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TM C0h&C3?û5&A5<:S.
{% J''raricrriit. ou je vous ttris. \%ais ne zut pana p;i.-> il^î \os projf-ts au Jrla «ir- •v-rrr vlll»^. L iifnir l'Irauj^c que vrMJâ allassiez a Paris pijur rvi*^ liirj'liri. Si la saiib- de ma mrfe restait côaaceîaaie. la nîvoîr encore me serait un motif piMir y al.r-r ra rone<''. Ces!, la seule chance que j aperx'î*. a^iTiiir l'sjircf <raltrait ne me relient dan:* o«r pays-ci. nai jr nr |)ivvois pas ce qui m'en s^irtiraîi. Liea i|'jr iih'i s.'inh' soiL meilleures ce n'en est pas in«)ia< une inn-rllhidr projire à m'arrêter qutr de savoir coia- MM'iil je sii|i|iorterais la fati^îue delà tribune.
.raî jnf;é, comme vous le pn-voyiez, l'artidedr Sain(-IV'lerslM)urf< que vous m'indiquez: c'est ranienl un su'te d<* délii*e. Au surplus réussissoDSi c( Ton MMTa |)lus tai*d.
\ os |>riites lettres sont bien reçues comme t(S faraudes. N'oubliez cependant pas que je tiens î l\m(rs le> observations que vous me promettez. J'ai \\\\\ \\»N l\MiilIe>de Saint-( lall: je n'ai fait que pa^ 4t»unr la pirlaw; je liiTii cette tixiuvaille avecifl- \\'\\'\ iK'N ijuv j'aurai IVsprit plus libi'e.
\u u'\v»ir. Awv ami, s;uis prévoir uu. MeshonH UM .;ks ,1 M " Ni^biihr et mes caresses à vos eiifanti- U' \v»iiN ù'lu:ti- ^ur leur santé pendant ce crafl*» \K»\ I :.■■ \ ^»iiN lî aiux'/ pas eu tiiip de cliah*ur, etp*» l'.u-. ^- îtmm- j\>ui- aller aux eaux. I>epuî»q^ M A .v' \.i !•• uv :ou> allor.s tousbu-n. Ma fenifl*^ ' .<■: vi Mwnciiir du uun;v2e. Nos vffttX
^^ ■»: i n.x \-..M> -^lÙVClU i.'ll tOU> lîeUX.
ANNÉE 18Sd 307
Ay, prés Épernay, SU» août 1823.
Les nouvelles sont meilleures, beaucoup meilleores, cher ami; c'est heureusement encore une tmie alerte. Je suis fort aise que la lettre de M. de Fontenay soit arrivée tout à point pour vous taoquilliser. D'autres nouvelles de Paris auront mi d'antidote à mon n** 28, du 17 de ce mois. TiDt de soucis me tourmentent que j'en ai la vue hoLIée.
M. de Fontenay est une perte qu'aggrave celle JeSaint-Mauris. Je me suis hâté de répondre à ce fenier chez la Fortelle. 11 me tarde de promener fcvovaaeur sur ma terrasse et de causer avec lui ikoos chers amis de Naples. J'ai écrit à mes couans comme vous le désiriez, et j'ai engagé Saiutliaurisà faire une visite aux eaux d'Enghien, où il «ftabîen reçu.
J'ai votre n° 29, du 5 août. Vous devez être maintenant de retour à Ischia, et j'espère que vous y avez trouvé votre pauvre petite Marie tout à fait ittahlie de son nouvel échec ; la délicatesse de cette «nfant peut bien être le résultat de sa rapide croissance. Ménageons -la, conservons -la, mes chers aniis: c'est un des liens qui m'attachent à la vie. Nuu-ï nous accommoderions bien ici d'une partie de
VOS chaleurs du mois d'août. Pour un jour de chaleur excessive, nous en avons cinq ou six où Ton se chaufferait volontiers ; notre été ressemble à uu assez bel automne. Comment faites-vous ce trajet de votre ile à Naples? Avez -vous une bonne barque? étes-vous bien défendu contre les ardeurs du soleil?
Quoique la détermination de mon cousin soit prise et qu'il doive, après quelques mois de séjour à Ay, subir la terrible épreuve que son mal rend indispensable, il est tranquille, serein et d'une douce gaieté; sa belle figure n'éprouve pas la moindre altération. C'est un homme taillé pour le métier qu'il fait et pour le bonheur de tous ceux qui Tentourent. Ses enfants et d'auti*es enfants de ma famille peuplent actuellement ma maison et ne m'y laissent pas manquer de tapage. Au risque d'en avoir la tête cassée, je voudi-aîs que les vôtres îuiiîuientassent cette joyeuse population.
.)(* vous aime l)ieu tendrement, mes chei's ami?. i*t je vous embrasse de tout mou cœur.
Nous allons fêter la ►Saint-Louis et nousboirou? à votre santé. Faites-en autant.
ANNEK 1823.
im
1297.— Le baron de Rasrneval à M. de Serre.
Berlin, 2/i août 1823.
Si vous pouviez imaginer, monsieur le comte, cnmbieo les remords que j'éprouve me font souffrir, coasseriez plus disposé à la clémence que je n'ose l'en flatter. Le parti que je prends aujourd'hui de ■e présenter à vos yeux, tout coupable que je suis, itw une certaine assurance, doit cependant parler ■ peu en ma faveur. Il vous prouve que je sais intce qu'il y a en vous de magnanimité, et ce té- ■ûignage que je rends à une qualité si rare doit notribuer à me faire avoir mon pardon. Je n'irai pischercher des excuses banales, ni vous expliquer comment et pourquoi je ne vous ai pas écrit dans telle et telle (K-casion, cela sentirait les vieilles rjses diplomatiques; et, quoique je pusse bien prouver <iue plus d'une fois, si mes bonnes intentious n'omt pas eu d'effet, ce n'a pas été tout à fait de ma faute, je ne réussirais pas à effacer couiplétemhit tous mes torts. Il vaut donc mieux que je les confesse franchement en vous attestant que le sincère re]K*ntir c[ue me causent mes fautes passées est aecompagné du ferme propos de ne plus en commettre de pareilles.
\j'< événements dont le germe existait à l'époque ou nous avons eu à Xaples ces conversations dont je
ne perdrai jamais le souvenir oui pris depuis totit leur <léveloppement. La fortune semble prendre plaisir à nous cond)ler de ses favcui'S comme si elle se rei>entait de nous en avoir trop lonatemps privée, et jusqu'ici rien ne présaj^e qu'elle veuille nous les retirer avant la fin de Tenti-eprise <lans laquelle nous sommes eni;ai»és. Nous attendons un courrier porteur de la nouvelle de la délivrance du Roi; il sera reçu à bras ouverts. J'ai quelque espoir que ce sera Fontenay cpii aui^a cette agréable commissioo. Voila plus d'un mois qu'on nous annonce son prochain et trés-pi\)cliain départ, et pourtant il n'arrive pas. Il finira par là. il faut Tespérer. Cesera une bien boime occasion, et que je no manquerai certainement pas, de parler à fond de Naples, d^ vous et de toute votre famille.
Vous avez sans doute lu et jufîé les Constîtulîoos ([u'on vient de nous donner dans ce pays-cî^ Elles n'ont ])as de quoi elTrayer, ([uoiqu'on y parie. comme» si Ton v cédait, des besoins du siècle. ^ qu'on fasse entrevoir, dans l'avenir, des Ktats-Gênéi-aux. La liénénition actuelle se flatte i>e« qu^ cettr i)mmesse la recai-de, et, comme elle parait s'eP
' «* Tout se HM luisait à l'organisation «l'A^^emLlëet pion*^ nal<*s, ilaiis l'c-^prit <l«»s ancif^incsCoiisiitiilions d'Aneni»(;oe.aT»C la ili vision ilcs ili'pnp's on trois onlron, l'onlro Aiucstr*», TorJr* •los villo'* ni ror.lro il..* paysan*;. Qnant aux É ta t<t .Ci (f narrai, 1^ Uo\ se rfîsorvaii tl.- sVn occuper plut tard, quand la fernwiilitio^ n'volniioiinaire MTail «-leini.;, et que la PmasA ne serait pto* ^cmr,\ouunn a-ii«î«i par les novat*Mirs et 1*»^ entlioii^iastes. •'//»*t^ir"^ fin îffmn'rnn.icFit jniHeuv^nfnirf^, par M. de Haurin»^-
Qsoler très- bien, il est clair qu'on a eu parfaîteent raison de s'en tenir là.
Mais, en même temps qu'on cède à l'esprit du ècle en faisant des Constitutions, on se dédommage wr des actes d'autorité qui ont un tout autre moile. II n'est pas que vous n'ayez ouï parler du proèft d'un certain Fouck, condamné à mort par la imr d'assises de Trêves. On a écrit en Allemagne ptns de cent grosses brochures sur cette affaire. La Cour de cassation, établie à Berlin pour les départaments du Rhin, a confirmé l'arrêt. Cependant le 8w vient de l'annuler par un simple ordre du cabinet. On croyait qu'il ferait grâce au condamné ; nais il a fait plus, il l'a déclaré innocent, de sa tOQte-puissance. Quoique l'opinion publique se fût déclarée en faveur de Fouck, cependant cet acte n'est pas approuvé. Les magistrats surtout trouvent qu'il porte atteinte aux bases de l'administration de la justice. Ceux mêmes qui tiennent aux anciennes formes pensent ainsi ; jugez des autres, et «n particulier de M. EichornS sur le rapport duquel la Cour de cassation avait prononcé.
J'ai reçu dernièrement des nouvelles de M. Pas- <IQier, qui, après avoir fait le tour de la Hollande ^des Pays-Bas, est allé aux bains d'Aîx-la-ChapcUe. J'ai eu aussi, ces jours derniers, un mot de ^foimier» dont lapatemité s'est augmentée d'une fille.
* AH« ^ évéïMiiMoii de Idl/i, M. Eicborn ëUûi entre au ser- ^^ àb la Plroese. Il parvint aux fonctions de président à la Cour ^ v^mkm (Revisionshof) pour les provinces rhënanes, séante A •*&. — Voyex t. I»», p. 188.
3ia CORRESPONDANCE.
J'espère que ^I"'"^ de Serre est rt'Concili(>e avec le
climat de Naples Veuillez mettre mes hommages
à SCS pieds.
J'ose me flatter, monsieur le comte, que vous ne uie tiendrez pas rigueur, et que vous mettrez le comble à toutes les bontés que vous avez eues pour moi pendant mon séjour à Xaples, en me donnant. une fois au moins, de vos nouvelles. Lorscjuc vous aurez ainsi marqué votre indulgence, vous aurez toute raison de me traiter avec la plus inflexible sévérité si je retombais dans mes vieux péchés; mais c'est ce qui ne m 'arrivera pas, soyez-en bien persuadé.
Agréez, je vous prie, avec cette assurance, celle de mon entier dévouement et de la haute considération avec laquelle j'ai Thonneur d'être,
De A'otre Excellence,
Le trés-humbli» et très-obéissant seniteur.
liAYNKVAL.
1298. ^ Le général Desprez à M. de Serre.
Vendredi, ^ août 18^
Il y a bien lonclemps, mon cher amî, que je oe
vous ai donné de mes nouvelles
Nous venons de faire, au milieu de clialoui'i?
excessives, une rapide expédition. Milans^ avait voulu reporter la guerre dans le pays où Mina nous la faite si longtemps. Il paraît que son projet était (le débloquer la Seu d'Urgel et Figuières. Ce
projet était chimérique; nous observions tous ses
nomements. Nous nous mîmes aussitôt à sa poursuite; il fut atteint, battu, et retourna dans le plus giaad désordre vers les points d'où il était parti. Xûos ne l'y laissâmes point respirer ; ses troupes sont extrêmement découragées : l'exemple de Balfeteros^ les ébranle d'une part ; d'autre part, l'or-
' Doo François Milans del Bosch, né vers 1753 â Reinos-del- Xir, prés Mataro (Catalogne). Officier aux gardes, il fit contre In l^uLiique française les campagnes de 1793 et 1793. Lorsque Xafolron envahit TEspagne (1808), Milans se mit à la tête d'une liande degiMrilleros et reçut des Cortés le grade de brigadier que, pliis tard, U confirma Ferdinand VIT. En 1823, il prit, pour la troisième ftiç, les armes contre les Français. Ayant été' vaincu, il demanda «obtint l'autorisation de se riifugier en France; il s'établit à
Jloiitp»'iIier avec sa famille — Voyez la Biographie des con-
UmfmrniriA (Rabbe, elc), i. V, p. Wfè. Paris, 183A. 'Francisco Ballesteros, né à Saragosse en 1770. Il fut admis lOiervic*» en 1788. Colonel en 1808, il se distingua dans la guerre <t)iiifp les Français et obtint en 1811 le grade do lieutenant %iiné- Oil. An retour de Ferdinand VII, il devint ministre de la Guerre Mxn^rva cette fonction durant une annëe. En 18313, il reçut des Cortè* le commandement d'un des corps d'aruK^e. Battu prds de ^ampilIo-de-Arenas par le gênerai Molitor le Si* juillet, il con- Hat, le /t août, une convention qui, moyennant la reconnaissance «fc la rï'g*înce de Madrid par l'armde espagnole, assurait à tous les officiers qui en faisaient partie la conservation de leurs grades et flnplois, et stipulait qu'aucun d'eux ne pourrait être inquiète pour Se» opinions ou ses actes politiques antdrieurs à la convention. Après la reddition de Cadix, Ballesteros, craignant le courroux de Ferdinand VII, demanda un asile à la France. Il mourut à Paris en 1831
donnaiice de M. le duc d'Angoulême les ^assu^e^ Je ne serais pas entonné que, dans peu de jours, le corps de Catalogne, le seul qui tienne la campagne, eût fait sa soumission. La guerre a été prolongée dans celte province par la crainte que les officiers constitutionnels avaient des réactions et des vengeances. Cette crainte était plus vive qu'ailleurs, en raison de la présence de l'armée de la Foi, fort disposée malheureusement à se porter à tous les genres d'excès, et devenue Teffroi même des roymlistes. Cette armée, sous beaucoup de rapports, a été pour nous une force négative. La paix faite, elle deviendra fort embarrassante. On n'y veut pas de concessions, et cependant je suis plus que jamais convaincu qu'il faut en faire. Avant d'entrer ea Espagne, je ne pensais pas que les nouvelles idées y eussent jeté de pmfondes racines ; je m'imaginais que nous n'aurions à éteindre qu'un feu de paille. Ce que je vis près de la frontière confirma mes opinions; mais, en pénétrant dans le pays, je reconnus le contraire. Sur toute la côte de Catalogne, dans la partie méridionale, tous ceux qui possèdent
* M Le 8 août) par une ordonnance restée c<$lëbre sous le d* ordonnance d'Andujar^ le duc d'Angoulênio dufondU auB anUK rît^s espagnoles d'arrêter personne sans l'autorisation lies conmandants militaires français, enjoignît à ceux-ci de faire ^nargir tout individu emprisonne arbitrairement pour motifs pditiqiMa, notamment les miliciens rentres clier eux après avoir ddpoa^ las armes, les autorisa aussi A faire arrêter quiconque contreviendrait à ces dispositions, et plara les journaux et les jounuilistes tO«i leur ftur\cillanee. n (Histoire de la Restauration, par M. de Vi«l- Castel, t. \II, p. 612.»
