps.

Si je laisse un peu «courir ma plume sur ce sujet» monsieur le vicomte, c'est que j'ai si bien vu id tout ce qu'il eût fallu faire et qu'on n'a pas £ttt que je puis avoir un pressentiment de ce qu'exigeât des circonstances différentes^ mais analogue!. L'Autriche peut se flatter de prolonger indéfinimenl la tutelle de Naples; nous, au contraire, ne saurions trop tôt mettre l'Espagne sur ses jambes.

J'ai l'honneur

1363. — Le baron Mcmnàmr kM.de Serre.

Paris, » février 182i.

J'ai reçu, monsieur, la lettre que vous ni'avet fait rhonneur de m'écrire le 90 décembi-e. J'ai fait part au gémirai Roche du conseil que vous aviez la bonté de lui donner. 11 s'est empresse d'en proliter»

pends la Uberté Ae mettre sous cette enve-vat lettre xpd porte JkM. Dubois-Desmeures** , les instructions nécessaires, les procurations Déral Rodie et du colonel le Bon, son beau- Ils espèrent que tous voudrez bien leur oon- • Totre appui, dcmt ils ▼ous témoignent leur laissanoe. Je puis vous répéter que M. Roche, 'est particulièrement connu, mérite véritableintérêt, et que sa position, comme père d'une reuse famille, lui rend la privation de sa forioublement sensible.

is avons pris Inanooiip de part à tous les ins que vous avez éprouvés. Ma femme désire i** de Serre en soit bien persuadée. Elle a été

lème un peu souffrante cet hiver

fi^est fort entretenu ici des circonstances râaiu projet de vous élire, soit dans la Moselle, lans le Haut-Rhin. Comme aucun des deux i qui s'agitent en ce moment ne vous portera, re bien peu le succès, je ne sais même si vos doivent le souhaiter pour vous-même ; mais il ai qu'ils doivent songer à la chose publique, eurs, ils y trouveraient l'avantage de vous renen plus tôt que sans cela ils ne peuvent l'es- ; c'en est un qui, du moins, est hors de conion.

Siméon et M. Portalis, ainsi que M. Portai, ppellent à votre souvenir. Je suppose que

«nt da consulat gënëral de France dans le royaume des Utiles.

'J^Tir-j:- r- -.-|Ti- TOf . Jsr SORSâo^ de 11100 1

C« ^ f<»'TTicr lâft*

Oî rCT :.lr. ntic côrr aznî. la c^ie delip nlrr-r >r!iLlrîI :c . Là ^j'-j-çir Je la ivpoQàe de M. V.\,-r.r. r-i:* zLi fôx-civi: Jrfnlssioa i cela vousl

^r..; •-:. .:: .-. :- : jr^s l.\ luaroho vî la situai '- -r :. --. -J- r.N l'-r:-::::^!::- n: qT:*:* voii? s< f-'. ;;....' -. M:"z: •: -jt i' j-:-iuIant la i\}\on ^ lr;j.'*- •:•' '.'•.i;. ■:.;,-;. .;:••. i.rrus, nos c:ru< >*mit

ï/:.'!- :'oi- ;i !:»-:•. J'ai maîntenam fait ce <jiu* je v;ii^ : vi;:i- iVp-z aM-?i vutro iK/voir on >«:>mrn:in L'o'jv-n.'-iii'ur «lui. jiK-qu'a j.ivsont. coiuluit lue

M.'i jio-ifion (laii> la socîtMr de ce j>î«ys t>t cl iirt-: ('('\\\ (|iii paraissaient maînier cliseni cK> 1

niN'.^ (|r moi Tons me jettent la pî^-iTi-....

ir^ti' lori iraïupiille au milieu de tout ri'Ia:i HMiiniriii ^•>{ (|iir mou isolement vous nomme.

ANNÉE 182/1. /é05

M. de Vîllèle m*a écrit cette bonne lettre ; je dis bonne pour moi, mais, au vrai, n'est-ce pas là de Tentortillage, du biais ? Je me serais mis dans la Ofotte jusqu'aux oreilles : pas de cela. Si vous êtes nommé, vous ne le serez pas par mes intrigues, mais bien par ma conduite et par les espérances qu'on fonde sur vos talents : beau désappointement plus tard pour les ennemis du Roi !

