VI
n CORRESPONDANCE.
La fièvre politique qui, il y à quelques aaIkc^. était très-violente dans toute rÂllemagne. a presque complètement disparu. Chacun arenonoéàie» châteaux en Espagne, et, si toute la Grèce épnwvait le sort de Chio^ les esprits n'en seraient que passagèrement émus. Je cherche en vain à quel sentiment a fait place un enthousiasme si puissant. On n'est pas revenu à la vieille et calme vie de famille. Les églises sont fréquentées ; on est piau. autant du moins que la piété se laisse voir. Llmligion extérieure a complètement disparu, et. oamnie les excès de quelques sectaires n*ont été prolr£r> par aucun gouvernement, il ne s'est pas produit de réactions. Malheureusement il se montre parfni^ de rimtation entre catholiques et protestani»: parmi les pi-emicrs quelques prêtres, parmi les *conds quelques fonctionnaires publics sont tour a tour également coupables de ces dissensions.
Des principes libéraux d'une extrême trivijlit président à la législation dans les mînistrn^ •' mémo parmi les hauts fonctionnaires les plus cajiables. Ne vous semlile-t-il pas que je tombe dan? iiî> contradiction ({uand je vous parle de la trivialiîdes principes (riionimes à qui je reconnais m«*-u> d'éminentes (lualités dans Tadministration? J'air tronv('' ici un haut fonctionnaire, homme d'une inirgrité parfaite et d'une habileté rare dans la con»lii:î-
' {40.-^ lial)iianl> cK» riiio ayant essaye ilc secouer le ji-n^ -* Turcs, r<*u\-ri n-prinirrciit le soiil<}remnnt et se livn'ronl i *
ciuaiit«'s \r< |)ln^ cllroyahle^ (1833).
ANNEE 18SJ!i a*^
des affaires; bien que monarchiste décidé, il est opiniâtrement attaché aux principes révolutionnaires, il est absolu dans ses idées et méprise tout ce qui va contre elles. Cela me désespère, moi qui le connais depuis longtemps et pense tout autrement; jadis, nous nous rencontrions souvent pour nier les mêmes principes.
On sent partout comme im grand vide qui pousse âdes distractions dont la joie est absente; Tamour ilu luxe, comme on ne le connaissait pas avant 1806, s'est répandu dans toutes les classes. Les libraires disent que les savants et les hommes des classes éclairées, bien que tout, sauf les maisons, se vende à meilleur marché, bien que les tmitements aient augmenté, n'achètent pourtant pas plus de livres qu'à Tépoque de la domination de Napoléon, époque que les bons citoyens ne se rappellent qu'avec regret, parce qu'alors tous avaient les mêmes sentiments, poursuivaient le môme but, avaient la nM'nie résolution.
Le propriétaire, en général, se plaint; pourtant, dans les provinces où existent des fabriques et Uloii il saurait vivre d'auti-e chose que de blé, sa situation ne serait pas si mauvaise s'il n'avait pas tant de dettes. Les fabric[ues vont mieux (|u'on ne le dit, et nos produits, ainsi que ceux do France, l'em- IMHtent sur les produits anglais comme jamais au- |iaravant. I^e bien-être physi(|ue est sans aucun (loute généralement augmente'', et là même où le Vro|)riétaire trouve sa ]K)sition fâcheuse, l'ouvrier H le journalier ne s'en trouvent «jue mieux. Les
su CORRESPONDANCE.
prix de tous les produits sont tellement baissés que des étoffes qui, il y a huit ans, étaient réservées aux riches, sont portées maintenant par des gens de toute autre classe ; mais un genre de luxe ouvre la porte à tous les autres, et celui qu'on voit ici est insupportable, est inconvenant avec un État comme le nôtre. L'agiotage a pénétré en Allemagne, et, si la corruption va croissant, on verra aussi chez nous les femmes s'occuper bientôt de la Bourse ; il faut croii'e que ce jeu de hasard satisfait ce besoin d'agitations violentes auquel la politique se refwse. On n'est heureux nulle part, ni chez nous, ni dans les plus petits pays où l'on fait le plus pour la prospérité des habitants. J'étais surpris, dans le Brunswick, d'entendre un excellent homme me dire (jue l'on convenait de cela : « Nous ne pouvons être heureux, disait-il, tant que nous aurons le cœur malade; nous le pouvons être tout au plus à la maiiièj'c des Américains du Nord. Il est vi*ai <ju'on ne demande pas d'auti'e bonheur. »
Je termine cette lettre le 11. J'ai appris dans rintervalle la mort de mon plus jeune enfant: la mère a supporté ses souffrances et sa perte avec un courage héroïque et céleste. Puisse Dieu nous é|>argner un nouveau malheur et fortifier son couraae jusqu'à ce que mon retour lui aide à supporter son affliction ! L'enfant n'aura pas eu le bonheur de grandir dans les liens qui l'unissaient à vous, nu^^ noble ami. Dieu vous prott^ge conti^e un pareil malheur ! Je désire des nouvelles de vous ; je les A^ sire telles que je les souhaite. Je vous embrasse; f
salue cordialement votre noble femme ainsi que vos chers enfants, qui ne doivent plus guère se souvenir de nous. Adressez votre lettre A.Bonn. De
toute mon dme,
Votre ami.
1402. ^ M. de Serre au baron Emmanuel d'Huart.
Naplcs, Ujuin l8'^/i.
Votre sœur m'a donné une nouvelle fille ^ hier à huit heures et demie du soir, mon cher p]mma-
nuel ; Tenfantest beau et fort. Annette va aussi
liien que possible ; avec les ménagements que nous allons garder, et les eaux dlschia à la suite, nous la rétablirons parfaitement. Remercions Dieu que tout se soit aussi bien passé ; après le terrible accident qu'elle avait éprouvé et un mois passé depuis au lit ou sur une chaise longue, je craignais toujours. Nous souhaitons maintenant à votre aimable Juliette une aussi heureuse délivrance. La petite sappellera Isabelle, nom de la duchesse de C'alabre, puis Françoise d'après le duc, prince héréditaire, qui la tiennent sur les ft>nts; nous y ajoutons Marguerite-Olympe en mémoire de nos pauvres mères.
Avant-hier, nous avions appris la mort d'Anit^lie
'Itabelledc Serre, aujoiirJ'Iiuî Laronnc <lc Forceville.
de Saînt-Mauris^ Annette en avait été fort affectée et a beaucoup pleuré sur elle et sur ses respectables parents, qui restent à la fin de leurs jours dans un bien cruel isolement.
Il y a deux jours qu'un courrier nous a appris K* rejet de la loi des rentes par les pairs*. S'il eût existé moins d'inimitiés, si M. de Villèle eût été mieux soutenu et par une discussion plus forte, il eût emporté sa loi , et je crois que la mesure aurait e\\ un plein succès.
Au revoir, mon cher Emmanuel; nous nous
portons tous bien et vous embrassons de cœur, Jo vous quitte un peu à la hâte, ayant, comme vous pensez, beaucoup à écrire.
Tout à vous.
H. DE S
P.-S, Nous recevons une lettre de-Victor'; il
^ Amëlie de Saiiit-Maurîs, fîlle de Louis-Alexandre- Emmanuel, comte de Saint-Mauris, née le 29 mars' 1801, morte à Ponl-à- Mousson le 15 mai 182/é. Sa pi<ftë la faisait remarquer autant qn« sa beauté.
* La loi arait éié rejette, dans la sëance du 3 juin, par W voix contre 98. — Voyez VHisioirc da gouvernement pitrlementairf^ par M. de Hauranne, t. VII, p. 586.
^ Breveté capitaine en 1835, M. Victor d*Huart passa, connue capitaine-lieutenant, aux chasseurs à cheval de la garde royale. Après lesjoumëes de juillet 1830, il accompagna le roiCharleâX jusqu'à la rade de Cherbourg, puis fut mis en disponibilité pouf refus de serment. Le 20 mars 1831 , il (?pousa Françoise-.Adëlc ti« Bony, fille du comte Ferdinand-Ernest de Bony-Lavergne. Il moU" rut au château de Betange le 8 août ]8i^0, laissant un fils et une tille. Il e'tait chevalier de la Lc'gion d'honneur et de Saint-FcrJi' nand d'Espagne.
spérait de Madrid ua congé de trois mois, compait s'embarquer pour Brest, aller A Paris, suivre as affaires, puis vous joindre. Il croyait plus diffiïfle d'obtenir la permission de venir nous voir. ]!ette lettre le trouvera peut-être près de vous ; em- -le dç notre part.