ANNËB 1893. 315
désirent que l'ancien état de choses soit modifié;
il y a peu de révolutionnaires, mais beaucoup de partisans du gouvernenvent représentatif. On se contenterait de légères concessions ; un mot du Roi de^venu libre suffirait pour tout pacifier.
^\dieu, mon cher ami; je vous embrasse du meîllem^rde mon cœur.
fe prie M"*® de Serre d'agréer mes respectueux ho immages. Le séjour d'Ischia lui a-t-ilplu? A-t-elle vî:sîté Termite de TEpomeo? J'ai passé quinze jours df^ms cette lie intéressante et, sous ce rapport, je vous y ai suivi avec encore plus d'intérêt.
!^Iille amitiés à vos enfants et à MM. d'Huart et de Saint-Mauris .
«J'ai de bonnes nouvelles de ma femme et de Marie. £lles sont à la Faloise.
1299. — M. de Serre k sa mère.
Naples, f& août 18S3.
Je suis venu ici liier» chère maman, pour y celé* brer la Saint-Louis. J'y ai trouvé un bulletin de M. de la Boulaye, du 5, qui continue à me rassurer sur votre convalescence. Vous commencez à man* ger, à marcher. J'espère que chaque nouveau courrier m'annoncera les progrès de votre rétablissement. Quelle terrible maladie et quelle affliction
d'avoir été si loin de vous et de n'avoir pu vous donner mes soins ! J'ai aussi trouvé ici une lettre de Thérèse, du 28 juillet, de Versailles ; elle me donne des détails déchirants sur tout ce que vous avez souffert. Bonne mère, vous désiriez guérir pour revoir votre fds ! Soyez bien sûre que je ferai tout ce qui sera en moi pour que cette espérance ne soit pas trompée. Je renouvelle mes plus tendres remercîments aux personnes qui vous ont si bien soîiinée, particulièrement à MM. Alîbert et Dupuytren, à de Vaulx et à la bonne ^I"™* Duterrier. Je n^mercîe Dieu surtout, ([ui vous consene A vos enfants.
,Ie retourne demain à Ischia, où j'ai laissé tout mon monde et où nous devons passer encore imc douzaine de jours. Ce temps nous conduira, j'espère, hors des grandes chaleurs qui y auront été fort tolérables; nous aurions très-bien passé notre été dans cette solitude, si nous n'avions été cniellement troublés par les inciuiétudes que nous a données votre maladie, et si notre petite Marie, qui est toujours fort délicate, ne nous en avait donné l>caucoup aussi. Elle va mieux; avec le temps et beaucoup de ménagements, nous espérons la fortifier. Les trois autres vont très-bien; ce sont de bons enfants. Annette se trouve à merveille de l'air et des eaux dont elle fait un grand usage. Elles ne me réussissaient pas, et je les ai laissées, n'en ayant au fait pas besoin.
Au revoir, chère maman. Je compte que vous faites, à mon intention, tout ce qu'il faut pour vous rétablir parfaitement ; je compte autant sur votre
sagesse que sur votre bonne constitution. Je vous embrasse tendrement pour moi et les miens comme mon excellente mère et ma meilleure amie.
Votre bon fils.
1300. — Le baron Pasquier à M. de Serre.
Paris, 29 août 1823.
Mon cher ami,
11 y a des siècles que vous n'avez entendu parler de moi, et, sans reproche, vous m'avez aussi un peu négligé ; mais, comme rancune est un mauvais meuble entre amis, je ne puis m'empêcher de profiter d'un de ces courriers que la mort du Pape* va faire partir de Paris pour Rome pour vous écrire quelque peu et avec quelque peu d'aisance. J'en ai ^n motif de plus : je sais que vous avez de la peine ^^ que la santé de M"'*' votre mère vous tourmente, ^' j'^ besoin de vous dire toute la part que je prends à ce tourment. Il paraît qu'elle est bien faible; M. de Fontenay et M. de Saint-Mauris m'en ont hier donné des nouvelles ; cependant ils ne me paraissent pas sans espoir qu'elle puisse se remettre et reprendre quelques forces quand les grandes chaleurs seront un peu passées.
* Re VU éUâi mort le 90 août.
ai8 CORRESPONDANCE.
Vous savez peul-êti-e à quel point mou pied est , devenu voyageur depuis que je Tai mis en train • pour vous aller voir. J'arrive de la Hollande et . d'Aix-la-Chapelle, où j'ai pris ce qu'on appelle une saison deau. Connaissez -vous cette Hollande? elle , est fort curieuse a voir, mais bien plus quand on la fait succéder à riialie. C'est le contraste le plus entier et le plus frappant, ^'enise et Amsterdam, ce* deux villes conquises sur la mer, sont les antipodes l'une de l'autre. A Venise Timagination se mêle à tout, grandit tout; elle montre les flottes du contjuérant ramenant celles du marchand dans le port. A Amsterdam, la raison nù permet pas le moindre écart à l'imagination. Tout est là pour le positif du profit et des afTaires, et puis le ciel toujours brumeux remplaçant le ciel étincelant d'Italie, etc. Il ne manque plus que l'Angleterre ; si Dieu me prête vie, ce sera pour le printemps pir^chain. ^'ou5 voyex que je suis lûen en train d'oublier la ix)litîque et que je laisse loin derrière moi ses tracas. A vous dire vrai, je m'en d('*goûte chaque jour davantage. Tout ce que je lui demande, c'est de laisser le monde un peu en paix et les routes tant soit peu ouvertes. Je voudrais bien, par exemple, ([ue ceUe du retour de M. le duc d'Angoulênie pût s'aplanir tout à fait. On nous le fait continuellement espérer depuis un mois, même on nous l'a fait trop espérer |x>ur le peu de certitude qu'on en avait ; cela rend noti-e im{)atience plus grande. A mon sens cependant, il faut que l'affaire de Cadix boit fuiie d'ici à huit ou dix jours, et je l'espère, ou bien nous sommes encore cou-
damnés à une longue attente et à toutes les chances que le temps peut amener, et dont plusieurs pournient être fâcheuses. Malheureusement notre intérêt d'en finir vite est trop évident, et c'est bien une raison pour que nos adversaires soient moins pressés. Il est certain que nous en sommes arrivés à ceci qui renfeiine à peu près toute notre politique : sortons-en et, quand nous en serons revenus, arrive que pourra. Cela me rappelle tout à fait le propos de cet émigré gascon à Hambourg (il parlait alors du Roi de Fi-ance) : « Je le remettrai, disait-il; mais, quand je Taurai remis, qu'il se tienne bien, car si jamais je rémigre!... » Ferdinand VII une fois à Madrid, je ne croîs guère que nous ayons envie de repasser les Pyrénées. Et ce Pape? qui allez- vous faire Souverain Pontife? Je vous conjure d'y prendre eanle, car, si vous nous en donniez un qui répondît ici â M. Tabbé de la Mennais, je ne sais pas où nous irions en matière de religion, et les conséquences pourraient être bien graves.
Je ne puis guère vous donner de nouvelles daucun de nos amis. L'été les a tous dispersés. M. Laine et M. Portai sont allés aux Pyrénées prendre les eaux. Froc est dans sa cave, Alounier seul a été retenu par les couches do sa femme, qui lui a douué une petite fille de plus, et moi, (jui vous écris, je vais encore repartir. Je me mets en route demain i)our aller revoir dans la Sartlic ma terre dans la([uelle je n'ai passé qu'un mois depuis dixhuit ans. Ma femme m'y attend depuis six senuiines. Tout cela ne vaut pas sans doute votre île
3S0 CORRESPONDAHCe.
dlscliia et les miracles de la puissance surnaturelle qui vous y entourent ; mais les pauvres gens vivent de ce qu'ils trouvent sous la main, et je vais me oon* tenter de mes prés et de mes bois.
Adieu, mon cher ami, donnez-moi de vos nouvelles et croyez par-dessus tout à mon sincère attachement.
1301. <- Le vicomte de Chateaubriand ùl M. de Serre.
Paris, 5 septembre 1833.
Je sens parfaitement, monsieur le comte, la gène où vous met la mesquinerie du gouvernemeut; j*aî des réclamations de tous les côtés. Vous ne ferez jamais comprendre la vérité à la t'iiambre : elle croit de son devoir de refuser quelques mille francs pour ce (jui augmenterait notre éclat à Tétranger, et elle votera des millions pour des dépenses au moins inutiles. Mézerai' disait que <( la Fi-aïKe, à une certaine époque de notre histoire, se gouvernait comme un grand lîef » ; elle se gouverne au-
* François Eudes de Mcz^ray» liistoriogr.nphe du Roi et membre <le rAcaddmio française, ne à Ri (Orne) on 1010, mort à Pin» en lt>B3.
ANIMÉE 18Sd. 3S1
Durd'hui comme une grande Bourse. Je regarde s hommes relevant de mon ministère, et qui se- Mident si bien mes travaux, comme étant euxlèmes minisires, et je ne réclame que l'honneur Tètreleur camarade: jugez si je souffre de ne pouw venir à leur secours.
Ce serait, je vous assure, d'un grand cœur que je changerais avec vous de position ; je vous laisserais es spectacles de la cour, et j'irais revoir les harpies de pêcheurs que vous avez sous les yeux. Au »s qu'un succès d'affaire vienne augmenter la déplaisance que l'on a naturellement de moi, et que Ton me renvoie, j'irai vous chercher sur voti'e beau rivage. Je cours après le soleil et la retraite comme la chatte devenue femme courait après les souris. Ce sont là mes misères, monsieur; je vous les confie, cachez-les bien ; c'est mon secret diplomatique. Chemin faisant , tachez , je vous prie , que votre Roi se contente de Caserte et renonce à la régence d'Espagne. Un homme comme vous comprend
tout, et vous m'excuserez.
Chateaubriand.
1302. —M. de la Boulaya à M. de Serre.
Aj, prés Épernay, 8 septembre 18^.
Votre n* 31 du 18 août, cher ami, n'a pas mis ^ bottes de sept, lieues, car il ne m'est arrivé V. 81
COEBeSPOXDANCE.
qo'a%'aat4iier. Les nouvelles d'Ischia fiont Luttes, et noiis pouvons hemreuflemeBt les pgm en même moaoaie. Ces gnmdes consultations dem-
Beat de israiicles espérances Saint*llauris sW
expliqué mieux que moi sur tous ees détails. Je Tattends avec autant d'impftdenee que vonsams attendu ses lettres. J'ai besoin de t^aoaer, avec quelqu'un de toute confiance, de M*' votre mève. d de %'ous, et de tous les vôtres. Sur notre cliéie petite Marie, je parta£ie toutes vos espéranees. Qv Dieu nous la garde !
Mon beau-iilâ est très-reoonnaissant de la letliv que vous avez bien voulu lui écrire. Il a distnliaf les incluses.
A propos de lettre, j avais annoncé cdie ipK vous aviez le projet d'écrire au cousin de Mamiil, qui est actuellement ici. Ce n'est pas sansquelqif rejzret que je lui ai slgniiié rajoumement. La pénible pasition dans laquelle se trouve ce cousin a été par lui déduite à M. de Chateaubriand. On vent bien attendre le résultat de la g;rande opération qui se fera cet hiver rue de la \'ilIe-rÉvèque. Je irarderaî mes panants pendant deux mois, dans le couk d(»squelsles nié(h»eins feront ici un petit voyage; je ne leur livnMai leur j)roîe que dans les premiers jours de novembre. La tranquillité de mon maladt' eontraste avee Tinquiétiide qui me tourmenteet que j<Mlois dissimuler; il eût été en situation de partir qu'on ne se serrait probablement pas pressé de Texpédier. CiMument faire en Amérique un établissement politicjue avant de savoir le i>arti qu'oa
ANNÉE 18Sa 33K3
prendra sur les possessions espagnoles et portujttfles dans le Nouveau-Monde ? Saint-André pi-éce^doa son frère; il doit s'embarquer au Havre à h fin de oe mois ou le mois prochain. Je suis entortillé d'enfants que j'aime et qui m'aiment, mais qû ne m'en font pas moins éprouver toutes vos misères d'Ischia. U y a toujours quelque accident, courbature, rhume ou fièvre; jusqu'ici, toutefois, rien de sérieux. Père et mère vous ofïrent hommages et tendresses.
Restez à Ischia le plus longtemps qne vous pourrez, puisque ce séjour convient à tout le monde. Votre établissement insulaire doit être moins dispendieux que celui de Naples; c'est bien asset f Hre confiné là-bas, et je ne vois pas la nécessité de s'y ruiner.