A présent que vous m'avez mis dans de si beaux draps, malgré tous mes bons et sages conseils, rappelez-vous de m'écrire souvent, et, en attendant que vous veniez, donnez-moi toutes vos idées sur les lois qu'on prépare, etc. ; dites-moi toute votre pensée sur la septennalité, sur les indemniti^s des émigrés, sur les substitutions, etc. Vous avez des lieures à Naples où vous ne faites rien; eh bien! passez-en quelques-unes à m'écrire ; cela sera plus utile que vous ne pensez. Mettez-moi en rapport avec M. de Chateaubriand en attendant votre arrivée; je n'ai pas toute la souplesse de notre ami X., mais il y a chez moi, je croîs, quelque chose qui résonne mieux et que je sens dans les Snindes occasions, comme celle-ci par exemple.

Adieu, moucher ami. Dans quelques jours, nous ^ saurons plus.

F. DÉ Wendel.

A6B CORRBSPONDAHCE.

1365. — Le Tlcofiite Alexis de Baini-Piieet

à K"^ de Serre.

Rome, S7 février 18%.

Madame la comtesse,

Le souvenir de la bienveillance dont vous m'avez honoré m'est trop précieux pour que je ne saisisse pas l'occasion de vous réitérer l'expression de ma reconnaissance. Soyez sûre qu'elle est vivement sentie et que mon plus grand regret maintenant est de n'avoir pas pu consacrer plus de temps au s^ jour de Naples. Il me serait bien agréable de pouvoir partager encoi'e ces jolies courses de Pîestain et de Caserte, auxquelles vous avez bien voulu m'admettre. Certainement, de" tout mon vovaçedltalîe, ces souvenirs-là sont les plus doux.

Il faudra quitter bientôt cette belle Italie: Jes circonstances imprévues, jointes à Touverture des Chambres, rappellent mon père en France plus tôt qu'il ne l'avait d'aboixl pensé. Ache\'er le carnaval îi Rome, passer une dizaine de jours à. Horence. c'est là tout ce que nous pouvons nous promettre, car il faut être à Paris dans les premiers jours tlî^vril. Les plaisirs du carnaval ont commencé ici : i' y a eu plusieurs bals; le plus beau a été donné par Torlonia^ C'était un bal mascjué; il y avait d'assi*^

* Jenn Torlonin, ne à Sienne en 175J4, acquit, en faisant la banque'

ANNÉE 18SA. kùT

jdis costumes, peu d'originaux. J'avais adopté^

fm ma part, un costume de la cour de saint

Lms, Toute la famille Bonaparte y était; c'est ce-

m-là que j'ai vu tous ces Rois et toutes ces Reines.

déchus. La princesse Borghèse^ est encore belle ^

ïïois déjà prodigieusement passée.

U V a de la société à Rome ; la belle M"'*" Récamier^ resttoujoui*s. Si je n'avais pas su qu'elle a jadis étô ^perbe, je l'aurais encore trouvée superbe; mais, à TOUS dire vrai, ses attirai ts ont été au-dessous de mou attente, soit qu'ils aient déjà un peu diminué, soit cpie les exclamations prématurées ne m'aient pas^ précisément disposé à l'admiration. Elle a auprès d'elle une nièce fort agréable^.

M. Delécluse*, auteur de lettres sur l'Italie, dont k Journal des Débais nous gi'atifie tous les quinze

œ fortune immense. H obtint du Saint-Pére, en 1809, lo titre de (bc de Bracciano. H mourut à Pome en 18^.

' Marie-Panlin<\ Bonaparte, troisicime sœur de Napolëon, née à Ajifcio en 1780. Elle épousa en 1601 le gênerai Leclerc, devint **nrc en 1802 et se remaria en 1803 avec le prince Camille BoriHiie, dont bientôt elle se sépara. Elle obtint en 1806 le titre do '^^cliesM de Guastalla. Elle mourut à Florence en IBÎlj.

•Voyez t. IF, p. 299.

'Consultez les Souvenirs de M'^^ RécamieVy i. II, p. 33 et HBrantes, 3> édition. Paris, 1660.