1403. — M. de Serre à sa sœur.
Naplcs, 15 juin 183/1.
Je t'annonce, ma chère Thérèse, qu'il t'est née une troisième nièce et à moi une troisième fille avant-hier, à huit heures et demie du soir. Elle s'appellera Isabelle, du nom de la duchesse de Calabre, sa marraine; nous y joignons les noms de Uarguerite- Olympe, en souvenir de ma pauvre oifrre et de celle de ma femme. Cette naissance avait été précédée d'une chute de voiture que la mère avait faite un mois auparavant ; elle avait depuis dû garder le lit ou sa chaise longue, et je conserrais des craintes que bannit son heureuse délirrance. Elle rauflTi'e bien un peu ; mais, avec beauooup de soin et de ménagements, j'espère que nous ts rétablirons parfaitement. La petite parait deroîr être brune: elle est forte et bien constituée.
Nos autres enfants se portent bien. Ferdinand est BO trè84)eao blondin, très-gai, très-vif. Gaston et
Louise ti*a vaillent et avancent doucement; Marier
fortifie.
Au revoir, ma chèi'C Thérèse ; j*ai. comme U
penses, en ce moment, une foule de lettres iécriR.
Xous t*embnis:»ons de cœur.
Ton bon fivre,
H. DK Serre
1404. — M. de la Bonlaye à M. de Sam.
Ay. près Êpcmay, 18 juin lââji-
QuVllos seul ofTniyantes, cher ami, ces nouvelks • lue me donne votiv n ' V ! Je me suis liàtc dépasser sur le corps de Marins et de Sylla, voire mémedf
(- laiult'. pour arrivera hi chaise lonuuc, on se trouve »^K»iK-e n«.»nv bolK- Mxcellenoe, «-t je lui adresse* mrf douces çixMuleries, nu ^ ft*licîtatiou> et mes \mî^ mains. Nous somnir> donc destînts à rpiinner au printeinp- iK s oatasti-ophes en voiture. L'anni-eilîtnîriv. a jHu pivs à ixiivîlle rj^o^pie. jai failli iire moulu par mon ehar-à-bancs : ei voilà tpie, i-ii n-venaut de ihrz feu Iv maraicher de Mintumes'. l'û
* Mirii:-. n .init à firrS}Iîa vainqueur, se \ il l.îontùt aLanfcnné :o : i-i .»»< - o.><; :; ^ arriva en la j'.^iiie rai aii^ li un povre U«
î.iK» \ .'s.îar.J L<^ ion Lomnio le n)•:^na au de^lan* Ja
mar.M< m un .:n Iroii bas au long du cours de la rÎTièiv, là oà fl o Di cvmohor. Cl pui> j»Mia de-sus hn force cnnne^, roo^eauxel
ANNÉE ldâJ!i. B^
culbuto en Italie Enfin, il n'y a plus de danger
pour la mère ni pour Tenfant J'attendrai impatiemment le prochain bulletin. Ces deux pauvres petits enfants ont dû être bien émus. Embrassez d'abord ces deux-là tendrement pour moi, puis
vous passerez aux autres
La première ({uinzaine de ce mois s'est passée soit en courses, soit chez mon préfet à Beaulieu, dans l'Aube. Pendant que je trottais et que j'étais le plus souvent dans une complète ignorance des choses de ce monde, M. de Chateaubriand a brus- «ïucment quitté les Affaires étrangères*. La lutte a
^uire tcUe matière logcre pour 1c couvrir sans luy faire mal. U *^*y eut pas gueros este qu'il entendit un grand bruit venant de de- . ^cn la caLane du povre vieil lard, pource que Geminius de Ter- •"ï^cine avoit envoyu gens çà et là en questo |>our le cerclier..... ^e qu'entendant Marins se leva <lu lieu où le bon homme Tavoît >^is, et s'esiant dëpouilI<f, entra en un endroit du marets où l'eau ^«toît fort boueuse et fangeuse, et là fut trouve par ceux qui le ^«rchoyeni : lesquels l'ayant tire tout nud hors celle fange, le Menèrent en Testât qu'il estoit dedans la ville de Minturnes. » O'iutarqae; traduction d'Amyot. Lausanne, MDLXXl.)
* Le 6 juin, jour do la Pentecôte, comme M. de Chateaubriand %6 trouvait a la messe du château, son secr<^taire particulier le fit l^renir et lui remit ce billet et cotte ordonnance:
« Monsieur le vicomte,
« J'obc^îs aux ordres du Roi en transmettant de suite à Votre Excellence une ordonnance que Sa Majesté' vient de rendre. « J'ai riionueur d'être, etc.
M J> DB VlLLàLE. n
« Louis, par la grâce de Dieu, etc. ;
• Nous avons ordonne et ordonnons ce qui suit :
« Le sieur comte de Villële, président de notre CJonseil des milustres et ministre secre'taire d'Klat au dc^partcment des Finances,
fini comme je m'y attendais, et je croîs en zm donné quek jue indication i>ar le voyageur du naii d'avril ^ Je n*ai jamais échangé avec M. de tt teaubriand que des révérences, pas un mot, pas» ligne; je n'en déplore pas moins ces perpétoA changements. On écrit à l'un, et la lettre est ouwrtt par l'autre : point de suite , point de eonfiare. point d'épanchement .
est charge par irUérim du portercuiUc des AfTaîre» ëtnD|èffi«i remplacement du sieur ricomte de Chateanbriand.
« Le président de noire Conseil des ministres est efaaffêà Texc^cution de la présente ordonnance, qui sera insérée au M^ tin des lois.
u Donn^ à Paris, en notre château des Taileries, le6 jài»
Tan de grâce 18SU*, et de notre régne le 59"^.
tt Signe LOUIS.
M Par le Roi :
«> Le président du Conseil des miniitrtti « Sign^ J" x»E ViLiixB. • Deux heures après, M. de Chateaubriand répondit :
« Paris, 6 juin ISftU.
« Monsieur le comte,
*i J'ai reçu la lettre cjue tous avez bien voulu m'écrire fO* nant rordonnaiico du Roi, datée de ce matin, 6 juin, qui w confie le portefeuille des Affaires étrangères. Jai ri:onn«« vous provenir que j'ai quitté l'hôtel du ministère et que le é
l)arteinenl est à vosi onlros.
i* Je suis avec une haute considération, etc.
u CUATEAUBRIAN1>. -
Quels étaient les motifs de celte brusque destitution ?—Vofei Cnnijrès iU Vènjw^ par M. de Chateaubriand, i. II, p. St^-^^ IciXotirr histori.jur sur M. ,(.> I 'i7^'/f, par M. de Neuville, p. li 11^; consultez aussi V/IiMoire dn gomerrvmmt /Kirh-nv-ntai par M. de Hauranne, t. VII, p. 587-503, et IV/^/oirc <l: hi R iaurtuion, par M. de VicNCastcl. t. .Mil. p. 368-^8^..
• M. de Relierai.
ANNÉE 189/i. 91
ous avez vu le dénoûment inattendu de la ode affaire du remboursement des rentes. On y didra, et les esprits s'y trouveront prépai*és. 'eus trouyei*ez ci-joint un petit modèle de Tacte nscrire en faveur de M™* *^*. Notre ancien colle Breton, en m'envoyant ce projet, me charge e recommander à votre mémoire, et c'est du noe qu'il s'agit.
les parents se sont embarcjués le 9, en bonne té, i Brest, sur la corvette la Bonite ; ils sont nteoant dans les grandes eaux. L'infant dom jueP leur avait apparemment donné i*endez- 5 à Brest, car il y est arrive en même temps MX, et fort à propos» pour acheter des voitures Is laissaient à terre, d'autres voitures leur it été directement expédiées d'Anvers. Les les de papier messagères des derniers adieux empi-eintes de quelques larmes, et elles font de mention de Naples. De votre quai au Poik, il n'y a pas une ornière; cependant on verser. Que Dieu nous en préserve !