Voici M. l'évêque d'Hermopolis^ enrégimenté
I DflBk-Antoine-Lue Frayssinous, dont le père était licencie en Mt «C prenait U titre d'avocat au Parlement de Toulouse, naquit à h VajMÎëre (dioc^ de Rodez) le 9 mai 1765. 11 reçut la préco 1789. Il commença, en 1801, dans l'ëglise des Carmes, et U en 1803» dans relise Saint-Sulpice, les conférences ^ flOBlnJMi^reDt à ramener les esprits au catholicisme : elles liraat aospendoet «n 1809» reprises en ISl/i et closes en 18^3. Inde l'Académie de Paris en 1809, inspecteur géuëral des puis memlure de la commission de l'instruction publique « 1815, premier ammônier du Roi en 18!21, il devint, en 1822, Mfoe d'Hormopolis, grand maître de TUniversitë, membre de l'icidéiiue française et pair de France. Le SG août 18i^; il obtint k portefeoille des Affaires eccUsiasiiques et de rinstruction putiiqBs U fut prive de l'Instruction publique le h janvier 1838 «i se démît des Affaires ecclésiastiques le 3 mars suivant. En 1833. les fonctions de prdcept^or de M. le duc de Bordeaux lui
dans les ventrus, puisqu'il déclare publiquement qu'il marchera toujours avec force et mesure entre ceux qui trouvent qu'il fait trop et ceux qui Tamisent de ne pas faire assez^. Que disions-nous, que voulions-nous, si ce n'est précisément cette force et cette mesure? C'est, au surplus, un sinfsulier ju^iement que celui sur Tarticle du Drapeau Wa/ic*.De
fiiiviU conlîoes. Hn 1858, sentant ses forces décliner, il roolol revoir son pays natal; il mourut d Saint-Geniez le ISdtfccnbie ISM. La vio (lo cet rininent prëlat a été ^rîte par le barou HenruMi, ^los Acaileniies de Metz et de Nancy, î vol. in-8°. Paris ISU. ' « I.'ablHMlo la Mennaif , un des rédacteurs habituels du Dnfh\%n hhuu\ y avait inscrc et signe de son nom, sous le titre «k /.»*H#Y li M^'^ l'évv*nir iVIJermopolis^ grand maître de ri'nUre^ itit^, un article dans loquel il avançait contre les ctablissemmi do TonsoignonitMit public \o» imputations les plus graves H la
plus outragoaut*'S Les écoles de l'Universitë étaient qualifiée!
do .<«-*r»»iiicifrvj( cfc Vathêisni»^ et de veêiihule dé Vcnfcr. LVvéqw
«rilcnno|H>lis, naiurelloment omu d'une pareille attaque, y ré-
|VMt.?jt »!.»«'• ir U.^MrMHr par une lettre très-courte, où il dfVlinit
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-■^vr-^i". > îijo'Tv.i! L Viîiteur fut oon-
^ • -"•or. • \^*} !"nnc* d amend*». • Ménw
ANNÉE 1893. dS5
votre temps, on aurait fait de beaux cris ; mais aujourd'hui les aboyeurs sont muselés.
Il m'arrive des lettres pour Saînt-Mauris, d'où je conclus qu'il ne tardera pas à venir les lire. D'autre part, mon beau-fils doit être à Ay à la miiseptembre, et j'attends de jour à autre le jeune de Vaulx, cheminant vers la Lorraine; voilà bien des correspondants de moins, et cela m'afflige. La Fortelle devra remplacer les absents, et j'espère pardessus tout qu'il n'y aura pas lieu à de fréquentes lettres.
Nous ne finissons point en Espagne aussi vite €jue je le voudrais; à la queue le venin, et la masse du saug n'est pas pure. La prise du Trocadero* doit hâter la reddition de Cadix, et je crains les derniers accès de rage des furieux qui s'y trouvent aux abois.
* Le 31 août, M. Victor d'Huart écrivait à son frère Emmanuel : « Le Trocadero a été enlevé cette nuit à la baïonnette par qualorze compa^ies d'ëlite de la garde et du 3/i*. Une lieure avant Tassauty j'ai demande et obtenu de passer aux grenadiers, où il y mrait une lieutenance vacante. Tu liras dans les journaux les détails de cette belle affaire. Je te rdponds qu'il y faisait chaud. L* tranchée nous ayant conduits jusqu'au bord du canal, nous arons franchi le parapet sous la mitraille de quarante pièces de canon. Traverser ce canal, ayant de l'eau jusqu'aux épaules, arracher les chevaux de fi ise, monter sur les tonneaux et massacrer 300 hommes sur leurs pièces, tout cela a é\é l'affaire d'un moment. Deux heures après, nous avons attaque le second retranchement» qui a ëtë escalade par un bataillon de mon régiment, et si lestement que le mien, qui suivait, est arrive quand tout était fini. » — Comparez V Histoire de la Restauration, par M. de Viel-Ca6te1, t. XII, p. 630.
J'embrasse vos chers enfants, et notre belle Escellence, et son mari.
Tout à vous, mes bien chers amis.
1303. « M. de Sarre à M. Miebahr.
Ischîa, 9 septembre ISC
J'ai reçu, cher ami, voti-e lettre de Francfort^* du 17 août, n"* 7. Vos voyages vous empêchent ito^ m'écrire longuement, et moi, mes cruelles inqui^^ tudes , qui ne me permettimt guère de traiter d'autre sujet. Je vous les indiquais par mon n**8, adressé à Francfort. Je suis rassuré sur ma petite Maiie, qui repi*end cha(|ue jour de la gaieté et des forces; mais j'ai des craintes de plus en phis sérieuses pour ma mère. Son médecin, en qui j*aî toute confiance, m'a écrit en date du IG : sans m'ôter Tespoir, il me laisse voir la gravité dt? son état M. de Saint-^Iaurîs, jeune parent de ma femme qui était avec nous et (pii nous a (^wittés pour aller au Brésil, où il est placé, m'écrit du iî5. Il avait vu ma mère le jour et la veille: il me parle d'une troisième rechute, de grande faiblesse, d'appauvrissement. Je ne sais si je vous ai jamais bien dît (je vous ai si peu vu ) (pielle excellente femme est ma mère.
AJfNÉB 1893. dSttr
quelle partie considérable de toute mon existence elle a été, combien dans nos malheureux temps nous mu partagé de danger»^ de craintes, de douleurs, de sentiments de toute nature. Dès que j'ai ttssé de craindre pour ma petite Marie, j'ai envoyé àmoQ ami ane demande de congé et l'ai laissé jage deTempIoi à en faire. Ma femme, quelque chagrin, quelle ait de se séparer de moi, ne balance pas dans ces pénibles circonstances. J'attends avec angoisse ehaifue courrier : ils ne m'apportent que craintes mêlées de faibles l'ayons d'espérance.
Vous aussi, cher ami, vous avez tremblé. J'ai
appris à redouter ce teiTible croup. Il a enlevé à
mon frère ses deux ainées et menacé la troisième. Je
le crois plus l'are dans les pays chauds. Comme je
TOUS souhaiterais notre perpétuel printemps! mais
ilny a pas de beau soleil, cher ami, quand le cœur
est eu proie aux chagrins. Dieu soit loué! votre nî-
diêe est guérie ; conservez-la bien. Vous et une telle
famille, c'e.>t une grande richesse.
Je ne vous ré]X)nds pas précisément. Je voulais seulement, après vous avoir comnuuiiqué mes inquittudes, ne pas garder un silence plus alarmant que (le tristes nouvelles. Comme vous m'écrivez vos voyages, je vous donnerai mes réflexions dans des moments plus libres. Je veux seulement vous dire que j éprouvi*, à la consolation que me donnent quelques lignes de vous-même dans de grandes peines, combien votre amitié m'est chère. Ce qui m'entoure va bien et salue de co*ur votre ménage. Qu'allez-vous faire à Boim? c'est bien au Nord. Où vous fixerez-
VOUS, provisoirement au moins? car qui sait avenir?.
Au revoir, respectable ami. Je vous du fond du cœur
Je veux pourtant vous dire que Fomand a pris deux premières petites dents presque sans douleur.
1304. — M. de Serra k M™« de Serra.
Naples, mercredi soir [10 septembre 18.^;.
Noti'e traversée, chère amie, a été douce et rapide
On tient beaucoup à la cour, parait-il, à ce que nous soyons au service du Pape, car il a été envoyé deux invitations nouvelles, dont une pour toi et les cavaliers d'ambassade.
Je tâcherai de voir M. de Medici demain encore avant la cérémonie; après je recevrai les lettres; si elles n'exigent pas une l'épouse immédiate et si le temps est favorable, si je suis libre enfin, je t'arriverai. Je ne suis nulle part aussi bien tpie pivs de toi : j'ai le ccpur chargé de tristesse, et tu es la seule qui la comprenne et la partage.
Vn courrier de Hothschild a apiK)rté la nouvelle que les Cortès avaient rejeté les propositions du duc d'Angouléme ; si Ton n'en fait pas de nouvelles, il faut prendre Caclux.
ANNÉE 189a SS9
Au revoir, chère amie; je t'embrasse tendrement, Reods-le à nos petites gens. J'espère qu'ils sont bien sages et bien occupés de toi. Au revoir encore. Je vais dîner ou souper tête à tête avec Eugène. Ton meilleur et plus tendre ami ,
H. DE S
Cependant ne m'attends pas demain de manière i être inquiète ou désappointée si je n'arrivais pas.
1305. — M. de Serra à M"» de Serre.
Cinq heures du soir, jeudi [11 septembre 18123].
Allant chez M. Samson, j'ai rencontré, chère amie, Francesco^ et ta lettre. Que tu es bonne de Touloir bien m'éloigner de toi pour me distraire ! Je crains bien que ce ne soit un mauvais moyen ; w \Taiment je ne suis nulle part moins triste
qu'avec toi Je cède cependant; il ne faut rien
avoir à se reprocher. Le mouvement, la vue de nouveaux lieux auront peut-être quelque pouvoir; et, $iDieu nous regarde en pitié, peut-être dimanche de bonnes nouvelles plus positives....
Je n'avais pas eu le temps de voir ici M. de Préville, et M. de Belleval le croyait à Castellamare ;
* Domestique napolitain au Eerrice de M. de Serre.
an CORRBSPONDAKCfi.
le fait est qu'il est parti il y a ue hesaœ. A six je Tais chez M. de Medici, àsept jepastinieit avec Eugène
A Ischia, pour toi et les enfants, ta es bien encore que dans la chaleur et la poussière de Naples et des entours.
Au revoir ; mes plus tendres caresses à nos chères petites, à ton blond et à mon brun, et de plus tendres encore à leur mère.
Ton meilleur ami.
1306. » M. de la Boulaye à M. de Sarre.
A7, prés Épernay, 17 sopteiiiltro lâSS.
J'ai numéroté, cher ami, votre 32 du jour de la Saint-Louis; bou joui*, bonne œuvre. Eu cliùiuaat la grande fête, vous avez songé aux amis do France; ici, nous avons songé à ceux do Napies. Quels soui les jours où je n'y pense pas? 11 n'eu est {X^int eo vérité. Vous êtes sans cesse présent à ma peust'*e, et la situation dans hùiuelle les événements vous placent ne contribue pas peu à ma profonde tristesse.
Il faut bien parler de notre p;iuvi-e malade de Paris. Je Tose à peine, tant il y a de versatilité dsuis les nouvelles qu'on me donne: les lueurs d'espérance s'éteignent vite, tandis (|ue les motifs d'in- 4|uiétude augmentent. M. Dupuytreu , à qui tous
ANNÉE 18Sa 331
aviez le projet d'écrire, doit vous avoir prévenu ; si ce qu'on me maode est malheureusement exact, et e*e8t de la Fortelle que je le tiens, Dupuytren a maintenant peu d'espoir, et je dois craindre que vous n'ayez pas le temps d'exécuter le projet dont vous me parlez. Saiut-Mauris, à son passage à Ay, a dissipé les illusions dont je pouvais me bercer enccMre, d'après les lettres qui ont précédé son arrivée. Depuis qu'il a quitté Paris, le mal empire; armezvous de courage et de résignation, cher ami. Je sens vivement- vos douleurs, car nous sympathisons encore en ce sens que, éloigné de mon pays par les affaires publiques, j'ai perdu, pendant mon absence, les êtres qui m'étaient le plus chers.
Avec Saint-Mauris, j'ai causé sans relâche de Naples et d'Ischia, de votre établissement à la ville, de votre établissement à la campagne. Nous avons passé- en revue père, mère, enfants; les santés, les développements de tous; puis les serviteurs, les jardins, la terrasse couverte de vignes, la vue de la mer, les promenades, la pêche et même les meubles des appartements. Mais tous ces détails, qui eussent été si curieux dans d'autres circonstances, étaient gâtés par la situation où doivent être vos esprits, par les inquiétudes qui, de part et d'autre, nous tourmentent. Ajoutez que Saint -Mauris n'a pas cru voir poindre à Paris de bonne volonté, qu'il y a remarqué, au contraire, des germes de méfiance, méfiance bien mal fondée si, comme il se l'imagine, elle prend sa source dans les communications que Ton suppose que vous entretenez et dans les com-
binaisons que, dans leur opinion, vous faites avec d'anciens collègues. Tout se réunit donc pour in*attrîster au dehors. Au dedans, le spectacle que j'aî sans cesse sous les yeux me navre le cœur.
Votre lettre a été lue par mon cousin, qui vous remercié du tendre intérêt que vous lui témoignez, ainsi que de vos conseils. Sa détermination de se livrer aux couteaux de Béclard me pai-aît- prise. Béclard, chargé d'une inspection dans nos dépar* tements, est venu ici ces jours derniers. Vous le connaissez : il est homme de mérite et m'inspire beaucoup de confiance. Sans avoir la haute réputation de Dupuytren, il en a, dit-on, tous les talents. Sa main est jeune et fort exercée à faire, dans les hôpitaux comme à la ville, les plus délicates opérations et spécialement celle dont il s'agit. Dieu par^ dessus tout! Prolongez le plus que vous pourrez, je le répète, votre séjour à Ischia, et, si nous som^ mes condamnés à vous donner de tristes, de funestes nouvelles, ne renoncez pas à vos projets de vovace dans les environs. Le mouvement, le changeinent de lieu ne vous ôteront pas la douleur, mais vous aideront à en supporter les angoisses.
Quelle triste lettre, cher ami, et que jaldo jx'iuê à récrire! Mes yeux se brouillent, et je finis en vous pressant tous contre mon cœur.
18 septembre 1823.
Au moment de fermer ma lettre, j'en riH;ois une de mon beau-fils, d'hier. Je vous envoie le para-
graphe sur notre chère malade ^ Hélas! je ne vous cache rien.
J'attends de Vaulx avec Jules.
1307. — M. de la Boulaye à M. de Serre.
Ay, prés Épemay, SS septembre 18513.