* Étîenne-Jean Deldchize, n«5 à Paris en 1781. Il suivit d'abord >telier de David et obtint en 1808 la grande médaille pour un Mtm d'AndronKu/ae ; mais en 1816 il quitta la peinture et se 3iuia aux lettres; durant prés de quarante années, il rendit ^pCe des œuvres d'art dans le Journal des Débais. On retrque, parmi «es ouvrages, un volume intitulé : Louis Davidy ^ école ci son temps. M. Deléchize est mort en 1863.

Jie8 CORRESPONDANCE.

jours, est aussi à Rome et n'a pas Tintention d'alh à Naples. Un soir j^étaîs chez M"** Récamîer, tout coup j'entends de grands cris de joie s'élever de canapé. Qu'était-ce que tout ce tumulte? Pour qu toutes ces joies ? Pour M. Ballanche*, qui venait d faire une surprise délicieuse à la compagnie ei arrivant à l'improviste. Il est enchanté de Naples.

M. de Laval est dans l'appréhension continuelle, ou pour mieux dire dans l'attente de la mort de la reine d'Étrurie*. Cette princesse est à toute extrémité, peut-être même est-elle morte à l'heure oà j'écris ceci.

Quant au Pape, il traîne toujours, il est toujoiire au lit.

Voici, madame, les nouvelles les plus fraîches que je puisse vous donner, de la capitale du monde chrétien : des bals, des morts et des maladies; c'est comme dans toutes les villes ; et il ne faut pas être Rome pour avoir tout cela. Dans cinq ou six jours nous partons pour Florence.

Je vous prie, madame, de vouloir bien nie l'appeler au souvenir de M. de Serre et à celui Je M. votre frère. Veuillez, madame la comtesse, agréer aussi Tassurance des sentiments respectueu-x

* Pierre-Simon Ballanclie, né à Lyon le U août 1776, ctaii fil" d'un imprimeur-libraire, et suivit assez longtemps la carri^r«« son përe, tout en se livrant à l'e'tude. U publia Antigoneen 1^1*» l'Homme sans nom en 1830, les Essais ile palingéncsie iXM'*' en 1837-1828, et devint membre de l'Académie française en \^ 11 mourut à Paris le 12 juin \Sh7. — Voyei DaUanchtt P*' J.-J. Ampëre, de l'Acadëmic française. Paris, ISIS.

' Marie-Louise, fille de Charlei IV, roi d'Es]vigne.

ANNÉE ISÎtk. /.6»

arec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Alexis de Saint-Priest.

Je ne puis résister, madame la comtesse, à la tentation de joindre mon hommage à celui de mon fils, dans l'espoir que vous voudrez bien excuser ce f Banque de forme en faveur de l'intention. Je n'ai pas besoin de vous dire que je partage tous les sentiments qu'il vous exprime, et que je n'ai jamais pu ngjoxler comme sérieux les doutes que vous nous arez exprimés quelquefois sur leur durée. Vous devez sentir en vous ce qui doit la garantir. J'ai reçu la lettre de M. de Serre, et je me flatte qu'il verra sa confiance justifiée, au moins dans tout ce qui dépendra de moi. 11 va vous arriver une volée d'oiseaux échappés du carnaval de Rome, la plupart Anglais; il en passe en ce moment un commencement de détachement sous mes fenêtres. Je ne sais s'ils ajouteront beaucoup d'agrément à votre société. Ici ils y ajoutent par le nombre, et ne se mettaient d'ailleurs en avant que pour des spectacles dans leur langue, que j'ai été voir une fois par curiosité. Je n'ai pu admirer que leurs costumes sur le théâtre, ne comprenant pas d'ailleurs ce qu ils disaient.

Le manque d'espace m'oblige à finir ; ce ne sera pas sans vous renouveler l'assurance du respec-

tueux dévouement avec lequel je ne cesserai d'être, madame la comtesse, votre très-humble et trèsobéissant serviteur,

Saint-Priest.

1306. — M. Ballanche à M. de Serre.

Rome» 97 fërrier 1851/*.