Dmanuel et sa femme, comme je vous l'ai dit, t apparu à leur retour. Je les ai trop peu vus;
dm Miguel, troisième fils de Jean VI, naquit à Lisbonne le lobre 18QS. Après plusieurs tentatives pour s'emparer du •r, il fnt banni par un dëcret du IS mai 18âli. \\ se rendit rd à Parîf, puis à Vienne. Jean VI étant mort en 1826, son b4» dom Pedro» empereur du Brésil» céda le trône de Portula fille dona Maria. Mais» on 1838» dom Miguel parvint à se proclamer roi. AUaqué par son frère quelques années après» : ti^iiar la capitulation d'Évora (183/«). C'est k Rome qu'il 4it. H est mort au château de Bronnbacli» près Weriheim d-duclié de Bade)» le 15 novembre 186(5.
ils étaient pressés de revoir un enfant qui les a! tendait à Metz, et ceux qu'ils avaient avec m étaient bien tourmentés de la coqueluche. No» avons passé quelques bons moments A bien parier de vous, mes chers amis, et à ne pas trop ïm parler de beaucoup d'autivs.
Les Guéheneuc ne doivçnt-ils pas aussi faire d» noces en Italie avant de nous revenir? Je vais partir pour Mai*euil, où je m'établirai pour tout leouii de juillet. Le temps est inconstant et rarefuH chaud ; cependant tout ivussit à merveille : Iff pivs, les grains, les vignes et les fruils précursew du raisin.
Si Leurs Majestés sandwich iennes^ nous fai rhonneur de venir ix Paris, elles détoumerciot Tutention publique actuellement nb.<orbi^parM3I.è Villèle et de Chateaubriand, à moins que cet h»ueur ne soit résené à l'infant dom Miguel, qn'ootft un pou sauvage, assez malicieux et se donnant «t petits airs à la Bonaparte.
Hi'tablissous les santés culbutées, consen*© celles qui sont bonnes, et ainious-nous, im^ Mrn ohers amis. Je joins à cette j)rièiv mille tenJiie>»'> et niillo lespeois. F. L. D.
* Ver< la fin *!♦» inni, I»? roi oi la reine «les îles San-lwin; l-Vquèn*ni à Pori<mouili, et de là >c rcntlirent à Lon.^^e-. Ils»*naionl metire leurs lAa\< sous la proieciion de la OpanJ^Brîtagne, revioutant quelques intentions ho^til^ «le la part !' J Russie La reine mourut le 8 juillet et le Koî le XU suivanr, l'un *" l'autre d'une aîTection pulmonaire. — Voyez /'• Monit'*ur »fc l^^î^p. dSKH d79 et ia"i3.
ANNÉE 169J!i. 93
- !«• vloomte de Chateaubriand à M. de Serre.
Paris, le S3 juin 182A.
destitution vous aura prouvé, monsieur le , mon impuissance à vous servir. Il ne me {u'à faire des souhaits pour vous voir où vos s vous appellent. Je me retire heureux d'aontribué à rendre à la France son indépenluilitaire et politique, et d'avoir introduit la nalité dans son système électoral ; elle n'est lie que je Taurais voulue : le changement d'âge it une conséquence nécessaire ; mais enfin le pe est posé; le temps fera le reste, si toutefois ïéfait pas.
e me flatter, monsieur le comte, que vous n'a- LS eu à vous plaindre de nos relations; et moi, féliciterai toujours d'avoir rencontré dans les « un homme de votre mérite. evez, avec mes adieux, monsieur le comte, la lie assurance de mon dévouement et de ma considération.
Chateaubriand.
Csilellamare, vendredi 9
Sladame la comtesse.
C'est presque sans papier, sans ] encre que je vous écris aujourd'hui ; terai, par la bonne nouvelle que je \< le pardon que je vous demande pour vover ce griffonnage.
M. de îSerpc a tW-s-bieo supporté 1 s'en louait lui-même en arrivant. Il a moin» fatigué qu'il ne s^' attendait. '. midi et quart arrivés à la maison ; cuire ce qu'il avait fait à pied depuif il fallut quitter la voiture jusqu'à la encore promené sur une petite terras sur sa chambre. 11 y a ensuite fait ui ncr : de la gelt-e, un peu de pain. Cep» avoîi- mange cela, il eut encore quelq Ils $«? sont passés, et il dort maîntenai mont depuis prés d'une heure. Femani IxMuic partie du chemin; il est très~g d nier\-eille.
voir la maison. Il fallait au moins ces quinze jours pour qu'elle fût tout à fait terminée, à part même l'odeur du vernis; on va tout de suite l'enlever, et nous sommes assez bien établis pour attendre patiemment que tout soit bien fini.
C'est par le cocher que je vous envoie ce chiffon ; TOUS le recevrez aujourd'hui même. Il est cînq heures, il va partir, et je finis en vous priant, après les embrassements de M. de Serre (il vient de se réveiller), d'agréer les hommages respectueux de Totre tout dévoué,
RlBOULET.
1407. — M. de Serre à M""* de Serre.
[S juiUet 182/é.l
Je rouvre* pour t'embrasser, toi et Isa, chère unie, en dépit de mes souffrances ; crois qu'elles ne m'empêchent pas non plus d'apprécier tout ce qui t'fchoît de ton côté en maux, en privations, en sacrifices ; que je te sais un gré infini de la raison qui te fait souscrire à tout pour te rétablir, te conserver à moi, à tes enfants. Nous tacherons de t'en récompenser. Femand a bonne mine, et tous paraissent wphiire ici. Nous y sommes bien établis. Amitiés àKugènc, à M. de Belleval, a tutti quanti.
Bien à toi.
' La lettre qui précdâe.
1408. — M . Riboiilet à M»* de 8€Re.
[3 juillet ]^^
Madame la comtesse,
Cenamemeut je eoutlnuei'al à tous tenir biei exactement et bien rêgulièremeut au couraDtda nouvelles de la famille de Castellamare.
Hier soîr. le médecin Couti est venu sans*|« j>ersoune de la maison Teiit appelé; car. au cofr iraiiv. M. de Seri"e avait dit, quelques iostaot^ auixiixwant , cjuil voulait rester enfin queii|nfi jours s;\ns voir, sans entendre de médecin. D i iixHivc M. de Seriv dans un état tout à fait cate et donnant les meilleures espérances pour être «•
liéivuu-nt !kv*s datTaiin? sous peu de joui's '''
matiîï. il ciait à la maison à Iniit lieuns. M. «!»• :Senv navaii |)as passé um* livs-bonne nuit
M. ^.lo Seriv esi ilavis que la petite Isalx^lle s-^ onJovco. et vous ènnaize à le faîiv
^r vous prie, nuulame la comtesse, d'ainai '^ hoîi.:::a^';s ivsjx^«nuèux do votre tout dévout-
lil BOULET.
1400.— M. dB Serra à M™^ de Serre.
[3 juillet 182^.]
On te dit tout sur moi et Fernand. Celui-ci est charmant ce soir. Je l'ai embrassé pour toi; rendskâ Isa pour moi. Il faut laisser passer quelques joors pour juger l'effet de Taîr.
Je t'envoie la lettre de M. de Saint-Priest. Prie
M. deBelleval d'écrire et de dire en mon nom, pour
W et pour M. de Chateaubriand, ce qui convient,
des généralités ; insister sur ce que je ne puis écrire.
hie Eugène d'écrire à Emmanuel et à M. de la
fioalaye et d'envoyer à celui-ci l'acte Ne te fa-
t^pas à écrire toi-même, même à moi. Les enfants sont sages. Je t'aime et t'embrasse de tout eoeur.
Dis à M. deBelleval que j'approuve tout ce qu'il a fait et veut faire ; qu'il termine.
1410. — M. Riboolet à M""» de Serre.
Dîmanche» à cinq licurcs du soir [U juillet 185^4].
Madame la comtesse,
M. de SeiTe, que nous avions quitté, Gaston et VI. . 7
moi, hier à neuf heures moins un quart, dormait c matin à cinq heures, quand nous sommes veni pour le voir, avant de faire la promenade que noi faisons tous les jours à cette heure-là. Il avait pasj une bonne nuit. A sept heures et demie, quand noi l'avons vu, il semblait bien et nous faisait espion et espérait lui-même que toute la journée sera aussi bonne que la nuit; mais, après un petit di jeûner, les maudites douleurs revinrent encore... Le médecin, qui est venu ce matin, le trouve mieui il nous répète sans cesse que nous devons preiidn toute confiance, que dans quelques jours M. di Serre sera bien rétabli. Cependant il ne se fortifif pas, et sa faiblesse ne lui permet rien de plus qui quelques pas dans sa chambre et sur la terrasse. I prie M . de Belleval de vouloir bien exprimer se excuses au prince et à la princesse^ et ses crainte de ne pouvoir encore les voir lui-même de sitôt.
