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18 CORRBSPONDANCB.
la Chambre d'essai qui va s'ouvrir. C'est ce quV vaient raison de vouloir quelques hommes pourqm les supériorités sont un inquiétant voisinage. Gm que les médiocrités n'ébranlent le fauteuil dans kquel ils comptent être assis pour un siècle. Ledenl en serait, je crois, assez légèrement porté, noop» par eux toutefois.
Veuillez, monsieur le comte, être convaiocods prix que je mettrais à pouvoir vous être booi quelque chose ; malheureusement je n'aurai guère à ma disposition que le vouloir, mais il est franc.
Agréez aussi l'expression de ma haute et re^ tueuse considération.
BUESSON.
1379. — Le vicomte de Chateaubriand & M. de Scm-
Paris, 16 mars IB^
Je voudrais, monsieur le comte, conunencer ma lettre par vous offrir mes félicitations sur votre Domination à la Cliambre des députés, et je uaii vous faire, au contraire, que des compliments (1<^ condoléance. Mais il y a i-emtVde à tout avec la patience et le temps, et j'es|>ère bien vous voir quelque joui honorer le département des Affaires étrangères l)ar vos talents à la tribune.
J'ai reçu toutes les lettres que vous m'avez fait
ANNÉE laSJ^ \^
VlMMEmenr de m'écrire. Ce que vous dites du reuou-
^polkment septennal est excellent. La loi ne sera pas
lirésentée comme je le désirais. J'aurais voulu le
4|iiiDquennal d'abord pour la Chambre actuelle
élue en vei^tu de la Charte, et le septennal pour les
Chambres qui suivront. J'ai proposé aussi le chan*
fiement d'âge : j'ai été battu sur ces deux points, et
Toii proposera le septennal pur et simple. Il n'y a
«néon doute qu'il passera à une grande majorité.
Je préférerais mon projet comme plus légal et plus
^ooplet. Quoi qu'il en soit, ce sera un grand bien
^{ue cette loi et un beau résultat, pour nous, de la
^nerre d'Espagne .
Cette Espagne est tranquille; tous les troubles <Àvil8 y sont apaisés ; mais la plaie politique étant <lans le Roi, le remède est presque impossible à appliqaer. Il n'y aurait de raisonnable que la convo- ^utioB des vieilles Cortès, modifiées selon le temps. I^ Rm ne le voudra pas, et le peuple n'en veut pas ^rantage. Un grand ministre pourrait les rappeler ; ^i^ais où est-il, ce grand ministre? Les étrangers, ^éwfb la France, ne pourraient rien de national dans ^bixmrre pays, et, de plus, ils sont divisés d'inté- ^éls et de doctrines : il faut donc laisser aller. Le ^mistère espagnol actuel, qui nous a donné le dépolir le commerce libre dans les colonies, et qui demandé la médiation des puissances, va être parce qu'il a le sens commun. Au milieu de tout cela, l'Espagne ne périra point, et la Révolution ^ est Borte : voilà l'essentiel pour nous.
Vous avez raison pour les colonies : elles n'amè-
neront aucune guerre par la raison que nous ne la voulons pas, et que le continent, qui fait tant de bruit de ses théories, ne nous seconderait pas s nous voulions les soutenir à main armée contre l'Angleterre. Les colonies seront donc séparées, et noM déclaration à Vérone nous a mis dans la meilleon position pour profiter de cette séparation. Now avions prévu Tévénement, et nous avons fait entendre que nous ne sacrifierions pas nos intérêts à' des théories politiques. Le tout est que la recon-
naissance ne soit pas trop prompte, et que l'oo ; sache bien s'il existe en Amérique des gouverne-; ments capables de faire et de maintenir des traités. ' Sur ce point, l'Angleterre entend raison, et nos re- s lations de part et d'auti*e sont extrêmement bienveillantes.
Vos renseignements sur les sociétés secrètes sont, monsieur le comte, extrêmement précieux. Il ixîsten à distinguer ce qu'il y a de théorique et de pratique dans ces machinations, et jusqu'à quel point le plan est fictif ou réel. Que Ton veuille renverser Tordre établi, cela est de tous les temps et de tous les lieux; mais que de ce mouvement d'une nature humaine corrompue on fasse une action régulière et permanente de destiniction au moyen des sociétés secrètes, c'est ce qui me parait toujours très-diffi* cîle. Écoutez toujours votre homme; car, si le criu* n'est pas général, il peut produire des crimes par* ticuliers, et la surveillance est un de nos devoirs
Je vous prie de soutenir vivement les intérêts à^ notre commerce, ne fût-ce que pour nous mettre i
VOUS et moi, de Tattaque des Chambres.
fait ce que vous désirez pour vos appointe- ; je mettrai tous mes soins à vous rendre votre ^n agréable : notre patrie est dans ce moment père et si glorieuse que la considération de ibassadeurs doit s'en accroître à l'étranger. îvez, monsieur le comte, la nouvelle assude mon dévouement et de ma haute considé-
Chateaubriand .