Ma dernière est du 17 et du 18. En recevant le 19, cher ami, votre n"" 33 du 1*' de ce mois, j'ai reçu (le Paris de bien mauvaises nouvelles. Cependant votre détermination m'a fait faire de si graves réflexions et m'a lellement ému , que je n'ai pas cru devoir me déterminer moi-même sans une communication directe avec M. Dupuytren. Je joins ici sa réponse mandée par mon beau-fils, et que j'ai voulue écrite*. L'opinion du second médecin, M. le
* ** J'ai trouve M'^^ de Serre un peu mieux hier. Elle ëtait plus ^(Hluille et m'a dit qu'elle n'avait point encore envie de s'en ^l6r. Cependant M. Dupuytren a ëcrit une lettre qui sera dëso- «nwîpour M. le comte de Serre. En lui disant la ve'ritë, j'y join» ^jours quelques phrases qui puissent l'adoucir. Le docteur la
pr^ente toute nue J'ai eu connaissance de cette lettre par
"• àt Vaulz, qui l'a vue entre les mains de M. de la Fortelle. »
*Je pense qu'il est trop tard pour faire venirM.de Serre à Pa- ^^' Le sort de W^^ sa mère sera dëcidë avant qu'il puisse être *^ve, et tout fait présager que ce sort ne sera pas heureux.
« Dupuytren. »
23k CORRESPONDANCE.
Roux, opinion transmise par Jules, est que notre
chère malade peut cesser de vivre d'ici à très-pett de jours, ou traîner ainsi trois semaines, ou même un mois. Quelque habiles que soient les médecins, ils peuvent se tromper ; mais, forcé de me décider sur leurs assertions, je n^ai fait aucun usage de votre demande de congé. Il ne me paraît pas sage <le multiplier les sujets d^inquiétudes en quittant Naples, votre femme et vos enfants pour faire inutilement, selon toute apparence, et avec d'assez grands risques pour votre santé, un si long et si douloureux voyage. Conservez-vous à ce qui vous reste, et songez combien vous êtes nécessaire.
Mon cousin a la fièvre depuis deux jours. Soo autre médecin, M. Feinis, est ici. Je n'en puis sortir.
Un valet de chambre de la famille, qui avait été voir sa mère à Strasbourg, est revenu de Mets dans la diligence avec Tunnel, qui est maintenant à Paris. Ce sera une sorte de consolation pour vous ; c'en est une pour moi. La main d'un proche parent et d'un ami fermera, du moins, les yeux de votre pauvre mère. Je n'ose plus espérer qu^une pareille fin me soit réservée.
Saint- André, sa femme et ses enfants partent aujourd'hui de Paris pour le Havre, où ils s'embar» queront sur-le-champ.
Adieu, mon ami. Sans entrer dans des détails cruels à donner et à entendre, soyez certain que oe qui devra être fait sera fait. J'ai le coeur déchiré par vos douleurs et par les miennes ; la force me manque pour en dire davantage. Restez en Italie, atten-
AKNÉ£ 189S.
des-y des temps moms ftoiestes et conserves-voiis poar eeax qni sont et qui viennent. J'embraase votre femme et vos chers enfants.
tSOB. — M* de la Boiilaya à M« de Berre.
Ay, 95 ■epiembf'B 1898.
Cher ami,
Ne regardez plus en arrière, tout est fini! Vous aprac perdu cette digne et respectable mère dont vous faisiez le bonheur et la gloire ^ Je joins à «ette lettre celle de M™* de la Fortelle. On vous a sans doute donné des détails sur les derniers moments. Je les réclame de ceux qui ont assisté à cette scène de douleur. Toutes les consolations de la religion avaient été préalablement invoquées et tous les devoirs remplis. La fatale nouvelle nous est arrivée lorsque, réunis en famille, le jeune de Vaulx nous disait que la mourante avait voulu lui donner sa dernière bénédiction. Nous sommes tous consternés, profondément affligés, et tous nous mêlons nos larmes aux vôtres.
J'ai écrit à Gothembourg et à Bétange.
Mon conain est fort touché de ce qu^au milieu de vos peines vous songez aux siennes. Vous êtes faite
336 C0RRE8P0NDANCS.
Tun et Tautre, pour vous entendre et vous aimer. Nous verrons s'il est possible de profiter de vos bons conseils.
Le parfait rétablissement de Marie est une con* solation. Cherchez dans la tendresse, dans les caresses de votre femme et de vo§ enfants de Tallé* gement à vos douleurs. Vivez solitairement et en famille jusqu'à ce que les premières angoisse»«oient calmées, puis exécutez le projet de faire quelques excursions dans votre voisinage.
Nous sommes bien malheureux depuis dix-huit mois, cher ami ; mais il vous reste de grandes espérances, tandis que j'approche d'un hiver qui, je le crains du moins, ne sera suivi d'aucun prin* temps.
Je vous quitte pour écrire à la Fortelle, et je vous
plains, vous aime et vous embrasse tous du plus
tendre de mon cœur.
1300. —Le marquis de CSlermont-Tonnerre *
à M. de Serre.
Paris, le CO septembre 18S3.
Mon cher comte.
Cette lettre vous sera remise par mon père*, qui,
« Voyeit. II. p. 301.
'Gaspard-Paulin, duc de Clermont-Tonnerre, petit-fils du m»rëchal de ce nom, naquit à Choisy, prés Paris, le 93 août 1759. Il
ayant accompagné mon oncle ^ au Conclave, profite du voisinage pourvoir Naples. Vous reverrez en lui un ancien camarade de l'armée de Condé ; recevezle conmie tel et veuillez le piloter partout où, en sa qualité de lieutenant général au service du Roi et de frère d'un cardinal, il devra se présenter. Veuillez aussi lui donner de bonnes indications et de bons guides pour voir ce que Naples offre de cnrieox
Vous savez c-omme vont nos affaires et en Espagne, et en France, et au dehors. I^a Providence bénit le n*gne du Roi et protège notre administration; espérons bien de l'avenir.
J'ai pris une part bien sincère à la porte cruelle que vous avez faite : les coups de cette nature reçus au loin semblent plus pénibles encore. Je vous ai plaint de tout mon cœur d'être absent dans cette «Ifdùureuse circonstance.
Aaif ati .Tjoinenl tic la Révolution, colonel du r('gimcnldc Rnyal- Guifnne. Il «^migra le 1***" janvier 1793 et servit dans Tarrade do 'oïiJ»*. Il revint on 1801. A la Restauration, il obtint le grade de leuMiant c*'nt?ral. 11 mourut au cliâicau de GlisoUes (Eure) le V'':m]\vi 181*2.
* Anne- Antoine- Jules de Clermont-Tonnerre, ne' à Paris lo I*jinvicr 17i.O. Après avoir été grand vicaire de Besançon, il *î»int, en 1782, e'vêqne de Châlons. Députe du clergd aux Ktats- Céw'raux, il vota contre les mesures de l'Assemblée relatives à la CoQ«titulion de cet ordre. La session termincfe, il ëmigra. Fn 1*1, il M d<^mit de son siège, sur la demande de Pie Vil, et rentndaM sa patrie. Pair de France en 181J^, archevêque de Touïwise en IBâO, cardinal en 1822, il prit part aux conclaves de 1823 <t de 1B2J (Lëon XII et Pie VUl;. 11 mourut à Toulouse le 21 fë- TTier 18».
338 CORRESPONOAHCE.
Donnez-moi des nouvelles de M"** de Serre et de^ vos enfants. J'en ai souvent de Desprez : il sert le Roi avec distinction en Catalogne ; il désire ett retirer quelque fruit honorable, et je l'espère.
Ma marine s'est aussi fait honneur dans plusieuft» circonstances ^ . Avec un peu de temps elle serait eo état de suffire à des occasions plus importantes, s'il s'en présentait.
Je vous renouvelle, mon cher comte, l'expressioik de mon inaltérable attachement.
Clermont-Tonnerrk .
1310. — Le baron de Marenil à M« de Serre.
Ay, 5 octobre I8Î3.
Monsieur le comte.
J'ai respecté les premiers jours de votre douleu et je me suis fié à mon ami du soin de vous expri-^ mer toute la part que j'y avais prise. Il n'y a qucr
* M Lo ^i septembre, l'amiral Duperrë tit, contre Ca<iiXt W de la flottille de bombaniemcnt : 7 bombardiëroA françaises, 3 sepagnoles et 5 obiittier», souteniiH psr une dÎTisioii île dialoepse canonnières et places en avant de l'escadre à moins de l,60U wêi^ tr«r» do la place, j lancèrent dtO bombes et obus qui, sans t fene beaucoup de di^gats, mirent le feu à plusieurs nuiisons et jelférsei dans la population, «Uns la troupe même, déjà fort ^brmnlëe» vne grande ëpouraute. n {Hiêioine de la ReHauraUon^ per M« «le VicUCastel, t. \II,p. C5U.)
ANNÉE 18âa 339
quelques aanées que je fus frappé d'un coup pareil, et jen cmmais toute l'amertume. Mais combieii cette perte aura encore rendu plus vives toutes celles qui vous ont accablé depuis que vous avez quitté la Fraooe! Il n*y a point de consolations pour de telles douleurs. Le temps, la force d'âme et la résignation peuvent seuls les adoucir.
Je sais qu'au milieu de toutes vos angoisses vous avez Ken voulu vous occuper de mes propres peines, et j étais fort pressé de vous en témoigner toute ma sensibilité. A la vei]le d'un mauvais jour que ma destination ne me permettait pas de reculer, je suis venu recueillir mes forces dans la vie douce et tfra|W*rée qu'on mène ici. Je me remets du reste aux volontés du Ciel.
Vous avez désiré, monsieur le comte, que je vous ik^nasse quelques renseignements sur M. Desjobert, ijui va vous joindre à Naples. Je n'ai que du bien a ifi\ (lire. C'est un des anciens de la carrière conîulaîre. Il avait fort bien rempli sa mission en Es- [larnie : il a parfaitement réussi dans les Pays-Bas. A un travail facile il joint un esprit net et propre aux affaires. Sa femme m'a paini douce et agréable de caractère comme elle l'est défigure; la BouKaye b ronnait d'enfance. Je crois que vous aurez dans cette famille une société agréable et dans le mari, particulièrement, un homme sûr, assez versé dans les affaires consulaires pour vous épargner tout fennui que je me souviens qu'elles m'ont donné pradant mon séjour à Naples.
Ma femme, qui est de moitié dans tous les senti-
ments que j'ai eu rhonneur de vous exprimer, prie M™* de Serre de vouloir bien agréer ses souvenirs et ses condoléances. J'oserai y joindre mon respectueux hommage en me félicitant du moins avec vous du bon effet que le séjour dlschia a produit sur toute votre famille.
Croyez, monsieur le comte, que personne ne marche plus près que moi de notre ami dans les sentiments qu'il vous porte, et laissez-moi vous renouveler l'assurance de ma plus haute considération, de mon inviolable dévouement.
Le baron de Mareuil.
1311. -^Le baron Pasqnier à M. de Serre.
Paris, 5 octobre 1823.
Mou cher ami,
En revenant ici de mes propriétés dans le département de la Sarthe, où j'ai été passer cpielques semaines, j'apprends la perte cruelle que vous venez de faire et que je ne pressentais que trop la dernière fois que je vous ai écrit. Veuillez erpii-e que je suis du nombre de ceux qui ressentent le plus vivement votre affliction et qui (.*n comprennent toute Tamertunie. Ne vous dites pas cependant que vos soins aiu'aient pu prolonc^er l'existence de celle que vous j>leuiTz et n'ajoutez point cette douleur à celle à la-
ANNÉE ïSlld. hU\
[uelle vous no pouvez échapper. D'après ce que j'ai «cueilli sur la fin de M""*" votre mère, elle a sucx>mbé sous une défaillance universelle que rien ne pouvait raviver : c'était une machine entièrement usée, et le terme de sa carrière était inévitablement venu. Hélas! vous avez été encore moins cruellement traité que moi à cet égard par la Providence. A vingt-sept ans je n'avais plus ni père ni mère, et comment les avais-je perdus''? Triste condition de celte triste vie de n'y avancer que pour être entouré de ruines, de débris, et pour n'avoir presque pas eu un sentiment cher qni ne soit une source de regrets ! Le peu qui se trouve restant vers le but de la route o'a rien de mieux à faire que de se serrer et de sî'appuyer réciproquement ; c'est à cela qu'est bonne l'ami ié. Je désire vivement que vous mettiez quel- ^pieprix à celle que je vous porte; vous n'en sauriez rencontrer de plus sincère et de plus dévouée. Veuillez me donner promptement de vos nouvdles. Je vous suppose actuellement tout à fait revenu de votre île et rétabli à Naples. Dites-moi aussi fort soigneusement comment se porte M"*** de Serre et si sa santé est bien raffermie. Je mets à ses pieds l'hommage de mon respect.
Adieu, mon cher ami. Tout à vous et du plus
Profond de mon cœur.
Pasquier.
' U père de M. Pasquier, Etienne Pasquîer, conseiller au Par- '•'"Wnl de Paris» avait et^ condamne à mort par le tribunal révolutionnaire : il monta sur rëchafaud le 21 avril 179/i.
ShU CORRESPONDANCE.
1312. — M. Niebahr à M. da 8flnre<.
Bonn, ce 8 octobre 1823.
Depuis (luc je vous ai écrit de Francfort, mot:» noble ami, j'ai passé des jours troublés et pénible? • ])énibles autant pour moi que pour ceux qui in'en^ — touraient; soyez indulgent si je vous en parle- Amen<» par les circonstances dans une partie de 1^ vaste AUemai^ne où je n'avais pas vécu au[)aravant je m'y trouvais doublement étraaj^er; je l'aurais^ déjà été dans un pays mieux connu, paree que 1^» vieille j^énération, à laquelle je me suis attaché de» mon enfance, est presque éteinte. Deaucoup de mes ronteni[)()raîns ne sont plus de ce monde, et uno nouvelle iz<'»nération commence à jirédominer: je l^uis d'autant moins ni'entendre avec «»lle <|ue. absent durant sept années, je ne m'y suis pas même Iia])itn('*; souvent de» pmibndes dissonnances ra'onf irrit('* à son éizard. Habitué i\ être ti^aité en éiial rt à et i*e considéra* par des hommes d'inie bien antrv valeur, j'éprouvais partout ici la sensation de Tlwhitant cTun j^ays eoncjnis, que les premiei"s venn? iraitent sur le pied d'éfialité, et auriuel on ne laisse passer ancnne iU':^ opinions, aucun des s^^' liments ((ni lui sont personnels, sans les rrtlre?-
' Coite lellrc est tr.-iiluitc de l'aUemanJ.