Monsieur le comte,

M. Dugas^ et moi, nous nous empressons de \6ùs transmettre l'expression de notre recon naissance pour le parfait accueil que vous avez eu la bonté de nous faire et pour toutes les marques de prévenance et d'intérêt que vous avez bien voulu nous donner, ainsi que M'"*" de Serre, durant notre trop court séjour à Naples. Nous regrettons bien vivement dv

* Jean-Baptiste Dugas-Montbci, né à SaÎDt-Cliamoiui (Forci) !• 11 mar.s 1776. 11 dirigea d'abord mne maison de roramerce qu'il avait h^rit^e de ses pères; puis, à trente ans, il v|uîtta les affai^^ et se lirra entièrement à l'élude <!• lantiquitë : on lui doit o»* traduction en prose des œuvres d'Homc^re avec des Oi*servatio^ et une Histoire des poésies homériques. Il devint» en Iw» Tnemt>re libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres Celle méma anBëe, las dlactevrs de Lyon le nomoiérent dépoli ^ il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, survenue i Pans 1* ^iO novembre Xt^lik, — Voyez Y Eloge historique de J.-B, Dugo^ MontheL par J.-B. Dumas, secrétaire perpétuel de l'Académie J« LTon. 1835.

AliNÉB laSUb. h7l

n'aroir pu jottir, mieux et plus longtemps, de voti*e société et des aimables égards de M"""" de Serre. Nous nous recommandons, autant que nous pouvons nous le permettre, au bon souvenir de l'un et de Tautre.

Nous désirerions bien avoir des nouvelles de voti-e ttoté; nous n'oserions vous prier de nous écrire un mot à ce sujet; mais, lorsque vous écrii*ez ou que l'on écrira de vos bureaux à l'ambassade de Rome, ayez, nous vous en conjurons, l'extrême bonté de recommander qu'on nous donne de vos nouvelles et de celles de M™* de Serre.

Je comptais, en revenant ici, trouver quelques exemplaires de moo Antigone; mais ils ne sont point encore arrivés. Je désirais en faire hommage à M™* de Serre, et c'est un vrai chagrin pour moi d'être obligé d'attendre. Voilà le second désappointement qui m'arrive à ce sujet. A Naples^j'ai trouvé sur le catalogue d'un libraire Y Antigone et ui: fort petit volume intitulé Fragments, qui est devenu très-rare; j'y suis allé pour les demander, et fe libraire ne les avait plus. Quant à V Homme sans fiom^ je ne puis avoir l'espérance d'en offrir un exemplaire à M"** de Serre que dans le cas où je Uic déciderais à le réimprimer; encore, pour le réimprimer, serais-je obligé d'avoir recours à la bibliothèque du Roi. On ne peut plus se procurer ce livre que dans les ventes publiques, et alors c'est lue fantaisie assez chère ; mais encore faudi*ait-il s'y trouver pour se la passer.

Agréez, je vous prie, monsieur le comte, pour

jan CORRESPONDANCE.

VOUS,. et soyez assez bon pour faire agré^ à M** la comtesse de Serre, Tassurance et rhommage de tous mes sentiments et de tous mes vœux, ainsi que de ceux de M. Dugas.

J'ai fait votre commission auprès de M. le duc de Laval, qui y a été sensible.

J'ai l'honneur d'être, monsieur le comte, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Ballanchë.

1367. — M. de Serre au comte de Benl8torir^

Naples [fôrrier ISSth].

Monsieur le comte,

Je n'ai eu l'honneur de voir que bien peu Votre Excellence à Vérone ; ma discrétion et la goutte qui vous tenait sous sa griffe en furent cause. Toutefois ce peu a suffi pour m'inspirer grande confiance en Votre Excellence, et, comme c'est la faute de son bon accueil, j'espère qu'elle ne m'en voudra pas trop. Ce sentiment me porte à l'entretenir encore des intérêts de notre ami commun, l'excellent M. Niebuhr.

Je sais que, du coin de Bonn où il estpeixlu, il a envoyé à Votre Excellence sa démission de la léga-

* D'après une minute. — Voyez l. IV, p. 536.