S. Mon neveu, Christian de Chateaubriand^ , our ritalie ; s'il va à Naples, je le recomî à vos bontés • c'est le petit-fils de M. de Malles*.
'bristiaa de Chateaubriand, arriére-petit-fils do M. de Mais, servit d'abord dans les dragons do la garde ; puis il ins l'ordre des jësuites. — Voyez les Mémoires d'ouiret. V, p. 157-160. Paris, 18t50.
^tien-Guillaume de Lamoignon de Maleslicrbes, ne d Paris embre 17521. Conseiller au Parlement en llUUf il succdda, I, à son |)ére, nommd chancelier de Franco, dans la cliar.^fi lier pre'sidont de la Cour des aides, et y joignit les fonct directeur de la librairie. Il devint, au mois de juillet inistre de la Maison du Roi, et se retira le \ll mai 1776. ;t temps que son ami, M. Turgot, contrôleur gc'ndral, dont lirait les plans de rdforme. 11 rentra au Conseil, en 1787, ministre d'État, mais il en sortit de noavo.iu l'anndo sui- Sn 1792, dés qu'il sut que Louis XVI allait être jugé, il à le défendre, et partagea la gloire d'être son défenseur I. de Séze et Tronchet. Arrétd en décembre 1703, il monta bafaud le IS avril 179/i, ainsi que sa fille, la présidente imbo, son petit-gendre et sa petite-fille, le comte et la « de Chateaubriand. — Voyez les Mémoires d'outre^ t II, p. 103.
« CORRESTPOISDàNCE.
1380. — M. de la Boiilay^ à M« ito Swre.
Parii, 16 mars IStt.
J'ai quitté la Champagne avant-hier au soir^{ cher ami, et je suis capitalisé depuis hier matin. , Mon premier soin a été de chercher M. de Belleval, ^
qui part ce soir; nous devons déjeuner ensemble j ce matin chez mon beau-fils. Je remettrai au voya- \ geur mon portrait trop longtemps founoyé, ainsi ^ que mes petites gracieusetés pour ma filleule, et ; j'écris en attendant qu'il vienne
Le monde est plein d'amis, mais fou qui s'y repose. j
Vous savez le résultat des élections. Comment } un homme tel que vous pouvait-il lutter contre ' M. Simon? '
,Ie joins ici deux lettres, Tune de M"*'' d'Hunolstein, lautre du gros cousin, qui jusqu'ici ne m'avait pas trop donné signe de vie, mais qui a cni les circonstances assez graves pour me dêpî'clier M Pottgeisser. Ce dernier a passé à Ay ({uelques heures, et m'a donné les meilleures raisons A\x monde pour me convaincre d'abord qu'on avait fait tout ce qu'on pouvait faire, puis que ropposition ministérielle était forte, puis que certaines pe^" sonnes de votre famille avaient été faibles, et eofi^ qu'à tout prendre il valait mieux pour vous qu^^ ne vous eût pas élu
M. de Wendel s'est mille fois complu à parler ^^
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fait par Tanciai ministère. Cet ancien minisa eu tort sans doute de ne pas adopter nettei MM. de Vilièle, Corbière et même un troile pour faire, à son profit, ce que ses successeurs ntent si bien sans avoir le mérite de Tinven- . Toutes mes pensées vous sont connues ; je n'ai lis douté de Tinfluence que pouvait avoir le ramement sur les élections et sur la Chambre, c beaucoup de talent, et en inspirant un ]^u de ianoe, on n'aurait pas même eu besoin de dé- ^r tant de voiles. N'ai-je pas bien fait de me ermer dans ma coquille ?