Voici les derniers journaux que M. de Serre voi envoie, tous les embrassements de vos enfants et l hommages les plus respectueux de votre bien att ché sei*viteur,
RiBOULET.
* Le prince el la princesse he'rédîtaîres.
ANNÉB 18âA«
14il. — M. de Serre àM»« de Serre.
[I* juillet l&Hh.]
Je reçois ta bonne lettre ; ue te presse pas trop de te lever ; toutefois, je juge ici qu'il doit faire bieoehaudàNaples. J'ai embrasse tous tes enfants et le beau Femand pour toi. Dis à M. de Belleval qiejeprie M.Dubois-Demeure de finir pour Franfob; que je ne puis plus convenablement écrire dus Taffaire de Luca ; qu'il félicite M. de Medici ; <pe M. de Chasteau^ le i*emercie des journaux.
J'embrasse de cœur toi et Isa. Compliments.
Ajoute à M. de Belleval que le papier à souscrire parle courrier B. doit être fourni en modèle par M. de Medici ou M. Intorti.
Prends garde aux vents courants.
Je t'embrasse.
'M. deChasteaii avait succède à M. de Fontenay comme pre« inier «aerëuire d'ambassade. Il <^tait auparavant secrdiaire de lë« gation à Florence 11 est mort en 1875.
1412. — M. de Serre à M™* de Serre.
!5juil]eti82&.l
Prends courage et patience pour nous deux, ehtit amie. Pour moi, il faut le temps. Tes lettres ne font grande joie. Les enfants sont sages. Femand est bien ici pour les dents. C'est l'être qui méfait sourire; que je voudrais tè le ramener! J aimoin» souffert, mais je suis faible et t'embrasse cependant de tout ce qui me reste de forces. Ton bienaimé et tendre ami. Mes baisers à toi et à lasa^f Isa.
1413. — M. de Serre à M""* de Serre.
G jiiilict IS^.
llirr rondoitiucni d Is^a, auiourdlnii la fi-u-. L» IMuviv jH^iiio passi* >i*s galas dans la solitude: mat une Innuio maman oi >;i nourrice x>ut un niouil*- IKHir elle.
Jo civîs vraiment mo sentir un |x-u miteux ; il y :i «u jihWus changement de symptômes et de di^uleur?: lûais je )H^use que celles-là me conduisent au but
et je les supporte plus courageusement. Va de Naplesàlschia, chère petite; j'insiste. Avant tout, fl'ayons rien à nous reprocher. Je donne au diable les élections !
Au revoir. Les enfants vont bien. Nous t'ombrassoQs de tout notre cœur; moi, plus tendrement qu'aucun.
1414. — M. de Serre à M»« de Serre.
[7 juillet 182^.1
Je dis tout à M. de Belleval. Les vieux maux • paraissent s'en aller. Reste le coté ; on dit que ce n'est que douloureux. C'est comme ta pauvre épaule ; les médecins ne comptent pas ça. J'embrasse de tout mon cœur toi et Isa. Les grands sont bien contents. M. de Belleval te dira Fernand.
Toutes mes tendresses.
1416. — M. de Serre à M»« de Serre.
[8 juillet 182Ié.]
*-^s Niebuhr ont perdu mon pauvre filleul à ^""Un, voyage où les avait attirés l'extrême bonté
MB CORBBSPONDAMCB.
du prinoe royal, mais qui ne pandt pas liorer leurs afiaires.
M. Riboulet te fait un réoiC lldAfe.
mieux quant à la maladie; toujours soos la flriA; du mal de côté, insignifiant en Ini-alnM, doublement tyran dans un eorps si ftitigaé. Hi» tience, espérance, amie; rétablis-toi seuloMSt Jl compte que nous le serons en même temps. GaiSMi des grands et des petits, du blondin qui Vmppdké te cherche de ses beaux yeux bleus. Mes pins ittimes et tendres amitiés.
1410. - H. Rlboolst a H-M da
Cattollaiium, 9 jmUtI IflSk
Madame la comtesse,
Nous voici enfin établis dans notre maisou:a neuf heures et quai't, M. de Serre était sur la tw- . ra^se; il respirait avec plaisir Taîr de la monta^oe et celui de la mer. « Me voilà tire de la chaleur ei de la crasse : c'est déjà beaucoup ! » Puis il reuian[ua et me fit remarquer le chant des rossignols dont b maison est tout entourée. C'est en chaise à porteurs
qu'il a été transporté Il ne jK^ut supporter
d'autre mouvement ; c'est une {>eine horrible pour sortir de son lit et pour s'y remettre, et c'est i ce malheureux point que nous devons cela
Hier il a vu }>eaucoup trop de monde : M. Hamilton, M. et M"' de Chasteau, M"' de Prévîlle; il I beaucoup trop la, quoiqu'il ait laissé une bonne pirtie des lettres que vous lui avez envoyées. Cela l'a fatigué, cela lui adonné de Tagitation. Le médecin, qui ne veut pas abuser de Topium, ne lui en a pas donné. 11 a passé une assez mauvaise nuit. A deux heures, il n'avait pas encore pu dormir; il sommeilla un peu alors
Je vous remercie beaucoup des romans que vous avez la bonté de m'offrir. Cette lecture ne plaît pas à M. de Serre, et j'ai ici une Histoire littéraire de ntalie^ qui l'intéresse sans l'occuper beaucoup, et c est œ qu'il faut.
Agréez, madame la comtesse, mes hommages les |dus respectueux.
RmOULET.
1417. — M. de Serre à M'"^^ de Serre.
L9juiiletl8SA.]
On m'a mis en belle maison, bon air et grand f^, chère amie. Que Dieu serait bon de nous v
' îl existe une Histoire littéraire de Vltalie, par Ginguend, •^.ÎD^, 1811-18501.
yOU CORRESPONDANCE.
réunir tous bien poi-tauts dans six semaines! Sa volonté soit faite!
Je t'embrasse, toi et Isa, et vous envoie tonus mes tendresses et bénédictions. Soyez toujooR aussi sages Tune que Tautre !
14ia — M.da 8erreàir»«d6 Serre.
110 juillet Id^lli.
Je viens de me lever pour la seconde fois. Il y i encore i>etit pi'ogK^s en bien, sauf les faux momtments de côté prescjue inévitables et qui font crkr.
La bande joyeuse vient de défiler devant moi pour aller à la promenade. Fernand pousse de toutes forces ses anciens cris de joie ; quel l)onheiir' lî^ mercions Dieu et reviens aussi izaie et iuizaiulx- avn Isa. Je t'embrasse de cœur.
1419. — M. de Serre à M""* de Serre.
:il juillet lS!t^'
La matinée avait été calme ; à onze heures. IVui spasmodiciue a repris le dessus, et j ai beaucoup
ANNÉE ISU. 105
souffert. C'est mainteuant le grand mal. Il y a dédio, et je réunis quelques forces pour embrasser ka et toi. Ton bien-aimé dans tout état. Les enfants vont bien. Calme-toi et m'aime.
1420. — M. de Serre à M'^* de Serre.
[15> juillet 18S/<.]
Je suis content du résumé de leur consultation ; il me semble que cette fois on va au but et attaque le siège du mal. Espérons, bien-aimée; assure-moi Uen que tu as du courage; ça m'en donne. Mes tôdresses et bénédictions à toi et à Isa.
1421.— M. de Serre à VL^^ de Serre.
ii;* juillet isaié.)
Tu fais bien d'attendre à Naples le moment des ^^;tu te raffermiras; tu auras exactement des "^velles de moi dans les temps encore difficiles, H il faut espérer que tu partiras pleinement tran- •piUisée, ce qui t'aidera à te rétablir. Dieu te sou- '^^ra, ma bonne; il te fait trouver en toi raison,
forces, courage. Qu'il te protégé, toi et tes enfarii et nous réunisse heureux à la un d'août! J'embmt de cœur Annette et Isa.
1422. —M. de Serre à M>»« de Serre.