ANNÉE 18S3. :JKi3
^r OU les censurer même comme scandaleux . Dans mon désir d'échapper à ces moi*tifications, je me rappelais les fonctions civiles dont je m'étais démis , et je les regrettais comme un avantage nullement inutile, ne fût-ce que pour ma propre défense. Ce <piî m*ex<aspérait particulièrement, c'était TapparitioQ d'un libelle qui , publié peu après notre arrivée, semblait être inspiré surtout par l'intention de me ti^aiter publiquement avec dédain. J'eus le pla.isir de trouver, panni les professeurs, quelques braves jeunes gens, d'anciennes connaissances; mais le tout me pamt petite ville et point fait pour un délicat. Je tombai dans une profonde mélancolie. Je ne pouvais pas, en face d'une nation qui lit beau- <50up, mais qui se borne à lire, rester sans venger l'injure que m'avait faite la publication de ce libelle. J'essayai cinq fois d'y répondre sans y panenir; wu dernier essai réussit mieux, bien qu'il n'en sortît pas une œuvre comme celles de ma jeunesse. Au nailieu de ces occupatiojis, et sans m'y attendre, se planta à mon esprit l'explication d'un ]X)int de l'iiistoire romaine qu'en vain j'avais cherché depuis douze ans: je fus consolé et ranimé. C'est un point Jielatîf au grand changement introduit dans les comices, dans la loi électorale, et dont j'avais moinéme, en grande pai*tie, méconnu le sens : il s'agissait de faire passer les élections aux mains des propriétaires dn sol et des anciens citoyens, sans exclure les artisans et les citoyens qui ne comptaient point d'aïeux. Cependant je pensais constamment à vous, et le cœur me battit en découvrant qui fut le
aUi CORRESPONDANCE.
grand Ilomaiii^ qui jadis opéra ce que vous avei fa^it, et que sa nation récompensa par le surnom de Maximiis, qu'il n'avait pas obtenu par cinq consu* lats et autant de triomphes.
Je tis précisément cette découverte le jour anni* versaire de mes fiançailles avec ma première femme, dont le dernier souhait avait été pour rachèvement de mon IIist(dre romaine. Le courage de reprendre ce travail si longtemps interrompu s'est réveillé; ma vie n'est donc pkis sans vocation, ma mélancolie est vaincue.
Savez-vous à quoi j'ai reconnu ce cpie vous êtes pour moi? C'est que, au milieu de mon découragement, j'éprouvais un désir inexprimable de vous revoir; il ne fut pas moins vif lorsque le calme revint à mon âme affligée.
Ne pensez pas que j'attache de la valeur au petit mémoire (jue vous attendez et que vous aurez; l'exécution du grand ouvrage ne m'em])éche jkis de le terminer.
Ma conscience ne me reproche pas mou long silence. On n'en doit être honteux que lorsqu'il provient d'un oubli
Nous espérons d'autant plus pour la douce petite
Marie qu'elle soutient plus longtemps le combat
Le daiiger ([ue présente cette maladie diminue à mesure que les enfants avancent en âge, et il devient insignifiant après la quatrième année. 2Si ua
» Le censeur Q. Fabius. — Voyez l'Histoire romaine (thTdoild par M. tic Golbdry), t. VII, p. l/i7.
iaiif^er vous menace, c'est plutôt dans la personne le votre mère, à cause de son grand âge. Puisse Dieu vous la conserver et vous accorder le bonheur de la revoir ! Entreprendre un voyage si lointain et dans de si cruelles incertitudes, c'est terrible, et je âoubaite fort que dans aucun cas vous ne l'ayez entrepris L'espérance de vous revoir ne saurait me faire changer d'avis, car j'ai tout à fait renoncé à mon voyage de Paris; je passerai tout l'hiver ici. Li prochaine fpis, je vous en dirai davantage.
Les pages ci-jointes sont le commencement de communiiîations sur l'état de l'Allemagne*; vous recevrez successivement les autres parties.
Oieu vous bénisse, seul ami de mon âge mur! qu'il vous garde et vous protège ! Ma femme et mes enfantsvous saluent cordialement, vous etles vôtres.
1313. —M. de la Boulaye à M. de Serre.
Ay, prés Épemay, 10 octobre 1833.
Cher ami.
Nous avons passé par les mêmes alternatives et Parles mêmes angoisses. Les nouvelles sucessives
' Dans ces fmges M. Niebiihr traite de IVtat des cantons de ^t-Gall et de Zarîch. — Voyex Lebensnachrichlen von fi.-C. ^'W^i(ir,3«^B., S. /i33./i31.
OU simultanées qui m'étaient transmises se ressen* < taient du caractère et de la manière de voir de ceux qui mêles donnaient, et, dés qu'il y avait un rayoa * d'espoir, je voulais qu'il pût luii'e à vos yeux comiBe aux miens. Tout est éteint, sauf cette âmè dont étaient pleins les quatre précieux mots que vous avez recueillis dans la lettre de M. deFontenav. U me restxî une semblable relique ; souvent je verse des larmes sur quelques caractères qu'une main défail* laute a essayé de tracer pour moi sans pouvoir les rendre significatifs. La Fortelle s'est conduit eo bon j)arent et en homme dévoué. Sa femme, M. et M'"*" Duterrier ont assidûment soif;né la pauvn* malade. Hélas! le jour fatal, à huit heuivsdu matia^ MM. le Roux et Dupuytren croyaient que la hitle pourrait durer encore une semaine. Dés ce moment cepcnidani votre mère remit à ht Fortelle deux baignes ([u'elle portait et qui vous sont destinées. A neuf heures (hi soir le mal empira : ou courut chez votre eousiu; la pauvn» malade étoulïait tlaus son lit, elle se lit mettre sur son séant, demanda q non ouvrît l(»s fenêtres, parut épi'ouver cpielque >oulaaeuient, (»tbi<Mitôt après il fallut lui fermer les veu.x. Je m'attendais à ee déplorable évéuenuMit, qui ne m'en a pas uioius violemuieiit énni. Depuis le 'Yi se|>tembre il m'a été impossible de vous écriiv, et je sens bien tout (;e qu ont de douloureux les détails <(ue je vous trace aujourd'hui ; mais vos {mmucs et les miennes pèsent d'un tro]) £^rand iK)i<ls sur mou cu^ur ]>our ((u'il me reste quelque liberté d'esprit. Moo cousin vous a donné de nos nouvelles. Asonstvie
ANNÉK 189a SU7
et sur sa figure on ne devinerait pas sa situation. «Sous des dehors sereins je suis dévoré de chagrins et d'inquiétudes. L'ignorance où sont tous ces en* £uit8 qui m'entourent, de Tetat de leur père, et leurs joies bruyantes me navrent le cœur, et j'éprouve un violent accès de mélancolie, à laquelle je deviens de plus en plus sujet et qui paralyse mes forces morales. Nous nous confions nos misères, cher ami, et nous nous en garderons le secret.
M. Desjobert est homme de mérite, sage, estimé dans les consulats. Sa femme, que j'ai connue enfant, est une bonne, agréable et estimable personne, d'une très-faible santé. M™* Desjobert est bien née et bien apparentée en Belgique ; son nom de demoiselle est de la Chaux. 1 <e ménage a de la conduite et de la fortune; il peut vous être d'un gracieux et ntile voisinage. Je l'ai trouvé fort bien établi l'an dernier à Amsterdam, d'où Ton n'est sorti cjue par raison do santé. Vous me ferez plaisr en disant au Jiiari et à la femme que je vous ai parlé d eux.
Je ne sais pas si Saint- André, sa femme et ses enfants ont quitté le Havre, où ils étaient retenus 3ar des vents contraires.
Les vendanges vont commencer; elles seront méliocres et fatigantes. Puisqu'elles vous chassent rischia, faites, si vous le pouvez, quelques courses D famille. Ne vous séparez pas, il en coûte trop her.
Mon beaa-fils est auprès de moi. Il a reçu voti-e rttre et il vous adresse respect et i^emercîments en mnant part à vos peines.
La lettre pour M. Dupuytren a été remise.
Jouissons du parfait rétablissement de Marie, .
que j'embrasse tendrement ainsi que vos autrei ,
enfants, et leur bonne mère, et vous-même, char ;
ami.
Militairement tout me paraît bien avancé et bien «. fait en Espagne. j'
1314. — Le général Despres à M. de Serre.
Mataro, 11 octobre lâ^
Il y a bien longtemps, mon cher ami, cjue je n* reçu de vos nouvelles. Je vous ai donné des miennes; votre exactitude ordinaire à me répondre me fait craindre ({ue ma lettre n'ait été égarée. Lorsque je vous récrivais, nos attaires étaient beaucoup moins avancées c[u'elles ne le sont aujourd'hui. Depuis lors, l'importante place de Figuiéres nous a ouvert ses portes; l'ennemi, découragé par ses rt*vers, ne tient plus la campagne. Il s'est renfermé dans les places de Barcelone, de Tarragone et de Lérida; s'il tai'dait à se soumettre, nous serions bientôt en mesure de faire le siège de ces i)laces. Le maréchal Lauriston a déjà reçu l'ordi'e de marcher sur Lérida avec l'équipage de siège qui avait été formé pour Pampelune. On prépai^e les moyens iH^ces-
sairespour l'attaque de Barcelone; mais tout porte icroire que nous n'en ferons point usage. Nous ve- BûDS d'apprendre l'arrivée au port Sainte-Marie du ni d'Espagne et de sa famille ^ Cette nouvelle a pénétré dans Bajrcelone; elle y a produit une vive sensation. Mina paraît disposé à se soumettre lors- (p'ilaura reçu les ordres de son souverain; nous les attendons avec impatience. Les places soumises, en organisera l'armée d'occupation ; il est probable que je n'en ferai point partie, et qu'au commencement de l'hiver j'irai revoir ma famille. Tout «pendant ne sera pas terminé eu Espagne. Les «mbioaisons qu'exige le rétablissement de l'ordçe ians ce malheureux pays sont peut-être plus compliquées que celles qui ont mené à si bonne fin nos opérations militaires. Les premières paroles du Boi, lorsqu'il a cru sa délivrance certaine, n'étaient |)as i^assurantes. Il promettait de pardonner w opinions, mais point aux actions. Où trouver la limite qui sépare les unes des autres? HeureuseiKot la présence de monseigneur, le droit qu'il a acquis de donner des conseils^ sont une garantie de la sagesse avec laquelle on procédera^. Si le parti
*LeUoi et la famille royale quiUérent Cadix le P' octobre; ^x jours après, les principaux postes de cette ville et de l'He de U» farent remis aux Français. Le Uy l'occupation fut complète.
^•Tout ce qu'il dtait possible de faire pour moddrer la rt?acûoa royaliste, le duc d'Angouléme le fit. A M. de Bourmontqui, lt5,arait pris le commandement de Cadix, il enjoignit '«de main- > tenir le \K>n ordre, et de ne pas servir d'instrument aux ven- «(eancetv. l\ donna asile, sur un bâtiment de l'Etat, au gënëral ^ildèf,et fit délivrer des passe-ports à quelques-uns des hommes
•«■ • X ^ XF«ax ••««■• a«i^a« jlta^^bi \am^am\j^a\^ y m%f v xr«0 «a«AOOJ
ribles obstacles dans la ruine des finances riiu|)os$U>iiité de les rétablir. Je vous par toiii cela plus longuement lorsque, de i Taris, jojouin\i de quelque loisir.
Adieu, cher ami ; je vous embrasse du i *io UKHi oteur.
Je |u-ie >P ' de Serre d'agréer riiomoiage i>*s)^viueu\ dévouement. Mille amitiés à t;u)C> ei a MM. d iluart et de Saint-Mauris.
.>»> >v^^ vxwiwi^aiîs l\ <i:Lblît. enlia, que» dans las lieu a ^•> .r^^4,vs fr^iv-^>«s» l»^ comoianilaols françaii
î . .t -/'^ A 8K* us ..,. Il fit plus encore * Moosi
- ••^v /. ,Vv;> ". ^'\*-'%a:i-î! au Roî, c'est avec regret q
• »o.>. s*^-^* -^ !vi^rv^^*irer i Votre Majesté que loi» I
• .-V .% h-fty«.v. îxx:r !a deîirnpr et soumettre l'Espagne ' ■•* » ^'* .-s, ^ Trl> «xMiiinuait à suivre le pernie
V >^ • 5?.'u »•."'"-•. Vf ♦; qui a anieu^ les mallieurs
• ^ ^ -s •v'-^'o^\v>n'i 51 rU^ nen chaneeait »
., --t» -r.. ■; . -.' ' v."i*.«;f>\ par M. de Haurann
1315. — M. de la Bonlaye à M>°« de Serre.
Ay, prés Épernay, 16 octobre 182.'<.
Vos tristes pressentiments ne vous ont malheu-r irasement pas trompée, madame et bonne amie, et tout ce ((ue votre lettre du 23 septembre dernier ■'annonce que vous redoutiez est arrivé. De toutes puis affluent les mauvaises nouvelles de famille. Emmanuel, que j'attendais de moment à autre, en Kponse à tout ce que j'avais à lui transmettre de douloureux, me mande qu'il vient de perdre son ooele de Jaubert * après onze mois de souffrance et qoila ramené chez lui M"*^ de Jaubert dans un état desantéalai-mant. La vôtre a été ébranlée par le ivtnird'lscliia et celle de notre ami doit beaucoup souffrinle la situation de son âme. Soutenez uiutuelbient votre courage. Vous avez éprouvé depuis Jix-liuît mois bien des tribulations et de cruelles îuisoissi's, mais il vous reste de puissants moyens p^Hir combattre la douleur et de nombreux sujets 'l^ptrancc. Contemplez vos enfants; vivez dans
lavi-nir Je vous sais bon gré de vos maternelles
sollicitudes et j'aime à voir que vous son{;ez aux prmisions de l'hiver de la vie. J'ai bien fait pour nioii roiiipte de n)'en occuper de bonne heure dans
'Vviczi. I, p. m.
35â CORRESPONDANCE.