oilà donc une Chambre non-seulement roya- . mais aux trois quarts villéliste. La Uouroaie d'un coté, Royer de Tautre, ne seront pas, lébut, de arands obstacles ; celui-ci n'aura dans parti que Devaux, du Cher, pour servir sa se. Je ne le crois pas d'ailleurs très-mal avec linistère; on ne l'aurait pas élu dans la Marne ^volontés contraires eussent été fortes, et qui ait déraciné à Vitrj^ aurait bien pu le déraciner làlons. Mais je suis convaincu maintenant que alliance avec I^lot n'était qu'un leurre, et que jros homme a été employé à jouer le grand une; c'est surtout de Lalot qu'on ne voulait pas. l'autre est devenu d'autant moins effrayant qu'il plus votre antagoniste. Lalot n'était pas diffi- 1 à vaincre, maïs il était loin de le croire, et il est & furieux de l'arène. Attendons, cher ami, vouc> les bords de votre golfe, moi aux pieds de mes einx, que le temps développe de nouveaux évé-
iiements. La Chambre, quoique composée d^homme» pres<iue tous déjà repus, finira par faire sa digestion, et de nouveaux appétits s'y feront sentir. Qur Dieu nous consente le gouvernement parlementaire, et ceux qu'il a doués du talent de la parole sunrivront même à M. Simon. Si Ton ne vous veut pasà la tribune, on vous trouve très-bien ailleurs: k peu de propos échangés dans la journée d'hier nx prouve c|u'on fait grand cas de vous comme ambassadeur. Vous grandissez extra muros, et vou* ministre, dont la vue est assez perçante ix>urvou? bien voir, dit volontiers ce que voient ses yeux...
Mais voici venir votre jeune et blond socrétniiv. tou: brillant d'un ruban de la Lé^îion d'honucur. Nous allons déjeuner, causer, et je vous revienJnî.
Tout ct* que me dit M. de Belleval est d accord avt-o le lauiiivce des autres. Je lui laisse le ^>k d'entrer dans les détails; ses conversations vauilront iUiiiix que mes lottivs. lia puis»* aux s<iuiV'--. t-r jo Ht' paraîtrai uuére ici dansJcs salons: j*\ jm*s»Tai ma quiiizaiiu* on famille, et j'ii'ai vite nieciicht-r lîaus mon crniitaue. J'ai tant entendu de ::ar i*uiir.aiK\^ dt^juiis tant ilannées que jVu suis 1*î? J aiiiu- mieux nu-s livivs.
Ml «il o.uisiii i'<i à nu-neille: j»* no crois j)as«|uil })ui.-sr partir avant le 1 ' njai. Toute cette fiuuili viHis M'vr les i»lus tendres et les plus iv>pectutui linnîinai!es.
Ji* ne sais ^i c'est la faute de mes vieux vt-ux.
mais je ne vois plus rien de joli chez les marchanil? de nouveautés. Ceci s'applique aux guenilles «|"'
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feoToie à nos demoiselles ; si notre belle Excelkûoeeû fait fi, elle aura mille fois raison.
Mille tendresses, mes bien chers amis; tachez J^être volés le moins possible. Portez-vous bien. Ihmvez bon que j'embrasse père, mère et enfants, (t frère, et aimons-nous. Je n'y faudrai pas .
Portai est parti pour Dresde avec son fils au Bornent où j'arrivais pour l'embrasser.
1381. — Le premier président de Clievers
à M* de Serre.
18 mars 18!Ui.
Cette lettre, mon cher, vous arrivera tard si,
comme je l'espère, elle vous parvient
Que de bassesses il a fallu faire pour vous ôter quatre voix! comme il a fallu s'avilir! Les feuilles libérales ont donné ces jours-ci un article sur votre Don-élection . Heureusement elles ne savent rien;
elles n'ont pas pu étaler notre linge sale Votre
beau-frère d'IIuart n'a pas même pu faire insérer dans la feuille dite royaliste de Metz que vous étiez êligible, afin de démentir un bruit qui avait couru. Wendel est indigné de ce qui s'est fait, de ce çi'on s'est permis contre vous. Il en est presque dégoûté de la députation, bien qu'il ait i-eçu une se-
condc lettre tres-caressaote. Quoi qu'en pense M.iie Villèle, le débordement de la droite n'est pas à éloigné, et il aui*a lieu à la seconde session, si ce n'est à la première. Votre appui n'aurait pas élé â inutile auprès de gens bien près de rabandonner. même parmi ses collègues. Wendel a fait une faute. Il fallait s'en tenir à ce que lui disait M. de Villèle : garder la présidence en s'abstenant ; sa seule présence vous valait vingt voix; car, se démettant, il a laissé la présidence à un de vos ennemîî. Si neutralité a été de la chevalerie en politique, n Tabsence de ^I . de * " * est une autre neutralité, tplemeat funeste, (juc je ne m'explique que parla crainte de déplaire à l'administration.
Outre ces deux absences, il v a eu des défecti»vj sur lesquelles ou ne devait pas compter. 11 serait trop loniî et trop ennuyeux de vous les détailler....; entîn environ soixante exagérés; on aurait dit uik: vraie conjuration.
Plusieurs de vos amis vous ont servi chaudemeii' 01 liinioral)K*nient; ei si, par quelque démisàion^'" autivmoni, vutiv coneoui-s S4* Ivtablis^ait. ix-ui-ïit^ seraii-il j>his iVnotueux. Quant au préfet, il a bien fait smi mrtier et rempli des ordres ix)sitifs.