ANNÉE 183/1. h7S

tionde Rome. La principale raison, que peut-être il n^aura pas donnée, est sa femme, dont la santé se troave mieux en Allemagne, qui est pour la cinquième fois enceinte et doit accoucher au moment même où le congé de son mari expire. Je suis bien $br que, si votre amitié eût trouvé tout de suite un autre emploi convenable, elle Taurait pourvu ; mais telle chose a des difficulté^ d'autant plus grandes qaeThomme à pourvoir est plus distingué. Cependant la santé de notre ami se trouve fort mal des brumes du Rhin et de la sphère étroite où il est tombé. Je le lui ai prédit, et je suis convaincu qu'il regrettera, et pour lui et pour sa croissante famille, lltalie et la situation honorable et agréable à bien des égards dans laquelle il y était. Sa femme elle-même, {fuérie par quelque séjour en Allemagne du Heimavh^ qui la tourmentait, se reprochera d'avoir occasionné la retraite de son mari et rompu sa barrière. C'est le cœur serré de ces idées, et dans l'anxiété «le leur avenir, que mes espérances se sont tournées vers Votre Excellence, que j'ai surmonté la crainte de lui paraître présomptueux en lui suggérant, si toutefois elle n'a pas pris un parti définitif et meilleur sans doute sur notre ami, en lui suggérant, dis-je, ridée de lui répondre « que Votre Excellence n'accepte pas sa démission, qu'elle compte encore employer ses services en Italie, mais que, eu égard à sa position domestique, elle prolonge d'un an son conaé. »

^ Bfal du pays (nostalgie).

Jb7Jli CORRESPONDANCE.

Ainsi, monsieur le comte, Votre Ezcellence assis rera l6 provisoire. Lie temps porto eonseil, disoo^ noas ; le temps, disent les Italiens, est un gala^ homme ; Votre Excellence aussi ; elle me gardera j secret, et, s'il y a indiscrétion dans ma démardic elle le pardonnera à Tamitié qui Ta dictée.

Je la prie d'agréer

1308. — M. de Wtndal «a oomta Corbière.

HayanfBy ce S9 férrier 182b.

Monseigneur,

J'ai lu ce que M. le préfet a bien voulu me communiquer d'une lettre qu'il avait reçue de ^'ot^c Excellence. Si vous voulez bien perdre quelques instants à me lire, vous connaîtrez toute la vérité.

J'ai combattu, autant qu'il a été en moi et jusqu'au dernier moment, le désir de M. de Serre de revenir à laCliambre. Le jour où j'ai su qu'il persistait, j'ai donné ma démission. Ce n'est pas iiKÛ qui ai annoncé sa candidature dans ce pays-ci ; mais, en remettant ma démission à M. le préfet, j^ lai prévenu loyalement de ce qui devait arriver, i^ n'ai vu aucune liste électorale, je n'ai point parie aux hommes pour connaître l'état des choses; c'est

ANNÉB 189%. /i75

M mqilaie&t dtns la longue habitude que j'ai ànaîerle coUége que y^i aperça lesdiances è IL de Serre. M. le sous-préfet de Briey a fait ■eoacer de la gendarmerie M. le baron d*Huart, MO beau-frère ; il a maltraité le garde particulier des proprié tés de M. de Serre : je le prouverai. Dès brs, tous les libéraux ont pu voir combien le gou- Temement semblait redouter son élection; voilà, œoaseigneur, pour les voix de ce parti. M. de Serre lobligé beaucoup de royalistes modérés: il a dans cette classe de nombreux admirateurs de son talent; il a, dans les royalistes plus prononcés, des prents, des amis, des hommes élevés par lui ; enfin, parmi les exagérés, il compte des parents, et entre «itres M. le baron d'Huart, dont la femme se lomme Sully. Ma pénétration peut être en défaut, iBais voilà sur quoi elle se fonde. Je ne puis, monseigneur, faire une élection avec des libéraux, je o'en vois pas un ; les royalistes fous me traiteraient tfc jacobin (de loin s'entend) ; je devais me retirer.

Monseigneur, je crois encore aujourd'hui, 29 fénpîer, que M. de Serre sera nommé au grand colége. Il est incapable de désirer Tappui d'un parti |a'ilasi élocjuemment combattu, mais il aura ses ^oix, comme M. de la Bourdonnaie les a eues pour ia présidence de la Chambre. 11 en aura beaucoup fautres, voilà ce que je crois; je suis, au surplus, l(Hn de rinfaillibilité.

Quant à moi, je n'irai pas à Metz ; et, pour peu «foc l'extrême droite vienne à entraîner le ministère îqui au fond voit les choses comme je les vois), je

hTÔ CORRESPONDANCE.

rentrerai dans ma solitude, ne voulant pas faii Topposition, mais décidé que je suis à ne pas tribuer par mon silence à des mesures qui m< raîtraient dangereuses.

Je suis avec respect

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