1 iiitéivt (le ceux qui me sont eliers et dans nimi pi\)piv intérêt. Je n'ai plus la force et raotiviiinéoessaires pour une grande exploitation (jue j'ai loniiiemps perdue de vue. On paresse, on gaspillr aniour lie moi. Chacun s'occupe beaucoup drse^ alïaiivs vi d'autant moins des miennes. (.Viles dn \ ifuoble deviennent de plus en plus dirtîciles>. Ije x<\siînie de prohibition poussé à Texcès nous fenïit- <;uvossivement touies les iK)i1es éti'aujièi'es, les \în? > aivumulent. et il faut vîviv décononiif sur dry K.\\c> 01 des ccUiei's tiui regorgent. CVsi un mal ; <*r:;ouliir dont on e?t consolé par nos succès en Es- ;vi^:*.e. l^\ cam|Vîgne de notre généi'alissime a \Tair.;, .'.: < tr ir.aiznitîtiue n la nuxlestie, la modératioD, ./, x\^:>><" du prince ivhaussent encore sa tiloire*. Vx,v ^.v,>. oht-re amie, je déplore la jx^rte de ^,^» ,;, y/r:M::iv ot de Sahu-Maurîs. La vî>iteJ»* V. v. ,\ :a:: d:: biru. jeu suis reconnaissant ^ . .-.>::*. .: • ixirl.-r dt* vous ti>us! Tamn'
-i. r -1 .■.,:::•■...:::• ■:•.■ î>î.'l n'a «jnnr- -- - - - L ::;■.:• -Mlle . h- l.-^iiiîr.- •::^
' . ^ <- - * - • : ::.<.-;■ rat-f». qu':!"» y ;..r-
*-: r !■? i av«.. u w 1 .. :.-
■-; . .: • \ .■■T. à r- .. ir-
" • "^ * ■ ■ . <^<^ .#• rk ;• -•■*
-L ." 'e i »r»: \\:n-'ii r •n:^ . - • : J :.■•!• «T la ^ i--:«ipf-
arbres, transplantés comme vous Tètes et dépouillés
de vos feuilles, conservez vos fruits. Vos enfants
TODt bien, c'est une grande consolation. J'espère
que Marinette est à présent tout à fait triomphante.
J'embrasse ces chers enfants et Eugène, que je re-
■ercie de sou bon souvenir ainsi que M. Riboulet.
Le petit monde de ma famille se porte bien pris en
Bisse, car il y a toujours quelque petit accident
de détail. Saint- André vogue et doit être à peu
pRsi mi-chemin. Nous vous avons dit ce que nous
pensions de M. et M™' Desjobert. Enfin nous com-
■ençoDS nos vendanges, qui sont médiocres et
froides.
Tous mes parents vous offrent les plus tendres
hnomuiges d'attachement et de respect. J'y joins
ks miens, et je vous aime et vous regrette de plus
«Q plus.
1316. — M. de Serre à M°^^ de Serre.
Mont-Cassiii, 17 octobre 1823.
Nous avons gardé les chevaux pour nous conduire à l'Isola ' , et, comme la poste t'arriverait trop ^ri, nous t'envoyons un exprès, chère amie.
* holi, petite ville de la Terre -de-Labour, A 7 kilomètres de **»! Miuéedans une île formëe par le Garigliano. Pr<^s de M se «wwaient les propriétés de M. Lcfebvrc. — Voyez t. IV, p. Wi9. V. " 93
;iV. CORRESPONDANCE.
Nous sommes arrivés liier bien portants ici. oii juMis avons passé la nuit, fort bien accuciUis. Nous avons t ra vt»rsi' un assez l)eau i)ays, et surtout de beaux elaii-s-chênes; les bois font plaiiïîr à voir, quanit on en a été privé depuis lonf^temps. Ia* ïuouvonient du voyajze, les aspecfs variés aizissent >nr IVune, et Tmi pense avec une douleur moins péjuble à ee (pfon a perdu, avec un sentiment pins doux à ee qu'on possède encore.
Nous venons de voir une des plus mai^nifiques t\::llses, ei je tVcris de la bibliothèque.
Nos plans ne sont pas encore bien arrêtés: eejv ndant jt* pens*^ que nous partirons demain pour r Isola ei tpie nous serons de l'etourà Xaplesplu^ loi que nous ne ptMisîons.
Au iwoîr. ... Pivnds bien soin de nos enfants, *:v. ■ :o vo:îfoiîd< avec leur mèiv dans une tendres*
v'.>*:rrîer, éerîs à la Houlave: «w ■ MÎr îr.»p !rîst<\ ri le pauvre lioimu'^
1317 -. U de Serre à M"^ de Serre.
V,'r.îrx?Ji kmp. 17 octobre 18ÎS.
!i;>.s iiii^rs ei' uîatin par un iX- V " . l.i l'.^ste te j^orioiti ceux-ci
ANNÉE 18âa 3b^
Ma leltre detanlôt, écrite au milieu de plusieurs eooversations, n'a guère pu t'exprimer ce que je voulais dire, et Taura mal exprimé. Je ne suis pas «icOTe, d'ailleurs, dans 'cette disposition où une lettre, même à sa meilleure amie, s'écrit facilement: le cœur voudrait s'épancher, et le cœur est serré. Je te dirai cependant, ce qui t'importe le plus, que ji$qu'ici je suis content de l'eflFet physique et moral de mon voyage. Il y a dans le silence des cloîtres, dans leurs longs corridors, dans la majesté des é{lise5, quelque chose qui sympathise avec la doukor, quelque chose qui en bannit les mouvements impatients et tumultueux, qui lui commande le odme et la résignation; les religieux eux-mêmes «0 portent l'empreinte sur leur physionomie. Les heures passées dans les bibliothèques, les archives, ces heures consacrées à ce qui n'est plus, rapprochent tous les temps et les montrent presque tous pareils à nos yeux.
Cependant, si les projets que nous venons d'arrêter s accomplissent, nous quitterons le Mont-Cassiu drtnain à la pointe du jour pour aller à llsola et itfYfiiir lesoîr même coucher ici. Nous y passerions If dimanche pour revoir ce qui nous a le plus intéivss^'s et examiner ce ([ue nous avoiis pu omettre. Nos chevaux se reposeront cette journée pour nous ramener lundi à Naples. En pailant à trois heures,
Ui nous pourras rencontrer
Au revoir, bien- aimée; reçois et rends à nos <ïhers enfiuits les plus tendres embrassements.
Samedi 18> au maliiL
Je rouvre ma lettre pour te dire qu'un violent orage, qui a fait fureur toute cette nuit, dérange toas nos projets. La pluie tombe encore ù torrents; il est impossible de partir. J'ai t*té réveillé, au milieu de la nuit, par le plus eflfiX)yable coup de tonnerre que j'aie jamais entendu; la foudre doit être tcmibée tW'S-près de nous, dans le monastère. Lecomte*, qui couche à côté de moi, prétend que c'est dans sa chambre; qu'il s'était levé, qu'il a été ivnversé. lia failli mourir de peur, et on ne lui utera pas de la tète qu'il a été foudroyé; quand il fera plus clair, nous vérifierons tout cela. Si le temps est remis demain matin et que nous puissions exécuter notre plan, nous serons retardés d'un jour; cela nous rejette dans les incertitudes. Ne te tourmente doDC pas à nous attendre.
Au revoir, chère amie : je t'embrasse de tout mon cœur.
1318. — M. de Serre à M"°^ de Serre.
Isola <li Sura, 19 octobre 1853, neuf heures dii soif.
J(» recois, chère amie, à denn-heure de distance, tes doux pa(|nets de vendredi et samedi. Tes lettres sont tout ce qu'il y a de meilleur. Tu semblés me montrer
' Domestique français au service tt«» M. île Serre.
ANNÉE 18â3. 357
toat ce que le Ciel m'a consei-vé trexcellent sur la
terre pour m'y rattacher malgré ce qu'il m'a ôté
C'est une grande nouvelle que la prise de Cadix «t la délivrance du roi d'Espagne : c'est de la gloire jxmr le Roi, pour la France, pour le duc d'Angouléme. Le mouvement de la lettre de M. de Chateaubriand est noble et généreux : Dieu lui donne de l'accomplir! Tu as tout fait pour le mieux, même d'envoyer Gaston à Caserte. 11 est bon que ce jeune OBur batte de bonne heure pour son Roi et son pays ; j'en augure que tu saurais, si l'honneur l'exigeait, comme le fit ma pauvre mère, envoyer ton fils combattre à quinze ans.
M. Boutet étant disposé à partir cette nuit même, je t'écris à la hâte. Nous suivons notre petit plan, ijui est d'aller demain matin à la Trappe, à quatre milles d'ici, puis le soir de retourner au Mont-Cassin, où nous avons laissé nos effets, et de partir de bon matin j)our t'arriver après-demain pour dîner. Nous délibérerons ensemble sur ce qu'il y aura de nûeux à faire. Je sens bien que la plus grande douleur privée doit se taire un instant devant une ?rande joie publique.
Une tempête comme celle que nous avons eue hier pourrait seule retarder notre arrivée, not e équipage ne permettant pas de mettre Eugène à couvert; j'espère que nous n'aurons pas ce fâcheux contre-temps.
Au revoir, ma bien tendre amie. Je ne te dis rien sur toutes les lettres ({ue tu m'envoies, ni sur la suite <le mon voyage ; nous en parlerons à mon retour.
aSB CORRESPONDANCE.
Je t'ai écrit avant-hier par un exprès et hier par la poste.
J^espère trouver mieux ma chère petite Marie, et bien les autres. Je les embrasse ainsi que toi de toute mon âme.
Ton fidèle et meilleur ami,
H, DK S.
Eugène va bien Amitiés à M. de Belleval et
à M. Riboulet.
1319. — La oomtesse dé Damas > à M. de Smrrm.
Paris, ce dO octobre [IdSK^^,
Conformément aux intentions de M. de Damas S je vous prie, monsieur, de vouloir bien vous
* Louise-Ptiiiliiio do Chastellux, fille du couito Hcnri-Georg< Ci^sar de Chasio'lux, maréchal do camp» naquit le '}, octohre 17BI. Elle (^poii^^a, le !Vt août I8I/4, le comte Ro^er de Damas. Elle mourut le /* mai IS-""»?.
* Lo comte Roger de Damas, ne en 171>5. était fils de François- Jacques de Damais, marquis d'Antigny, et de Zepliirinc-lVlicile de Rocliecliounrt. Il otitint, à quatorze ans, une sous-licutenance d.ms le refrimeut du Roi (infanterie). La guerre ayant e'clate' entre la Rus»iio et la Turquie, il alla »4e joindre aux soldats de Catherine II Le l'*" août ITSi^, le prince de Ligue «'crivait à M. de St^ur :
Camp 8OHS Oi^kiahow,
u Je v«>îs un phenomëno de chez vous, et un joli phf^nom^ne, un Français de trois siècles; il a la chevalerie de l'un» lagràc« de
ANNÉE 18â3. '359
iliai*gcr de remettre à la cour de Naples les inignes de Tordre royal de Saint-Ferdinand, que Ua Majesté Sicilienne avait daigné lui accorder il y i bien des années, comme la flatteuse récompense de îessenices. En vous demandant, monsieur, de lui •endre ce triste et douloureux office, je suis sûre de rîntérét que vous voudrez bien y mettre; je sais |ue vous n'avez pas oublié vos anciens et si honorables rapports avec lui^ : il se plaisait à les rappeler !
Recevez d'avance mes tristes remercîments, mon-
raatre et la gaietë de celui-ci. François I®', le £;rand Cond^ et le
maréchal de Saxe auraient voulu avoir un fils comme lui II
s'est distingua aux victoires navales que Nassau a remportées sur le capîtan>pacha ; je l'ai vu à toutes les sorties des janissaires et max escarniour^hes journalières avec les spahis; il a déjà, ëté blessa deux fois. Toigours Français dans Tâme, il est Russe pour la subordination et le bon maintien; aimable, aimd de tout le monde, ce qui s appelle un joli Français, un joli garçon, un seipieur de bon goût de la cour de France ; voilà ce que c'est que Bofer de Damas. » (Lettres et fiensées du maréchal prince de Ligtie, publiées par M™« de Sta«l, p. 108. Paris et Genève, 1809.)
Après la prise d*<^>ckzakow, rimpdralrice lui donna une epee d'or sur laquelle eiaionl gravds ces mots : l^our la valeur. Aide de camp de M. le comte d'Artois en 171U, il rejoignit, en 179/i, lo prioce de Conde, qui lui confia le commandement de la Mgion de Mirabeau. Il passa en 17C6 au service du roi de Naples. En 181/<> il reçut de Louis XVIII le grade de lioutenant ge'neral et le gou- Tememcnt de la 19* division militaire (Lyon). Il fit partie de la Chambre de 1815 comme dt^pute' de la Côte-d'Or, et sic^gea sur les bancs de la droite. Il mourut au château do Cirey-sur-ELii^c (Haute-Marne) le 3 septembre 18il3. — Voyez le Moniteur du 8 novembre.
* En 179Ô-1797, M. de Serre était sous-lieutenant dans la l(5gîou eommandée par M. de Damas.
dCO CORRESPONDANCE.
sieur, et Texpix^ssion de tous les sentiments avec les(}uels j'ai Thonneur d'éti*e votre très-humble et três-obéissante servante,
CiiAsTCLLux, comtesse Rogeii Damas.
1320. — M. de Serre à sa scsar.
Napics, 96 octobre 183?.
J'ai ivçu tes trois lettivs, ma chère amie; (Iws ran£îoisso où j'étais, tu comprendras que j'ai tank à n'^pondre aux deux premières. FiTipiK'S maintenant chi même coup, tu comprends ce «fue dans notix> commun mallieur je dois éprouver. Cependant, je le sons, tu a5> besoin de recevoir de nos nouvelles. Ma fcnnne voulait tVcriiv: ellee^ttn»p soutlVautc lie miizraines qui l'ont beaucoup tourmcntic dan> ce climat. Ma >antt' est altéive ik tant ilo peines, et surtout do cette dernièi'e douleur doiu j'avais toujours détourné ma jxMisi*e avei* olTivi. Je >t»ns loutetoîs que je ilois nie consenerà 00 qui ii.i re>ie et iniiior les vertus de celle que j'ai ivrvhio. >[r> Olifants Aont bien et annoncent un buu oaravieiv: Mario, qui nous a dinnie tant d'inquièt'iîvlis. lî n:\iis la dornioiv n:a!adie de laquelle ]«' Mraî> pa:*:i jvn:r Pari<. Aa uiitux. et j\*sjx-re tjuo nous la >^\ia ^ i\^:s
J tvn> a M. lîi\ ton. qui a tie cliar£^o de mapit)-
cuntion et de celle d'Hyacinthe pour la succession de mon père, et je le prie de s'en charger encore en cette triste circonstance. J'ai écrit à M. de la Boulaye sur ce qui m'a paru le plus pressé. Avant tout, je désire connaître si ma pauvre mère a laissé des dernières volontés.