[ lli juillet l»l^
A travers bien des souffrances et de Taccalk" ment, je crois, chèi-e amie, marcher vers le mim dans un système bien combiné. Ce que j'ai è forces, je le réunis pour t'aimer. Prends ooonjt
J'embrasse toi et la douce Isa et implore UnÉi bénédictions sur mes bons enfants et leur si teoAv mère.
1423. — M. de Serre à M"'^^ de Serre.
115 juillet IS
Schomberg est content, amie; remercions IHfO- J'adopte tous tes projets. Quelle douce i-écompeo.*' de les exécuter ensemble ! Tu doutes que je seoh* ma privation de toi, de tes consolations, tes p»wles, tes doux regards. Et qu'aî-je, que puiyf
sroir en place? Oh! non, tu ne doutes pas, car déjà tB m'as soigné. Mais ruiner la jeune et belle vie de DOQ amie! Et mes enfants? Schomberg me fait finir.
Mes baisers à toi et à Isa.
14M.— M. de Sarre à M»« de Serre.
[16 juillet 182/».]
On me prend tout assoupi, chère amie; je n'ai ^tBprit que pour te remercier de ta lettre tout an- 0ilîque, t'embrasser de tout mon cœur, toi et Isa^
1425. — Le comte de Saint-Priest à M°^« de Serre.
Paris, ce 2 août i82/é.
Madame,
Ce n'est qu'avec la crainte de troubler votre jnste douleur que je prends la lil)ert(> do vous
*Cesmot9 «ont les derniers que sa main ait trac<^s Les symp-
^^■tt devenant de plus en plus graves, W^^ de Serre se rendit à
^Uamare Dans la nuit du 20 au 21 juillet, à deux heures
'^^ on quart, il passa de cette vie à l'autre.
adrvsîor ces ligues. Mais je ne puis me rtf a offrir a voire di^ue époux le pénible trihu' mes re^:-is: j'avais compté le bonheur de eoun: c>rr h'>aiiî:e remarquable au nombre des rin stau^^es favorables de ma vie, et ne me doutais d'être sitôt rexluiî à ne le conser\'er que din? mt-moire. Mais je n'ose, madame, vous anvteri longtemps sur cette douloureuse ima£[e; je dois bi>rcer. en ce moment, à mettre à votre eut ilisposition mes faibles ser\"îces, dans le cas où ^ juiieriez convenable de faire quelc(ues dêinan auprv-s du couvememeut. Je suis loin d'avoii qu'on app^^-îlv du crùilit , mais ma siluatiofl un caractère assez indépendant me j>ermetteDl moins qtielques tentatives pour l'intérêt de mes ai Jamais je n'aurai autant désiré qu'elles puis ériv >iiîvîes lie quelques succès. Je iinis, raada en vovis ivni.uvclaat. pour mon tils ri |>ouri ras-::\^.::vO .!-> soiîtiinents tle la pins liauio en • •.'•ra::.':: •;•: *.; ■ 1 iîivi»»!al»!e il»'V4mi.-in«/nt a\iM-lr?«| i ai riioaih-nr il\ tiv. madame la c^>nlt^.•^^•^ v :î'— :/.;::.Iilv ri nv>-i>b,i<<aiil s-rviteur,
SAlNT-pKn>T.
142S. — M. de la Boolaye à M™<» de Serre.
Château de Mareuil, par Kperoay, 3 août 185Ui.
Qne de douleurs et quelles douleurs après tant d'autres, madame, et malheureuse, et bien chère amie! Que ces tristes lignes seront lentes à vous pneuir! que d'angoisses avant que vous les lisiez ! quel déchirement de cœur n'éprouvé-je pas fli les traçant ! Tout est donc fini! L'âme la plus ■ûble, la plus pure, est retournée au Ciel. L'homme ittostre, le plus tendre des pères, le meilleur des ■ans, fami sincère, le talent, la vertu, la loyauté ■éme, tout est dans la tombe, sur des bords étrangers, à oOO li(*ues d'une patrie si dignement servie et d'une royale famille pour laquelle le dénouement était si complet et si pur. J'ai tant besoin de pleurer, et je n'ai pas pleuré jusqu'à ce moment, tant mon saisissement à été violent;' j'étais loin, Inen loin, de m'attendre à cette terrible nouvelle. Vous ne vous y attendiez pas vous-même, puisque ^as n'avez quitté Naples que les derniers jours : <lans quel état étiez- vous pour recevoir un si fuœstocoup? A peine remise de vos dernières cou- *^^, (les convulsions de Femand et sans doute enfwe souffrante ; quelle complication de malheurs et <1^ misères! Fatale Italie, fatal rivage de la Méditerranée! Jamais il ne m'est venu de ce côté que du
m COR&ESPOXDAXCE.
rzal. J V il lili«: les cendres de ma pauvre filk: 'T ai r*rriu Ton d^ mes meilleurs et de mes plusiazir:jzs azils. Ennn je pleure, et il faut que jem'»^ rric z<*ir essover mes larmes.
Jr ^'lis ici loin du monde, dans le sileoce.h !• îfTc :: y vic-Qî que deux fois par semaine. Lesjoo^ :Li::ix rvrrurîs^îaîeut. et leur bruit ne frnp])ait pv njts ortilÎT^. Leitres, journaux, visites, toutes Mjcick: a la fois ei comme la foudre. Guèbeneoci blec: ?e:m que sa présence me soulaxierait; jeneFir Tais pas rucore va. il est venu. Sa douleur est eitnème. Il veut que je vous offre sa maison ; mai?. avant tout, je vous offre celle-ci, et ce n'est pas I» premirre fois. Vous s«nez dans le voisiua£:e de «Of excellente famille : nous serons recueillis et totalement a nos douleurs
Vous avez sans doute écrit à M. de Villèle. siff n'est même plus haut. Vous avez transmis lesArnieres expressions relatives à la famille royale ri i votre famille
11 faudra se liquider le plus tôt possible avec X M. Divton, notaire, qui a déjà la confiance etle? affaiivs de la famille, est un digne homme, donil^ conseils seront à voti'e senice.
M. Lefebvre, de Xaples, ne peut-il pas tiP' charjié, concurremment avec MM. îSamson et Ab* di-ews, de la liquidation de vosaffaii'es?
Je ne puis maintenant vous dire qu'en jiroê «^ par aperçu ce que je crois urgent. Nos communi- -cations sont si incertaines et si lentes que tout ceb ne vous sera peut-être pas d'im grand secours. H
badmt d'ailleurs pouvoir pressentir vos iutentiQDS sur beaucoup de points. Lorsque nous serons npptodïéSy réchange de nos idées portera fruit.
Cnjei, madame et chère amie, à mon entier défooement comme à ma profonde douleur. Nous mus vu luire ensemble les jours de gloire et d'esfènaee; nous nous aiderons à passer ceux de deuil et de désespoir. Mon cœur est à vous dans la mauvaise comme dans la bonne fortune ; ma tendresse et ma vénération ne faudront ni à vous, ni à la Bémoire de celui que nous pleurons.
1427. ~ M. do la Bonlaye à M"^^ de Serre.
Châtoau de Mareuil» par Épemay, 15 août 18S^.
Madame et chère amie,
J'ai mêlé mes larmes à celles qui baignent les douloureuses lignes que vous avez essayé de tra- ^pour moi. Notre perte est immense. Les termes iOBt insignifiants pour la déplorer. Le cœur n'a que des sentiments; il n'a ni voix ni parole. Je n'ai pas perdu un moment pour vous adresicr quelques premiers mots ; ma lettre est du 3. Ei éerivaut hier à M. Riboulet, je témoignais des «nûntes que votre lettre ne justifie que trop. Aurez-
lis CORRESPONDANCE.
VOUS la force de soutenir un sî terrible coup? Votie santé, délabrée par vos dernières couches, par les inquiétudes que Femand vous a données, par une excessive et trop juste douleur, résistera- 1- elle à de si cruels assauts? Cependant il faut s'armer de courage, il faut couvrir de vos ailes ces cinq pamiw petits. Les femmes, les mères, si faibles dans les temps prospères, doivent être et sont des. héroïnes dans la douleur. Je vous répète que je vous suis dévoué, dans toute la pureté, dans toute la sincérité de mon cœur, frêle et misérable ressource! mais qui vous est enfin toute acquise. Passons aux tristes affaires.
Mes fidèles amis, grands et petits, et le compte en est tôt fait, mais enfin ces fidèles amis n'ont pas attendu que je les provoquasse dans cette cruelle circonstance : leurs lettres ont croisé les miennes On me mande que notre bon Roi a exprimé ses regrets dans les tenues les plus aftoctueux et les plus touchants
J'ai pris la plume pour écrire à Bétange; elle a tombé de mes mains. Je n'en ai point de nouvelles. Je tremble d'en donner. Cette pauvre jeune femuie doit aussi être en couches.
Prenez courage, chère et malheureuse amie; ménagez-vous avec un soin extrême. Vous voyez de combien de parents il faut à présent que vous teniei lieu à tant d'orphelins. Comptez sur mon attachement, mon dévouement et mon tendre i-espect. J'em* brasse ma chère filleule, et vos autres enfants, et Eugène.
ANNÉE leSJd. 113
Je joins ici une lettre pour M. Riboulet. Adieu.
ittB. — M. Hsraointhe de Serre à M™« de Serre.
Gothembourg, le 18 août ÏS^.
Ma chère sœur,
Je n'ai point de consolations humaines à vous ir dans la triste circonstance qui me fait vous écrire, car je n'en trouve point pour moi-même, si ce n'est que vous me permettrez de cliérir en vous et vos enfants le meilleur, le plus aimé des frères. Quoique je ne vous aie jamais vue, que je ne vous aie jamais parlé, vous lui avez appartenu : c'est a«ez pour moi. Puisse le souvenir qu'il m'aimait vous porter à nous aimer tous ! S'il le voit, il l'approuvera. Mais les pertes telles que la vôtre et la mienne font une blessure qui saigne jusqu'au tombeau. C'est en vain que je veux soulager votre douleur; je ne puis que pleurer avec vous. Je voudrais Tenir à votre secours, et je m'aperçois que je rouvre ▼01 plaies. Pardonnez-le-moi ; vous êtes bonne, je lésais, car il me l'a dit. Je vous trouverai toujours tendre, indulgente, affectionnée; vous me donnerez
k leule consolation qui me convienne. Mais il était VI. 8
lU . COREESPOHDAVCE.
calme, résigné; sa présence d'eiprit ne l'abândoima pas dans le plus cruel moment. Il exige que oous l'imitions ; c'est par là surtout que nous prouverons que nous avons su l'apprécier.
Quand nous perdons tous nos amis (et ceux de son espèce ne sont pas nombreux), il nous reste encore Celui qui nous les avait donnés, qui « regarde et ne méprise point la requête de cdiui qui est désolé », qui « ne délaisse ni n'abandonne jamais ceux qui mettent leur confiance en lui ».
On ne peut se le dissimuler, ma chère sœur, notre excellent ami vous laisse des devoirs bien sacrés à remplir. Vous aurez besoin d'un grand courage, de sagesse, de prudence, de patience, en un mot de toutes les vertus dont mon pauvre frère vous a laissé le modèle ; mais, pour cela, il tous faudra surtout Tassistance de Celui qui « soutient l'orphelin et la veuve », et c'est ma prière bien sincère qu'elle vous soit accordée.
Que ne puis-je, en quelque sorte, venir à votre secours! mais je suis nul, éloigné, ignoré ; je n'ai que des soupirs, et le poids des vôtres est déjà assez fort. Mais, quelque vains que soient les désirs qui me portent vers vous, vous saurez les «apprécier; vous les rattacherez à celui qui les fera valoir et pour l'amour de qui vous aimerez tout ce qu'il aimait.
Dans la douleur, on aime à s'abreuver d'anle^ tume. Dès que vous serez un peu rétablie du coup terrible qui vous frappe, daignez, ma chère sopufme donner des détails que je redoute, mais que j^
désire; daignez surtout m'assurer que vous me permettrez d'entretenir avec vous une petite corres^ poodance qui tendra à rappeler un souvenir toujours aussi cher. Si vous avez quelque chose de consolant à me dire concernant votre sort à venir eteriui de vos enfants, dites-le-moi ; j'ose dire que personne n*y prend plus d'intérêt que moi .
Ma femme, quoique n'ayant jamais vu mon frère» quoique étrangère non-seulement à tous les miens, mais même à la France, dont elle n'a jamais touché le sol, le pleure comme son propre frère. Aimez -la aussi pour l'amour d'Hercule ; elle le mérite.
Adieu, ma très-chère sœur; conservez- vous pour TO enfants, conservez-vous pour ceux à qui vous seule restez du meilleur de tous les frères et de tous les amis.
Votre dévoué et profondément affligé frère et
ami,
De Serre*.
* En 1833, M. Hyacinthe de Serre passa du consulat de Go- IhembourK â celui de Christiania et, en 1896, à celui d'Elseneur. Gomme il allait se rendre à cette destination, il reçut du roî Cbrlet-Jean (Bernadotte) la lettre suivante :
«Stockholm, le 6 mai 1836.
u Monsieur de Serre,
«Votre lettre du 95 mars m'a appris la destination que votre Soaremement voua a assignée. Partout où sa confîancc vous appellera, vous le servirez en homme loyal, en fonciionnaire verlueui, capable et di^sircux de maintenir dos rapports do bonne humonie avec celui prés duquel vous serez accrédite. C'est avec ptine que je vois vos fonctions cesser dans les deux royaumes do ^le presqu'île. En vous séparant d'une partie de votre famille. *Ueiie sera pas seule à regretter votre absence. Je partage avec
tootes les personnes qui vous ont connu le dëpUuir de tooi iw (Hoîgne d'un poste que vous avez rempli d'une muiito ausii £»> tinguëe qu'honorable. Croyez, monsieur de Serre, que je rof» tirai vivement ce qui vous arrivera d'heureux. « Votre bien afiectionn<$
« CHâRLBS-JE.\N. »
En IBIiO, M. Hyacinthe de Serre futnomni^ consul de Fnoai Edimbourg. Il mourut en cette ville le 10 mai ISUH. Il aTi:inca en 1836 la croix de chevalier de la Lc^gion d'honneur. 11 iVui: marie deux fois, la première avec une Anglaise, la seconde aitr une Suédoise ; il laissait plusieurs filles et trois fils :
1^ Arthur-Hercule de Serre, né à Sheepshed (comU de Leioe»* ter; le !13 dcfcembre 1818. Admis aux Affaires étrangères aspirant éléve-consul en 18li3, rédacteur â la division ciale en I8h9t chef du cabinet de M. Baroche le 15 avril 1851,pRmier secrétaire d'ambassade à Vienne le 17 octobre suivant, ilta nommé ministre plénipotentiaire â Carlsruhe en 1856, i Atbètt» eu 1859. Il mourut en cette ville le 30 octobre, quelques senùiP après son arrivée. Il avait épousé, le SI juillet précédent, not^k* filles du prince Grégoire Cantacuzène. 11 était ollficier de UU" gion d'honneur et membre de plusieurs ordres étrangers;
^^ Louis-François de Serre, né à Christiania le 5 juin 1835.Élrif A racole (le Saint-Cvr en 1855, sous-lieutenant d'infanierit '^ inarino en 1857, il fut envoyé, lors de la campagne d'Italie,*'* l'Adriatique (juin-août 1851.)). 11 se rendit au Sénégal en \i&^^ l'ut choisi par le colonel FaidlicrLe pour cire l'un de >e5 o^ot> irordonnance ; il obtint, en 18Gl> la croix d'honneur et le Oi^ (le lieutenant. Il revit la France en 18C5! et passa aux loniytf^ la garde en 180/*. Mais sa santé, profondément allort'e par l^fl»* mat des colonies, l'obligea de donner sa démission en lïw " inounit à Versailles le l'^'' août 1807;
l-iP Kmilede Serre. 11 suit la carrière des consulats.
ANNÉE I8S/1. tl7
1420. —y. Mtobnhr à W^ Hensler >.
Bonn, le 3 septembre 183/i.