Je désire, sans le prévoir, que les événements Dous rapprochent; tu restes presque le seul lien du saog qui me rattache à la France. Depuis que je Fai quittée, j'ai fait plus de pertes et de plus miellés que je n'en avais fait de toute ma vie. .\QS5i mon cœur est brisé.
Nous avons encore appris la mort de M. de Jaubert, oncle de ma femme, avec lequel, pendant tout ■OD séjour à Metz, j'avais vécu dans une grande intimité.
Au revoir. Je te donnerai plus régulièrement de Dosnouvelles. Nous t'embrassons tendrement. Ton lx)n frère.
n. DE Skrre.
1321. — M. de Serre à M. Niebuhr.
Naples, 30 octobre 1823.
J'ai reiju votre lettre de Bonn, bien cher ami. 11 ^ peut me venir à l'esprit que vous m'oubliiez, ^'ais je savais que vos enfants avaient été malades
3d3 CORRESPONDANCE.
à Fi'ancfort; je ne vous savais pas arrivé, < d'autant plus inquiet que d'ailleurs j'éU malheureux. Le Ji3 du mois dernier, j'aip mère, et en elle ma plus ancienne, ma pi stante amie, celle à ([ui je dois le plus sur Douée des agréments de son sexe, aimable elle fut en même temps sage, forte et cou L'émigration m'en sépai'a pendant six ans < six mois de réunion, pendant quati*c autre encore. Le séquestre, l'emprisonnement, Tî l'échafaud, la persécution, la ruine ou le de tous les siens, le déluge de maux de nrible révolution éprouvèi-ent sa vertu. Api réunion, elle me suivit à IIamI)Ourg, ù lin Paris; nous ne nous sé[)anunes qu'à mo poiu- Xaples: c'était pour ne plus nou> rev qu'au dernier moment j'ai été sa pensée l>rié Dii-u pour moi.
tVioiip vriKuii à la suite de deux nui ilans ilo mortelles angoisses m'avait alj U'unur II K- iihiKvin m'oni pou^s<• à fairt vovago : jo sni> alh- au Mont-rassin, l'un i re>!f'Sil,'> ttinps nligicnx: puis à Tlxila, ; di^ lai|;irlK^ -r r.uiii-^.-ut Ir Liri- ri le y<K\v u»îiilur tiiMiiï.- iii brllrs easi-ailt-s. «Ml.' n iuu,.îi iiti,- il.vait i-tiv la villa «It- !»'••< -.iArj.iiP.îiii. .lai iii>uit.- visiti- la 'IVaj -•«■•i:'.. i ai;> .> ::n.- iiiai>»>ii lU* Marins tlai >>>maiu C' in.MKi>t»i\' lancuit: il nva iwii ^ «vs. Non> ,Mi avoi.s «n Knui.v ('iiiq. ilmt aiïopu» mio ivfiuino plii< iii:oiiiviiïie iiicoif
ANNÉE 18â3. 363^
porte avec grande fureur. J'étais tenté d'aller voir le hc Celaiio, lorsqu'un courrier m'a apporté la oouvelle de la délivi-ance de Ferdinand Vil ; je suis nm ici prendre la part que je dois aux fêtes qui eêièbrent ce grand événement. Pour nous, Français, flest incontestablement aussi honorable qu'heureux* , et j'ai de fortes raisons de croire que nous apportais des intentions généreuses dans le règlement intérieur des affaires d'Espagne. Nous comprendrons, j'espère, que ce succès aussi importe à notre
jtlwre; il v en aura seulement à l'avoir tenté. *
'« Jusqu'à ce moment, en Franco et plus encore à, l'^trnn- |ff,ooiVuit (;«.Wralomcnt persuada qu'il nMtait pas possible au fareraemcnt de la Restauration de mettre en ligne quelques ii3iers de soldats sans s'exposer à les voir arborer le drapeau
tricolore et proclamer sa de'cli^ance En df^pit de toutes les
fnîocations, l'armt'e dtaît restée fidèle, elle avait fait son deîoir. Lm v»^ti»ran3 de Waterloo, mêles à ceux de rdmigratioa et
"WU Yen.K'e, avaient rivalise avec eux de zùlo et d'anlonr De-
«crmi<« ils voyaient un protecteur dans le duc «rAngouIcme qui kiatait romluits A la victoire, qui, non content do les dï?fondro •aire les pn.'ventions f*t les sonp<;ons du parti ultra-royalisto, *^ttlt mr.nl n' aninn' envers eux d'une bienvr/illance j)resque par-
■ileei leur avait pro ligue les récompenses et les faveurs Au
Hf»r«, par cela ui^Mue rpi'on ne croyait plus le gouvernoinent nic- '*••', il n-pi ît p'-u à pou lo rang et l'influenco qui lui npparte-
*i^t naturellement La France cessa d'être isoli'c on Ku-
f^ Il 40 mêlait i ces grands avantages do non moindres
■»nTvnif.'nt9 Le parti royaliste, enivre d'un sucoès au'il n'a-
^û\tfM\-i:\r<* pa< e<pe'rd aussi grand, aus&i complot, no mettait fh»(H ornes à *^e<% prolentioiis, et, après avoir eutraînd de force W. 'l'Villék* A la guerre qu'il ne voulait pas, il devait se croire MHz puisitant pour lui faire subir toutes les autres conditions f» il jugerait à pro|X)^ de lui iniposor. » {flisloirc il' la RetitaurU'
*'"^. l-ar M. de Viel-<a>tel, t. XII, p. t>73-0".V)
^'ous aiiivz eu tous les détails sur 1 élection do nouveau Pape'. Ce choix a été une transaction*; on en dit le peuple de Rome très-content et on en cspî-i-e. QuVst-ceque cet article de la gazette de Berlin qui dit qu'en votre absence le dernier Pape a nommé un archevêque de Cologne qu'il paraît qv votre aouverneraent ne reconnaîtrait pas?
Je vous félicite de tout mon cœur de 1 accomplissement dcsîi-é du mariage de votre digne pria» royaP, bien que cela nous prive de le voir cet hiver. Doîs-je vous féliciter aussi de l'établissement de v» Ktats provinciaux, apparition devenue j)resqueiiwpiui-e, tant on avait fini par n'y plus compter? Je m altondal^ qu»- vous m'auriez prévenu sur cesuj€t. il je ncivtit' lîiaîiitenant de n'avoir pas discuir aviv vous la question des États provinciaux dans uiît -izi-ande nionar^^hie. L intention m'en parailex- Oiilt-r.Te. j'ai ùvs douie< <ur le succès. 11 esl remarqv.a^..' i[:ri.v> >L.rî»/s iriliats aît*nî été dans toulf 1 l-.;;ivjH.- *.;» -riiirs .vj rLuilTts par la fornwtiontk* ;::r%:K:..s ir.. ::;iîv!iî* s t-t qii..- o* soir aujourdlu" ^ i\^v:::ri\- : r;... r q\i I^s rrjmxluis*^ spontaiit-meni. '^ 0 ; :\ :::::• r^rv.u: ;.;*< v».u> conduira- t-il adeji Ktatr
' • •-' :•••;. '-.^ ^fir^."».:'.:» oi ranimai le 18 D»*^
> s .• - U 4 \ , \.: ^^ :^ le : t.i i* Uon MI. le 57 ^
\ ^ • ''•-'■ -' .■ -- ; -. A//, 1 ar M. Amn-I do Moaior.
^ j "*. ;^^.*^*'' * J " ■'"*' -•*^^- î^rVî*-- arec la princesse Éli«- *-^j t.-c .;^ Vax - .i*r l \ r.l îe I^^iTrr*-. fui cvVbft? le i? *^
(iéfléraux? Jusqu'ici nous n'avons vu ce système eonbiné que dans les républiques confédérées : la Suisse, les États-Unis, les Pays-Bas ne l'ont guère eoDsené que nominativement ; les provinces y sont petites, les gouverneurs y ont presque autant d'autorité que nos préfets, les États guère plus que 106 Conseils généraux ; puis là le gouvernement s'est donné un point d'appui en épousant l'intérêt desauciennes provinces. La nouveauté de vos États, kQrcomfK>sition, l'esprit général du temps semblent énroir leur donner de la réalité et de l'importance. Lmtérét généi-al n'étant point défendu, ne sera-ce fis pour eux le premier des intérêts locaux? Diffé- RDment placés, ne l'envisageront-ils pas sous des points de vue différents? Nos politiques estimaient mat la Révolution que la France n'eût pas été {DQveraable si toutes ses provinces eussent éié des piys d'États. Le gouvernement a bien des moyens de s'unir à des Etats centraux et de les diriger <|tt*il n'a pas avec des Ktats provinciaux. Mais, *fl doit avoir un jour à vaincre des résistances ttûtrales, n'est-ce pas se créer en outre des résistances sur les divers points de la surface ? D'un lutrecôté, dans une monarchie nouvellement composée de parties longtemps étrangères Tune à l'autre Itt'il importerait d'unir dans un même esprit, était- ^bien le cas de prononcer davantage leurs diffé- ^Hices, leurs oppositions peut-être, par des Etats particuliers?
Vous voyez, mon ami, que je commence à prendre autant (Vintérêt à votre pays que vous en prenez au
;î66 correspondance.
mien. Dîtes-moi un peu, que iMîusez-vous de nos discussions sur Ta^^iotage et les ventes à lonne? Il me semble que le jeu de Bourse, par rinquiêtuik qu'il maintient, nuit plus au crédit qu'il ne le sert; que ce dernier ne peut s'élever, en définitive, que par les capitaux qui y cherchent un placement dund)le; mais que le jeu est, à un certain point, ua inconvénient inséparable d'une dette publique qu'il faut cherclier iV restreindre plutôt ({u'à supprimer. Poui* ce, je maintiendrais le principe qui refuse aux xigents de change toute action contre leurs clients et je rendrais la compagnie des agents de change solidaire envers les clients de chacun, en donnant à la compagnie droit d'admission et de démission sur ses membres.
C'est avec un vif intérêt qne j'ai lu votre morceau sur Saint-Gall et Zurich. Il m'a fait reliiv VEssai Instoriquc sur la iSuist^Cj deuxième volume de Simons. J'v reconnais bien l'elTet du //^*wlisntc; ce n'est ((ue vanité et décomposition. Ss liontes Tauraient depuis lonjitemps iliscrédilé n'Uis les fautes <le ses advei^sain^s. Je ne saurais avec vous blâmer ces pauvres Suisses de s'exercer aux armes. Il V a encore mi bon novau au moins dans les eautous forestiers et dans Berne: et, s'ils ne j>euveiH pas seuls, ils pourraient à l'aide d'une alliance. Si nous sommes assez sages jmur nous cont<*nttT delà Iil)erté et de la justice, elle nous appartiendra. vl attendrai avcM- iuipatieucc les feuilles que vous nir j)r()njftti»z encore, mais je subordonne tout â lîurouiplissemeut du grand ouvrage auquel vou.<
VOUS vouez. Je puis dire qu'il était dans mes vœux, bien que je iie me fusse pas dit précisément que celait cela. Que je regrette de n'avoir pas le comnmcement ! ne serez -vous pas dans le cas d'en faire ne nouvelle édition, de la remanier? Je désire mnt tout que vous ayez succès dans votre pays; Biis, dites moi, n'est-il pas possible de trouver poar rhistoire une langue intelligible pour l'Europe et le monde civilisé en même temps que pourvos énidits? Vous voyez que, moi ignorant et profane, je voudrais que votre Histoire romaine ne Kt point étoufTée sous les épines de la polémique rt qu'elle ne perdît pas son caractère de la plus pande leçon que la Providence ait donnée aux peuples. Je vous remercie de m'assurer mon abrégé, d'autant que j'espère que cela vous servira plutôt <pe de vous nuire. Ce seront des jalons, ce sera une taMedes matières.
Vous ne me dites* pas ce qui peut vous avoir appHéà lionn, dans un pays inconnu. M. de Savi- !fBy yosr-il? Quoi qu'il on soit, si vous rentrez défidénifnt dans la carrière savante, il me convient kaucoup que vous vous fixiez sur les rives du Rhin a portée de celles de la • Moselle, qui sont les Dûennes. C'est encore là que j'ai parents et propriétés, même dans le grand-duché, deux lieues aud'^ssous de Trêves, la moitié des forges de la Quint, '-"est un grand rapprochement si je retourne en D»n pays, où se brisent l'un après l'autre tous nos li**ns. Nous venons encore de perdre a Metz un ^uire oncle de ma femme, homme aimable et in-
struît*, avec lequel j'ai vécu longues années dan? une société intime, et pour lequel je vous avais donné une lettre.
Ma petite Marie va bien nos autres enfants
vont bien ; •Fernand a pris quatre dents sans trop de douleur. Au milieu de tout cela la tristesse est dans notre petite famille ; nos dernières jKTtes ont ravivé le sentiment des premières. Ma femme prend ce pays en aversion comme s'il était cause de nos malheurs; elle est fort souffrante.
J'aurais cru qu'il n'y avait que dans nos ixiys,o» les partis font encore rage, qu'un revenant au»î honorable et aussi bienveillant que vous Tètes pût être ainsi assailli et mordu à son arrivée. J aurais voulu voir Tattaque et la défense. Si vous aviez quelque chose à m'envoyer, vous pourriez radivsserpar Trêves à Thîonville au baron d'Huart, mon beaufrère ,(ini habite là sa terre de llétange: si c'était de IJerlin i)ar A'ienne, adressez-le pour moi à notre ambassade; il nous envient souvent des courriers.
Au revoir, cher ami; je ne saui^iiis tnip vous plaimlre des ilèsharmonies que vous épi-ouvez: jxmr vous trouver à Taise avec tant de prèjucès (car il n'y en a jamais eu tant cfue depuis qu'on a pivtendu en secouer le joui: , tant de petites vues et de motifs honteux, il faudrait en être imbu vous-même. 'Toujours il en a coûté pour s'élever au-dessus de sou temps. A'oin* destinée est d'éclaiivr le vôtre; remplissez-la : vous avez ix)ur cela lumières et cou-
• l««coiiuoJ,« jaulort.
m. Aimez toujours votre dévoué et triste ami.