) te remercie d'avoir pris part au deuil quGin'a é la mort de de Serre. C'est pour moi une 3 énorme; aucun homme ne me touchait de si , aucun homme ne m'avait en si haute estime. avait aucun secret pour moi, et j'étais, après liens, ce qui l'intéressait le plus au monde. Au su des malheurs qui l'assaillirent, lui et sa ne, ils n'avaient qu'un soupir : Si seulement ^ahr était là ! Il est allé à Dieu plein d'affecpour moi. Sa famille me considère comme un iens, d'autant plus que la plupart des parents Dt montrés infidèles. Notre siècle n'a pas m de ïplus beau et plus vigoureux. J'ai l'intention ire sa vie si la famille peut me fournir des ées sur plusieurs époques; j'en possède beaupar ses récits. Sa vie est l'histoire de la France is 181/». Je me sens assez de hardiesse pour re, quoiqu'elle doive soulever ailleurs que les libéraux des cris de colère. Ce qui nous HUt, de Serre et moi, si étroitement, c'est que ues avaient, dans le plus profond de nos cœurs,
I fragment de lettre est Induit de Tallemand.
us COftRBSFOMDANCE.
une telle harmonie que Tun lisait dans râmede l'autre et que jamais aucun désaccord ne pouvait s'élever entre nous. C^était Tàme la plus pure qui fût sur la terre et le comr le pins -aimant. Pourquoi ne Tas-tu pas connu?
1430. ^ M. de la Bonlaye à M^ d# Serre.
Ay, prés Épernay» 8 septembre IBfk
Le malheur que nous éprouvons, madame et chère amie, est inaccessible aux consolations : il est is* mense, irréparable ; il ne nous reste qu'à être digM de Testime et de la tendresse de celui que nous pleurons. Les détails que vous me donnez sur ces étreintes silencieuses qui ont précédé les derniers soupirs m'ont déchiré le cœur. Je ne veux p»s m'étendre sur des scènes si douloureuses ; vous avei besoin de toutes vos forces. Il serait injuste, d'un autre côté, il serait barl^are de revenir sur le passé. Lorsque notre illustre ami s'est déterminé à. courir la carrièi'c diplomatique, il a pris un parti quenûU^ bonnes raisons pouvaient justifier. Jusque-là ses études, ses travaux n'avaient eu pour c^jet que b France, où le talent et la vertu l'avaient appelé aux Conseils du Roi ; destiné à rentrer tôt ou tard dans ces Conseils et à rendre de nouveaux et d'importante
ANNÉE 169JL itl)
à des princes pour lesquels son dévouemeitt, amour, son respect étaient sans bornes, il était lion qu'il connût, qu'il maniât la politique extéflieure^ qu'il en vit de près les principaux agents et ^pie, sachant bien ce qu'était notre patrie jusque ^iaos ses mitrailles, il vît de loin l'effet produit par ^«6 grand corps sur le reste de l'Europe. La science <le la politique n'est pas moins nécessaire à ceux 4iiBi influent sur la destinée des empires que le mmfie savoir-vivre aux gens du monde. Hélas ! les fÊB faits dans cette nouvelle carrière avaient été des pas de géant, le Ciel n'a pas voulu qu'ils condulaissent ailleurs qu'à la tombe. Soumettons-nous à aes décrets.
Mère d'une nombreuse famille, veuve d'un homme dont le nom est une gloire, de grands devoirs vous sont imposés, et vous saurez les remplir. C'en est on douloureux, mais sacré, que de rendre à la patrie les derniers restes mortels de l'un de ses plus dignes enfants. J'ai mandé, le 27 août, à M. Riboulet ce que je pensais à ce sujet. De plus longues réflexions n'ont fait que me confirmer dans mon opinion. A Paris, je vois de grands inconvénients; et le déplorable état de la santé du Roi n'est pas un des moindres. Je n'exécute donc pas l'ordre que TOUS me donnez, et avec d'autant plus de raison 4iue, si vous persévérez, il sera temps d'agir d'après les nouvelles reçues de Toulon.
J'ai donné de vos nouvelles à Gothembourg, d'où l'on vous a écrit directement.
Il paraissait d'abord que vous aviez l'intention
1» CORRESPONDA^IfCB.
de ne partir qu après Féquinoxe. D'autres ktim d'Eugène à de Vaulx, dont celui-ci ill'a faitpvt me font cit>ire que vous pourriez vous mettre ci route dès que le bâtiment du Roi sera arrivé; jV donc lieu de craindre que les lettres que j'êcrirûi Xaples, apivs celle-ci, n'y parvinssent pas, et désormais, à moins de circonstances nouvelles, jV dresserai mes réponses poste restante à Touloo.
Courafre et rêsi£:nation, madame et chère amie: mènaiîez votre santé, conservez-vous pour vos «• fnnis. ]Knir votre famille, pour vos fidèles aaii \\nis voyez qu'en répondant à votre lettre du 15 août, jVvite do déchirer nos plaies. Je n'en seospa» uîoîns Toute la profondeur, je n'en souffre pas mm-
J'embrasse vos enfants et Euaène, et encore n chère petit- filleule. Mille bons souvenirs ûM. K- Kndet, et pour vous les plus tendres respects.
Je joins ici quelques mots pour M. de Bellenl.
F. DE L.V BOULAVE.
1431. » M. de Medicii à M»^ de Serre.
Nax le-5, le ÎS sei»lembre l'^'i^.
>î/v,:..:r:e la ooHUtesse.
-■ :u: :::.-.: :».:^:î>îe ïiînîirt. m'a charct- Je voUî
ANNÉE 18SA. m
tnettrc la marque de sa bienveillance^ que j'ai mneor de vous adresser avec la présente. Elle trait appartenu à feu M. le comte de Serre, dans cas qu'il eût pris congé de Sa Majesté pour reanier en France, Mais le Roi, n'ayant eu qu'à se m de la manière tout à fait honorable dont feu . le comte s'est acquitté des devoirs de sa charge, ios rintérêt des deux couronnes, a voulu qu'elle 08 fût adressée, madame la comtesse,' afin que os eussiez une nouvelle preuve de son intérêt tout irtiadîer envers votre famille et un nouveau gage ion estime distinguée envers feu M. le comte, tre époux.
Cest donc avec la plus vive satisfaction de ma irt que je m'empresse, madame la comtesse, d'êti^e çrès de vous l'interprète de ces sentiments bienîllantsde Sa Majesté, et je saisis en même temps îtte occasion pour vous renouveler l'assurance îs sentiments de mon estime très-distinguée et de a parfaite considération.
Le chevalier di Medici.
* I^ portrait du Roi enrichi de brillants.
I» C0RRB8P0KDANCE.
1432. — M. Mangin à M^ de BerM.
lelOodobro l^Uu
Madame,
Je crains, en vous écrivant, d*îrriter votre doc»-» leur, et* cependant il m'est impossible de ne pus vous dire combien je la partage, de ne pas vous exprimer toute la mienne.
J'ai débuté au barreau avec M. de Serre-* ; depok vingt ans il était Tobjet de mon admiration. Soo affection pour moi, tout le bien qu'il m'a fait, , avaient laissé dans mon cœur une profonde reo» ] naissance : sa perte me consterne et me dése^pèn* L'homme le plus honorable de France a péri loin de sa patrie, repoussé par des lâches et des ingrats; vous n'y revenez que veuve et entourée d'orphelins. Je puis à peine croire à cette cruelle vérité.
J'ignore, madame, si j'aurai la consolation tk' pouvoir vous être utile dans la triste position où vous vous trouvez. Votre frère Emmanuel, que j ai vu il y a peu de temps, pense que je pouri'ais vous donner quelques conseils relativement à vos affaires d'intérêt. Disposez de moi, madame, et de la manière la plus absolue.
Je ne vous parle pas de ma femme ; sa douleur égale la mienne.
• Voyez t. F^ p. 93.
ILNNÉB 18SA. 1S3
Agréez, madame, nous vous en prions, l'assulanoe de notre aincère et respectueux attachement.
Mangin«
1483. — M. de la Boolaye à M^ de Serre
Ay, prëe Épemay, 16 octobre 183Xi.
Madame et chère amie,
J^ai reçu votre lettjre si douloureuse et si touchante du S5 septembre et celle de M . Riboulet de date. Je le prie de m'excuser si je réponds à deux à la fois. Vous savez que je suis sujet cette saison à de violents accès de mélancolie. LUgeet le chagrin aggravent à présent mon mal. J'ai de la fièvre, une extrême faiblesse, et c'est de MO Ut que je vous écris.
Vos raisons, pour accompagner à Paris et pour y conduire religieusement tout ce qui vous reste de U dépouille mortelle du meilleur des hommes, sont i paissantes et si respectables qu'il n'y a plus aucune objection à faire ^ .