H. DE S
.Vous parlons souvent de vous en famille ; quand Jetais le plus affligé, ma femme disait souvent : • Encore si M. Niebulir était ici! » Elle regrette (le n'avoir fait qu'entrevoir la vôtre. Recevez tous kommages et tendresses. J'embrasse particulièrement Marco.
Finie le 3 novembre.
1322. — M. de la Boulaye à M. de Serre.
Ay, près Épcrnay, 31 octobre 18*23.
^W, cher ami, nous sommes loin, bien loin l'un ^l^rautre, comme le dit votre n"" 00, du 7 de ce ^' On peut, à de si grandes distances, traiter unes affaires, mais on ne traite qu'imparfaiteit celles de cœur. Rien n'ari'ive à point; Tab- ^« et leloîgnement rendent les joies moins vives ^irritent les douleurs. Vous attendiez les courriers *^ecune sorte de fièvre, et, depuis mes lettres des 22 ^^Sidu mois dernier, je ne regarde pas sans tres- ^Uir la couleur des cachets de Naples. Quelle
"^nteur! J'ai déjà réponse de votre pauvre frère
avoir pas reçu les derniers adieux et les béné- 'liciions de l'excellente femme cjui vous avait con- V. ^h
.TTO CORRESPONDANCE.
sacré sa vîe est sans doute un surcroît de douleur: mais ne vous i-eprochez rien à cet éfrard. cher ami. Dans les commencements de la maladie, les alternatives de bien et de mal, de crainte et d'espérance, ont longtemps duré ; lorsqu'on a cessé d'esi^Ter. il n'était plus temps. Pouviez-vous laisser votre famille malade, inquiète, éplorée, lorsqu'elle avaii tant besoin de vous,* lorsque vous aviez tant besoio d'elle? Le malheur et toutes ses conséquenci^sêtaieoî inévitables.
Je ne sais si M. Dupuytren a reçu votrepremienet votri» troisième lettre: quant à la s^econdo. elle lui a été remise par quelqu'un de ma ramille.
Vous avez appris les cruels acci<lents dont M'k duo de Bourbon' et M. le duc de Fit z -James oui été victimes à la chasse. Pauvres humains! uouj sonunes sujets à bien des mécomptes en courani aiuvs le plaisir.
Knuuanurl est toujours oi^cupé à soîcner sataiiU' de JauluM't. Oaprés sa dernier*» lettiv, il n'avait quelle biMuies nouvelles <le son fréi-e. J'en ai ner*» de >»*mblal>h'S iVwn île mes nevfux qui sVst bî^ coiuluit !M n*a «té que lécèriMueiit blessé à h vive alYain^- ile M. d«* la Htx^hejaqiiehMn''.
* al haniillv, lo l» u'iobre.
- l':: a-.-i îiui ■ -i ;uTi\..' :\ M-' K' Axw ,lo lioiirU»!!. lu Clif^^^ •»'»."'«i al .4i:ii siMi- îir. i^l, du j'i.iid«5 «li- «tiii cfirp"*, lui a C5*«*.' 1oui>'io i;:ui'-!io. Ln rru'turc i^M <im|»lo..... » M/ofiiVrir ilaScc-
** L'.iilair,- ,1.» ruoru-do-Miraboie 'A* >i*Meinbro . — Vo'rt '
• Le coiiiio Aiiiiaii..' du Ycrsîer de la lî^Hrliejaqueleiii. w «a
Aies parents de Mareuil sont fort touchés de vos souvenirs et de vos peines: ils vous offrent de tristes horamai2;es. Le moment de se quitter approche; nous le reculons le plus possible et nous passerons encore ensemble à Ay une partie du mois de novembre. Saint-André et les siens doivent éti-e bien près du Nouveau-Monde.
Vendée le 17 avril 178/i, calait le troisième lils du marquis de la Rocliejaqnolein, colonel du régiment de Royal -Pologne. Il Jmigra avec ses parents, et, après avoir fait ses (études dans un colMge de Lonlrts, il entra comme midshipman dans la marine anglaise. n revint en France vers 1801. Accuse plus tard de complot et incarcère^ au Temple, il en sortit avec uu brevet de sous4icutcnant pour le 2® de carabiniers, lit la campagne de Russie» et, couvert do blessures à la Moskowa, tomba entre les mains des Rusfes. Hn I8I/1, dès qu'il eut ])ris possession de son trône, Louis XVIll réclama le prisonnier ; M. do la Rochejaqueloin fut ailmis, comme officier supérieur, dans la compagnie de grena- «liers a cheval qui faisait partie de la Maison du Roi. Kn 1815, au retour de Na|)ob.'on, les Wndc^Mis se soulevèrent : M. de la Rochejaque1ein,qui commandait un corps de royalistes, rejoignit son frère Louis au combat des Matlies, où celui-ci fut tu(f et lui-même ble»fté (U juin). A la seconde Restauration, il devint colonel du |*»f régiment «les grenadiers à cheval de la garde royale, puis maréchal de camp et commandant du département de Seine-et- Ifanie. 11 fit la campagne de 18^3 avec une brigade de cavïderie l^giére, prit part à l'afiaire de la Corogae, et commanda en chef au brillant combat de Puerto-de-Mirabe(e. A son retour, il fut nomme commandantde la brigade des cuirassiers de la garde. Après les événements de 1830, il quitta le service et accompagna le roi - Cliarles X jusqu'en Angleterre. Accuse, en 183J2, d'avoir susciui des troubles dans la Vendée, il fut condamné à mort par contumace, mais acquitté faute de preuves en 183.^i. Le comte de la RoelMJaqaelein est mort â Paris le 21 norembro l8t>8 ; il repose près de ses frères, dans le caveau de sa famille, à Saint-Aubiu de- Baubigné (Deux-Sérrcs).
37U ( ORRESPONDANXE.
Entre d'assez vilains jours, il s'est fait iinéclainri qui a permis de vendanger j3ar le beau temps. U récolte est de moyenne qualité et assez abondante.
Je vous embrasse tous bien tendi*enient , mî chers amis. Tout à vous et pour la vie.
P. -S, Décidément M. le duc de Bellune iiew pas à ^'ienne.
On parle de dissolution. Si le cas y échoit, je ferai certainement mes adieux au monde.
1323. — M. de Wendel À M. de Serre.
Hayange, P*" norembre 183B.
Il y a bien hniiitemps. mon cher ami, que jeu'ai
reru i\v vos nouvelles; j ai i)ensé qu on vousaiiiUMi-
<;aii surcisslvement les événements malheureux Je
lamillo. et ([u'il était inutile de toucher encore àla
plaie; au ivste, vous avez dû vous attendis en i>ar-
tie à ivhi en faisant votre iirand voyaije; il y a eu
une assr/ -rande mortalité cette année, et ceux qui
UiHis tiuuhaieni en ont été victimes.
On a thaiiii,. n.)tre pivlVt ' ; nous en avons uu quf
' l>ar ..r.lo„„.-»„.e .1,, !« j„;,le,. M. de Balrar. préfet d« W*
» , :;!'• " •"'•' » «» préfecture de 1, Moselle; il rempUt«<
' •"'^•<l"«>v.I!o.q„i ,ioven.,i, ,>r.-fet de ]., Somme.
je ne connais pas encore, et on parle d'une dissolu- Ikn de Chambre ; cela va agiter les esprits, mais, si If résultat doit être la septennalité, la tranquillité Ai pays sera assurée pour longtemps ; je pense que Toos êtes en correspondance avec M. de Villéle; si TOUS désirez encore être nommé, il faut Tenga^çer à dooner le mot A son nouveau préfet, car en élection il faut que tout ce qui est bon marche ensemble, «isjK'iiie d'échouer.
L'esprit est fort changé depuis la gueri'e d'Esjwoe; cela a si bien tourné que les douteux sont fcenus très-bons, et les mauvais sont tout au plus <lwteux; il n'y a plus, que les incurables qui restent flïfleniis; la guerre a été conduite avec une généro- Weet une habileté sans exemple; cela nous remet * M bien beau rang en Europe, et il y a peu de Fonçais qui ne s'enorgueillissent de cette régéné- ''tion militaire. La conduite du prince* a été ad- •W)le; Dieu veuille que le Roi^ l'imite ! Il a mal '^UDencé en élevant un monument à la gloire de l 'ttDée qui a si bien battu ses troupes.
•le ne suis pas sorti de chez moi depuis la clôture «sChambres, en sorte que je ne puis rien vous dire fc marches et contre-marches de Paris ; je crois VeM.de Villéle veut gouverner longtemps; je ne *^ pas avec qui, mais je lui trouve de boimes vues tt une rare sagacité en affaires; vous savez que c'a ^jours été mou opinion.
■• le duc (l'Angoiilème.
'U roi d'Espagne.
37/i CORRESPONDANCK.
M. triluart^ me donne souvent de vos nouvelles; il me dit que vous vous plaisez à Naples; je suis bien sur que, tant que M. de VîUèle sera aux affaires, on ne vous attaquera pas.
Votre ami,
F. DE Wendel.
1324. — M. de la Boulaye à M. de Serre.
Ay> prés Kpernay, 3 novembre 18S3.
Je reçois, cher ami, un peu plus vite que de coutume, votre n" 37, du 1/* octobre: y a-t-îldoncnn priviléce pour la douleur? Au surplus, presque toutes nos lettres en sont empreintes. Celle à la- ] ((uelle je rrponds m'rtaît néces.saire, j'étais inquiet. Je crois que vous faites bien de chanjier de placi* i»t d'aller verser des larmes dans la solitude. \j^ abords de celle où vous vous proposez de vous rendre ont rté lonjitemps périlleux; ces dangers apparennnent n'existent plus; vous ét(*s j)rudent et à j)ortée d'avoir d<» bonnes informations. Croyez ((ue fai sondr* la profondeur de votre calice, et qnej** sens tout ce (ju(^ les circonstances ajoutent à sott auiertunic*. Mes propi'es souffrances m'ont midti rxprri. i)\w siiznifiiMit l<*s consolations, ménK' ci'll<>
' M. I:]inin.iimel d'Hnart.
<lelaplus tendre amitié, lorsqu'un malheur irréparable ne laisse de facultés que pour souffrir? Le tèfflps, le silence, votre femme et vos enfants, voilà lf< seuls remèdes. A^ous avez du courage et vous vous (levez à cette nombreuse famille, qu'il faut ^outenir à la hauteur où vous l'avez élevée.
Il n'y a eu aucune expression de dernières
^olonti's, si ce n'est de vous donner les deux bagues que la chère malade portait à ses doigts.
Une lettre qui n'a pas pu être remise, votre dernière lettre, est entre les mains de Jules et vous sera renvoyée par la première occasion.
Quelque pénible qu'il soit de nous disjoindre, nés parents vont me quitter, et, sous sept à huit jwrs, ils seront à Paris, où cette terrible opération <Wt se faire.
Le jeune de Vaulx y est de retour; c'est un excellât jeune homme. Je lui ai envoyé 1,000 francs pour votre bibliothèque, dont 720 francs pour frais <le reliure; cet argent est employé avec intelli- $eoce.
L*s joies, les fêtes, et par conséquent la repré- ^ntation vont se mêler à vos douleurs. Nos succès *rontune consolation.
Courage, cher ami; j'embrasse femme, père, enfants. J'espère que grandes et petites santés résisteront à ce nouveau choc. Ménagez-vous.
Mille tendresses.
376 CORRESPOiNDANCE.
1325. — S. A. R. Mf'' le duc de Galabre & M. de Serre.
Nnpies, ce 6 norembre 183.
Monsieur le comte,
C'est avec lu plus grande satisfaetion que j'ai reçu le portrait de feu notre bon duc de Bern*. Je le conserverai avec la plus grande attention et co niênie tenii)s avec un extrême plaisir. Je lui étais fort attaché, non-seulement pour ses vertus, maiî aussi pour sa tendresse envers ma chère fille Caroline. Je vous remercie donc de la bonté avec laquelle vous avez bien voulu vous priver d'un objet si précieux pour m'en faire un cadeau et me procurer ainsi im souvenir qui me sera toujours cher et agréable.
Je vous prie d'agréer l'assurance de mon estime et de ma reconnaissance, avec lesquelles je suisjwur la vie votre trés-alïectionné ami,
François.
1326. — M. de Serre au baron de Gartempe<.
Naples, 10 novembre 1^23.
Mon aïicien et honorable ami,
J'ai reçu de vous bien des marques d'un sincère «lendre attachement; aucune ne m'a touché davantage que la part intime que vous prenez à la perte qwje viens de faire de mon excellente mère. Vous «<fô bon juge et vous aviez apprécié tout ce que le Ciel m'avait donné en elle et tout ce qu'il me retire, lia plus grande consolation est de me rappeler in- ^«ssanunent tout ce que je dois à ses vertus et de dierchep à mériter de lui être réuni un jour.
Remerciez pour moi M""'' de Gartempe et M. votre fik* de l'intérêt qu'ils prennent à nos peines. Je ^ous rends grâces des détails que vous nie donnez ^vos enfants; je désire leur bonheur avec toute 'aniitiê que je porte à leur père.
Je n'avais pas reçu la lettre par laquelle vous ^avez annoncé dans le temps le mariage de it*^ votre fille^. Je suis charmé, et ma femme l'est Clément, qu'elle soit heureuse, car nous sommes Wen convaincus qu'elle le mérite.
' Voyez t. I«r, p. U9.
* M. Ilippolytc de Garlempe. — Voyez t. Il, p. 2SU. ' M'»« Clémence de Garlempe avait epousd M. Jarril-Delille,qui fit Micce^sivement substitut, juge, vice-président au tribunal de
Ma santé se serait bien trouvée du repos et ilii climat méridional et celle de ma femme des eaux d'Ischia, si nous n'avions été travers4'*s i>ar tant et J<* si cruels chagrins. Mes quatre enfants viennent bien et annoncent de ])ons caractères.
\n revoir, cher ami, car j'es])ère que cetle joi^ ne me sera pas refusée. Mes hommaues et les amitiés de ma femme à M"'* de Clartempe et à M*"" votre fdle ; mille choses à tous vos enfants, et à vous, mou honorable ami, les nouvelles assurances de la haute estime et de l'inviolable attachement de volir dévoué ami,