* La dépouille mortelle de M. de Serre repose d Naples, dans '*^||iie de Saini-Ferdinand. Le roi des Deux-Sicilcs avait rendu • ■» mëiDoire les plus grands honneurs. — Voyez le Moniteur ^ 10 août l&Sih.
IWè CORRESPONDANCE.
Dans toutes mes lettres au marquis de Rivière, i* a été question de tous et de vos malheurs. Lorsdt fatal événement qu'il a su plus tôt que moi, c'es même lui qui m'a prévenu. C'est, pour l'élévation la noblesse et la pureté du cœur, un homme tel qii< celui que nous pleurons. Comment ne compatiraitil pas à nos peines?
J'ai reçu la copie de la réponse de M. de Villèle; cette réponse est dans les meilleurs termes et d0 permet pas de douter de sa bonne volonté. Il est violemment assailli depuis le nouveau règne * , nm tant que la main du maître le soutiendra, je le crns en mesure de rester aux affaires sous ce nouveaa règne, qui débute d'une manière si noble et si brillante.
La fièvre me talonne, et je vous quitte en vooi renouvelant mes plus tendres assurances dedé^'ooement et de respect. J'embrasse vos chers enfant5€t encore ma petite Marie; mes civilités, mes amitiés à notre Eugène, à MM. de Bellcval et Riboulet. Comment avez- vous soutenu ce douloureux vovage?
* Lo règne de Charles X avait commence le 16 septemlire.
1434. -r M. de la Bonlaye à M»'' de Serre.
Ay» prés Épernay, 3 novembre 183A.
En est-ce assez « chère et malheureuse amie? l'iniMlune, la douleur cesseront-elles de vous acca- Mer^ ? J'ai eu le cœur déchiré d'abord pai* un article de gazette, puis par la lettre de M. Riboulet, h Marseille, du SA octobre ; et, par un surcroît de Btfilité, je suis malade, fort souffrant et accablé de ncas, de contrariétés, de misères de toute nature.
Mettez M. Breton, notaire, à la tête de vos af- Sûres. Il est député, investi de considération, et nilera convenablement les choses simples ou compliquées.
M. Goiset, l'ancien agent de change, est un fort pUat homme qui voulait bien faire tous les recouvrements d'ordonnances sans aucun intérêt personnel. 11 vous rendra tous les bons offices qui dépeuplent de lui.
Mon beau-fils, qui serait à vos ordres, est ici *vec ga femme pour quelques jours encore.
Le marquis de Rivière est à Paris et préveim.
Le Hoi est si généreux, si bon ^, la famille royale P^t en si bonnes dispositions que j'espère.
* ^MMvqotfe A Toulon, M°>® de Serre se rendit à Marseille : deux '^^ *pr^» la 5U!i octobre, elle vit mourir son fils Ferdinand. ^rletX fit A M°>® de Serre laccueil le plus gracieux; et,
Les lannes et la faiblesse me gagnent. J'embnâ« vos enfants et ma pauvre petite filleule.
F. DE LA BOUULYE.
1435. — Le mmxqjaÏB de BivièM à M"* de 8«i«.
Dimanche matm [noreoifare W.
Chère comtesse,
M*"' la dauphine m'a dit de vous faire dire qaeflr vous recevrait dimanche prochain avec vos dm enfants entre deux et trois heures. EUle ne peutpa» aujourd'hui.
Agréez tous mes hommages.
Cu., marquis de Rh^ière.
1436. — Le baron Portai à M"""" de Serre.
i Novembre 185/* 7.
J'avais respémnce, madame, de pouvoir passtr clioz vous hier, et de vous dire moi-même que la
l'oinuH; M. (le Villèlc hcsitait sur le chifTrc de la pension qo^*' (lovait être assignc^e, le Roi dc^cida qu'elle serait imitée cùBUif ^ vmn 0 tic haut fonctionnaire la plus faroris^c depuis la ResU**"
tion.
AKNÉE I89A. 1S7
veore et les entants de mon honorable et regrettable «ni ma trouveront toujours disposé à me prêtar i tout ce qui pourra leur être agréable et utile. Tû été retenu, fort contrarié, et je vous prie de permettre que je vous offre ici Thommage de mon léfe et de mon empressement. Mes prénoms sont Pieire-Barthélemy, et mes titres pair de Franco,
■doistre d'État et grand-ofïicier de la Légion
dTbonneur.
Agréez, madame, je vous prie, Tassurance des
Mtiments respectueux avec lesquels j'ai Thonneur
l'être, votre très-humble et très- obéissant servi-
tenr,
Baron Portal.
1437. — M. de la Boolaya à W^^ de Serra.
Ay, pr^s Épernay, S2 novembre 183A.
Votre lettre du 19, madame et chère amie, ne B'wt par\'enue qu'hier 21 . Je ne puis vous rendre tout le bien que m'a fait cette lettre, d'abord parce ^'elle me prouve que votre santé est meilleure, ensuite parce qu'elle est pleine de raison, de sagesse «de bonne intelligence de vos affaires. Je vais y v^fpoodre, en procédant par ordre, à votre suite.
J'ai éprouvé dans le cours de ma vie de grands
luallieui'S : j'ai perdu une femme adminibli' iiarss beauté, sa bonté et Télévation de son âme; j'ai peixlu la tille unique qu'elle m'avait laissée proàiiur au moment de rétablir. Les affaires publiques iHit assez longtemps agité ces sources de douleur .<ub les tarir. Mes parents de Mai*euil étaient lues a«solaieui's les plus efficaces ; leur caiTière les elui- ^naic de moi. Vous êtes sui*%'emis, et, sauf lapnrr.iîuonoe île valeur de voti'e mari sur mui, iii*s nous touchions par tant de points, vous inViiezi' vocisméits vous-même devenue si cliêiH?. «|iie jeiûr sais fait do votiv famille une nouvelle famille. Lr d::o do Rîolieluu, que j'aimais autant quejtl!i'> nv.H-;\îs, planait sur tout cela. J'ai suc<r^^îvlU^■nî s,:: yar îa mort, soit par réloipurmiui. |KrJ: y,^.>»:v.. :.^::s Us objets de mes plus tendi» atTr«- ::* >- M:> vuîIUs douleurs, aigrirs parole n-ceo . '...::>. ::: alurv et presque détruit ma saiit* -1 ...::::::u:iiit mes foreras, v a «oiMii;--
■ -■ ■ .. -ais^'ii. lo craud aîr. ].•>..■ > .' . ^ . : ^: :iSM.z vît.ili.-in> r.\i'ri*ii*r> il'- *• ^ ^ • ■■ :::::..■. ti quoiqiu' jf M.»i> im; :•
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^;r:v i.i a::iaiiiissi.*nu*ni ci ilf«i'-y"'
^ -: i". vTUv jo parli*. que j'irri^*' 1^
. . lu:::uik-. Ay. MarfuU, aM|ui'^
- >: i-articulier. tout i\»uK-. ci il îVjî
ANiNÉE 189A. Idl)
ivre ce mouvement. Je le suis, parce (jne le devoir oujours été mon maître et m'a toujours dompté ; is je le suis avec répugnance, des eflForts de tous
instants, une irritante contrariété, et toujours ins bien que je ne le voudrais. Cette année d'exsifs mauvais temps, et des mauvais temps prêts, ainsi que beaucoup de sujets de douleur,
encore irrité le mal qui, plus ou moins vio- L, (lum'a probablement jusqu'au printemps, ne m'emporte pas plus tôt. Voilà ma position ; s y êtes préparée par des communications préentes; je vous la confie, car je suis un peu hons de ces détails. Vous voyez que la tête et le ps sont également malades, et quelle est la réac- I de Tune sur l'autre. Hélas! que peut faire à i l'excellent M, Dupuytren, quelle (|ue soit sa mee, àhuiuelle je rends un sincère liommaiic, er ir leffuel son dévouement pour vous aui^mente haute estime? C'est trop parler de moi. toutes vos idées sur votre avenir sont î^aînes et es. La transition d'un éUit éclatant, du frac^as la dépense et des agitations du grand monde à ononiie ainsi qu'à la discipline domestique in- )ensable pour la bonr.e éducation de vos ents, n'est pas sans difficultés, mais vous saurez vaincre. Il importe à ces enfants que vous culez les auizustes personnes dont le souvenir (»t les ités ont été fidèles à la mémoire du chef (1(» la lille, et vous donnent les movens de vous mainir et de maintenir cette famille dans un rang
ivenable.